S'occuper d'OVNI peut nuire gravement à la carrière
Le texte ci-dessous n'a pas été écrit
par le CERPI mais bien par feu Monsieur Franck Boitte, ancien de la
SOBEPS. Sans jamais avoir réellement fait partie du groupement,
Franck s'y est cependant souvent distingué et nous a transmis un savoir
très appréciable. Avec le temps, Franck Boitte n'était plus seulement un
collègue ufologue, c'était devenu un ami. Un ami précieux, décédé
trop tôt). Ce qui suit ne sera peut-être pas édifiant pour nos futurs
candidats enquêteurs ufologues, mais nous jugeons utile d'en faire part
pour son incidence indirecte et donnera sans doute une certaine forme
"d'expérience" à nos futurs collègues, même si cette dernière est
réputée pour ne pas être communicable.
Voici le texte courageusement anonyme qui circulait en 2002 sur internet.
Mes commentaires (FBE = Franc Boitte) en rouge.
Ne désirant pas être accusé de l'avoir falsifié, je n'ai pas osé corriger les fautes d'orthographe et erreurs typographiques qu'il contient ni celles du "Communiqué des 10 Scientifiques" qui figure à sa suite.
(NDLR : il a pu arriver que nous en ayons
corrigé nous-mêmes involontairement, désolés !)
Je signale toutefois que le nom du Pr. Meessen y est systématiquement malmené, ce qui en dit long sur la rigueur dont se réclament pourtant ses signataires qui se prétendent (ce qu'un examen critique de leurs titres trahit comme exagéré) être des scientifiques.
Abréviations :
RDE = Rapport d'Enquête.
Il s'agit d'un document qui expose et analyse les déclarations d'au moins un témoin, rédigé et signé par un enquêteur qui l'a rencontré et qui comporte une appréciation sur la nature inexpliquée ou non du phénomène. L'enquêteur doit en outre y avoir envisagé une série d'hypothèses alternatives pouvant contribuer à banaliser le cas.
Quel que soit le prestige supposé ou non de son auteur, toute relation qui ne s'appuie pas sur un tel document n'est pas une enquête.
F. Boitte.
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Début du texte retransmis :
Des scientifiques belges face aux ovnis.
Je voudrais savoir si certains "machins" ne viendraient pas par hasard
du Triangle des Bermudes, du Pentagone ou de l'Hexagone, on aurait alors résolu
la quadrature du cercle, mais je crains bien que celui-ci ne soit militaire et très fermé.
André Lausberg
astronome
La Société belge d'étude des phénomènes spatiaux (SOBEPS) a été créée en 1971 par un amateur d'ovni Lucien Clerebaut, un philatéliste.
C'est à la suite d'une observation d'ovni qu'il avait faite que Mr. Clerebaut est devenu "un amateur d'ovni" et non l'inverse.
Cette petite ASBL allait attirer deux scientifiques : les chimistes Michel Bougard et Jacques Scornaux.
En sous-entendant que la participation de scientifiques se limitait à ces deux personnes, cette présentation est manipulatrice et trompeuse.
Voici comment en réalité se sont passées les choses :
Après avoir été éphémèrement assurée par un éditeur, Mr. Louis Musin, la présidence de la SOBEPS fut exercée jusqu'à fin 1972 par Mr. A. Boudin, Dr en physique nucléaire, qui l'abandonna pour aller enseigner à l'Université de Kinshasa.
Il fut ensuite remplacé par M. Bougard. Parmi les membres de la première heure figuraient encore Mr. Pierre-Marie Elsen, chercheur à l'Institut des Maladies Tropicales d'Anvers, Mr. Jean-Pierre Auquière, du service d'Agronomie de l'Université Catholique de Louvain et Jean-Pierre Steyaert, du labo de physique nucléaire de l'ULB. D'autres scientifiques réguliers ou occasionnels, tels Luc Van Cangh, Dr.Sc. Chimiques travaillant chez Glaverbel, le Pr. Jacques Jedwab du laboratoire de chimie de l'ULB, le Dr Sc. en physique acoustique
Jean Pierre Labrique ou encore le Pr. Marc Acheroy, enseignant à l'École Royale Militaire et analyste en imagerie, sans parler du plus célèbre de tous, le Pr. Ilya Prigogine, apportèrent aux travaux de la SOBEPS des contributions ponctuelles, souvent discrètes, mais toujours enrichissantes et bienvenues.
