Il
existe, dans la région de Bruxelles, une maison vraiment très
particulière, hantée au dernier degré dirait-on bien. On dit même que
cette maison a les murs qui saignent !
Intrigués et vivement intéressés comme on le comprend, dès l'annonce de
cette nouvelle nos enquêteurs se sont mis en marche. Il fallait tout
d'abord en savoir plus et prévoir un plan d'action en ce qui concerne la
visite de cette maison.
Or donc, nous étions prétendument en présence d'un cas très particulier
de maison aux murs sanguinolents. Mais pour attester de pareil fait, il
allait falloir procéder à des prélèvements et à leur analyse, afin de
déterminer dans un premier temps s'il s'agissait effectivement bien de
sang et ensuite, le cas échéant, s'il s'agissait de sang humain ou
animal. Mais si le prélèvement en question ne posait aucun réel problème
technique, la suite n'en allait pas de même car comment aurions-nous
présenté les choses ? Quelle mutualité ou quel laboratoire aurait pris
l'analyse en charge ? Évidemment, il n'y aurait eu aucune requête
médicale, on imagine le loufoque de la situation et en l'absence
d'attestation médicale en bonne et due forme, toute l'affaire aurait été
sujette à caution, suspecte. Il aurait été impossible d'authentifier le
phénomène. Bref : cela n'aurait pas fait sérieux et nous ne voulons pas
de ce genre de choses au CERPI !
Cependant, il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs ! Avant de
penser à de quelconques prélèvements, encore fallait-il connaître
l'adresse exacte (nous l'avons obtenue), entrer en contact avec les
propriétaires ou locataires (cela a été fait) et obtenir leur
autorisation de visiter les lieux (car les lieux sont toujours habités
!) et il se fait que nous avons également obtenu cette autorisation. Du
moins verbalement, par téléphone.
Faut-il le dire, nous en avons profité pour poser plusieurs
questions en ce qui concerne la hantise des lieux et ces fameux "murs qui
saignent"... C'est alors que nous avons cru, l'espace de quelques secondes,
avoir été aiguillés sur une mauvaise adresse :
"Les murs qui saignent ? Mais non ! Pas chez nous
en tous cas. Il y a bien une trace, une tache bizarre au plafond, avec des
espèces de boules colorées. C'est déjà bien assez étrange comme ça, mais nos
murs ne saignent pas !"
Nous sommes déçus, bien sûr : voilà une affaire qui s'annonçait bigrement
intéressante et qui devient subitement exsangue !
C'est le cas de le dire...
Mais, dans ce cas, que se passe-t-il donc chez vous, Madame ? (Car notre
interlocutrice est une dame).
Et c'est là que l'affaire reprend tout son intérêt car s'il n'est guère question
de murs qui saignent, en revanche la maison est bel et bien hantée à ce que nous
raconte cette brave dame toute émue. Et d'émotion, il va plutôt en être question
dans le tableau qui va nous être dépeint d'une situation qui nous apparaît,
directement, comme assez catastrophique, chaotique même !
..."Les phénomènes se déroulent
surtout la nuit, dans l'intimité du foyer, mais ils peuvent aussi survenir en
pleine journée et en présence de témoins, lesquels ne manquent pas. Cela semble
provenir essentiellement du grenier (dans lequel plus personne ne s'aventure de
longue date) mais ce n'est assurément pas le seul lieu où ils sévissent. Bref :
cela se passe un peu partout et n'importe quand. Ce sont des bruits dans les
murs, dans les locaux, des chuchotements ou même des conversations entières sont
perçues par les membres de la famille. Les bruits sont de natures diverses mais
il y en a de franchement lugubres, à vous flanquer la chair de poule ! Il y a
des déplacements inopinés d'objets, voire même des projections et l'on déplore
plus d'un cas où un visiteur a pris ses jambes à son cou car il était devenu la
cible de projectiles totalement improvisés et, cela va sans dire, sans
intervention aucune de qui que ce soit. Il y a aussi des attouchements, toujours
désagréables et invisibles qui sont relatés, mais il y a pire ! Le petit garçon
de la maison (4 ans) qui, lui, voit parfaitement les entités qui hantent ce
domicile et pourrait nous les décrire, en a déjà reçu un coup de poing !"
On croirait le tableau déjà bien assez impressionnant comme ça, hé bien
pourtant ce n'est pas tout et, du coup, on en vient à être bien content que les
murs ne saignent pas, en plus ! L'homme de la maison (qui ne s'oppose nullement
à notre visite) ne parle pas des phénomènes, il aurait plutôt tendance à
s'enfermer dans le mutisme. Nous supposons que son esprit traditionnellement
cartésien ou pragmatique s'est trouvé vexé de ce qui se passait chez lui et que,
faute de pouvoir donner une explication objective à l'affaire, il préfère se
taire. Quant à madame, celle que nous avons présentement au téléphone, elle
éclate en sanglots en nous relatant les faits et nous sentons bien, nous
entendons bien que ce n'est pas du pipeau !
..."Il faut dire, Monsieur, que
notre maison est bâtie sur un ancien cimetière et qu'il existe plusieurs autres
cimetières qui jouxtent notre maison, je suppose que cela n'aide pas... Mais ces
phénomènes perdurent depuis voilà maintenant plus de vingt ans ! Vingt ans d'un
calvaire que vous pouvez aisément imaginer ! Figurez-vous que notre petit garçon
ne dort plus la nuit : nous nous sommes arrangés pour qu'il dorme le jour (?!),
les phénomènes sont pratiquement continuels avec de courtes périodes de
rémission, mais disons, pour simplifier, que l'on n'a jamais la paix, les
journées calmes sont rares ! Il arrive que nous ayons des réunions de famille et
que l'on aperçoive des "ombres noires "
(ce sont les mots évoqués au téléphone par cette dame)...
En entendant cela, une question vient directement à l'esprit :
"Mais qu'avez-vous déjà fait, jusqu'ici, pour tenter de remédier à la situation
? (et l'on se demande aussi pourquoi ils ne déménagent pas !)
La réponse sidère :
"...Nous avons demandé à un prêtre de venir bénir la maison. Celui-ci a
envoyé un diacre. Une fois sur place, le diacre a commencé à officier, puis il
s'est mis à tousser, à trembler et à transpirer. Il a fini par s'en aller sans
avoir pu faire son travail. Il est revenu une deuxième fois et nous avons pu
assister au même topo. Sauf que cette fois il est parti en disant : "Vous êtes
fous ! Je ne peux pas bénir cette maison !"
Autrement dit, cela n'a jamais pu se faire !..."
Nous avons terminé la conversation en demandant les préférences en ce qui
concerne la visite, préférez-vous en semaine ou le week-end ? En journée, en
soirée, etc. Notre but était de déranger le moins possible ces gens qui avaient
déjà l'amabilité de nous recevoir dans leur logis, mais il semble clair qu'ils
n'étaient déjà que trop heureux que l'on s'intéresse à leur cas, sous-entendu :
que cela puisse éventuellement amener quoi que ce soit de positif et, entre les
lignes, "qu'on les libère de cette saleté" !
Nous avons toutefois mis les points sur les "i" : nous
ne venons pas là en "docteurs du paranormal" dans le but de "soigner" une maison
"malade d'un phénomène" quelconque, nous ne sommes pas des exorcistes (à chacun
son boulot). Nous viendrons chez eux en tant qu'enquêteurs du CERPI, c'est à
dire avant tout dans le but d'observer les phénomènes, de recueillir un
témoignage, d'analyser les lieux et les faits et, si possible, de donner une
explication objective et scientifique à tout cela avant toute chose. Pas
question de mettre quoi que ce soit "a priori" sur le compte du paranormal ou du
surnaturel, au contraire : d'abord envisager et éventuellement éliminer toute
possibilité d'explication cartésienne, logique. Ce n'est que si ce type
d'explication semble totalement impossible, observations, témoignages et preuves
à l'appui, que nous commencerons (peut-être !) à parler de surnaturel.
Désormais, les enquêteurs du CERPI disposent d'une affaire
qui semble "grosse comme une maison", à deux pas de chez eux (enfin, bon ! À
condition d'avoir de longues jambes quand même !) Mais tous les éléments
semblent réunis pour réaliser une magnifique investigation !
Nous fourbissons nos armes, préparons notre matériel et procédons aux études,
préparatifs et briefings qui s'imposent avant de passer à l'action...
Attention : les photos présentes ci-dessus ne représentent
pas des scènes relatives à la maison ici concernée.
LE QUIPROQUO DU DÉPART.
Voilà qui nous apprendra probablement à revoir la théorie de
la communication et à ne pas nous laisser emballer dans ce qui, dès le départ,
apparaissait comme un quiproquo, une erreur dans l'expression des choses et sans
doute aussi dans les interprétations, colportée par l'euphorie d'avoir à sa
portée un cas retentissant. Certains investigateurs dans cette affaire ont
focalisé sur les saignements dont il avait été question initialement, en dépit
du correctif apporté par l'habitante des lieux (et c'est pourtant vrai que,
lorsque l'on relit notre page d'introduction, on voit bien que les choses
avaient été mises au point directement : non ! les murs ne saignent pas !)
Pourtant, c'est vrai aussi, nous aurions eu l'air fin si les choses s'étaient
passées autrement. Imaginons qu'arrivés sur place, nous aurions bel et bien été
en présence de murs sanguinolents en l'absence de tout moyen de prélèvement et
donc d'authentification, nous aurions râlé sec ! Le quiproquo de départ
provenait des dires d'une médium qui nous avait entretenu de ce qui se passait
dans une maison où elle avait été requise
L'ARSENAL DES "GHOSTBUSTERS"
Il était donc prudent de prendre les devants et c'est ce qui
a été fait. M.Vanbockestal avait pris contact avec un laboratoire reconnu de la
région de Soignies et obtenu du professeur Foucart non seulement le matériel
standard de prélèvement sanguin (complété par la suite par un système
d'écouvillon et de pots stériles pour le cas où les substances auraient été plus
solides) mais aussi la garantie de procéder à une analyse gratuite avec
cependant la restriction de se limiter au caractère humain ou animal du sang en
question. Savoir s'il s'agissait bien de sang était déjà un grand point, avec
cette précision supplémentaire, nous en avions largement assez. Surtout lorsque
cela émane du milieu scientifique. Pour plus de sécurité, il avait même acheté
un microscope électronique, avec port USB, de manière à pouvoir réaliser
lui-même les tests en parallèle, quitte à se faire aider par un médecin.
Sages précautions donc mais qui ont contribué aussi à alimenter la psychose
quant à la "maison qui saigne" ! Ce n'était pas trop dire que l'on n'avait pas
été avare en précautions, en recommandations de toutes sortes (sait-on jamais ?)
