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Des choses très bizarres du côté de Mons

Les équipes du CERPI sont toujours sur le terrain, contrairement aux autoproclamés "spécialistes" du paranormal et du surnaturel qui travaillent dur, surtout devant leur ordinateur...  Ne comptez pas sur nous pour vous dévoiler un lieu, donner des coordonnées (et puis quoi encore ?), des noms (si ce n'est, éventuellement des noms d'emprunt), d'autant que l'enquête est en cours, qu'elle n'en est qu'à ses débuts, que les faits ne sont pas encore établis et que nous protégeons évidemment nos enquêtes...

De quoi s'agit-il ?  Apparemment, d'une affaire de "fantômes", mais cette terminologie est très générique et, en fait, il pourrait s'agir de beaucoup de choses, différentes faut-il le dire ?
Il s'agit d'une personne qui a utilisé un intermédiaire pour solliciter nos services dans le cadre d'un cas plutôt bizarre !

Disons que, depuis quelques temps, dans la localité de H. (mais nous aurions pu indiquer aussi bien J., G., Q., etc.) alors que l'intéressé se trouve en possession d'objets à l'origine douteuse (devrions-nous plutôt dire "indéterminée", mais en tous cas pas illégale ?)  Des faits étranges se produisent. 

Au début, les perturbations étaient relativement minimes, de petits bruits comme il en existe dans toutes les maisons.  Le travail du bois a bon dos, (mais il est aussi souvent responsable).  Ce n'est toutefois pas le travail du bois qui provoque, d'habitude, des apparitions fantomatiques, plus ou moins inquiétantes, mais - jusque là - encore très réservées, floues.  Il suffit d'ailleurs d'allumer la lumière pour que ces choses disparaissent.

Elles ont pourtant de la suite dans les idées, puisque leur présence se fait récurrente et régulière, quotidienne et nocturne en respectant un horaire assez précis.  Les choses se compliquent lorsque l'on constate une évolution progressive de la phénoménologie puisque les apparitions se font non seulement plus nombreuses mais, en plus, elles décident à présent de ne plus céder à la lumière et de se laisser apercevoir au grand jour (étant donné qu'il s'agit d'apparitions nocturnes, cette formulation est assez osée, d'accord...)

Face à cette situation, l'intermédiaire prend donc contact avec nos services, ayant reçu tous ses apaisements quant à notre honorabilité (nous sommes totalement bénévoles, le CERPI affiche fièrement 40 ans d'existence, s'il s'agissait de charlatans, ça se saurait !  Bien qu'un certain média ait voulu faire croire le contraire, ce en quoi la vérité lui a été jetée en pleine face, par voie détournée, en guise d'échange de bons procédés.  Mais soit !)

Seulement voilà, M. Vanbockestal, le Président du groupement, qui réside non loin, ne peut actuellement pas procéder à l'enquête puisque, comme certains le savent, avec 3 côtes cassées ce n'est pas très pratique).  D'ici quelques jours, peut-être...  En attendant, il est inutile de tenter le diable, ceci dit sans jeu de mots... 

Bien sûr, on aurait pu envoyer d'autres enquêteurs.  Mais il serait aussi un peu stupide d'envoyer Pierre, Paul et Jacques, qui habitent bien plus loin, si ce n'est à l'autre bout du pays !  Et pourtant, il existait une autre solution.  Encore fallait-il y penser.

Tout d'abord, comme le veut la pure logique d'enquête : il n'est pas indiqué de commencer une étude fouillée tant que les faits ne sont pas établis formellement.  Dans ce cas, pourquoi ne pas envoyer une équipe annexe au CERPI, proche du domicile en question, en "reconnaissance" ?

C'est bien ce qui devrait se passer tout prochainement et l'équipe en question est armée jusqu'aux dents pour saisir et même déjà pré-étudier l'affaire, laquelle s'annonce, a priori, sérieuse.  
Pourquoi a priori ?  Parce que suite à nos communications téléphoniques, nous avons pu constater le caractère rationnel de l'intéressé, l'absence théorique de toute pathologie mentale, de consommation de substances susceptibles de dénaturer la réalité ou de modifier les perceptions.  Aussi parce que nous avons pu exclure un phénomène de paralysie du sommeil.  Puisqu'on est paralysé pendant les prétendues hallucinations, on ne peut pas non plus allumer la lumière !  On peut encore moins se ballader avec une lampe de poche, à la recherche des "inconnus".  Egalement parce que, d'habitude, les animaux domestiques ne réagissent pas à la paralysie du sommeil de leurs maîtres...

Et d'autres choses aussi, que l'on ne peut pas dire...
Et d'autres choses aussi, que l'on ne dira pas ici...

Nos envoyés se présenteront donc sur place, à une date qui n'est pas encore fixée et auront pour mission d'établir la réalité des faits.  Pas si facile, en fait, quand on y réfléchit bien... Car qui nous dit que, dérangés par ces nouvelles présences attentives, les "étrangers" se produiront malgré tout ?  Ils n'ont pas l'air de beaucoup se soucier de la chose, puisqu'ils n'hésitent plus à faire peur à l'intéressé, en ricanant, en se moquant de lui, voire maintenant à le toucher...

Nos enquêteurs se feront donc plus "fantômes" que "fantômes".  Les fantômes présumés devront désormais prendre garde à ne pas apparaître sur la pellicule, malgré les infrarouges, à ne pas se faire repérer par les micros, ni l'oeil attentif de la caméra (non : des caméras !), à ne pas trahir leur présence via les autres appareils de détection ou de mesures.

S'ils veulent se mesurer à nous, autant leur rendre la pareille : ils n'auront qu'à se faire mesurer par nos appareils !

La suite au prochain numéro...