LES CREATURES INFERNALES SABNAC (ou SALMAC). Grand marquis infernal, démon des fortifications. Il a la forme d'un soldat armé, avec une tête de lion, Il est monté sur un cheval hideux. Il métamorphose les hommes en pierres, et bâtit des tours avec une adresse surprenante. Il a sous ses ordres cinquante légions (Wier, Pseudomonarchia daemonum). SALAMANDRES. Esprits élémentaires qui, d'après Mont- faucon de Villars, "sont composés des plus subtiles parties de la sphère du Feu, conglogées et organisées par l'action du feu universel..., ainsi appelé parce qu'il est le principe de tous les mouvements de la nature. Les Sylphes, de même, sont composés des plus purs atomes de l'air; les Nymphes des plus déliées parties de l'Eau et les Gnomes des plus subtiles parties de la Terre... Le même auteur ajoute que les Salamandres servent les sages, sans rechercher pour autant leur compagnie, et que la durée de leur existence est particulièrement élevée. "Leurs filles et leurs femmes se font voir rarement; elles sont pourtant belles, plus belles même que les femmes des autres esprits, puisqu'elles sont d'un élément plus pur. On ne saurait donc les confondre avec les Succubes ou les Incubes, mais de leurs rapports avec les humains des enfants peuvent naître, tel Romulus, issu des amours d'un Salamandre et de la belle Sylvia, qui se prétendit à tort enceinte du dieu Mars. Telle est l'opinion des cabalistes qui, par ailleurs, assurent que pour soumettre les Salamandres (et les autres esprits), il suffit, grâce à l'emploi de miroirs concaves, d'attirer les rayons du soleil dans un globe de verre. Il se forme alors «une poudre solaire qui se purifie d'elle-même et qui, avalée, est souverainement propre à exalter le feu qui est en nous et, par voie de conséquence, à commander aux génies ignés. SAMAEL. Prince des anges déchus, que Moïse Maïmonide dans la seconde partie du Guide des Egarés assimile à Satan; qui, monté sur un serpent ayant la taille d'un chameau, s'en vint séduire Eve dans le jardin d'Eden. Il aurait cohabité avec elle bien avant Adam, et de cette union seraient nés Caïn et un bon nombre de démons. De son côté, Adam, momentanément séparé de son épouse, se serait accouplé à Lilith et, lui aussi, en aurait eu plusieurs démons. D'aucuns prétendent que Samaèl, androgyne, aurait forniqué avec chacun de nos premiers Parents...Précipité par la suite aux abîmes, le serpent - véhicule du péché - fut maudit entre toutes les bêtes et Samaèl le rejoignit en la troisième résidence, sur les sept auxquelles il est fait allusion dans le Zohar au « Traité des palais « : « C'est le lieu des embrasements et des nuages de fumée où débouche le fleuve de feu qui s'écoule et émerge. Il est la maison où sont brûlées les âmes des ignobles car le feu y descend sur la tête des pervers que pourchassent les anges destructeurs. C'est dans ce lieu aussi que parfois se trouvent les délateurs d'Israèl qui les détournent de la bonne voie, sauf quand ceux-ci obtiennent la guérison qui leur permet de les repousser. Le chef qui est à leur tête vient du côté gauche. Tous les êtres qui peuplent cette résidence viennent du domaine obscur, ce qu exprime : "l'obscurité est sur la face de l'Abîme " (Gen., 1, 2). Samaél le réprouvé y demeure aussi. «Dans certains écrits rabbiniques, et dans la littérature apocalyptique, Samaèl est aussi considéré comme l'Ange de la Mort. Enfin, on le confond parfois avec Asmodèe, le démon de la luxure. SANGSUE - SATAN. Monstre infernal dont il est fait mention dans l'Histoire Naturelle, de Félix Labisse (Paris, 1948): « Je ne vous souhaite pas de trouver la nuit une Sangsue-Satan, nichée sous votre édredon. Il faut avoir l'âme rivée au corps pour sortir intact de ce tête-à-tête. Elle connaît les moyens qui feront fondre votre répugnance et vous y trouverez tant de joies que vous ne penserez même pas à vous dérober avant le coup fatal. « La Sangsue-Satan est invisible le jour, elle prend forme après le crépuscule et particulièrement entre deux rêves érotiques au troisième degré. Alors vous devenez un oiseau pour les chats. Néanmoins, visible ou