Pendules, appareils photo numériques, caméra numérique, talkie walkie, appareils
d'enregistrement TCI, boussole, dictaphones, questionnaire, loupe, matériel de
prélèvement sanguin, multimètre, rien n'avait été laissé au hasard. La maison
avait été repérée via le satellite de Google Earth, localisée très précisément
en longitude et en latitude, nous connaissions son élévation exacte par rapport
au niveau de la mer, disposions d'une photo aérienne et de premières idées
topographiques, un premier dossier déjà bien étoffé avait été établi. On avait
même prévu un flacon d'eau bénite avec pulvérisateur et un autre, d'eau du
robinet en vue de déceler toute supercherie avec ce procédé éventuel. Il nous
manquait encore les photos promises par la famille habitant la maison, photos
qui ne se décidaient pourtant pas à nous arriver. De ce fait, les investigations
médiumniques préalables n'avaient pas pu être faites et, à quelques jours de la
visite sur les lieux, le fondateur du CERPI avait donc retéléphoné à cette même
famille afin de s'en enquérir. Surprise !
..."Non ! Bien sûr que le rendez-vous tient toujours, pas de problème. Mais
vous comprenez monsieur, j'enterre aujourd'hui ma belle-mère, j'ai eu trois
accidents de voiture et nos deux ordinateurs sont tombés en panne, bousillés !
On dirait qu'à chaque fois que j'essaie de faire quelque chose en rapport avec
le CERPI, une "force mystérieuse" m'en empêche !"
SORCELLERIE OU MAGIE NOIRE ?
Dans
les jours qui ont précédé immédiatement l'investigation, les choses ne se
présentent guère mieux du côté des investigateurs. Une sévère
gastro-entérite d'une part, un malaise bizarroïde et une incorporation
spectaculaire (avec intervention non moins spectaculaire d'ailleurs) d'autre
part, finissent par se faire tendre les oreilles de l'équipe qui se rendra
sur les lieux. Et si une malédiction quelconque tentait de nous mettre hors
course ? Après tout, dans les premiers renseignements obtenus, on a bel et
bien parlé d'interventions occultes en rapport avec la sorcellerie ou la
magie noire. Un médium a d'ailleurs offert son aide généreuse afin de nous
conférer une protection toute particulière et tout aussi occulte, bien que
gratuite également. Il n'était donc pas superflu non plus que l'un des
membres qui devait se rendre sur place obtienne un mur de prières de la part
d'âmes généreuses afin de protéger l'expédition.
Midi. Bernard est pile à l'heure. Et les choses commencent bien : c'est
sous une pluie battante, un véritable temps de chien que l'expédition prend
son départ, pour se rendre à Nivelles dans un premier temps. Après seulement
quelques kilomètres, il appert que le trajet prévu ne sera pas accessible à
cause d'une déviation pour cause de travaux. Le JT annoncera même, ce soir
là, que des inconnus ont nuitamment tronçonné des arbres pour les voler,
perturbant encore davantage la circulation. La Chevrolet du patron traverse
le bois de Virginal (Bois des rocs) - (pour passer d'ailleurs à proximité
immédiate de la table des sorcières un lieu dit très intéressant dont
l'origine se perd dans la nuit des temps) et suit péniblement le tracé
capricieux d'une route très sinueuse et accidentée.
Premier coup de théâtre : un grand chien surgit au milieu de la route,
manque de peu de se faire écraser avant de filer sur le côté, vivant grâce à
un beau réflexe du conducteur.
Petit coup de sang : Un peu plus loin, un chauffard prend une priorité
imaginaire et oblige le conducteur à faire un écart litigieux...
Danger : Ce n'est pas tout, sur la route de Ronquières, un véhicule
venant en sens inverse inonde le pare-brise de boue et la visibilité devient
nulle pendant quelques secondes des plus angoissantes.
Si les enquêteurs du CERPI avaient été les premiers venus, ils auraient
assurément attribué cela à une influence malveillante. Seulement voilà, ce
n'est pas le cas et c'est sans encombre que l'escale à Nivelles put se
faire. C'est donc là que nous récupérons R. et son beau-frère et que nous
partons, quelques minutes plus tard, vers Braine-l'Alleud.
Au cours d'un petit rituel, le quatuor reçoit alors la
protection occulte du médium en question bien que, dans certains cas, les
mesures dénotent de telles valeurs vibratoires que la protection ne s'avère même
pas nécessaire ! L'étonnement du médium est d'ailleurs notoire en ce qui
concerne le "patron" du CERPI qui découvre en cette occasion qu'il détient un
taux vibratoire à peine moins élevé que celui de la cathédrale de Chartres,
excusez du peu ! Il n'en savait rien, bien qu'il s'en doutait un peu. Mais tout
de même : dans de telles proportions !
Aidés en cela par le GPS de J.M, nous nous dirigeons enfin vers Bruxelles où les
aléas de la circulation font en sorte que nous arrivons légèrement en retard sur
l'horaire prévu, soit vers 15h15.
Avant de poursuivre, il est bon de signaler à présent que pour des raisons de
confidentialité et de respect de la vie privée des personnes, nous ne citerons
ni leurs noms ni leurs coordonnées, les visages seront occultés sur les photos.
Nous utiliserons le nom d'emprunt de M. et Mme Simon pour les désigner.
ARRIVÉE SUR LES LIEUX...
En arrivant sur les lieux, ou plus exactement juste avant,
simple erreur de parcours (une rue trop tôt) ou perturbation quelconque
(mystérieuse ou pas ?), toujours est-il que le GPS de J. se plante ! Le voilà
provisoirement perdu (le GPS, pas J...) et nous errons dans les rues
avoisinantes avant que l'appareil ne recalcule la position et nous permette
finalement d'arriver à bon port. Nous nous garons dans la rue, sortons du
véhicule et alors que certains prennent déjà quelques photos des "Ghosbusters",
l'observation de la boussole nous apprend que la situation géographique est
exactement celle prévue par Google Earth. Pas de perturbation apparente à ce
niveau donc.
Nous sonnons à la porte.
Nous sommes alors accueillis normalement au sein d'une famille qui nous propose
de nous asseoir et une boisson que nous refusons poliment.
ABSENCE DE RESSENTIS
On
remarque une première chose : l'équipe est constituée de quatre personnes,
quatre enquêteurs qui sont tous supposés disposer de facultés, il s'agit de
sensitifs" à différents niveaux. Bernard et R. sont des assidus du Reiki,
ils connaissent d'ailleurs les pierres et leurs pouvoirs, ont parfois connu
des expériences très étonnantes, ce sont aussi des personnes à même de se
servir d'un pendule et de ressentir des choses. J. n'est pas le premier venu
non plus en matière de perceptions. Quant au chef de l'expédition, qui n'en
est plus à une expérience surnaturelle près, plus rien n'est à démontrer de
longue date et la preuve en a encore été faite aujourd'hui même. Pourtant,
une fois à l'intérieur de la maison, personne n'a de ressenti particulier.
Il n'y aura pas un seul enquêteur, tout au long de la visite, pour ressentir
une présence particulière, une influence quelconque d'origine mystérieuse en
rapport avec l'au-delà, pas même lors de la visite des pièces plus
concernées par les phénomènes. Tout au plus R. parlera-t-elle après coup
d'un léger mal de tête ou d'une impression passagère au niveau de la nuque.
Mais R. est aussi grippée... Tout cela ne veut encore rien dire à ce stade.
M.Vanbockestal commence donc avec le questionnaire, "l'anamnèse" comme il
dit. Il se compose de 56 questions, parfois délicates, mais toutes sont
destinées à édifier l'équipe sur les tenants et les aboutissants. Il
convient effectivement de se faire une opinion, de savoir de quoi l'on
parle, de s'enquérir de la nature des phénomènes, leur localisation, leur
fréquence, etc. Un plan rudimentaire des lieux est dressé par Bernard. J. et
R. commencent à prendre des photos non sans en avoir demandé l'autorisation
aux habitants. À tout moment, l'un ou l'autre des membres de l'expédition y
va de sa petite question complémentaire afin de cerner le problème s'il y en
a, d'essayer de trouver une piste d'explication. Nous allons continuer notre
narration en évoquant ensemble les points majeurs du questionnaire puisque
ceux-ci vont nous donner une grande partie des informations nécessaires à
l'enquête et en tous cas les divers témoignages de la famille Simon. Bien
sûr, nous ne relaterons pas les éléments personnels de la famille puisque, à
leur demande, cela doit rester confidentiel. Les appareils enregistreurs
sont donc mis en route depuis le début, mais déjà il y a un "hic": Madame
Simon parle à voix très basse, la maison est occupée par de nombreuses
personnes qui parlent toutes en même temps, dans des endroits contigus à la
pièce où nous nous tenons et l'on peut prévoir que les enregistrements
seront de piètre qualité.
DES LIEUX AUX LOURDES CONNOTATIONS
GÉO-BIOLOGIQUES ET AUTRES...
Nous ne tardons pas à recevoir, de la bouche même de madame
Simon, la confirmation de ce que la maison est bâtie sur un cimetière ou
quasiment ("du moins, il paraît", précisera-t-elle), ce qui est sûr en revanche
c'est que l'on est entouré de cimetières pratiquement de toutes parts. On
pouvait donc rêver mieux comme situation.
Ce n'est pas tout, juste devant la maison trône une immense usine désaffectée,
laquelle s'occupait jadis du traitement des métaux. C'est le cas également pour
une autre usine, encore en activité celle-là, qui se trouve en bout de rue, à
quelque cent mètres de là.
Au cours de son existence, la maison a subi de très nombreuses modifications
dans ses structures, non seulement on a abattu des murs, on en a construit
d'autres, on a réalisé des cloisonnements (et quoi de plus normal lorsque la
famille s'agrandit ?) et puis aussi on a condamné un puits qui se trouvait au
fond du jardin. Il faut dire qu'il y avait un problème d'égouttage, nous
explique M. Simon : les eaux de vaisselle ou de nettoyage se mélangeaient à
celles du puits rendant celles-ci impropres à la consommation ou à l'usage. Mais
cela date pratiquement de l'époque de la construction de la maison, voilà il y a
une bonne cinquantaine d'années.
Nous devrons bien sûr réaliser d'autres investigations ultérieurement afin de
déterminer s'il existe des failles souterraines, savoir si des cours d'eau
passent tout près en sous-sol (ce qui semble être le cas), si des souterrains
existent dans cette région précise (ce qui est toujours très possible à
Bruxelles puisque son sous-sol est réputé être extrêmement riche en souterrains
de toutes natures), ce genre de choses. Dans l'immédiat toutefois, nous en
savons assez que pour dire que la localisation de la maison n'est pas bonne, pas
bonne du tout même.
Évidemment, sur un plan strictement scientifique, cette affirmation est très
discutable et si l'on ne compte plus le nombre de cas pour le moins curieux
survenus dans des maisons situées sur d'anciens cimetières en revanche il est
facile de prétendre que l'on a moins à craindre des morts que des vivants !
C'est aussi ce que dit Edgar, un chauffeur de bus membre du CERPI et également
croque-mort : "malgré de nombreuses années dans cette profession, je n'ai jamais
rien remarqué de particulier, les morts sont toujours aussi... morts". Dans le
cadre de notre enquête, nous ne pouvons toutefois évidemment pas passer ce point
sous silence.