Mais qui est ou n'est pas "scientifique" ? On pourrait gloser sans fin sur le terme.
Faut-il, comme je le pense, pour mériter ce titre, être attaché à un laboratoire qui fait de la recherche ? Dans ce cas, ni M. Bougard, ni J. Scornaux ne le sont.
Ce dernier, après avoir obtenu un doctorat en chimie des polymères, n'avait d'abord trouvé, grâce aux bons offices d'une agence d'intérim, qu'à être engagé pour une durée d'un mois à la comptabilité (sic !) des grands magasins GB-Inno-BM, avant d'en passer 6 autres (mois) en temps que responsable des ... photocopies et des tirages de plans chez Traction et Electricité (aujourd'hui Tractebel) !
Autant pour la bonne utilisation des compétences scientifiques !
Scornaux devait décrocher ensuite un contrat en CDD d'une durée de 2 ans à l'OCDE comme "traducteur scientifique".
Contrat qui, transformé en CDI, allait finalement durer plus de 22½ ans et le mener au poste de chef de la section "traductions techniques" du prestigieux organisme ...
Un chef de travaux, un(e) chargé(e) de cours, un "maître de conférences" comme le "Pr." Y. Lignon, un médecin tels ceux dont les noms figurent au bas de ce document ont-ils ou non le droit de se présenter à l'opinion publique en tant que " scientifiques" ?
Je ne le pense personnellement pas mais on peut en discuter à l'infini.
D'autant plus que comme on le verra, grâce à un "habile" glissement sémantique qui cherche à passer inaperçu, il n'est plus question dans la suite de ce texte que "d'universitaires" et non plus de "scientifiques".
Je possède moi aussi (FBE) un diplôme universitaire et ai exercé pendant plus de 20 ans la profession de "Chef de Projet" informatique. Faut-il pour autant oui ou non me considérer comme un "scientifique"? Je pose la question.
La SOBEPS comptait aussi à ses débuts deux médecins en la personne des Dr J. Victoor et Y. Verheyden. Ils ont ensuite bifurqué pour animer l'association KADATH, consacrée à la primhistoire.
Fallait-il oui ou non inclure ceux-là dans le lot des scientifiques ?
Là encore, il est possible d'en ergoter sans fin.
Au fil des années, c'est surtout le premier cité qui prendra de l'importance au sein de l'association dont le siège central se trouve à Bruxelles. Michel Bougard deviendra en effet le président de la SOBEPS. Les deux chimistes furent rejoints ensuite par Auguste Meesen (sic), un physicien de l'Université catholique de Louvain (UCL) passionné par l'ufologie.
Le début de ce paragraphe insinue que le Pr. Meessen aurait attendu que passe "le fil des années" pour rejoindre la SOBEPS. C'est faux. Il la rejoignit en même temps que moi (FBE) c'est à dire au printemps 1972, quelques mois après la fondation de la SOBEPS
La SOBEPS n'attira aucun autre scientifique …
Répétition. Relire le 2ème §. En outre c'est encore faux.
A la liste qui précède, il faut ajouter les noms de Mr. Pascal Deboodt, Dr.Sc. qui exerça les fonctions de rédacteur en chef avant de quitter la SOBEPS lui aussi pour un avenir plus glorieux.
Après avoir de fév. 1983 à nov. 1987 brillamment assumé la tâche difficile de rédacteur en chef de la revue Inforespace et obtenu un doctorat en physique nucléaire, Pascal Deboodt quitta la SOBEPS en 1987 pour assumer des fonctions de direction au centre de recherche de Mol, rôle à la mesure de ses capacités.