invisible, elle est toujours présente. C'est la raison pour laquelle vous vous retournez incessamment sur votre lit. SATAN. Terme hébreu signifiant, en général : adversaire (Nombres, XXII, Il); ennemi - à la guerre (I. Samuel, XXIX, 4); accusateur ou contradicteur - devant les tribunaux (Il. Samuel, XIX, 22 et I. Rois XI, 14 et 23), Satan, émanation d'une partie divine mal déterminée, prit un caractère personnalisé au contact du Mazdéîsme et du panthéon assyro-babylonien. « Satan qui était contenu en germe dans le sein de Iahveh où il s'agitait confusément, écrit Pompeyo Gener, doit s'en être détaché dans la conscience de l'Hébreu avant la rédaction du Livre de Job, où sa personnalité se dessine si nettement. A partir de la captivité de Babylone, il va s'émancipant, peut-être sous l'influence perse, et finit dans la période chrétienne, où il reçoit le renfort du paganisme agonisant, par être l'antithèse de Dieu « (la Mon et le Diable, Paris, 1890, p. 391). C'est la raison pour laquelle on le trouve mentionné à cinquante-trois reprises dans le Nouveau Testament, alors que l'Ancien ne l'évoquait que presque accessoirement. A partir de là, assimilé au « Diabolos « grec (le calomniateur) il reçut divers surnoms tels que : Rebelle, Révolté, Antique Serpent, Antithèos, Archonte de ce monde, Père du mensonge, Très-Bas, Prince de ce monde, Ténébreux, Maudit, Singe de Dieu... D'abord entité métaphysique : « le plus sage de tous les anges « (Tertullien); « le frère cadet du Verbe « (Lactance), Satan se matérialisa au cours des âges pour se mettre à la portée des hommes, qu'il jalouse profondément, et dont il a toujours souhaité la perte. Ainsi saint Paul distingue-t-il la personnalité réelle de Satan, du péché qu'il suggère et de la tentation diabolique. Satan est bel et bien un être à part, différent des « fils de Dieu « et des hommes, un ange apostat, devenu mauvais par son libre arbitre. Récemment, Paul VI le qualifiait d'être vivant, spirituel, perverti et corrupteur et, qui avait gâté les fruits du Concile Vatican Il, et les catholiques traditionalistes jugent encore que ce serait une erreur que de ramener Satan et les démons à des personnifications mythiques ou fonctionnelles : « Satan, que Jésus avait affronté par ses exorcismes, rencontré au désert et dans sa passion, ne peut pas être le simple produit de la faculté humaine de fabulation et de projection, ni le vestige aberrant d'un langage culturel primitif. SATANAEL. Pour les Bogomiles, Satanaél était le frère aîné du Christ, qu'il fit crucifier, avant de prendre lui- même le nouveau nom de Satanas. Il voulut par orgueil dépasser le Père, séduisit une partie des anges et fut chassé du ciel. A l'instar d'un autre Dieu, il désira dès lors un autre ciel et créa Adam qu'il ne réussit cependant pas à animer. Il dut pour cela solliciter l'aide du Père. De même pour Eve qu'il engrossa et d'où sortit Caïn. SCOX (ou CHAX). Duc et grand marquis des enfers. Il a la voix rauque, l'esprit porté au mensonge; il se présente sous la forme d'une cigogne. Il vole l'argent dans les maisons qui en possèdent et ne restitue qu'au bout de douze cents ans, si toutefois il en reçoit l'ordre... Il commande trente légions (Wier, Pseudomonarchia daemonum). SE IRIM. A proprement parler, démons velus, proches des satyres, vivant dans les déserts, ou dansant parmi les ruines d'Edom et de Babylone, en compagnie des autruches, des chacals et des boucs. Azazel est leur chef. (Voir : Azazel, Bouc, Satyres.) SERAPIS. Divinité hellénistique, plus proche de Zeus que d'Osiris, implantée en Egypte par Ptolémée I Soter (305-282) et assimilée par Porphyre à un démon méchant. En dépit de cette affirmation défavorable, le culte des saints Cyr et Jean se substitua à celui de Sèrapis, dans les sanctuaires d'Alexandrie et de Canope, où on venait le consulter pour la guérison de maladies dont la magie ne pouvait venir à bout. SERPENT. Ce reptile ophidien au corps arrondi, allongé et démuni de pieds (sauf parfois dans l'iconographie qui lui accorde également une tête humaine), apparaît, avec le dragon, le basilic et le lion, comme l'un