Par contre, sur le plan géo-biologique, les deux usines de traitement des métaux
constituent une grande source de perturbations et d'influences néfastes, même
sur la santé des personnes. Cela ne serait pas de nature à expliquer
l'apparition de fantômes ou de petits bonshommes verts par exemple, bien sûr,
mais cela pourrait expliquer des variations de caractère, des modifications
d'ordre psychologique, voire des sensations de fatigue, bref : ce genre de
tracas secondaires mais dont on se passerait bien. Cette affaire de puits n'est
pas des meilleures non plus. Enfin, lors de la visite de cette maison nous avons
souvent été confrontés à des zones de bric-à-brac, des amoncellements d'objets
hétéroclites, des ferrailles, piles de boîtes, etc. ce n'est pas notre problème,
bien sûr et nous dirons même que cela ne nous regarde pas, nous ne sommes pas là
pour apprécier ce genre de choses, mais disons tout de même que cela n'entre pas
particulièrement en concordance avec les règles élémentaires du Feng Shui par
exemple. Pour couronner le tout, disons qu'il y a aussi des marécages à
proximité.
Bon ! Bref ! Il y a tout ce que l'on veut pour faire un excellent bouillon de
culture à tous les niveaux.
DE NOMBREUX TÉMOIGNAGES...
On ne pourra pas dire le contraire, la maison est riche en
témoignages relatifs à l'étrange, au mystère...
Madame Simon commence donc sa narration, tout doucement, presque prudemment
dirait-on, à voix étonnamment basse comme si elle avait peur que des forces
inconnues se réveillent et reviennent la tourmenter.
"On ressent souvent des présences, il s'agit de ressentis très forts, très
puissants" (elle insiste). "Une fois, en pleine journée, alors qu'il faisait
plein soleil, on a remarqué pendant bien cinq minutes le passage d'une grande
zone d'ombre, totalement inexplicable. J’ai aussi ressenti une très forte
sensation de froid pendant ce déplacement, ce passage..."
Mais nous en venons à l'une des premières manifestations surprenantes que Mme
Simon nous relate :
"Un jour, alors qu'un ami était venu chez nous en visite, le cadre qui se
trouve dans la pièce d'à côté a été projeté au milieu de la pièce. S'il s'était
simplement décroché de sa fixation, il aurait du tomber à la verticale, sur le
meuble qui se trouve juste en dessous. Mais ce n'est pas ce qu'il a fait. Il a
traversé la pièce en direction de cette personne et est tombé au sol du côté du
mur opposé. Le témoin, qui n'en croyait pas ses yeux, s'est contenté de dire,
effaré : "Qu'est-ce que c'est que ça pour une maison, ici ! Je ne resterai pas
une minute de plus!" et il est effectivement parti sans demander son reste,
comme on peut le comprendre".
La tirade en question fait un peu penser à
l'affaire
d'Arc-Wattripont dans laquelle un pot au lait s'était projeté au plafond
avant de descendre en faisant un détour par le mur d'en face et de soigner son
atterrissage suite à un déplacement complètement incongru.
Nous allons voir le tableau en question, qui a été remis en place. Il représente
un bateau, rien de particulier à signaler, nous le prenons en photo. Il faudrait
pouvoir questionner le témoin en question pour voir s'il confirme les faits.
Mais il n'est pas là. Il serait toutefois possible, nous dit-on, de le
contacter. La personne est musulmane, c'est un détail mais nous le notons, à
toutes fins utiles.
Faisons ici une brève parenthèse pour nous interroger sur le manque de ressenti
de la part des quatre enquêteurs présents sur place. M.Vanbockestal a bien sûr
questionné le médium à ce sujet. La question était de savoir si la haute valeur
vibratoire du quatuor dans son ensemble n'aurait pas pu être de nature à
empêcher les manifestations ou si la protection occulte reçue juste avant le
début de l'enquête ne pouvait pas nous empêcher de ressentir ces choses. Mais la
réponse est catégorique :
"Non. Cela attaque l'Humain de toute façon. La
seule différence c'est que les attaques en question ne peuvent pas grand chose
contre vous, elles peuvent à peine vous égratigner. Par contre, si des personnes
ont de faibles taux vibratoires, elles prendront ces attaques en pleine figure
et en seront fortement atteintes. Quant à la protection, hé bien comme son nom
l'indique, elle ne fait que vous protéger des attaques sans empêcher celles-ci.
Sur le plan pratique cela signifie que votre noyau ne peut pas être atteint,
percé. C'est ce qui se présente chez les personnes qui ne disposent pas de cette
protection. Mais on ne peut pas conférer cette protection à des personnes dont
le noyau ne serait pas intact au départ, cela ferait un peu "casserole à
pression". Inversement, si la protection est bel et bien définitive, en
principe, elle perdrait immédiatement ses effets en cas de malversations".
Autrement dit, un pédophile par exemple, ou un pratiquant même exceptionnel des
messes noires ou autres rites sataniques verrait sa protection "se décoller" et
le fuir instantanément."
Bon sang !
Comme tout cela paraît purement subjectif, loin de l'entendement scientifique
qui devrait être le nôtre. Retenons seulement que, dans cette théorie
ésotérique, nous sommes supposés être comme nantis de scaphandres qui nous
protègent de la noyade sans empêcher l'observation des paysages sous marins.
Mais cela n'empêche pas non plus l'eau de nous engloutir... sans dommages. Je
dirais même plus, c'est un coup dans l'eau !
Madame Simon reprend son récit. Tout du moins entame t'elle sa narration
suivante, avec beaucoup de mal d'ailleurs et toujours à voix aussi basse. A
peine a t'elle prononcé quelques paroles que son visage se contracte comme sous
l'effet de la douleur, ses larmes jaillissent, l'émotion est palpable. Il est
franchement difficile de ne pas croire à du vécu pour ce qui va suivre et qui
évoque des souvenirs terribles. R. tend un paquet de kleenex...
D'une voix entrecoupée de sanglots : "Vers une
heure du matin, j'ai ressenti une autre présence. Cela a d'abord commencé par
des grattements sur le plastique. Il y a eu comme un tourbillon de froid, je me
suis retrouvée paralysée, tétanisée, en prise à de forts maux de tête et j'ai vu
comme une boule ronde et chaude qui s'approchait. J'ai prié mais les prières
demeuraient sans effet. La boule rentrait en moi, j'avais la nuque brûlante et
c'est alors que... que j'ai senti qu'un squelette me rentrait dans le dos"!
Madame Simon est manifestement très émue, elle tente désespérément de se
reprendre mais c'est difficile, l'expérience a dû être rude ! Après avoir
temporisé, lui-même embarrassé, M. Vanbockestal tente une question, qu'il
formule avec le plus de douceur possible : "Mais comment pouviez-vous savoir
qu'il s'agissait d'un squelette, alors que vous aviez vu une boule ?" Madame
Simon se contient à grand peine et explique :
"Parce qu'on sentait les os entrer ! Je ne sentais que les os, pas la chair, il
n'y avait pas de chair!"
Ce témoignage est évidemment très éprouvant pour notre interlocutrice, un
témoignage qui glace les sangs !
Mais les témoignages se suivent ensuite de manière précipitée :
"En 93, notre fils D. a fait des cauchemars terribles, quelqu'un lui
courait après avec un journal, c'était très répétitif, toujours le même rêve. Il
a fait l'objet d'une incorporation et son comportement est devenu obsessionnel.
C'était à un point tel qu'il fallait le surveiller en permanence, sinon il se
serait jeté par la fenêtre ! Il a commencé à rencontrer de sérieux problèmes de
santé, il était en proie à de nombreux vomissements ce qui ne l'a pas empêché de
monter jusqu'à 120 Kg ! Il les a reperdus après notre voyage en Égypte. Un GSM
se déplaçait tout seul pendant la nuit. On ne le voyait pas bouger, mais on ne
le retrouvait plus à la même place le lendemain matin... il avait traversé la
chambre pour se retrouver sur un autre meuble ! La chaise tournait sur elle-même
sans aucune intervention. Il y a deux ans, nous avons été infestés de mouches.
Il n'est pas impossible que nous ayons eu des souris aussi, mais c'est très peu
probable au grenier. En tous cas on entendait fréquemment des grattements dans
les boîtes".
(On trouve en effet de très nombreuses boîtes un peu partout dans cette maison,
certaines mêmes étiquetées de manière... étrange !)
Nous ne sommes cependant pas au bout des témoignages, il y en aura encore bien
d'autres, parfois très inégaux, parfois très inquiétants. Le questionnaire est
tout particulièrement long et afin de gagner du temps, certains enquêteurs se
rendent dans d'autres parties de la maison. Leur but est évidemment de prendre
des photos, d'apprécier la situation de ces dépendances au point de vue
géobiologique, ce genre de choses.
Une narration de Madame Simon est particulièrement impressionnante, même si elle
appartient toujours au domaine du subjectif :
"Deux de mes fils, les plus âgés en fait, ont un jour commencé à faire le
même rêve, simultanément et de manière récurrente. Alors qu'ils sont éloignés de
plus de 3 km, ils se trouvent dans un endroit sombre, noir même et lugubre, ils
voient une foule de gens brûlés, ils se mettent à courir et le rêveur rencontre
alors son frère. Ils sont coincés dans cette abomination. Mais outre la teneur
même de ce rêve, ce qui impressionne c'est que les deux frères se réveillent en
même temps, toujours à la même distance évidemment et font état du même trip,
exactement, dans les détails".
On sait bien sûr que le domaine onirique réserve bien souvent de grosses
surprises, lesquelles peuvent parfois être très déstabilisantes. L'étude des
rêves, leur interprétation, etc. est un domaine passionnant et encore
relativement mal connu. Mais il faut savoir en l'occurrence qu'il ne s'agit pas
de frères jumeaux et l'on ne peut donc pas se servir de ce point comme prétexte
pour expliquer les choses. Pourtant, il est vrai aussi que cela sort de notre
objet. Nous concevons parfaitement que ces rêves soient très particuliers mais
nous n'avons aucun moyen de juger de leur authenticité. En outre, il ne s'agit
absolument pas d'un phénomène que nous pouvons apprécier en termes scientifiques
dans le cadre de notre investigation. Cela demeure un témoignage troublant, mais
cela se limite à cela.
Difficile toutefois aussi de ne pas faire le rapport avec ce que nous dit Mme
Simon, à savoir qu'une personne, son frère en fait, est morte brûlée (nous
ignorons les circonstances exactes, il est parfois très pénible d'aborder
certains sujets avec les gens, surtout lorsqu'ils se trouvent déjà très
désemparés par ce qui leur arrive). Nous avons toutefois appris que le drame à
du se jouer probablement en 1985.
