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Arc-Wattripont : Supercheries - débatL'enquête menée notamment par des sceptiques et des spécialistes du paranormal a mis en lumière plusieurs mécanismes qui soutiennent la thèse de la supercherie :
L'ouvrage de Michel Vanbockestal, "Le poltergeist d'Arc-Wattripont, vérité, scandale et désinformation, analyse justement comment cette affaire a été alimentée par une certaine forme de "désinformation" et comment le mystère a été définitivement résolu pour beaucoup d'enquêteurs. Débat :
Certes, l'affaire d'Arc-Wattripont a comporté certaines
(petites) supercheries. Il ne serait pas honnête de prétendre le
contraire. Cependant, celles-ci ne sont pas de nature à pouvoir expliquer les nombreux phénomènes qui sévirent dans
"La maison du Diable" en 1993. Dans une certaine mesure, dans le
développement de la théorie PKSR elles ne feraient même que confirmer le
processus qui a l entraîné tout le chamboulement. On pourrait
résumer ce point de la manière suivante : un enfant venant d'être
émerveillé de la puissance de sa baguette magique se trouve très
dépourvu lorsqu'il s'avère que son jouet ne fonctionne plus. Dès
lors, il tente de reproduire frauduleusement ce qu'il avait obtenu
précédemment. Le rôle de l'illusionnisme : Des magiciens et prestidigitateurs ont démontré que la plupart des phénomènes observés (objets qui volent, meubles qui bougent) peuvent être reproduits par des techniques de manipulation et de détournement d'attention. Dans un environnement sombre, encombré et chargé d'émotion, il est aisé de ne pas voir le geste qui lance l'objet.
OK. C'est bien connu que le prestidigitateur
chevronné va détourner habilement l'attention des spectateurs pour
pouvoir procéder. Cela aurait pu être mis en oeuvre à
Arc-Wattripont. Mais lorsque l'on considère qu'une dizaine de
gendarmes se sont évertués avec zèle à découvrir les mécanismes ou
artifices qui auraient pu générer les phénomènes, sans succès, au même
titre que cinq policiers et ceci lors d'un travail de près de 48 heures,
il est inconcevable qu'ils n'aient strictement rien trouvé ni remarqué
de probant. Il ne faut pas non plus prendre les gendarmes pour des
imbéciles et s'imaginer qu'ils aient accepté de travailler dans la
pénombre, avec une visibilité réduite : ce sont des professionnels et,
on l'a vu, ils n'avaient pas intérêt ni à raconter des sornettes ni à
bâcler leur travail puisque deux corps de police rivaux étaient
confrontés (la gendarmerie et la police existaient encore conjointement
à l'époque et il existait bien une "guerre des polices". Une
défaillance des uns n'aurait pas manqué d'être pointée du doigt par les
autres, or les témoignages sont unanimes. La suggestibilité et l'hallucination collective : Les gendarmes arrivaient sur les lieux dans un état de tension, déjà conditionnés par les récits terrifiants de la famille. Dans ce contexte, le moindre bruit suspect ou mouvement naturel peut être interprété comme surnaturel. Négatif ! Les gendarmes premiers intervenants sont arrivés sur les lieux à l'appel du dispatching qui, vers 22h30, leur signalait "un important tintamarre troublant l'ordre public et des objets se déplaçant apparemment seuls". Ce n'était donc pas vraiment le genre de choses particulièrement effrayant, tout dépendant naturellement du niveau de sensibilité de tout un chacun, mais rappelons que nous avons ici affaire à des gendarmes et pas des majorettes effarouchées ! Les habitants n'ont guère eu le temps de les abreuver de récits terrifiants (cela allait arriver par la suite seulement) et, en entendant le descriptif du dispatching les gendarmes riaient bien de cette histoire de maison hantée à laquelle ils ne croyaient absolument pas. Ils se sont dit qu'ils allaient bien voir et sans doute bien rigoler des sornettes qu'on allait leur raconter. On ne peut donc pas parler de "conditionnement" ou de tension des gendarmes. Encore une fois, ce sont des gendarmes qui arrivaient sur les lieux, pas des fillettes prépubères ! L'absence de preuves matérielles : Malgré les nombreux témoignages oculaires, aucune vidéo ou photo n'a jamais capturé le moindre mouvement paranormal. À chaque fois que des experts ou des caméras étaient installés de manière rigoureuse, les phénomènes cessaient brusquement. Cette phrase a quelque chose
"d'amusant" ! Elle suggère que des experts auraient pu installer
plusieurs fois des caméras et que les phénomènes cessaient
immédiatement. Le cas échéant on aurait donc pu évoquer une
certaine furtivité. Cependant, quel expert aurait donc installé ne
serait-ce qu'une seule fois une caméra ? La réponse, c'est : AUCUN
! Il se dit que Jacques Léon Théodor aurait passé une nuit seul
dans la maison avec tout un appareillage. Or cela s'avérait tout à
fait impossible pendant les pics d'intensité des phénomènes (5-6 et 6-7
janvier) tout simplement parce que l'accès était refusé par les
officiels qui étaient en mission et aussi parce que l'intéressé n'a pas
été disponible lors des premiers jours de "l'enquête" (générale).