des symboles les plus représentatifs du Mal, de la tentation et de la mort liée au péché. Le démon égyptien Apopis prend sa forme, ainsi qu'Ahriman, dans la Perse antique. Le Serpent de la Genèse, qui vient tenter nos premiers Parents en leur promettant de devenir semblables à Dieu, n'est autre que le Diable, ailleurs dénommé 1'" Antique Serpent et ou le " Serpent des premiers âges. » Pourquoi Dieu détermina-t-il l'ange superbe à paraître sous cette forme plutôt que sous une autre ? s'interrogeait Bossuet dans son Elévation à Dieu : » Quoi qu'il ne soit pas nécessaire de le savoir, l'Ecriture nous l'insinue, en disant que le serpent était le plus fin de tous les animaux, c'est-à-dire celui qui représentait le mieux le démon dans sa malice, dans ses embûches, et ensuite dans son supplice. SERVANTS. Lutins ou esprits familiers qui, au service volontaire de maîtres les nourrissant bien et leur portant de l'affection, les renseignent sur tout ce qui concerne leurs biens, leur avenir, leur vie familiale, et sont même capables d'exercer une surveillance sur leurs épouses lorsqu'ils s'absentent. SHEDLM. Démons d'origine orientale, munis d'ergots dé coq, dont on peut déceler la trace en répandant des cendres sur le sol. Asmodèe, leur chef, les contraindrait à hanter les déserts, les ruines et les endroits nauséabonds. SIDRAGASUM. Démon qui a le pouvoir de faire danser les femmes mondaines (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). SINDONGMAS. Très jolies créatures tenant des succubes et des goules qui, au Tibet, s'abandonnent lascivement aux voyageurs égarés, les torturent et finissent par les dévorer. SINGES. Martin Luther considérait ces mammifères primates comme autant de démons dégénérés : » Les diables vaincus et humiliés deviennent des lutins et des farfadets, car il y a des diables dégénérés et j'incline à croire que les singes ne sont pas autre chose. Je crois que le Diable habite dans les perroquets et les perruches, les singes et les guenons, pour qu'ils puissent si bien contrefaire les humains... Et au besoin pour les tenter, comme le singe obscène qui, des années durant, s'amusa à provoquer la pudeur de sainte Gudule. SOTRES. Lutins que l'on rencontre tout particulièrement dans les Vosges où ils apparaissent hauts comme des enfants à la mamelle, mais doués d'une force prodigieuse. Malicieux jusqu'à la méchanceté, effrontés et vindicatifs, les Sotrès sont capables d'aller jusqu'au rapt des enfants dans les familles qui leur résistent ou qui les méprisent. En général, ils aiment à faire le ménage, à aider les travailleurs de la terre et à soigner le bétail, mais ils peuvent aussi voler les oeufs, la monnaie qui traîne, ou dérober des outils. SPECTRES. Apparition effrayante d'une personne disparue ou d'un esprit, que l'on croit discerner dans les ténèbres, le spectre disparaît au point du jour. Mais ces revenants n'appartiennent pas forcément aux cohortes infernales puisqu'il peut s'agir d'âmes en peine, de personnes privées de sépulture ou d'excommuniés non encore pardonnés. Le spectre dont nous entretient Dom Calmet dans son Traité des apparitions... (t. Il, ch. 48) relève cependant de l'engeance satanique et s'apparente d'assez près à un succube qui, en 1728, devait infester le presbytère d'un curé du diocèse de Constance. Ce dernier lui ayant servi de la viande, il la prit à deux mains et la dévora avec les os, disant voyez comme je mange la chair et les os... Il paraissait sous diverses formes, tantôt sous la figure d'un chien barbet, tantôt sous celle d'un lion, ou d'un autre animal terrible; tantôt sous la forme d'un homme, tantôt sous celle d'une femme ou d'une fille pendant que le curé était à table ou au lit, le sollicitant à l'impudicité. Quelquefois il faisait dans toute la maison un fracas, comme d'un tonnelier et qui relie des tonneaux... Le spectre répandait partout où il était une puanteur insupportable... Enfin le curé eut Le.recours aux exorcismes ; mais ils ne produisirent aucun effet. Et comme on désespérait presque d'être délivré de ces vexations il fut conseillé sur la fin de la troisième année de