A partir de là, les choses vont devenir on ne peut
plus troubles : en 87, Mme Simon connaît la naissance de l'enfant qui,
aujourd'hui encore, est particulièrement concerné par les phénomènes qui
sévissent dans leur maison et que nous nommerons D. C'est bien entre 85
et 87 que les choses se déclenchent dans leur maison, soit entre le
décès de l'un et la naissance de l'autre.
Parallèlement, une dispute de famille, fondée sur la
jalousie, entraîne de violentes réactions de la part d'une belle-sœur
(que nous nommerons N.) Laquelle coupe les ponts non sans assurer Mme
Simon qu'elle "va payer". Bon ! Seulement, il s'avère qu'en guise de
représailles, ce serait bien de magie noire dont il s'agirait. Magie
noire ou sorcellerie, toujours est-il qu'ils apprennent que ladite N. a
fait appel à une personne spécialisée dans les sortilèges à distance et
que cette dernière a elle-même fait appel à d'autres personnes, encore
beaucoup plus puissantes qu'elles. De quelles personnes il s'agit, nous
ne pourrons pas l'apprendre avec exactitude, on évoque des mages, des
personnes tout particulièrement puissantes en matière de malfaisance par
voie occulte. Cependant, tout cela a aussi un prix (et que dire des
résultats tangibles ?) On aboutit rapidement à des sommes considérables
et l'on connaît des personnes qui ont vendu tout ce qui leur
appartenait, se sont endettées jusqu'au cou, pour répondre aux exigences
financières de pareils charlatans (ou supposés tels). Bien qu'il soit
toujours difficile d'apprécier la réalité profonde de ce genre de choses
et que les extrapolations soient souvent très hasardeuses, nous nous
permettons de douter que le milieu social permette ce genre de
fantaisies financières aux impacts redoutables et cela simplement pour
assouvir une vengeance qui, dès le départ, repose sur un point qui nous
paraît bancal ou futile, voire déplacé. Mais il est vrai que l'on
connaît mal les limites de la méchanceté humaine.
Les autres témoignages abondent toujours et se chevauchent dans un
méli-mélo qui devient un peu étriqué, il devient de plus en plus
difficile de conserver le fil conducteur de l'histoire. La famille Simon
trouve et recueille un jour un chat errant qui apparaît d'abord tout ce
qu'il y a de plus normal. Il serait même plutôt affectueux et sans
histoires. Jusqu'au jour où le chat en question vient à être mis en
présence de la belle-sœur (la fameuse N. que l'on suppose être à
l'origine de magie noire). Le comportement du chat change alors
complètement, il se hérisse et devient extrêmement agressif vis-à-vis de
N. Il faut intervenir.
Par la suite, le chat est retrouvé blessé et en fort piteux état. On ne
nous dira pas ce qu'il est advenu de la pauvre bête (le chat, pas N.)
mais on nous répétera à foison que ce chat était réellement très
spécial.
On nous parlera aussi de connaissances spontanées de la part de
personnes de la famille quant à une vieille dame du coin qui aurait
trouvé la mort. Alors que la théorie officielle fait état d'une mort
naturelle, l'enfant dévoile la réalité : elle a été agressée, frappée et
il décrit dans quelles circonstances, ce qui sera ultérieurement
confirmé dans le détail par un médecin légiste. L'enfant recevrait
ensuite fréquemment la visite de cette dame décédée...
Les deux frères plus âgés ont, comme tout le monde, aussi connu des
disputes. Mais ce qui est remarquable c'est la force avec laquelle D.
parvenait à faire certaines choses. Cette force était totalement
surprenante et dépassait nettement ses possibilités normales. Le D. en
question, quant à lui, nous parle de ses appréhensions, ses angoisses
qu'il ressentait lorsqu'il se rendait à l'étage (apparemment, il s'agit
d'histoire ancienne car rien ne se passera en notre présence).
Outre
l'intervention de gitans, de pères jésuites, de pères blancs et même du
Père Samuel, il sera également question d'hypnose, de musulmans, du
recours à notre médium (que Madame Simon appelle "leur petit ange" tant
il leur a fait du bien et contribué largement à assurer de longues
rémissions dans les troubles qu'ils connaissent, de longues périodes de
calme hélas ponctuées de retours aux problèmes, on aura aussi fait appel
à un prêtre, lequel aurait dépêché un diacre afin de bénir la maison.
Mais cette bénédiction n'aura jamais lieu malgré deux tentatives
distinctes.
Il convient ici de dire un mot de cette histoire de bénédiction :
Or donc, la famille Simon (principalement Madame), excédée par les
tourments connus dans sa maison, décide de prendre le taureau par les
cornes et de s'adresser au prêtre de la paroisse afin de venir bénir sa
maison. Les Simon sont tous catholiques et leur réaction est donc
parfaitement logique. Cependant, le prêtre est fort occupé à ce moment
et ne peut que dépêcher un diacre pour venir officier. Lors de la
première entrevue, le diacre commence à célébrer son office, mais
rapidement la situation se dégrade. Le voilà qui se met à transpirer à
grosses gouttes, il est pris de violentes quintes de toux qui le mettent
dans l'impossibilité de poursuivre. Lors de la seconde entrevue, les
choses se présentent à peu près de la même manière, avec les mêmes
symptômes et les mêmes conséquences, si ce n'est qu'avant de partir, le
diacre en question prononce ces mots pour le moins étranges : "Vous êtes
fous ! Je ne bénirai jamais cette maison !".
Chacun l'aura compris, c'est là le style d'épisode classique que l'on
rencontre dans bon nombre de films d'épouvante. Le prêtre rencontre une
hostilité particulière dans la demeure qu'il visite aux fins de la bénir
et se trouve chassé des lieux, comme par une force invisible qui
l'horrifie. Au cinéma, le spectateur comprend bien entendu que tout cela
provient de la maison et de ce qui l'habite, à savoir une entité
quelconque et malfaisante. L'adversité s'annoncera redoutable ! Mais
nous ne sommes pas au cinéma...
Nous avons beau ne rien remarquer de particulier, de prime
abord en tous cas, dans cette maison, il faut bien avouer que l'ensemble de ces
témoignages a quelque chose qui met mal à l'aise. On comprend que cette famille
souffre, qu'il existe des problèmes dans cette maison. La souffrance ressentie
par Mme Simon est bien réelle, il n'y a aucun doute à ce sujet. Celle de ses
enfants est peut-être un peu plus réservée, mais il est incontestable qu'ils se
trouvent également troublés par une foule de choses qu'il semble encore très
difficile d'appréhender. Dans l'état actuel des choses, il est très difficile de
se prononcer, mais nous manquons encore de nombreux éléments. Il va nous falloir
creuser davantage. Nous ne sommes pas au bout de nos peines !
Photo du dessus : sur la centaine de photos prises dans la maison, voilà l'une
des seules sur laquelle on peut voir ce qui pourrait être un orbe. Nous le
mettons à dessein au conditionnel car rien n'est moins sûr. Pas besoin
d'épiloguer longtemps sur la question. Si l'on se base sur le fait que ces orbes
pourraient être des manifestations d'esprits, on ne peut vraiment pas dire que
la maison en soit remplie. En vacances, peut-être ?
Photo du dessous : les enquêteurs sillonnent la maison de toutes parts, la
famille Simon a fait preuve de beaucoup de patience ! On voit ici Bernard qui
visite l'une des pièces de la maison...
LE CHOC SUR UNE PHOTO

En reprenant les photos de l'investigation, une à une, je suis
fatalement tombé sur celle du petit garçon de la famille. Rappelons
qu'aucune investigation médiumnique préalable n'avait pu être réalisée à
cause de la défaillance des deux ordinateurs de la famille Simon.
Rappelons aussi le manque de ressentis des enquêteurs sur place et, dans
le cadre présent, ajoutons-y le manque de ressenti particulier en
présence des photos, sauf une !
Dès que j'ai ouvert le fichier photo de ce petit garçon de quatre ans,
j'ai eu froid dans le dos. Peut-être même que mes poils se sont dressés
sur ma peau...
Un rictus involontairement diabolique, dû au petit sourire pour la
photo, les yeux rougis par le flash, le résultat est saisissant. Sur la
photo, (l'image ci-dessus ne donne qu'une pâle idée) on aurait
effectivement dit un petit diable, ou un enfant possédé par le démon,
comme dans le film "L'exorciste". Seulement voilà, il ne s'agit que
d'une impression photographique et rien de plus !
Comme on le verra plus loin, ce petit garçon joue un rôle très
particulier dans la maison. Il est le seul à pouvoir voir les entités
qu'il catalogue en deux clans, les bonnes et les mauvaises et dont il
localise le QG à la cave. Il aurait aussi reçu un coup de poing de l'une
de ces entités et serait obligé de dormir de jour, car la nuit c'est
impossible en raison des "événements". Pourtant, quand nous arrivons sur
place, le petit joue dans l'immeuble comme n'importe quel enfant de son
âge, il ne paraît pas particulièrement perturbé, ni fatigué. Nous
n'aurons pas l'occasion de le questionner, ce qui est dommage, mais en
même temps il n'est pas facile d'interroger un enfant en bas âge sur ce
genre de choses. L'affaire est délicate avec un enfant et nous préférons
nous en abstenir dans un premier temps. On verra plus tard. Une
hypothèse avait cependant été évoquée concernant un enfant et il y
aurait pu y avoir un rapport. Par exemple un contact particulier entre
lui et cet enfant immolé par le feu. Cela aurait été l'âme de l'enfant
ainsi décédé qui aurait communiqué avec son vis à vis. Son énergie
résiduelle se manifesterait parce que, par exemple, elle ne serait pas
consciente de sa propre mort, aurait besoin de poser des questions,
d'obtenir les réponses, de faire connaître sa souffrance... Il vous
faudra attendre la suite.
ET CES FAMEUX MURS QUI SAIGNENT ?
S'il est bien un sujet qui a alimenté la controverse, avant,
pendant et après l'investigation de ce que l'on avait appelé "La maison qui
saigne", c'est bien celui de ses murs sanguinolents !
Bien que cela ne soit vraiment pas évident, nous allons tenter de faire le
point objectivement sur le sujet et de vous exposer clairement les faits, de
la manière la plus authentique possible.
Or donc, c'est bien en ces termes que notre médium nous avait présenté
l'affaire : il existe dans la région bruxelloise, une maison hautement
hantée, dont les murs saignent ! Cette information avait été relayée par J.
au fondateur du CERPI qui s'en est évidemment trouvé fort intéressé. Les
différents contacts furent dès lors pris en vue de réaliser la présente
investigation. Un premier contact téléphonique avec Mme Simon avait
immédiatement remis les pendules à l'heure : "Non, je n'ai pas de murs qui
saignent chez moi". Mais, cela dit, le reste était déjà bien suffisant que
pour justifier notre intervention.
