LES CREATURES INFERNALES VALAFAR. Grand et puissant duc de l'empire infernal. Il paraît sous la forme d'un ange, quelquefois sous celle d'un lion avec la tête et les panes d'une oie et une queue de lièvre. Il connaît le passé et l'avenir, donne du génie et de l'audace aux hommes, et commande trente-six légions (Wier, Pseudomonarchia daemonurn). VAMPIRES. Une excellente définition des Vampires, de ces êtres qui sortent du tombeau une fois la nuit venue, pour aller sucer le sang des vivants, nous a été donnée dès la fin du XVIII~ siècle par le Dictionnaire de Trévow (tome VIII, p. 285): «Vampire, Wampire, Oupire et Upire, n.m. et f. Les vampires sont une sorte de revenants qu'on dit infester la Hongrie, la Moravie, la Bohème, etc. Ce sont, dit-on, des gens qui sont morts depuis plusieurs années, ou du moins depuis plusieurs mois, qui reparaissent, se font voir, marchent, parlent, sucent le sang des vivants, en sorte que ceux-ci s'exténuent à vue d'oeil, au lieu que les cadavres, comme des sangsues, se remplissent de sang en telle abondance, qu'on les voit sortir par les conduits et même par les pores. Pour se délivrer des Vampires, on les exhume, on leur coupe la tête, on leur perce le coeur, on les empale, on les brûle... On distingue deux sortes de Vampires, les vampires actifs et les vampires passifs. Les premiers sont les morts revenants qui sucent le sang des vivants. Les seconds sont les vivants sucés : mais les Vampires passifs une fois morts deviennent vampires actifs... Mais dans l'affaire du Vampirisme, qu'on nous montre des gens dignes de foi, bien sensés et de sang-froid qui disent : nous avons vu un tel jour un Vampire, qui avait été notre parent, notre ami, qui portait tel nom : il était mort depuis tant de mois ou d'années, il nous a tenu tels discours, il a fait telles opérations sur nous. Pour arrêter les persécutions, nous l'avons fait exhumer, etc. et depuis ce temps-là nous avons cessé de le voir, etc. VAPULA. Grand et puissant duc de l'enfer; il paraît sous la forme d'un lion, avec des ailes de griffon. Il rend l'homme très adroit dans la mécanique et la philosophie, et donne l'intelligence aux savants. Trente-six légions lui obéissent (Wier, Pseudomonarchia daemonum). VÉNUS. « L'éternelle Vénus (caprice, hystérie, fantaisie) est une des formes séduisantes du Diable « (Charles Baudelaire, Mon Coeur mis à nu, 278 feuillet). VÉNUS NOIRE. Très ancienne divinité asiatique adorée primitivement sous la forme d'un bétyle; assimilée par la suite à Lilith et à Astarté, ou au double de cette dernière. Certaines légendes en font la femme de Satan, d'autres la maîtresse de Lucifer. VERBOUC. Désigne parfois le Diable, le bouc étant un de ses animaux favoris. VERDELET. « Démon du second ordre, maître des cérémonies de la cour infernale. Il est chargé du transport des sorcières au sabbat. Verdelet prend aussi le nom de Joli-Bois ou de Vert-Joli, ou de Saute-Buisson, ou de Maître-Persil pour allécher les femmes et les faire tomber dans ses pièges, par ces noms agréables et tout à fait plaisants » (abbé Migne, Dictionnaire des Sciences occultes, 1846). VERRINE. Démon des plus vulgaires, ignorant le grec et le latin, qui en 1611 possédait le corps de Louise Capeau, religieuse ursuline impliquée dans l'affaire Gaufridy. Contraint par Dieu de dire la vérité en langue provençale, Verrine ne cessa de faire l'éloge de la Vierge Marie (ne devait-elle pas plus tard s'adresser en patois à Bernadette Soubirous ?), et d'assurer qu'il n'existe point de salut en dehors de l'église catholique. VERSIPELLES. Terme latin désignant les personnes susceptibles de se muer en loups-garous; notamment employé par Pétrone dans le Satiricon. Etymologiquement ce terme signifie : qui change de peau - comme les loups changent de peau mais non de mentalité (lupi pelem mutant, non mentem, dit un proverbe). VOLAC. Grand président aux enfers; il apparaît sous la forme d'un enfant avec des ailes d'ange, monté sur un dragon à deux têtes. Il connaît la demeure des planètes et la retraite des serpents (Wier, Pseudomonarchia daemonum). VOUIVRE (LA). Naïade ou dryade superbe autant que mystérieuse, que d'aucuns prétendent d'appartenance infernale, eu égard à la familiarité qu'elle entretient avec les serpents venimeux, la Vouivre est avant tout une gardienne de trésors souterrains. Elle porte au front un énorme rubis serti sur un diadème qu'elle enlève au moment de se baigner, et dont la possession suscite bien des convoitises. Certains ont cru pouvoir s'emparer de l'incomparable joyau, mais se sont fait mordre à mort par des serpents surgissant subitement autour de leur maîtresse. En patois franc-comtois, Vouivre est synonyme de guivre ou givre : serpent, dont le terme est encore utilisé dans le blason. A l'origine, la Vouivre fut probablement un serpent ailé volant dans le ciel pendant les nuits d'été et laissant derrière elle une trace lumineuse. A l'instar de la fée Mélusine, on lui prêta par la suite le pouvoir de se métamorphoser en une créature du sexe féminin. Dans son Historia Naturaiis, Pline l'Ancien fait allusion à un oeuf de serpent, ancêtre vraisemblable de l'escarboucle de la Vouivre : « ... il existe une espèce d'oeuf en grand renom dans les Gaules et dont les Grecs n ont pas parlé. En été, des myriades de serpents se rassemblent et s'enlacent. Collés les uns aux autres par leur bave et par l'écume qui transpire de leurs corps, ils façonnent une boule dite oeuf de serpent. Les Druides disent que cet oeuf est soutenu en l'air par les sifflements des reptiles et qu'il faut le recevoir dans un manteau avant qu'il ait touché terre. En outre, le ravisseur doit s'enfuir à cheval, car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'il ait mis une rivière entre eux et lui... J'ai vu moi- même un de ces oeufs, qui était de la grosseur d'une pomme ronde de taille moyenne. « Marcel Aymé, qui fait mention de ce texte dans un roman justement intitulé la Vouivre, paru en 1943, ajoute d'ailleurs : « On pourrait, sans grands risques d'erreur, expliquer comment l'oeuf de serpent s'est changé en rubis. La transformation s'est très vraisemblablement opérée depuis l'époque où l'industrie de la taille des pierres précieuses s'est installée dans les cités et les bourgades du haut Jura. «On mentionne la présence de vouivres à Beaulon et Chevagne (AIlier), Brétigny et Vitteaux (Côte-d'Or), Avroudey (Doubs), Pagney et Pagnoz (Jura), Fleury-sur-Loire (Nïèvre). Il existerait également en Sologne des serpents volants dénommés Codrilles, qu'on ne voit jamais, mais dont on empêche l'éclosion des oeufs en plaçant tous les Premier Mai une branche d'aubépine fleurie dans le fumier des fermes.