Les boîtes à horreurs ou autres "cake-walk"
Les boîtes à horreurs, autres attractions bien connues de toutes les foires
qui se respectent, sont un peu les trains fantômes du pauvre. C'est-à-dire que l'on ne vous propose pas de carrosse ensorcelé pour en
faire la visite (ou plus simplement de wagonnets) : il vous faut y aller à pied, et dans le noir s'il vous plaît, ou tout du moins dans une
obscurité relative. Dans le premier cas, on pouvait redouter de devoir s'en remettre au bon vouloir du véhicule
qui répondait en fait à un parcours tout tracé, sur rails, dans le second vous ne savez pas non plus où vous allez (c'est à vous de chercher et de
trouver) et l'on pourrait croire que ce semblant de liberté va vous conférer une forme de protection puisque vous êtes supposé savoir où
vous mettez les pieds. Hé bien non ! Justement ! Dans ces boîtes à horreurs, on a le plus généralement axé l'amusement sur la présence de
certains monstres mais aussi sur toute une série d'obstacles, dont on se demande d'ailleurs quelle est la signification par rapport au domaine de
l'étrange. Mais, au fait, qui a dit qu'il y en avait un ?
Procédons, si vous le voulez bien, par ordre et méthode et reprenons depuis le début. Les
boîtes à horreurs, comme leur nom l'indique, représentent généralement, vu de l'extérieur, des lieux inquiétants où toute la publicité pour
l'attraction réside dans le surnaturel puisqu'on y trouve, dessinés sur les murs ou sous la forme de mannequins représentatifs, des êtres
éloquents quant à leur vocation.
Ce sont, par exemple, de gigantesques gorilles sortant d'une fenêtre sombre, le sommet d'une
tour rappelant le château hanté (et c'est bien ce que les forains tentent de nous faire croire, en proposant cette attraction, à savoir
que vous allez pouvoir évoluer dans une espèce de "château hanté".
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C'est souvent la forme
générale du bâtiment d'ailleurs, à quelques variantes près) divers monstres ou personnages grimaçants, éventuellement sortis de séries
télévisées ou de productions cinématographiques telles que la Famille Addams. Pour entrer immédiatement dans le vif du sujet et émettre une
critique très générale (qui est un peu vraie aussi pour les trains fantômes soit dit en passant), on peut déplorer que le badaud perçoit
plus d'attractions en se basant sur ce qu'il voit (gratuitement) à l'extérieur que sur ce qu'il rencontrera à l'intérieur, au cours de sa
visite (payante).
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Les grands standards des boîtes à horreurs résident dans la musique de circonstance que l'on entendra aux abords immédiats,
l'éternelle soufflerie (à la sortie le plus souvent) supposée soulever les jupes des filles (comme si celles-ci en portaient encore et que l'allusion à la scène de Marilyn
Monroe était encore vraiment d'actualité), la non moins traditionnelle chauve-souris ou l'araignée postiche que l'on recevra sur la tête et puis certains passages obligés
(le tonneau qui tourne sur son axe ou se balance lorsqu'on le traverse, les plaques zigzaguant sous les pieds, la plaque tournante, bref : autant d'artifices jouant sur
l'équilibre des visiteurs).
Si vous optez pour la visite (qui n'est jamais guidée), hé bien, allons-y ! Franchissez donc la mince porte d'entrée pour vous retrouver dans l'obscurité (supposée
engendrer la crainte chez les enfants de moins de huit ans, en mettant les choses au mieux) et tentez de vous orienter dans une espèce de mini labyrinthe de cloisonnements
de plaques d'aggloméré ou de bois, voire de métal, c'est selon l'investissement et les possibilités financières du forain. Vous aurez tôt fait de constater que ce genre
d'attractions a été conçu à une époque bien révolue, celle où la terre ne comportait pas encore une aussi forte proportion d'obèses. C'est que, en effet, pour avoir une
chance d'arriver au bout de votre visite, vous n'avez pas intérêt à présenter de l'embonpoint, au risque de rester calé quelque part dans le parcours.
Poursuivez donc votre chemin en vous apercevant d'une seconde particularité de l'établissement, celle qui consiste à
visiter des couloirs vides. Vous arriverez presque immanquablement à un escalier (puisque l'attraction propose très souvent un étage) ou un plan incliné, voire les deux si
vous avez été bien sage. Sachez que chaque marche peut se dérober sous vos pieds, ou une inclinaison qui... incline... donc à la chute ! Heureusement, vous pouvez toujours
vous tenir aux parois, voire à la rampe (quand celle-ci n'a pas la fâcheuse tendance à se dérober en même temps que la marche !). Il est possible que vous rencontriez
d'autres obstacles dans votre progression. cela pourrait être un "pont de cordes", un rétrécissement (encore !), le passage dans un couloir dans lequel des chaînes sont
pendues au plafond, ou des fils (qui devraient théoriquement se prendre dans les cheveux ou en principe générer une sensation désagréable, horrible ?).