Cependant, bien que les choses semblaient donc très claires dès le départ et
que Mme Simon ait rectifié le tir en parlant plutôt d'une espèce de boule
colorée, qui semblait déverser des matières fluorescentes ou quelque chose
comme ça, bien que nous ayons parfaitement annoncé la couleur dans notre
article préliminaire, nous avons pêché par confusion, euphorie, défaut
d'interprétation ou mauvaise interprétation et focalisé sur le saignement
éventuel de ces murs (ou plafond). Nous sommes partis hâtivement sur la
possibilité d'un scoop retentissant... Imaginez que le CERPI ait pu réaliser
les prélèvements ad hoc, les faire analyser par une autorité médicale
reconnue ET que l'analyse ait dévoilé qu'il s'agissait bien de sang (et non
de gelée de framboises...) et de sang humain de surcroît, nous tenions le
bon bout ! Quant aux explications éventuelles, hé bien !... il n'aurait sans
doute pas été aisé de les formuler.
Précipitation aussi, sans doute, et si M.Vanbockestal n'avait pas tempéré
certaines ardeurs, le CERPI aurait probablement dégagé anticipativement les
fonds nécessaires à la réalisation d'une analyse génétique ! Cela aurait été
en pure perte. Disons-le tout net : nous n'avons vu nulle part la moindre
trace de sang sur les murs, ni au plafond. Il n'y a donc eu aucun
prélèvement possible, aucune analyse, aucune authentification, mais nous
avions tout prévu.
C'est ici un point extrêmement désolant et frustrant que la déception qui
s'est dégagée de cette absence pourtant totalement prévisible. Nos
enquêteurs ont donc "sauté" cette rubrique du questionnaire (pourquoi
s'acharner à poser des questions sur le pourquoi, le comment, la
description, etc. de choses qui n'existent pas ?) Ils ont pourtant scruté
les murs, sont montés à l'échelle pour voir au dessus des meubles, essayé
vainement de comprendre le quiproquo.
Dans
la réalité (supposée) des choses, comme les habitants ont essayé de nous le
faire comprendre (avec parfois une certaine tendance à vouloir convaincre à
tout prix...) il n'y a jamais eu de sang. Par contre, dans la chambre des
parents, à certains moments Mme Simon a pu apercevoir une espèce de boule
aux couleurs variables et dont la taille pouvait également changer en
fonction de l'intensité des phénomènes qui allaient survenir dans la maison.
Autrement dit, le phénomène dont il est ici question aurait plutôt été une
manifestation lumineuse, d'origine inconnue et en tous cas difficilement
explicable (mais que nous n'avons pas pu observer par nous-mêmes). Ce
phénomène aurait été précurseur à d'autres phénomènes de hantise, comme un
avertissement en quelque sorte.
On voit sur notre photo de droite, K. perché sur son échelle, qui scrute
attentivement le mur au dessus de la garde-robe, en quête de la plus petite
trace de sang. De part et d'autre, Bernard et le chef de l'expédition
observent tout cela d'un œil attentif. Des traces, il y en a bien. Mais il
s'agit de traces de plafonnage au niveau du passage de tuyaux. Pas la
moindre manifestation d'un soupçon de surnaturel là-dedans.
Après coup, notre médium nous a expliqué certaines choses. Lors de son
passage sur place, il y a de cela bien longtemps déjà, il existait des
taches très suspectes dans l'autre chambre, celle de M. l'un des fils de la
maison. Mais cette chambre n'est guère occupée que de manière très
sporadique puisque ledit M. n'habite plus là. Il s'agissait de trois ou
quatre petites taches brunâtres, ressemblant à des traces de sang séché.
Notre médium précisait que ces taches étaient "malsaines", dans le sens
relatif au surnaturel. Autrement dit, selon lui, ces taches étaient des
preuves d'une manifestation hostile. Mais elles ont séché, se sont
progressivement estompées, éclaircies et il ne subsiste plus rien grand
chose de la situation initiale.
Nous
avons bien entendu visité la chambre concernée. Il s'agit de la chambre dans
laquelle le GSM se déplaçait tout seul. Elle est tapissée de motifs naïfs en
rouge et blanc, illustrant la célèbre firme de sodas au cola.
Nous avons effectivement pu localiser une tache brunâtre sur l'un des murs, mais
elle est de taille très modeste et s'apparentait plus à la trace qu'aurait pu
laisser un doigt sale. Nous avons peut-être eu tort de ne pas y accorder plus
d'importance et de ne pas vouloir sacrifier le papier peint en faveur d'un
prélèvement dont les résultats nous semblaient très hypothétiques. Il faut
dire aussi qu'en partant de la publicité d'origine qui avait été faite sur cette
fameuse maison aux murs qui saignent, ce à quoi nous étions confrontés se
réduisait à une peau de chagrin vraiment désolante. A ce stade de l'enquête,
nous étions un peu désabusés, notre opinion était déjà plus ou moins faite.
Mais il est vrai que pour aborder ce fameux sujet, nous avons aussi sauté
quelques étapes qui vous permettront de mieux comprendre...
VERS LES CONCLUSIONS
Il y a encore une foule de renseignements qui méritent d'être
signalés sur cette maison réputée hantée. Mais au risque de tuer tout suspense
dans l'oeuf, nous dirons qu'il en existe bien peu qui viennent soutenir la thèse
d'une quelconque intervention surnaturelle. Voyons donc cela.
Une des premières choses que nous avons pu observer en pénétrant dans les lieux
a été d'une part une tête d'Indien accrochée au mur, d'autre part de nombreuses
statuettes de style égyptien. Il n'y a pas grand-chose à dire à propos du style
indien (à l'époque, nous n'avions encore aucune notion de chamanisme). Il avait
eu tendance à nous orienter tout au début vers un éventuel début de piste
infime, mais il appert qu'il s'agit simplement de l'un des multiples styles que
l'on peut rencontrer en ces lieux. Il n'y a là rien de bien mystérieux ni qui
puisse influencer à ce niveau, ces objets ne proviennent pas des terres sacrées
indiennes ou de réserves de peaux rouges, mais d'un quelconque supermarché. Nous
avons accordé beaucoup plus d'importance aux objets de style égyptien, autrement
plus présents dans différentes pièces de la maison et notamment dans la chambre
de D. de manière significative. Il existe d'ailleurs toute une vitrine qui en
est pleine. Ce sont de ces petites statuettes de collection des éditions Machin
(sphinx, dieux divers, pyramides...) mais aussi d'autres bustes en provenance de
brocantes et donc déjà nettement (potentiellement) plus sensibles. Mais ce sont
aussi deux papyrus (ou de reproductions) qui trônent dans cette même vitrine et
qui, eux, sont "authentiques" dans le sens où il s'agit en fait des seuls objets
rapportés d'Égypte par les Simon lors de leur voyage. Rappelons à ce sujet que
c'est à son retour d'Égypte que D. retrouve un poids normal après de sérieux
ennuis de santé, mais que c'est aussi alors que, selon Mme Simon, les choses se
déclenchent ou s'aggravent. Ce voyage en Égypte est pourtant largement
postérieur à l'époque 85 - 87. Il nous semble donc là y avoir une certaine
contradiction. Dans le cas contraire, il faudrait envisager deux époques
distinctes au cours desquelles on a pu déterminer des causes majeures (ou
éléments déclencheurs) ou deux causes distinctes, éventuellement cumulées. Les
choses deviennent troubles, en admettant qu'elles aient jamais été claires.
Nous
accordons donc assez bien d'importance à ces objets que nous photographions
d'abondance (avec des résultats très divers car l'utilisation du flash nous joue
des tours et bon nombre de clichés ne seront bons que pour la poubelle vu
l'excès de surbrillance). Les papyrus font l'objet d'un examen attentif au
pendule, aussi bien par J. que par l'administrateur. C'est toutefois avec le
même résultat absolument négatif, c'est à dire neutre : pas le moindre caractère
d'hostilité, de malfaisance, bref : pour le pendule, ces objets sont tout à fait
neutres, inoffensifs. On peut donc dire que, en principe, les Simon n'auraient
pas ramené dans leurs bagages une quelconque malédiction exotique de la Vallée
des Rois.
Pourtant, ce genre d'objets n'est pas innocent. On a pu remarquer souvent, en
d'autres circonstances, que l'accumulation d'objets à tendances religieuses
différentes (par ex. Islam et christianisme ou judaïsme, etc.) s'accommodaient
mal. C'est à dire que ces présences avaient tendance à exercer une influence
néfaste sur les habitants d'une maison décorée de telle manière hétéroclite sur
le plan religieux. On dirait donc que ces différentes références ne font pas bon
ménage et que cela puisse se ressentir sur les occupants.
Des explications supplémentaires semblent ici nécessaires. En effet, de
nombreuses personnes ont en leur domicile quantité d'objets, décoratifs pour la
plupart mais cela peut aussi être des livres (Bible et Coran, par exemple) de
tendances diverses et parfois plus ou moins contradictoires bien que, en
principe, la plupart des religions monothéistes procèdent des mêmes principes
généraux d'amour et de respect. Cela ne signifie pas pour autant et c'est fort
heureux, qu'ils connaissent des problèmes de hantise ou des manifestations
surnaturelles. Bien sûr ! Si tel était le cas, nous aurions fort à faire mais
les solutions seraient aussi évidentes et l'on commencerait par supprimer la
cause en demandant d'opérer un choix et de s'y tenir. Les choses sont évidemment
beaucoup plus complexes.
Le genre d'objets en question peut en effet générer certains "problèmes",
souvent mineurs. Ils sont parfois plus graves mais proviennent alors d'un effet
catalytique causé par d'autres facteurs. Le cas est donc envisageable en la
circonstance. Mais, nous l'avons dit, la plupart du temps tout se passe bien
aussi même dans ce genre de présences simultanées. Cela provient notamment du
fait que les habitants concernés disposent d'un taux vibratoire normal ou élevé,
qu'ils vivent en harmonie avec leur confession, leur entourage, leur contexte.
Dans ce cas, les objets excédentaires sont et demeurent essentiellement
décoratifs. Il peut y avoir certaines interférences mais elles demeurent
secondaires, ne s'aperçoivent même pas. Lorsque des personnes connaissent des
problèmes dès le départ, qu'elles vivent une forme d'instabilité quelconque,
qu'ils vivent un conflit éventuel avec leur religion et surtout qu'ils ne
disposent que d'un taux vibratoire peu élevé (parce qu'atteints de maladie, de
troubles psychiques, d'affaiblissements divers, etc.) les choses peuvent aller
tout autrement et devenir éventuellement corsées. Il n'est pas exclu que ce
point joue un certain rôle et nous avons remarqué, non sans étonnement (bien que
cela puisse aussi se comprendre par exemple pour raisons professionnelles) que
tous les membres de la famille n'avaient pas participé à ce fameux voyage en
Égypte ! Remarquons justement que Mme Simon et son fils D. en ont fait partie.
Cela peut ne pas être innocent.
Nous ne parlerons pas de cette fameuse influence des pyramides (les Simon en ont
quelques-unes dont certaines proviennent de brocantes et donc de sources
inconnues), c'est un sujet également discutable qui ne fait donc pas
l'unanimité. Mais certains préviennent que leur influence peut être redoutable.