Mr. Van Cangh était titulaire d'un doctorat en sciences chimiques et travaillait pour une importante société de l'industrie du verre (GLAVERBEL) lorsque avec l'assistance d'un autre scientifique prudemment camouflé sous le nom de "Henri Trickx", il réalisa l'étude "OVNI : un phénomène parasolaire" qui fit l'objet du numéro spécial Hors Série n°4 d'Inforespace de décembre 1980.
Vouloir présenter la SOBEPS comme n'ayant attiré à elle que des scientifiques marginaux est donc une falsification honteuse.
… et faute de "matière" perdit au fil des années de nombreux membres et dû donc restreindre la quantité de ses travaux.
Comme toute association, le lectorat de la SOBEPS a connu des hauts et des bas.
Mais ce n'était pas "faute de matière", que du contraire !!!
Il y en aurait plutôt eu trop de matière !! La vraie raison est que cet auditoire était essentiellement constitué de curieux de passage qui attendaient des réponses rapides qui ne sont pas venues et qui se sont assez vite découragés.
Tout changea quand éclata la vague ovni belge qui permit à la SOBEPS de rebondir spectaculairement.
Lorsque la vague éclata, la SOBEPS devint omniprésente dans les médias.
Ce sont les médias et non l'inverse qui ont fait la démarche de pousser la porte de la SOBEPS. Mr. Clerbaut fut un excellent secrétaire général pour qui l'aspect financier a toujours été la préoccupation n°1. L'auteur anonyme de ce texte estime-t-il qu'à l'aune dont il tire sans doute ses propres revenus, la SOBEPS aurait dû quémander une quelconque prébende à l'Etat ?
Un physicien de l'Université Libre de Bruxelles, Léon Brenig, …
A l'instigation d'Ilya Prigogine dont il fut l'élève et qui, contrairement au Pr. Meessen dont il faut saluer le courage, ne désirait pas se compromettre ouvertement dans un sujet aussi sulfureux.
…
rejoignit l'association et devint un des enquêteurs de terrain les plus zélés.
Faux une fois de plus. Léon Brenig n'a effectué que deux ou trois enquêtes. Je n'appelle pas cela être « zélé ». De plus, comme cet homme de laboratoire ignorait la marche à suivre pour rédiger un RDE, ceux qu'il a déposés en ne respectant pas la procédure ne valent hélas pas grand chose sur le plan technique de l'investigation.
Une fois encore, mal renseigné, l'auteur anonyme de ce tract commet l'erreur classique en ufologie qui consiste à confondre "analyste" et "enquêteur".
Léon Brenig et Auguste Meesen (re-sic) apportèrent la caution scientifique de haut niveau que recherchait depuis longtemps l'association ufologique belge.
La SOBEPS aurait-elle donc eu tort d'agir de la sorte ? Fallait-il qu'elle cherche la caution d'un directeur de cirque, d'un fabriquant de cigarettes, d'un politicien véreux, d'un "maître de conférences" ou d'un grand couturier ?
L'arrivée dans le giron de la SOBEPS du physicien français Jean-Pierre Petit renforça également auprès du public l'image de rigueur scientifique que l'association voulait se donner.
Jean-Pierre Petit n'a jamais fait partie du giron, pour reprendre l'expression ci-dessus, des collaborateurs de la SOBEPS !
Je ne suis même pas certain qu'il a jamais contribué par un abonnement à soutenir financièrement la parution des 115 numéros de la revue Inforespace !
Mr. Petit avait fait ses débuts publics en ufologie à Poitiers où il avait rencontré le Pr. Meessen en 1976.
Il suivait et se faisait le propagandiste en France de l'affaire UMMO depuis plusieurs années et c'est lui et non la SOBEPS qui a manœuvré pour préfacer le premier tome de Vague d'OVNI sur la Belgique, comme expliqué en long et en large dans VOB1, pp.230 et suiv.
La façon qu'a l'auteur du texte de malmener les faits montre très bien à la fois sa malveillance et prouve qu'il n'a même pas pris la peine de lire l'ouvrage ou que s'il l'a fait, il n'en a rien retenu.
De plus, Jean-Pierre Petit avait été approché par un personnage trouble, croate vivant en Belgique, sans doute mythomane, du nom de Michel Kuzmek.
