LES CREATURES INFERNALES HABORYM. Démon des incendies, appelé aussi Aym. Il porte aux enfers le titre de duc; il se montre à cheval sur une vipère, avec trois têtes, l'une de serpent, l'autre d'homme, la troisième de chat. Il tient à la main une torche allumée. Il commande vingt-six légions... (Collin de Plancy, Dictionnaire, 1863). HADÈS. Dieu grec du Royaume des morts, où il régnait avec Perséphone, ou Koré, fille de Déméter, qu'il avait ravie. Hadès désignait aussi le Royaume des Enfers. Les latins disaient Dis Pater ou Orcus pour le dieu (Proserpine, pour son épouse) et Ave me pour les Enfers. Comme Hadès était également le maître des richesses à l'intérieur de la terre, on le dénommait aussi Pluton (du grec ploutos, richesse). Le cyprès et le narcisse lui étaient dédiés. (On écrit parfois Ades ou Aides). En 1974, dans The Stellar Almanach, paru à Lakemont, en Géorgie, P. Scott Hollander devait retracer l'histoire du Royaume Infernal de l'Hadès, et en établir un guide en tous points comparable à celui d'une société de consommation à l'américaine avec ses banques, ses buildings, ses moyens de transports et ses centres de loisirs très diversifiés. Tout y est prévu, en 317 pages, ce qui fournit une idée de l'imagination fertile d'un pareil auteur... HANEBANE. Nom vulgaire que les sorcières donnaient à la jusquiame noire (hyosciamus figer), solanèe vénéneuse et narcotique, qui entrait dans la composition des onguents. (Voir: Flore diabolique, Onguent des sorcières.) HÉCATE. Divinité lunaire et marine du panthéon gréco- romain, portant souvent une triple tête, et accompagnée par une meute de chiens féroces, Hécate fut considérée comme la propagatrice des teneurs nocturnes, des fantômes et des spectres. Avatar d'Artémis, elle fut à une époque tardive assimilée à la Lune, cachée et redoutable, évoquée aux carrefours par des sacrifices sanglants. Plus tard encore, elle favorisa la course nocturne des loups-garous et l'envol des sorcières, dès qu'on l'eut qualifiée de démon. HIOMUNCULE. Petite créature sans pesanteur, ni sexe, louée de pouvoirs surnaturels, que les sorciers prétendaient pouvoir fabriquer, et que le Docteur Faust aurait réalisée à partir d'opérations alchimiques. On ne doit pas abandonner la génération des homuncules; en effet .1 y a quelque vérité en cette matière, bien que pendant trés longtemps elle fût regardée comme très occulte et rés secrète. Et longuement quelques philosophes indiens discutèrent et doutèrent s'il était possible, par la nature et l'art, d'engendrer un homme en dehors du corps de la femme et de la matière naturelle. A quoi je réponds que cela ne répugne nullement à l'art spagyrique et à la nature; bien plus, que cela est très possible. Pour y parvenir, on procède ainsi : on concentre dans un alambic scellé une suffisante quantité de sperme l'homme, à la plus haute température d'un ventre de cheval, pendant quarante jours, ou aussi longtemps qu'il est nécessaire pour qu'il commence à vivre et à se mouvoir, ce qu'on voit facilement. Après ce temps il sera semblable à un homme, mais cependant translucide et sans substance. Si ensuite chaque jour, en secret, il est nourri avec précaution de sang humain et maintenu pendant quarante semaines à la température constante d'un ventre de cheval, il devient un véritable enfant vivant, ayant tous les membres d'un fils d'une femme mais beaucoup plus petit. C'est ce que nous appelons homuncule. Et il doit être élevé avec beaucoup de diligence et de soins jusqu'à ce qu'il grandisse et commence à raisonner et à comprendre. C'est un des plus grands secrets révélé par Dieu à l'homme mortel et capable de pécher. Lorsque de tels homuncules atteignent l'âge viril ils deviennent les géants ou les pygmées et les autres hommes miraculeux qui sont les instruments de grandes choses, qui remportent de grandes victoires sur leurs ennemis, et connaissent toutes choses secrètes et cachées (De natura rerum, Oeuvres complètes de Paracelse, t. Il. Trad. Jules Delassus).