Dans la pièce à côté de celle où nous avons mené notre questionnaire, on a pu
remarquer une grande horloge murale de style ancien. Cette horloge est
remarquable car, d'après M. Simon, bien qu'elle soit arrêtée de longue date
(comme de nombreuses horloges dans cette maison !) elle a jadis adopté un
comportement tout particulier de concert avec une autre située dans la cuisine.
Elles se sont remises à fonctionner sans aucune intervention, mais à quatre
heures d'intervalle. Dès que la première s'est arrêtée, l'autre a pris le relais
et cela à raison donc de quatre heures de fonctionnement (inexplicable) chacune.
Il est vrai que, d'habitude, les horloges bien élevées n'agissent pas ainsi de
leur propre chef. Mais voilà un témoignage de plus que nous ne pourrons
qu'apprécier qu'en tant que tel, sans aucune confirmation de visu. Nous ne
pouvons nous baser que sur une narration d'événements passés et hypothétiques.
Cela n'a donc quasiment aucun poids.
Pour notre part, nous avons consulté plusieurs fois nos montres, certainement
pas par ennui mais afin de voir si elles ne s'arrêtaient pas ou ne subissaient
pas une quelconque variation, un décalage par exemple. Il n'y a rien eu de tel.
Ceci pouvait avoir une certaine importance dans le cadre de l'appréciation d'un
éventuel paradoxe temporel, mais il s'agit là d'un point très compliqué qui a
peu de chances de pouvoir être d'application ici.
Dans
la chambre des parents, cette fameuse chambre où nous avions tant espéré
rencontrer des taches de sang, nous avons pu observer une sorcière de grande
taille, style Halloween. Cependant, elle avait la particularité d'avoir été
retournée la tête vers le mur ! Un peu interloqués par cette présence inattendue
dans une chambre (mais chacun fait ce qu'il veut chez lui, n'est-ce pas ?) nous
avons posé la question à Mme Simon qui nous a répondu en toute simplicité que
cette sorcière avait été utilisée pour Halloween, comme on s'y attendait, mais
qu'on n'avait pas encore eu le temps de la remettre en place. Bon ! C'est une
explication qui en vaut une autre.
Avant d'aller aussi visiter les caves (qui revêtaient une grande importance au
vu de la narration de Mme Simon), il nous fallait encore visiter le grenier, ce
fameux grenier où, nous avait-on dit, on ne se rendait plus jamais car
apparemment tout venait de là, même si les "entités" se cachaient dans les
caves... Nous allions donc le faire dans quelques minutes.
Avant cela, nous avons aussi pris le soin de passer les murs au stéthoscope,
principalement sur les murs ou cloisons des chambres dans lesquelles on
entendait des bruits, des conversations ou des chuchotements, des grattements ou
des coups frappés. C'est bien ce dont on nous avait parlé au départ et nous
avions immédiatement pensé au phénomène de poltergeist. C'est donc comme un bien
étrange docteur que M.Vanbockestal s'est mis à écouter les murs au stéthoscope
(en se gardant bien de leur demander aussi, tant qu'on y était, de dire 33 ou de
respirer bien fort !). Pas grand-chose à signaler : on entendait évidemment fort
bien les bruits ambiants, des vibrations tout à fait normales dues aux
tuyautages, parfois certains petits bruits très innocents sur lesquels il est
impossible de mettre un nom. Mais il n'y avait très certainement aucune bribe de
conversation en provenance de l'au-delà, rien de paranormal. Les murs sont bons
pour le service. Il vaudrait quand même mieux qu'ils arrêtent de fumer. Pas de
pathologie. Cela fera 23 €, je vous fais le papier pour la mutuelle mais pas de
certificat, vous avez besoin d'une prescription quelconque ? Parce que la
semaine prochaine je pars en congé et puis j'ai des recyclages... Ah ! On a
l'air fin, avec un stéthoscope que l'on applique... sur un mur ! Voyons le
patient suivant... avec impatience.
SUITE DES CONCLUSIONS
Nous
l'avons dit, le grenier de la maison était considéré par Mme Simon comme
l'un des hauts lieux de hantise. De longue date, elle ne s'y rendait plus
car les expériences qu'elle avait vécues étaient par trop traumatisantes,
trop éprouvantes et effrayantes. Pour elle, il ne faisait aucun doute que
les entités exerçaient là leur pouvoir maléfique. Nous avions donc bien sûr
toutes les raisons du monde pour y aller et apprécier par nous-mêmes.
Ce grenier est plutôt exigu et rempli de boîtes conformément aux habitudes
de la maison. Il y fait relativement froid mais ce n'est pas une surprise,
il est bien rare que l'on chauffe les greniers. Toute notre équipe s'y
promène sous le regard inquiet de Mme Simon qui nous accompagne en dépit de
ses craintes. Nous y réalisons quelques photos, avec ou sans flash mais avec
le même résultat négatif (du moins si l'on se base sur le fait que la
présence d'orbes aurait été significative). Nous remarquons la présence d'un
crucifix. Bon ! Pourquoi pas, bien sûr. Pourtant, la présence d'un crucifix,
même de petite taille, a quelque chose d'un peu inhabituel dans un grenier,
mais soit.
Pendant que J., abonné aux échelles, s'aventure aux abords d'un recoin
sombre qui surplombe l'endroit (et dans lequel nous préférons ne pas
pénétrer car nous ne disposons pas de vêtements de rechange...), Bernard
prend attention à ses ressentis personnels, tout comme R. d'ailleurs,
observe, réfléchit, écoute et pose des questions. Michel quant à lui, prend
des mesures avec son multimètre et ses sondes, température, hygrométrie,
quantité de lux, de décibels, variations de tension, tout y passe. Sans
aucun résultat notoire : tout est parfaitement normal.
Pourtant, ce qui avait déjà été remarqué dans une moindre mesure dans les
locaux immédiatement en dessous (les chambres) apparaît ici comme plus
évident et il en fait part aux autres membres de l'expédition. Bien que cela
ne soit pas extrêmement spectaculaire, la boussole a tendance à s'affoler et
à perdre le nord. En fait, déjà dans les chambres, l'aiguille avait une
nette tendance à se positionner dans une position transversale, indiquant
donc l'Est et l'Ouest, puis à revenir péniblement vers une orientation
normale, se remettre à osciller en semblant hésiter pour finir par indiquer
le nord comme toute bonne boussole qui se respecte. Dans le grenier, les
choses sont différentes : la position transversale est nettement plus
marquée, le retour à la normale paraît très difficile, les hésitations
préalables sont manifestes et persistent dans une marge de 15 à 20°, ce qui
n'est tout de même pas rien. On prendra une photo de la boussole dans cet
état inattendu mais il y aura surbrillance à cause du flash (nous essaierons
toutefois de la récupérer et de la forcer au contraste).
Quelle conclusion attendre de pareil comportement de la boussole ? Hé bien
tout simplement qu'il existe une influence magnétique bien sûr et le plus
simple est d'incriminer les deux usines à métaux qui se trouvent à proximité
immédiate. Ce n'est pas cela qui provoquera l'apparition de fantômes, juste
un point de géobiologie tout au plus. Il y a d'autre part dans cette maison
quantité d'appareils électriques métalliques dont il faut aussi tenir
compte. Dans le temps, expliquera M. Vanbockestal, j'avais acheté une toute
petite boussole à 2F50. Quand j'étais chez moi elle m'indiquait la position
du radiateur !
Le
recours au pendule ne donnera rien de significatif en ces lieux et pas plus
au grenier qu'ailleurs il n'y aura de ressenti particulier de la part de nos
sensitifs.
L'examen des caves était lui aussi très attendu. Il y avait à cela une raison
majeure : le petit garçon de quatre ans (qui, lui, VOIT, paraît-il, les
entités) y discerne deux types de présences qu'il appelle dans son langage
enfantin : "des méchants-méchants et des méchants-gentils". Il y aurait donc
deux types d'entités en ces lieux. Peut-être certaines hostiles et les
autres protectrices ? Voyons cela.
N'ayons pas peur des mots, ce n'est pas M. Simon qui dira le contraire
puisqu'il nous accompagne pour la circonstance et il l'avoue lui-même : les
caves sont très en désordre ! (Pfff ! Si vous voyiez les miennes...) On y
trouve de tout, des jouets, des matériaux divers, des chaudières, des boîtes
(bien sûr !), même une demi Twingo ! Mais on n'y trouve absolument pas la
moindre trace de quelque entité, méchante ou gentille. Toujours pas le
moindre ressenti des sensitifs réunis. Les photos ne révèlent aucun orbe
(avec un peu de bonne volonté, elles révéleraient plutôt du désorbe, mais le
mot n'existe pas !). Le pendule reste complètement indifférent comme les
appareils de mesure.
Mieux, M. Simon que nous voyons quasiment pour la première fois en aparté,
nous avoue que, pour sa part, il n'a JAMAIS rien remarqué de spécial, ni
dans ses caves, ni au grenier, ni nulle part ailleurs dans la maison en
fait.
Voilà qui est à la fois très rassurant pour ces gens et à la fois très
triste pour notre investigation qui en prend encore un coup. D'une maison
hautement hantée dont on nous avait parlé au départ il ne reste plus qu'une
maison très normale, du moins dans son apparence structurelle, sa
configuration. Le reste appartient à des considérations très personnelles
qu'il ne nous est pas permis d'aborder. Tout simplement parce que ces gens
ont déjà été bien gentils de nous accueillir, très patients et permissifs et
nous sommes venus ici en professionnels dans le cadre d'une investigation
scientifique qui ne peut en aucun cas déborder de son objet.
Mais alors qu'allons-nous pouvoir conclure ? Quel article allons-nous
publier ? Il y a sur ce point beaucoup de choses à dire et elles seront sans
doute plus intéressantes que l'investigation proprement dite... Mais ce
n'est pas tout ! Qu'allons-nous aussi pouvoir proposer à ces gens dont
la souffrance est pourtant manifeste ? Car il est vrai que nos cœurs ont
envie de les aider, on ne peut pas les laisser dans le pétrin. Nous sommes
peut-être passés à côté de certaines choses importantes malgré tout le
sérieux avec lequel nous avons mené notre enquête.
Sur la photo du haut, on voit M.Vanbockestal qui utilise l'un de ses
appareils, en vain... Sur la photo du bas, l'une des caves de la maison. Du
bazar mais rien de bizarre.
CONCLUSIONS
Quelques
jours après l'investigation proprement dite sur le terrain, nous avons
continué d'investiguer. Nous nous sommes concertés. Nous avons été bien
obligés, par la nature même de certains points qui nous paraissaient
suspects, d'envisager d'autres pistes.