Ce "Michel K.", qualifié à tort par certains (comme P. Ferryn) d'ingénieur, alors qu'il a été l'un des compositeurs du chanteur Roger Jouret, mieux connu sous le pseudonyme de "Plastic Bertrand", dont il est incidemment parrain d'un des fils, prétendait être, à la suite de révélations "d'ordre personnel et mystique" à l'origine, si pas l'unique auteur de la vague belge.
C'est l'attrait de Mr. Petit pour l'affaire UMMO qui avait fait que sa curiosité au sujet des affirmations de Kuzmek avait été stimulée.
Jean-Pierre Petit n'est donc pas "arrivé dans le giron" de la SOBEPS, ça c'est du pur charabia.
Bien entendu, le comité directeur de cette association a été ravi qu'une telle "grosse pointure" lui fasse l'honneur d'écrire la préface du livre qu'elle se préparait à publier. Ce qui, vu la réputation du personnage que d'aucuns n'ont pas manqué de qualifier dans la préface à l'un de ses livres, comme atteint de schizophrènie, était à mon avis qu'on ne m'a pas demandé, une monumentale erreur.
Qu'est-ce que la SOBEPS aurait-elle dû faire ? Opposer une fin de non recevoir à la demande de Mr. Petit ? A mon avis, oui, mais encore une fois « on » ne m'a pas demandé mon avis.
A l'époque cependant, les responsables de la SOBEPS ignoraient que M.Petit était sur le point de publier un livre décapant …
Pourquoi décapant ? Petit ne faisait que reprendre en lui donnant un vernis scientifique ce qu'avant lui d'autres auteurs avaient déjà publié sur la question (A.M. Costello, A. Ribera, M. Th. des Brosses, etc.)
… sur les extra-terrestres de la planète UMO (sic - même pas capable de rapporter les choses correctement)
qui, selon cet auteur, étaient déjà sur notre Terre. Le but de Jean-Pierre Petit était de faire connaître son nom …
Quelle blague ! Petit était connu des milieux ufologiques comme scientifiques comme chercheur au CNRS spécialiste de la MHD depuis 1976, si pas avant.
… afin de faire par la suite la promotion de son livre en Belgique.
Pour une fois, ceci est exact. Mais en quoi la SOBEPS en est-elle responsable ? Cette promotion était le problème de Mr. Petit. S'il a écrit ce livre, c'était je pense comme tout auteur dans l'espoir d'en vendre au moins quelques exemplaires
...
La renommée des deux physiciens attira l'attention de plusieurs scientifiques belges qui s'intéressèrent dès lors …
Il était bien temps !
… aux recherches de la SOBEPS durant la vague ovni belge (1989-1991). Par curiosité, plusieurs dizaines de scientifiques belges assistèrent en février 1991 à une conférence sur les ovnis organisée par la SOBEPS. Tous en ressortirent irrités ou déçus.
Faux. C'est à la suite de cette réunion que des gens comme M. Acheroy, le major. A. Salmon, ingénieur polytechnicien, spécialiste de l'analyse des échos radar et le spécialiste en imagerie François Louange, commencèrent à s'intéresser aux ovnis. Le sujet faillit capoter lorsque le ministre Elio di Rupo proposa stupidement la création d'une Commission Européenne qui aurait été présidée par le physicien italien Tullio Regge, politiquement fortement marqué à gauche.
Cette prétendue Commission Européenne (sic !) aurait été chargée d'étudier la question, ce qui était l'exemple même de ce qu'il ne fallait pas faire si l'on ne voulait pas définitivement enterrer le dossier des ovnis belges dans les marécages de la magouille politicienne.
Heureusement, ce projet insensé et inutile s'est très vite vu relégué aux oubliettes.
Ce qui est exact, c'est que la plupart des scientifiques qui avaient assisté à cette réunion s'attendaient une fois de plus à ce que la SOBEPS leur apporte sur un plateau des conclusions rapides, fermes et définitives dont ils auraient ensuite pu s'empresser de profiter pour leur propre gloriole. Il est en effet du dernier kitsch de croire que ces gens là sont en cela différents des autres hommes, sur le plan de la vanité.
