Les feux Saint-Elme

Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Les feux Saint-Elme


L'explication scientifique du phénomène est assez simple: il peut arriver que les charges électriques en présence "dans les deux camps" (entendez les charges positives et négatives) ne soient pas suffisantes pour déclencher un éclair. Dans ce cas, il arrive que les objets pointus tels que les mâts des navires se recouvrent d'étincelles bleutées qui n'ont pas manqué de terroriser les marins d'antan et d'inspirer de nombreuses superstitions. Les feux Saint-Elme doivent leur nom au patron des marins mais ces "feux" portent aussi le nom de "feu de saint Nicolas" ou "feu de sainte Anne", favorables aux marins. Pour une définition plus détaillée, voyez plus bas...

Les marins des environs de saint Malo racontent que celui qui deviendrait plus tard Saint-Elme errait au gré des flots dans une barque désemparée, quand il fut recueilli par un capitaine. Comme celui-ci ne voulait pas être payé de ce service, le saint, pour le remercier, lui dit que lorsque la tempête serait proche, il enverrait un feu pour prévenir les matelots.

Suivant une autre opinion commune aux matelots bretons et à ceux de la Saintonge, les feux qui se présentent à bord des navires sont des marins noyés qui reviennent sur ceux où ils ont servi pour solliciter un souvenir dans les prières.

Le phénomène dont il est question ici se manifeste par des aigrettes lumineuses verdâtres ou violacées, parfois de grande dimension, qu'on voit briller la nuit, en temps d'orage ou de tempête, aux pointes des mâts et des vergues ou le long des cordages. Les Anciens, à l'instar de Tite-Live, qui rangeait le phénomène parmi les faits extraordinaires (prodigia), appelaient Castor et Pollux une aigrette double, qu'ils considéraient comme de bon augure; une flamme simple était pour eux un mauvais présage et ils l'appelaient Hélène, d'où le nom de feu «Sainte Hélène», qui s'emploie encore parfois. Au Moyen âge, c'était le feu «Saint Erasme», que les marins italiens appelèrent Eramo, puis Ermo et Elmo. On sait que saint Erasme était, dans les idées des chrétiens du Moyen âge, un des quinze grands protecteurs de l'Occident (Le Livre des Prodiges, de Conrad Lycosthène). Ce phénomène correspond à une décharge électrique, et s'explique facilement par la propriété qu'ont les pointes de laisser échapper l'électricité sous la forme visible d'une aigrette, lorsque le champ électrique devient fort dans leur voisinage. Il se manifeste souvent ailleurs que sur mer, par exemple aux sommets des toits et des arbres, aux pointes des rochers, à l'extrémité des ailes des avions, parfois même au bout des brins d'herbe, voire, selon les anciens auteurs, à la pointe des lances d'armées en marche...

Il s'agit donc d'un phénomène singulier, pas bien méchant mais potentiellement impressionnant pour les âmes simples et qui a du en intriguer plus d'un faute de connaissances. Désormais, un scientifique vous expliquerait:

Le feu de Saint-Elme est une manifestation de l'effet de couronne, qui se produit lorsque le champ électrique à proximité d'un conducteur est assez fort pour provoquer une décharge dans l'air ambiant et ainsi stimuler les molécules d'air qui émettent alors une lumière caractéristique. En effet, grâce au pouvoir des pointes, qui entraîne une augmentation considérable du champ électrique au voisinage d'une pointe, en présence d'un champ électrique important comme celui qui accompagne un orage, l'air est ionisé sur des distances faibles devant la distance séparant les différentes saillies, et la recombinaison des électrons avec les ions s'accompagne de l'émission de lumière, qui est le feu de Saint-Elme proprement dit. Pour que le phénomène se produise, le champ électrique doit être suffisamment fort pour accélérer les électrons à une vitesse minimum avant que ceux-ci n'entrent en collision avec les autres molécules, sinon celles-ci ne peuvent être ionisées.

 

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