Il ne me semble absolument pas indiqué de proposer un exorcisme à la famille
Simon (cela avait été évoqué). Il faut savoir, comme nous l'expliquons
d'ailleurs en long et en large ailleurs dans ce site, que l'exorcisme est
une procédure lourde et potentiellement très traumatisante. La simple
logique veut d'ailleurs que l'on ne procède à cela qu'avec l'accord du
diocèse concerné qui dépêche alors un spécialiste reconnu par l'Église,
lequel apprécie la question au terme d'examens très poussés et ceux-ci ne
nous paraissent même pas opportuns. En effet, pour qu'il y ait exorcisme, il
faudrait qu'il y ait quoi que ce soit (ou qui que ce soit) à exorciser et
cela ne nous semble pas du tout le cas. Simplement évoquer cette possibilité
pourrait être de nature à effrayer les gens, à conforter leur impression
d'être en proie à une influence maléfique alors que celle-ci n'a en aucun
point été corroborée, de procéder à une forme d'auto persuasion très
dangereuse.
Il ne me semble pas utile non plus de procéder à un rituel quelconque de
désenvoûtement. D'une part, toujours pour les mêmes raisons, la possibilité
d'un envoûtement ou d'une influence néfaste en rapport avec l'occulte nous
semble très peu probable. Par ailleurs ce genre de procédé ne relève que
très indirectement du CERPI, lequel se borne théoriquement à l'étude
scientifique et rigoureuse des phénomènes inexpliqués. Son rôle n'est pas,
en principe, d'apporter des solutions et nous n'en avons promis aucune. Cela
ne signifie pas que cela ne puisse jamais être le cas, mais le contexte ne
nous semble de toute façon pas approprié.
Nous avons fini
par entrer en contact avec le diacre qui avait procédé à la bénédiction de
la maison. Pour rappel, il nous avait été rapporté que la célébration en
question n'avait jamais pu avoir lieu, que ledit diacre avait souffert mille
maux avant d'abandonner son office sans pouvoir le réaliser. Cette personne
nous a édifié en racontant sa version des faits. A l'époque, il était
atteint d'une sévère allergie qui provoquait de très violentes quintes de
toux au moindre écart de température ou à la moindre odeur de cuisson pour
ne citer que ces exemples. Il était en outre fiévreux et transpirait donc
beaucoup. Mais ce point était donc totalement étranger à une influence
quelconque de la maison ou d'une entité supposée maléfique. Tout au
contraire de ce qui nous a donc été raconté, le diacre prétend que la
bénédiction a bel et bien eu lieu et que non seulement elle a été accomplie,
dans sa totalité, mais qu'en plus cela s'est fait en toute sérénité, sans
aucune opposition ni phénomène particulier.
Par ailleurs, le diacre dément s'être rendu par deux fois sur les lieux : il
n'est venu qu'une seule fois. La deuxième, c'est le curé qui est venu
(probablement parce que l'on réclamait un "plus haut gradé"). Le diacre ne
peut évidemment pas relater ce qu'il n'a pas entendu par lui-même mais peut
supposer que la teneur des propos était semblable à celle qu'il a lui-même
reçu lors de sa visite : de sombres histoires dans lesquelles interviennent
la superstition ou des phénomènes d'auto persuasion, d'exagération des
faits, de la parano, etc.
Si même les témoignages, ou une partie d'entre eux, pour subjectifs qu'ils
puissent être, ont fait l'objet de déformations, d'exagérations ou ce genre
de choses (nous aurons ici la décence de ne pas parler de mensonges) il est
évident que nous considérons que notre intervention n'a plus de raison
d'être et que les tests réalisés par nos soins ont largement été probants :
on ne nous fait pas prendre des vessies pour des lanternes, désolés... et on
ne nous fera pas voir des fantômes ou des esprits là où il n'y en a pas.
Dans le cas contraire, le CERPI n'aurait plus aucune crédibilité et, fort
heureusement, celle-ci est sauve, intacte. Notre investigation aura au moins
servi à le démontrer, cela n'aura pas été qu'une perte de temps. Nous
apprécierions d'ailleurs assez que l'on ménage celui que nous pouvons
accorder à des affaires sérieuses.
Mais il y a plus grave et nous serons bien obligés de respecter le secret
professionnel en la matière. Le lecteur ne pourra pas nous en tenir rigueur
car cela ne change de toute façon rien à la réalité des choses relatives à
notre investigation. Disons seulement qu'il s'agit d'un point connu de
longue date du mari, que ce point requiert une intervention qui n'est
nullement de notre ressort et que cela explique parfaitement que M. Simon
n'ait strictement jamais rien observé par lui-même, demeure complètement
étranger aux soi-disant phénomènes et conserve une saine réserve. Ce point
n'a jamais été résolu pour des raisons que nous pouvons éventuellement
comprendre, il justifie aussi la souffrance que nous avons perçue sur place
et, encore une fois, il n'entre pas dans nos attributions de le résoudre. Ce
point se répercute indirectement sur d'autres membres de la famille. Il ne
nous appartient pas d'en dire plus, le mari étant parfaitement au courant de
la situation nous estimons ne pas devoir faire ingérence sur la question.
Pourtant, forts d'autres considérations que nous avons obtenues par voie de
justice (et là non plus nous ne pourrons en dire davantage en vertu du même
secret professionnel), nous avons constaté un manquement grave à la
déontologie et aux statuts de notre groupement de la part d'une personne
heureusement extérieure au CERPI mais étant intervenue indirectement. Nous
lui avons accordé notre confiance mais ne pouvons pas maintenir celle-ci en
raison d'éléments qui sont parvenus jusqu'à nous. Cette personne est
évidemment extérieure à la famille Simon. Nous ne pouvons donc pas
"licencier" la personne concernée en la matière puisqu'elle ne fait pas
officiellement partie de nos effectifs, mais nous prenons toutes les
dispositions qui s'imposent en l'occurrence. Afin d'éviter toute confusion,
ceci ne s'adresse aucunement à R. qui, pour l'instant en tous cas, ne fait
pas officiellement partie du CERPI non plus. Mais nous aimerions bien que
cela soit le cas car nous avons apprécié ses services et ses connaissances.
Voilà qui est plus clair.
LA CONCLUSION DÉFINITIVE :
Verdict : La maison n'est PAS hantée. Aucune
détection, élément subjectifs, rien de probant, contradictions flagrantes et
déformation des faits.
Peut-être existe-t-il certaines influences néfastes dues à sa situation, elles
peuvent être contrecarrées relativement facilement, ou bien le déménagement
apporterait la solution. Bien que l'intervention d'une tierce personne qui
pratiquerait la magie noire ne soit pas complètement exclue, nous doutons de son
impact réel dans le cas qui nous concerne. Nous regrettons de ne pas pouvoir
apporter la solution miracle quant aux souffrances réellement ressenties. La
famille Simon a toute notre sympathie et notre commisération mais leur
apaisement n'est pas de notre ressort. Nous classons donc l'affaire sous réserve
de tout élément réellement concret et probant qui viendrait contredire ce
verdict.
MAIS COMMENT EXPLIQUER QUE...
Dès
lors de cette fin de non-recevoir de la part du CERPI, on peut imaginer
mille questions. Comment expliquez-vous donc les phénomènes décrits par la
famille Simon ?
Je pense sincèrement qu'il faut commencer par faire la distinction entre ce
que l'on a aperçu soi-même (rien dans notre cas) et qui peut déjà être mis
en doute tant il est vrai que nos propres sens peuvent parfois être abusés
(hallucinations, mirages, illusions d'optique, impressions vagues, etc.) et
le témoignage de tierces personnes en différé. Ce qui est rapporté peut bien
sûr être exact, nous n'avons aucun moyen d'en juger puisque nous n'en
n'avons nullement été témoins, nous ne pouvons que supposer les personnes
intègres et fidèles à la réalité, procéder par recoupements, logique et
lucidité, raisonnements cartésiens. Mais la réalité des choses est une toute
autre histoire. En fonction des sensibilités personnelles, du vécu et de son
caractère émotionnel, des choses anodines peuvent prendre des aspects très
différents, être rapportées de manière plus ou moins tronquée. L'auto
persuasion est un phénomène bien connu et il y a moyen d'avoir peur de ses
propres créations imaginaires. Cela peut se vérifier au quotidien.
Comme nous l'avons dit, nous ne nous permettrons pas de traiter ces gens de
menteurs, cela ne serait pas correct et ne correspondrait d'ailleurs pas non
plus à une généralité. Mais nous ne pouvons pas non plus nous permettre
d'échafauder de fumantes hypothèses sur base d'éléments qui nous paraissent
essentiellement subjectifs.
Dans notre optique et en fonction de ce que nous avons observé, le cadre ne
peut pas avoir traversé la pièce comme cela a été décrit. Peut-être y a-t-il
eu exagération des faits. Celui-ci a pu dégringoler de sa fixation parce
qu'il était mal attaché et rebondir sur le meuble du dessous. Rien ne nous
permet de supposer une influence surnaturelle. L'hypothèse scientifique du
magnétisme ne tient pas la route non plus. En effet, même si l'on incrimine
une activité particulière en rapport avec des travaux réalisés dans l'une
des usines de métaux toutes proches, cela supposerait l'intervention d'une
machine très puissante, de type industriel et non domestique. Donc, il ne
peut s'agir de l'intervention d'un voisin par exemple. Dans ce cas,
l'application d'une force magnétique importante ne pouvait pas se concentrer
sur ce seul tableau (d'ailleurs théoriquement fort peu réactif) mais tous
les éléments métalliques avoisinants auraient dû subir le même sort. Ceci
fait bien sûr abstraction de toute intervention surnaturelle, mais rappelons
que notre objet est l'étude scientifique et rigoureuse des phénomènes.
Conversations et chuchotements dans les murs, grattages, nous semblent
essentiellement du domaine du subjectif. Pratiquement tout le monde a déjà
entendu des meubles craquer sans raison apparente (le travail du bois), des
morceaux de conversations émanant du voisinage (insonorisation à revoir),
etc. Nous aurions été plus étonnés d'entendre de la musique classique sortir
des systèmes de chauffage... En tout état de cause, nous n'avons rien
entendu, même au stéthoscope.
Rêves récurrents et simultanés : peut-être nous avancerons-nous beaucoup
en la matière, mais il nous semble que l'évocation (terrifiante) de cet
enfant immolé par le feu a dû marquer des membres de la famille dans leur
subconscient. Celui-ci a donc très bien pu se traduire par une manifestation
onirique faisant suite à ce type d'évocation. Le reste est subjectif et, en
tous cas, invérifiable.
Impossibilité de bénédiction : s'il est bien un sujet qui a été battu en
brèche, c'est bien celui-là et par l'intéressé lui-même !
Traces de sang : il n'y en a aucune. Nous avons remarqué quantité
d'autres traces, imputables seulement à des saletés.
Affolement de la boussole : tout relatif : présence de nombreux objets
métalliques.
Impressions d'oppression en montant dans la chambre : appréhensions
d'ordre psychologique, effet psychosomatique.
Accidents en série, pannes des ordinateurs, décès : simple hasard
défavorable et regrettable. S'il fallait tout attribuer à la magie noire...