En cela bien sûr, ces gens là, qui ont par ailleurs à maintes reprises montré leur incompétence (sang contaminé, pollution, relations mafieuses) furent cruellement déçus.
Les révélations des responsables de la SOBEPS étaient en effet peu crédibles et sans aucune valeur scientifique.
Sur quel critère l'auteur de ce pamphlet anonyme s'appuie-t-il pour écrire cela ?
Cela n'a pourtant pas découragé la SOBEPS qui en octobre 1991 publia un volumineux rapport Vague d'ovni sur la Belgique, un dossier exceptionnel. La SOBEPS a voulu présenter cet ouvrage comme une étude de haut niveau scientifique…
Ce mot est décidément mis à toutes les sauces. C'est faux une fois de plus. Compte tenu des délais d'impression et de distribution, c'est le temps imparti qui ne permettait pas de "publier un ouvrage de haut niveau scientifique" : faire cela demande des vérifications nombreuses, recoupements et des expérimentations. L'auteur anonyme de ce tract venimeux le sait bien – ou devrait le savoir s'il a la qualité qu'il prétend.
Dans les deux cas, il est donc malhonnête.
Ces deux ouvrages poursuivaient en réalité essentiellement un double objectif :
1/ Faire entrer de l'argent dans des caisses qui en avaient le plus grand besoin
2/ Documenter les événements
et très accessoirement présenter un document à vocation scientifique.
… qui devait faire toute la lumière sur les ovni.
Notre auteur anonyme prend-il vraiment son lecteur pour le dernier des nigauds ou bien l'est-il lui-même en écrivant cela ? Cette "lumière", des dizaines de chercheurs à travers le monde la cherchent depuis plus de 50 ans sans n'avoir capté jusqu'ici que de très incertaines lueurs. Mais il en va de même dans certains domaines comme la recherche sur le sida, le diabète ou le cancer sans que personne ne s'en scandalise.
La SOBEPS aurait voulu avec cet ouvrage convaincre la communauté scientifique belge du sérieux de sa démarche scientifique. Ce fut un fiasco.
La mise en vente du second tome, VOB2, fut effectivement un échec essentiellement dû au génocide katangais.
En publiant ces deux ouvrages – auxquels, il m'a entre parenthèses été demandé de participer, ce que j'ai refusé pour les raisons esquissées une dizaine de lignes plus haut - la SOBEPS voulait avant tout engranger de l'argent et si VOB2 fut effectivement un échec pour la raison évoquée, VOB1 occupa la tête du hit parade des meilleures ventes en librairie en Belgique pendant près de 10 semaines consécutives.
Et le comique troupier de service qui ne signe pas ce pamphlet appelle ça un fiasco !
Ce dossier passa entre les mains des nombreux scientifiques qui furent abasourdis. Certains signèrent un communiqué de presse qui fut publié en intégralité dans le journal LA WALLONIE daté du 26 octobre 1991. Ce texte primordial dans l'histoire de l'ufologie belge est reproduit ci-dessous (avec l'aimable autorisation de M.André Lausberg, chef des travaux à l'Institut d'Astrophysique de l'Université de Liège).
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COMMUNIQUÉ DU COMITE DES DIX
En tant qu'universitaires,
(c'est ici que se produit le "subtil" glissement sémantique dont il a été question plus haut : il n'est plus question désormais des scientifiques annoncés, mais seulement d' universitaires)
nous sommes interpellés, malgré nous, et parfois choqués par le battage médiatique fait autour du récent rapport de la SOBEPS à propos de la vague belge d'ovni, et nous souhaitons formuler les remarques suivantes.
Un grand nombre de scientifiques, et particulièrement les astronomes, sont passionnés par l'idée de la recherche d'une vie extra-terrestre
(et je les en félicite - FBE)
et par les nombreux programmes en cours visant à établir une éventuelle communication avec d'autres civilisations. Ils sont même pour la plupart convaincus que la probabilité d'existence d'une autre vie ailleurs n'est pas négligeable. Certes la probabilité d'une possible communication est beaucoup plus faible, et à fortiori celle d'une rencontre. Mais il est certain qu'un tel événement serait accueilli comme la chose la plus extraordinaire de notre histoire.