Vous passerez peut-être aussi à côté d'une cage vitrée dans laquelle se trouve le buste de quelque personnage
bizarre, aux yeux luminescents, avec peut-être aussi un peu de peinture pour simuler le sang. Il y a des siècles que ce genre de choses ne fait plus peur à
personne. Mis à part ce que vous aurez déjà vu à l'extérieur (quand nous vous le disions ?) c'est à peu près tout.
Il y aura quand même pour vous, du moins si vous êtes un peu curieux de nature et ne manquez pas de logique,
une énigme que vous aimeriez résoudre : d'où peuvent donc bien provenir tout ces cris horrifiés, ces hurlements de terreur ou bien ces grands éclats de rires ?
Vous aurez certainement toutes les peines du monde à croire que cela puisse venir de visiteurs comme vous, qui s'amusent dans le parcours et vous vous en
tiendrez à la version la plus communément admise : il ne s'agit que d'un enregistrement !D'accord !
Nous ne sommes pas tendres avec ce genre d'attractions foraines. Disons tout de même qu'il ne faudrait pas
généraliser hâtivement et que, en regard de celles que j'ai eu le malheur de visiter, il en existe probablement d'autres, plus riches en sensations, plus
prodigues en possibilités, plus imaginatives et donc plus réussies. Tout bien réfléchi, ce qui en fait le succès, c'est probablement le fait que des jeunes (et
peut-être des moins jeunes ?) se décident pour "l'aventure" en comptant sur le semblant d'intimité que l'on peut y trouver pour dévier le but initial avoué. On
y invite donc sa "meuf" (soyons modernes!) et si l'attraction ne l'amuse pas, il y aura toujours moyen de provoquer soi-même l'amusement... avec sa meuf ! Nous
allons donc faire semblant de croire que les jeunes de la génération actuelle ont encore besoin de rechercher des endroits isolés et cachés des regards pour
échanger des baisers, disons pudiquement "faire du
frotte frotte" et plus si affinités. On peut aussi dire que l'endroit est certainement moins confortable que l'hôtel mais qu'il y a une nette différence de
prix. Malheureusement, la position horizontale sera problématique et vous ne pourrez pas y passer la nuit non plus.
VOYEZ AUSSI : LES TRAINS FANTÔMES
REMARQUE: les photos qui illustrent ce dossier proviennent de l'excellent site de Wipeout qui traite des attractions foraines et dont nous vous conseillons vivement la
visite:http://wipeout.free.fr
Lesdites photos sont SOUS COPYRIGHT. Nous remercions tout particulièrement David de Wipeout pour son aimable autorisation !
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Nous ne serions pas complets si nous passions sous silence l'existence des fameux "cake-walk" (qui semblent toutefois
tomber en désuétude dans notre pays). De quoi s'agit-il ? En fait, grosso modo, c'est la même chose que les boîtes à horreurs, mais sans les horreurs. Tout l'amusement
résidera donc dans la difficulté du parcours, dans lequel vous trouverez aussi des escaliers espiègles, des couloirs ou ponts mobiles, des toboggans, des glissoires,
autrement dit : tout ce qu'il faut pour se casser la figure, sauf que, dans ce cas-ci quand même, on vous fait grâce de l'obscurité. Autrement dit aussi, dans le cas du
cake-walk (littéralement "la promenade du cake" par allusion au chemin que suivent ces pâtisseries en milieu industriel), vous aurez tout ce qu'il faut pour "la culbute"
au grand jour. Chacun ses goûts. Et puis, les coups et les douleurs, ça ne se discute pas, non ?
Tant qu'on y est, voici un petit truc pour vous permettre de réaliser quelques économies et un joli coup double. Pourquoi n'inviteriez-vous donc pas votre belle-mère au
cake-walk ? De cette façon, vous récupéreriez les horreurs perdues en ne fréquentant pas la boîte et, avec un peu de chance, vous en seriez débarrassé pour une quinzaine
de jours. Peut-être même plus, si ça se trouve !
NB : si vous allez à la boîte à horreurs avec votre belle-mère, vous risquez aussi d'en être débarrassé. Aucun forain ne résistera à l'aubaine de pouvoir remplacer
avantageusement l'un de ses vieux mannequins par un truc bien plus horrible. A condition qu'il reste planqué dans la boîte, bien sûr !


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