Il y a des accidents tous les jours, des millions de virus informatiques
sont en circulation, d'autres pannes sont possibles et ne découlent pas
forcément du surnaturel. Facteur "chance".
Mais le squelette qui entre dans Mme Simon ? C'est évidemment un
témoignage remarquable et émouvant ! Dur même... Mais avant tout, il ne
s'agit que d'un témoignage que nous ne pouvons pas confirmer. Il faut
toutefois le prendre en considération face à l'émotion qui en a découlé. Mme
Simon en a indiscutablement souffert. Nous tenons compte aussi d'un autre
point. Mme Simon est âgée d'une cinquantaine d'années, une époque où les
monstres télévisés ou romancés étaient principalement les fantômes, les
vampires et les.. squelettes. Hé oui. Ah ! Il y avait aussi les "momies".
L'expression de cette expérience ne relate aucun phénomène surnaturel
typique connu. Il n'est pas répertorié au rang des phénomènes reconnus,
c'est à dire "catalogués", ce qui n'en fait pas forcément une invention pour
autant. Mais dans le cas présent, nous ne pouvons toutefois pas le
considérer comme un témoignage fiable. Cela semble au contraire émaner d'une
autre sphère qui n'est pas de notre compétence. Nous imaginons bien ce que
notre affirmation pourrait avoir de cruel aux yeux de Mme Simon qui est
persuadée d'avoir vécu cet épisode pour le moins "décoiffant", les larmes
qu'elle a versé lors de sa narration nous ont frappés et émus.
Malheureusement, des centaines de personnes sont quotidiennement frappées de
phénomènes relatifs à la paralysie du sommeil
étudierons ce cas ailleurs dans le site) et se croient victimes
d'incubes ou de succubes.. Ce n'est qu'un exemple. La sensation peut
sembler étrangement réelle, être véritablement ressentie dans sa chair et
pourtant n'être qu'un leurre. Comme j'en vois qui rient sous cape en
imaginant toutes sortes de jeux de mots tendancieux ou réalisent des
parallèles scabreux, précisons qu'il n'est pas question ici de sexe, même
surnaturel. Il est tout à fait possible que Mme Simon ait fait l'objet d'un
endormissement très passager (à 1h du matin, c'est vraisemblable ! J'ai
moi-même connu cela en pleine journée !) - parfois, l'esprit déconnecte
momentanément parce qu'il s'accorde une petite pause qui n'était pas prévue
au programme du conscient. S'il est vrai que cela pourrait aussi être mis à
profit par une entité malfaisante dans le cadre d'une possession
(incorporation involontaire), nous ne pensons pas que ce soit le cas car
cela ne répond pas au processus classique dans son descriptif. Nous l'avons
dit, l'impression squelettique n'est pas décrite, les sensations
n'appartiennent pas au même registre. Il y a donc discordance entre
l'objectif supposé et évoqué et la réalité des choses qui peuvent pourtant
elles-mêmes parfois être considérées comme subjectives. En fait, seule
l'expérience permet d'apprécier la différence et il est bien difficile de la
traduire par des mots. Malgré cette difficulté flagrante, toutes les
personnes réellement concernées ont recours à un vocabulaire typique qui,
bien que forcément approximatif est également très fidèle et
caractéristique. Ce n'est pas ce que l'on retrouve dans le récit de Mme
Simon.
Force incroyable de D. Il faudrait pouvoir en faire la démonstration.
Nous ne nous permettons pas d'en douter. Mais nous pensons plutôt ici à un
phénomène d'hystérie passager, ce genre de trouble provoquant parfois (c'est
bien connu aussi) des comportements hors du commun, sans qu'il ne soit pour
autant question de surnaturel. Nous avons connu une personne qui, pourtant
sous l'effet de nombreux somnifères, n'a pu être maîtrisée que par HUIT
hommes robustes ! Un hyperkinétique (ce n'est pas le cas ici) rencontré dans
un bus, faisait le kangourou entre les rangées de banquettes. Il a fallu 6
policiers et 3 contrôleurs pour l'arraisonner, non sans qu'il ne parvienne
malgré tout à forcer une porte ! Citons encore cet exemple d'une dame
fluette qui, sous le coup de l'émotion de voir sa fille en passe de se faire
écraser par un tram à Bruxelles, a très temporairement soulevé le tram pour
éviter l'accident...
L'enfant qui voit des "méchants-méchants" et des "méchants-gentils" à la
cave. Jadis, il y avait souvent des parents qui, pour calmer leurs
enfants, leur faisaient peur en parlant du méchant loup qu'il y avait à la
cave... Parfois, il s'agissait d'autres sortes de monstres. Ah ! Il y avait
aussi le père fouettard et le grand Saint Nicolas... Soyons sérieux,
beaucoup d'enfants ont peur du noir et de certains endroits tels que la cave
en raison d'un certain contexte. Nous ne pouvons pas le confirmer ici, bien
sûr. Mais cela nous semble l'hypothèse la plus plausible.
Attouchements et coups de nature sexuelle : bien que cela n'ait pas été
relaté dans le compte rendu de notre investigation, nous nous rappelons que
la copine de D. en a fait état. Elle ne croyait initialement pas du tout au
paranormal avant de connaître la famille Simon. Bon ! Évidemment, nous
n'avons pas pu nous rendre compte par nous-mêmes, pour des raisons
évidentes. Bien que la solution semble simpliste, nous avons aussi remarqué
de sa part une volonté de convaincre à tout prix qui nous a paru suspecte,
c'était en rapport avec les taches de sang. Cela nous paraît donc toujours
aussi suspect, subjectif et, en tous cas, invérifiable tout comme le coup de
poing porté au petit garçon par une "force mystérieuse". Restons donc dans
le domaine du subjectif et disons que si une entité capable de faire cela
avait été présente en ces lieux, il est certain que je l'aurais détectée et
très probablement aussi mes collègues. Il s'agit là d'une question
d'expérience et de sensibilité. Dans le cas où cette entité ne serait pas
présente en permanence, il est non moins certain que j'en aurais détecté les
traces résiduelles. Il n'y a rien eu de tout cela, ni de mon propre chef, ni
de celui des autres membres de l'investigation, ni même à l'aide des
pendules ou de tout autre instrument de mesure.
Lueurs colorées dans la chambre des parents : simples phénomènes lumineux
naturels dus aux appareillages voisins, au voisinage lui-même. Extrapolation
ou exagération dues à une hypersensibilité ou à une parano.
Déplacements du GSM : simple confusion dans l'emplacement initial faisant
croire à un déplacement. Nous n'avons en tous cas rien remarqué de ce genre.
Fréquence des phénomènes : la maison nous avait été présentée comme
présentant une hantise quasi permanente, des phénomènes récurrents et
quotidiens, "rares étant les moments de tranquillité". Il faut donc croire
que nous ne sommes pas venus au bon moment pour l'observation des faits
puisque strictement rien ne s'est passé en dépit d'une présence d'environ
quatre heures sur les lieux, à cheval entre le lever et le coucher du
soleil. Nous n'ignorons pas que telle investigation pouvait justifier une
présence plus longue sur place (certaines investigations portées à notre
connaissance ont duré plusieurs jours, avec une équipe nantie du même nombre
d'enquêteurs, un matériel sensiblement égal... mais aussi le même résultat.
Absolument négatif). Il ne faut pas perdre de vue que la maison était ici
occupée et que chaque membre devait poursuivre ses activités extérieures,
professionnelles notamment. Nous ne pouvions pas imposer notre présence de
manière exagérée. Nous nous basons ici aussi sur le témoignage du père qui
nous a bien fait comprendre qu'il n'avait, pour sa part, strictement JAMAIS
rien observé, mais sur un minimum de 20 ans de présence dans la maison !
Nous ne pouvions évidemment pas rester aussi longtemps...
Les horloges : comment peut-on raisonnablement observer la stricte
simultanéité de la remise en fonction exceptionnelle de deux horloges
arrêtées situées dans deux pièces différentes ? Si ce témoignage devait
s'avérer exact, il s'agirait effectivement d'une bizarrerie. Mais y a-t-il
pour cela une raison d'alerter une équipe du CERPI en prétendant que la
maison est hantée ? Il s'agit évidemment d'un élément parmi tant d'autres,
qui peut ajouter à l'angoisse des témoins. Personnellement, j'ai (désormais
: j'avais.) une épouse qui ne supporte aucune montre : elles
s'arrêtent systématiquement au bout d'un certain temps, relativement court.
Il est même arrivé que les aiguilles se mettent à tourner à l'envers (c'est
du vécu !) Il doit s'agir d'un phénomène de magnétisme ou similaire, ce que
corrobore la boussole et sous-tend la présence des deux usines de matériaux
métalliques.
Sensations de présence, déplacements de zones d'ombres : outre que le
témoignage puisse être très subjectif, nous n'avons rien remarqué par
nous-mêmes. Insistons une fois encore sur le point que quatre personnes
éminemment sensitives rendues sur place n'ont strictement rien ressenti.
Certaines d'entre elles ont d'ailleurs déjà pu ressentir les problèmes de
personnes situées à plus de 1000 km de distance et même davantage et
élucider leur problème, cela semble donc clair. Des zones d'ombre
momentanées peuvent s'expliquer par beaucoup de phénomènes typiquement
naturels (quoique spectaculaires) tels des migrations d'oiseaux.
Notre verdict relatant l'absence d'une hantise pour cette maison paraîtra
sans doute hâtif à certains. On pourra dire que nous n'avons pas tout
observé, que toutes les questions n'ont pas été posées, que tout n'a pas été
expliqué, bref : que tout n'a pas été fait. Les habitants seront peut-être
déçus de notre conclusion. Nous pensons au contraire avoir très bien englobé
le problème même s'il est vrai qu'il subsiste des zones d'ombre et nous
sommes prêts à rouvrir le dossier si un élément nouveau venait à surgir qui
remette cette première conclusion en cause. Par exemple, que se manifeste
donc un témoin oculaire. Il n'y en avait aucun. Il y avait au contraire un
témoin attestant que tout se passait normalement dans cette maison, dans le
cas même décrit comme relevant de la hantise ! Il y avait surtout un
habitant de la maison pour remettre toute la hantise supposée en question.
Notre équipe hautement professionnelle en la matière n'a strictement rien
observé ni ressenti en dépit de tous les moyens mis en œuvre. Nous estimons
donc justifié de conclure comme nous l'avons fait. Une fois encore, notre
rôle ne réside pas dans le fait de voir des fantômes là où il n'y en a pas,
mais de relater la réalité des faits observables, si possible de les
apprécier, les qualifier et les quantifier, les mesurer, etc. Nous l'avons
fait à plusieurs niveaux en incluant les niveaux moins rationnels et donc en
se plaçant dans une optique parallèle à celle des occupants.
Il ne serait pas honnête de notre part d'attester de la réalité de la
hantise de la maison dans pareil cas. Du moins jusqu'à preuve du contraire.
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