La vague de sensationnalisme qui a déferlé ces derniers jours sur la Belgique, au travers d'une partie heureusement très limitée de la presse, a pu faire croire au public que la preuve d'une visite extra-terrestre était apportée par certains scientifiques belges. Il est loin d'en être ainsi.
Une remarque s'impose ici à propos du nombre de scientifiques réellement impliqués dans l'étude du phénomène ovni : le fait qu'environ 80 scientifiques se soient rendus à une réunion organisée en février 1991 par la SOBEPS ne signifie nullement qu'"une centaine de chercheurs tant de l'ULB que de l'UCL s'y intéressent de près" (Le Soir du 22-10-91).
(ça c'est un autre guignol, journaliste du Soir qui le dit, pas la SOBEPS - FBE). Ce nombre ne doit pas atteindre la dizaine. De surcroît, les trois scientifiques de la SOBEPS qui signent un ou plusieurs chapitres du rapport ont des attitudes radicalement (?) différentes et parfois contradictoires : face au réalisme volontaire de Léon Brenig, chef de travaux à l'ULB, et à la prudence de Michel Bougard chimiste, on trouve les affirmations ambiguës et parfois incohérentes du professeur Auguste Meesen
(sic) de l'UCL.
Pour se convaincre de ces contradictions, il suffit de voir comment les différents journaux ont compris le message de la SOBEPS
(encore une fois, confusion entre le rapport et les journaux qui en parlent- FBE ): on y trouve toute la gamme des conclusions possibles. Elles sont pourtant tirées du même rapport.
Un premier examen de ce rapport nous amène aux conclusions suivantes :
- La photo de couverture provient d'une diapositive dont l'authenticité ne peut être absolument garantie
(ce jugement ex-cathedra est une tautologie qui ne veut rien dire du tout. L'auteur de ce dégueli est-il un expert en analyse photographique ? - FBE).
- Les autres documents photographiques ou vidéographiques n'apportent aucun élément probant.
- L'analyse des échos radars reçus par les F-16 de notre Force aérienne faite par Monsieur Meesen
(sic) fait apparaître qu'il pourrair
(sic) s'agir de phénomènes météorologiques
(mais cela Mr. Meessen a fini quoique du bout des dents par l'admettre lui-même ! - FBE ), tandis que la prétendue détermination de vitesses supersoniques et d'accélérations foudroyantes pour des engins matériels n'est pas du tout convaincante.
- Le rapport ne fait pratiquement mention d'aucune autre mesure physique exploitable
(les témoins ne se baladent habituellement pas avec des magnétomètres, compteurs Geiger ou d'ionisation dans leur poche).
Ajoutons que plusieurs des signataires du présent communiqué (physiciens, météorologistes ou astronomes) ont déjà été contacté
(sic)
en vue d'examiner divers documents se rapportant à ces phénomènes inexpliqués. Rien de mystérieux n'est sorti de ces examens; plusieurs cas ont déjà été élucidés et d'ailleurs certains de ceux-ci sont repris dans le rapport de la SOBEPS.
En conséquence, il nous semble qu'une fois de plus, l'ensemble de la problématique des ovni repose uniquement sur des témoignages
(personne n'a jamais prétendu le contraire).
La bonne foi de la majorité des témoins n'est pas ici mise en cause (merci pour eux Monsieur de votre condescendance)
et nous espérons qu'une interprétation correcte de leurs observations sera découverte
(où ? Quand ? par qui ? On l'attend toujours – c'est du pur bla-bla). Il nous paraît que l'important travail de compilation et de tri fait par la SOBEPS devrait être utilisé pour des études psychologiques et sociologiques, portant notamment sur l'examen des perceptions visuelles et sur leurs possibles interprétations
(ça c'est une idée qu'elle est bonne. Qu'attendez-vous Messieurs les signataires pour l'entreprendre, cette étude ? Et avec quels budgets ?).