se munir d'une branche bénite le jour des Palmes, et d'une épée aussi bénite à cet effet, et de s'en servir contre le spectre. Il le fit une et deux fois, et depuis ce temps il ne fut plus molesté. Ceci est attesté par un religieux capucin, témoin de la plupart de ces choses, le 29 août 1749'.Les relations sexuelles avec ce spectre-succube n'avaient certainement rien d'agréable puisque Jérôme Cardan et Cajetan assurent que les revenants sont toujours froids comme glace, et qu'un démon leur aurait confirmé «qu'il fallait que la chose fût ainsi ». SPHINX. En vertu probablement de ses pouvoirs oraculaires, ce monstre fabuleux, d'origine égyptienne, à corps de lion et tête humaine passait jadis pour un démon auprès des érudits : «Le Sphinx était aussi un démon- femme ayant les ailes tellement changeantes et variables, à ce que dit Plutarque, que tournées aux rayons du soleil, elles avaient la couleur dorée, et aux nues elles étaient azurées, et semblables à l'arc en ciel. Ce démon parlait et articulait distinctement en voix humaine, comme faisaient aussi les harpies, autres démons-femmes et oiseaux qu'on nommait Chiens de Pluton, et exécuteurs de ses vengeances « (Pierre Le Loyer, Discours des Spectres, Paris, 1608, Livre III, ch. 5, pp. 198-199). STOLAS. Grand prince des enfers, qui apparaît sous la forme d'un hibou; lorsqu'il prend celle d'un homme et qu'il se montre devant l'exorciste, il enseigne l'astronomie ainsi que les propriétés des plantes et la valeur des pierres précieuses. Vingt-six légions le reconnaissent pour général (Wier, Pseudomonarchia daemonum). STRYGES. Etres chimériques qui, en Orient, passaient pour des vampires avides du sang des vivants SUCCUBES. Du latin subcubare : coucher sous. Démons lascifs revêtant une forme et un comportement féminins afin de soutirer leur semence à des hommes de préférence vigoureux, pour la transmettre ensuite, sous forme d'incubes, aux femmes qu'ils espèrent engrosser. Ce qui ne les empêche pas de venir induire au péché de luxure moines, anachorètes et adolescents tourmentés par la puberté... Les succubes peuvent également animer momentanément quelque personne décédée, dont les partenaires, après une folle nuit d'amour, retrouvent le cadavre au petit matin... Le R.P. Del Rio affirme cette possibilité et Florimond de Raemond écrit dans son Histoire de la naissance, progrès et décadence de l'hérésie de ce siècle (Rouen, 1629), que les démons s'emparent du corps des trépassés et, « ministres de la mort logent parmi les morts et Tout comme l'incubat, le succubat devait donner lieu à des récits salaces dont des extraits figurent sous différentes rubriques du présent ouvrage. A titre d'exemple, l'exorciste Brognoli, particulièrement qualifié et intarissable sur ces questions, nous raconte qu'à Bergame, en l'an 1650, un jeune homme âgé de vingt-deux ans vit le démon lui apparaître sous la forme d'une jeune fille qu'il aimait beaucoup. A cette vue, il poussa un cri; mais le fantôme lui ordonna de se taire, en l'assurant qu'il était sa bien-aimée, qu'elle avait fui de la maison parce que sa mère l'avait maltraitée, et qu'elle venait le voir. Il savait très bien que ce n'était point là celle qu'il aimait, mais un démon; malgré cela, après quelques paroles et quelques caresses, il consentit à ses désirs. Le fantôme lui dit alors qu'il n'était pas sa Thérèse, mais un démon; qu'il l'aimait et que c'était pour cela qu'il le poursuivait jour et nuit « (Gênes, Mystique, t. V, pp. 343-344). Brognoli ajoute que ce commerce monstrueux dura plusieurs mois mais que, grâce à son entremise, Dieu délivra enfin le jeune homme et qu'il fit pénitence de ses péchés. Les relations avec les succubes n'ont pas forcément un caractère agréable. Guaccius compare leur vagin à une caverne glacée; terme que reprend Nicolas Rémy en évoquant de leur part un « frigido, injucundo atque effoeto coitu e. Et Ambroise Paré met en garde ses contemporains en racontant la mésaventure survenue à un apprenti boucher, Jacobus Rueppt qui « étant profondément plongé en vaines cogitations de luxure, fut étonné lorsqu'il aperçut subitement