Finalement, seuls les gendarmes ont utilisé une caméra et
l'enregistrement a été immédiatement transmis au Parquet du Procureur du
Roi. L'unique copie qui a été transmise révèle une falsification
grossière dans le but de décrédibiliser l'affaire. Or quand on
cache, c'est qu'il y a à cacher ! La piste de la "fraude adolescente" : Comme dans beaucoup de cas de poltergeist (comme celui d'Enfield), l'attention s'est souvent portée sur un jeune membre de la famille. Le besoin d'attention ou de manifester un mal-être peut pousser à élaborer des supercheries de plus en plus complexes. C'est ce que nous avons évoqué plus haut. L'ouvrage de Michel Vanbockestal, "Le poltergeist d'Arc-Wattripont, vérité, scandale et désinformation, analyse justement comment cette affaire a été alimentée par une certaine forme de "désinformation" et comment le mystère a été définitivement résolu pour beaucoup d'enquêteurs. (cf.I.A) La désinformation a surtout été alimentée par une émission télévisée belge de sinistre mémoire. C'est dans celle-ci que l'on entendait le journaliste conclure : "Il ne s'est jamais rien passé à Arc-Wattripont sauf dans les agissements d'un doux dingue", formulation ô combien fallacieuse. L'épisode des exorcismes a également contribué à désinformer l'instruction vu que d'une part les habitants n'avaient jamais sollicité le diocèse de leur paroisse et que l'Évêque intervenant ne relevait même pas de leur confession. En fait, en quelque sorte il s'était invité lui-même et s'était donné l'autorisation d'officier. Mais, nous l'avons vu et c'est explicitement analysé dans le livre en question : les signes idiopathiques n'étaient pas présents ou bien étaient-ils absolument insuffisants : il n'y avait donc aucune possession démoniaque et il n'était nullement question de surnaturel dans cette affaire. La désinformation, on la retrouvait encore dans l'épisode de la cassette vidéo prise par les gendarmes, ce qui en a été fait par le Parquet du Procureur du Roi et ce qui en a été dit par Jacques Léon Théodor, le chef zététicien par excellence qui a réussi l'incroyable prodige de se laisser prendre à se contredire tout en attestant de la réalité des phénomènes. Mieux : dans son livre, "Un regard normal sur le paranormal" n'écrit-il pas : "Plus étonnant a été le comportement des policiers (Ransart) et des gendarmes (Arc-Wattripont), eux dont on aurait pu attendre une certaine froideur "face à des phénomènes quelque peu surnaturels". Somme toute, Mister Zèt accepte de donner un caractère au moins "un peu surnaturel" à des phénomènes qu'il conteste ! Fort de café ! En fait de solution de l'affaire pour beaucoup d'enquêteurs on peut citer la gendarmerie qui s'est "simplement" retirée, le surnaturel n'étant pas de leur ressort. Compréhensible mais "facile"... On ne pouvait pas déposer plainte contre "un fantôme" ou un "poltergeist" et on ne disposait d'aucune preuve contre... euh... contre qui ? Pour d'autres il n'y avait strictement rien sur la cassette vidéo (ce qui était faux), ou les images étaient brouillées (ce qui l'était tout autant) mais pas pour Jacques Théodor et Jean-Marie Tesmoing qui avaient été priés de prêter serment sur l'honneur de ne jamais rien en révéler. Mais pourquoi donc s'il n'y avait rien de spécial sur l'enregistrement vidéo ? (Vous êtes priés de ne jamais rien révéler de ce que vous n'avez pas pu voir ?)
Somme toute, résumons-nous : "Il ne s'est jamais rien
passé à Arc-Wattripont (mais que fallait-il donc, alors ?) sauf "dans
les agissements d'un doux dingue". Un "doux dingue"? Ce n'est pas
ce que disait Madame Dierkens, psychologue clinicienne, ni son mari,
psychanalyste hautement réputé. Ce n'est pas non plus ce que l'on
pouvait voir dans l'émission "Controverse" de B. Cartuyvels, ni la
conclusion de l'analyse psychologique demandée par le Parquet.
Certes, ses propos pouvaient être délirants en parlant démons, Vierge et
possession. Mais les expressions verbales ne sont pas connues pour
être responsables de la culbute de meubles lourds, le déplacements d'objets,
la lévitation d'autres, les combustions spontanées ou l'envol de
bibelots.
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