La longue histoire de la littérature ufologique nous enseigne que d'innombrables phénomènes, perçus d'abord comme absolument étranges, ont pu être interprétés ensuite par des moyens classiques. Cela suppose évidemment que des observations aient été recueillies en nombre suffisant et qu'une analyse sereine ait été entreprise pour chaque cas
(bla-bla-bla. Les seize classeurs contenant les RDE de la SOBEPS sur cette vague d'ovnis ont jusqu'à sa dissolution le 31 décembre 2007 étés mis – et certains ne s'en sont pas privés - à la disposition de tout chercheur désireux d'en prendre connaissance, à deux restrictions près :
1/ La SOBEPS n'est pas le dernier bistrot où l'on refait le monde entre camarades sirotant des petites bières,
2/ la courtoisie impose bien entendu de prendre rendez-vous au préalable.
Nous espérons que le présent communiqué sera diffusé par les organes de presse, et qu'ainsi seront mieux rencontrées les exigences à la fois de la rigueur scientifique et de l'information objective.
(Voilà qui est fait et combien j'apprécie cette dernière phrase !)
Jacques Demaret
Maître de conférence à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
Nicolas Grevesse
Chef de travaux à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
José Gridelet
Docteur en médecine,
Neuro-physiologue
André koeckelenbergh
Astronome, Chargé de cours
à l'ULB
André Lausberg
Chef de travaux à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
Jean Manfroid
Directeur de recherches
au FNRS
Arlette Noels
Chargée de cours à l'institut
d'astrophysique de Liège
Alfred Quinet
Chef de département à l'IRM
Jean Surdej
Maître de recherches au FNRS
Jean-Pierre Swings
Agrégé de faculté à l'Institut
d'astrophysique de l'Ulg
Ce texte mettait le doigt sur le manque total de sérieux scientifique …
Il ne met le doigt sur rien du tout. C'est un tissu de banalités du style "Yaka" "Ondevrait", "Pourquoinepa", etc.
… du rapport de la SOBEPS. Le rapport en question n'est rien d'autre qu'une compilation de témoignages parfois
(donc pas toujours ?)
douteux et d'hypothèses allant du très intéressant (analyse des documents vidéos) jusqu'à l'absurde (le mimétisme) en passant par l'approximatif (analyse des échos radars). Ces deux ouvrages n'avaient pas d'autre ambition.
Il est dommage que ce communiqué soit systématiquement ignoré ou tourné en dérision par les ufologues.
Ils devraient pourtant en tirer certaines conclusions...
Et à présent, où en est-on ? Auguste Meesen (sic),
pensionné entre-temps, continue à s'intéresser de près aux ovnis.
Ce qui me paraît être un droit constitutionnellement légitime.
Il a le grand défaut de ne plus développer le moindre esprit critique vis-à-vis du phénomène puisque Auguste Meesen
(sic) gobe tout et n'importe quoi sur les ovnis (Roswell, les ronds dans les blés, les petits gris,..).
Léon Brenig rêvait depuis cette vague d'obtenir de très gros crédits …
Léon Brenig avait demandé 500 000 francs. Je n'appelle pas ça "de très gros crédits".
Le mot "rêvait" introduit en plus de singuliers doutes sur l'honnêteté de Mr. Brenig. De plus, le mot "crédit" se rapporte au prêt ("la banque vous ouvre un crédit...", etc.) d'une somme que le bénéficiaire s'engage à rembourser.
C'est "budget" le terme qu'il aurait fallu ici utiliser pour éviter le sous-entendu désobligeant et à la limite de type raciste.
… afin d'analyser le phénomène ovni. Léon Brenig aurait voulu mettre en place une structure mobile capable de se déplacer partout où des ovnis auraient été signalés afin de récolter des analyses physiques. Il rêvait également d'obtenir des photos des ovnis de la vague ovni belge prises par les satellites civils ou militaires. Il n'a jamais rien obtenu.
Qu'est-ce que Mr. Anonyme en sait-il ?
Michel Bougard a, quant à lui, reçut une belle promotion.