devant lui un Diable en figure de belle femme, avec lequel ayant eu affaire, les parties génitales commencèrent à s'enflamber, de façon qu'il lui semblait avoir le feu ardent dedans le corps, et qui mourut misérablement. Certains cercles spirites, dont l'Eglise condamne véhémentement les pratiques, continueraient à évoquer les démons succubes, à des fins érotico-magiques. e A l'heure actuelle, écrivait J-K. Huysmans dans Là-Bas, ce sont moins souvent les démons que les morts évoqués qui remplissent l'imperdable rôle d'incube et de succube. Autrement dit, jadis dans le cas du succubat, il y avait, pour l'être vivant qui le subissait, Possession. Par Vévocation des morts qui joint au côté démoniaque le côté charnel atroce du Vampirisme, il n'y a plus possession dans le sens strict du mot, mais c'est bien pis. Alors l'Eglise n'a plus su que faire; ou il fallait garder le silence ou révéler que l'évocation des morts, déjà défendue par Moïse, était possible et cet aveu était dangereux, car il vulgarisait la connaissance d'actes plus faciles à produire maintenant qu'autrefois, depuis que, sans le savoir, le Spiritisme a tracé la route Par extension, on donne aussi le nom de succube aux nymphomanes et aux insatiables fellatrices, dont Honoré de Balzac nous a fourni un modèle dans ses Contes drolatiques. SYBACCO. Démon familier qui se tenait constamment à la disposition d'Adriano Lemmi, grand maître de la Maçonnerie italienne. D'après le Palladisme, Culte de Satan Lucffer, de Domenico Margiotta, transfuge de ladite Maçonnerie, Lemmi, « n'écrit jamais une seule ligne sans avoir d'abord transpercé la sainte Eucharistie avec la plume dite Calamus Transfigens, qu'il soutient avoir reçue à cet effet de son diable protecteur Sybacco, qui lui apparaît avec des cornes de taureau et trois yeux au front» (ouv. cit. Grenoble, 1895, p. 106). SYLPHES. Esprits composés, à l'instar des Gnomes, des Nymphes et des Salamandres, des plus purs atomes de l'air, les Sylphes, nous apprend Montfaucon de Villars, se complaisent dans l'entourage des gens instruits et se révèlent comme des amateurs de problèmes scientifiques. Leurs femmes et leurs filles, les Sylphides, ont l'allure et la robustesse des Amazones, mais on ne saurait les confondre avec des succubes. Une belle sylphide, rapporte Collin de Plancy, se fit aimer d'un Espagnol, vécut trois ans avec lui, en eut trois beaux enfants, et puis mourut. On ne prétendra pas sans doute que ce fut un diable; car selon quelle physique le diable peut-il s'organiser en corps de femme, concevoir, enfanter et allaiter ? (Dictionnaire infernal, 2e édit. Paris, 1826). A l'instigation du cabaliste Zédéchias, des sylphes apparurent aux hommes au lX~ siècle, sur des navires aériens d'une structure admirable, dont la flotte volante volait au gré des zéphyrs. Le peuple crut d'abord que c'étaient des sorciers qui s'étaient emparés de l'air pour y exciter des orages et pour faire grêler les moissons. Et comme ce spectacle se renouvela plusieurs fois, tant sous Pépin que sous Charlemagne et sous Louis le Débonnaire, les savants, les théologiens et les jurisconsultes furent bientôt de l'avis du peuple. Les empereurs le crurent aussi, et cette ridicule chimère alla si avant, que le sage Charlemagne, et, après lui, Louis le Débonnaire, imposèrent de graves peines à tous ces prétendus tyrans de l'air « (Garinet, Histoire de la Magie en France). Les Sylphes semblent, aujourd'hui, devoir se déplacer en soucoupes volantes... SYLVAINS. Divinités mineures qui, dans le monde latin, hantaient les forêts et les bordures des champs, à la recherche des filles et des femmes qu'ils désiraient physiquement posséder. Saint Augustin devait les assimiler aux démons incubes. SYTRY (ou BITRU). Grand prince aux enfers ; il apparaît sous la forme d'un léopard avec des ailes de griffon. Mais lorsqu'il prend la forme humaine, il est d'une grande beauté. C'est lui qui enflamme les passions. Il découvre, quand on le lui commande, les secrets des femmes, qu'il tourne volontiers en ridicule. Soixante-dix légions lui obéissent (Wier, Pseudomonarchia daemonum).