Qu'est ce que c'est que ce langage ? On sent bien ici pointer à la fois le dépit et la jalousie mesquine de l'auteur.
Michel Bougard a défendu une thèse de doctorat dont il a ensuite récolté les fruits. Qu'attend donc l'auteur anonyme de ce texte pour en faire autant et enfin prouver au monde son éminente distinction scientifique ?
Enseignant dans une école secondaire en Belgique, il est devenu professeur d'histoire des sciences à l'Université de Lille (France).
C'est du pur délire ! S'il est exact que pour des raisons administratives c'est à Lille devant un jury franco-belge que M. Bougard a défendu sa thèse de doctorat sur l'Histoire des Sciences, c'est bien à l'Université de Mons qui sauf avis contraire se trouve en Belgique, qu'il enseigne.
Jean-Pierre Petit a très vite cessé de fréquenter la SOBEPS …
Qu'est-ce que cela veut dire ? Jean-Pierre Petit n'a jamais "fréquenté la SOBEPS" pour qui, comme c'est la règle, il n'a même jamais collé un seul timbre poste sur une enveloppe ni participé à la moindre enquête de terrain. JPEPT s'est contenté d'écrire la préface de VOB1 pour rappeler qu'il est le Monsieur-qui-sait-tout-sur-la-question et faire la réclame de ses propres ouvrages.
…
qui n'a pas dû apprécier le fait d'être manipulé
(sic)
dans un but commercial.
Pas clair. Qui donc selon ce texte a manipulé qui ?
J-P Petit continue cependant à écrire des articles sur les Ummites (habitants de la planète UMMO) qui continueraient à transmettre aux terriens des données scientifiques importantes. Il s'intéresse également maintenant au spiritisme.
Ça non plus ce n'est pas nouveau. Est-ce interdit ? Pierre et Marie Curie l'ont fait avant lui. Et un tas d'autres. Mais ce qui n'est pas kulturny est d'oser le dire. … avec son ami Jacques Benveniste, le père de la mémoire de l'eau.
Force est de constater que depuis 1991 la SOBEPS n'a réussi qu'à convaincre qu'un tout petit nombre de scientifiques belges de les rejoindre.
Exact. Mais pas surprenant du tout. Pasteur non plus n'avait convaincu personne.
De plus, aucun de ces nouveaux membres n'a été nommé à un poste important dans l'organigramme interne de l'association ufologique. Pourtant, le secrétaire général de la SOBEPS déclarait en 1991 que les scientifiques belges les rejoignaient par légion. Où sont donc passées ces légions de scientifiques ?
Bonne question. Ma réponse est qu'on les verra en masse se presser au portillon en criant "Je l'avais pourtant toujours bien dit" le jour où, dans un siècle ou deux, des réponses commenceront à être apportées à la problématique ovni.
En attendant, il est urgent pour eux de continuer à percevoir leur paie en fin de mois et d'attendre et voir venir bien au chaud dans leurs pantoufles en attendant une retraite à leur avis « bien méritée ».
Et surtout, de ne pas faire de vagues !
Conclusions
En résumé, nous nous trouvons là devant le texte ringard et venimeux d'une vache qui en avait entendu une autre mugir dans un pré sans très bien savoir lequel. Sa lecture m'a irrésistiblement fait penser au roman d' Orwell, "1984" avec son Ministère de la Traçabilité Historique et ses historiens appointés par un
État tout puissant qui passent leur temps à réécrire avant de les mettre presque aussitôt au pilon les livres d'Histoire (avec un grrrrrrand H) pour se conformer au politiquement correct d'un omniprésent Big Brother.
Un texte qui ne grandit pas son auteur, j'insiste et répète, courageusement anonyme.
Anonyme, il ne l'est peut-être pas tant qu'il le voudrait d'ailleurs, car la rumeur court ici et là, et comme toujours, le style de l'auteur, quoi qu'il tente de s'en cacher, trahit l'homme.
F. Boitte Ufologue
(révisé les 20/08/2007, 04/02 et 14/09/2008 et 23/12/2009, 20/09/2013).
