Images subliminales

Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Les images subliminales


Les images subliminales revêtent un certain intérêt pour le CERPI parce qu'elles sont supposées pouvoir arriver à certains résultats surprenants, intéressant de près ou de loin les sujets que nous abordons. Ainsi, ces images pourraient:

• Intervenir sur le psychisme des individus, en dehors de leur libre arbitre

• Renforcer l'ambiance de terreur de certains films, tels que "L'Exorciste"

• Faire passer des messages au niveau du subconscient.

• etc.

Mais tout d'abord de quoi s'agit-il ?
Subliminal, provient des mots latins "sub" (sous) et "limen" (seuil) et pourrait donc se traduire par "sous le seuil" (...sous entendu: "de la conscience"), ce mot signifie donc: "sous la conscience". L'image subliminale serait donc une image indécelable à l'oeil nu mais qui serait malgré tout enregistrée par le cerveau.

Le cas des images subliminales s'est surtout présenté dans les milieux cinématographiques, sur le petit ou le grand écran, en raison de leur influence probable sur les individus. Le principe résiderait donc dans la théorie selon laquelle ces images quasi instantanées, inconsciemment perçues mais réellement traitées par le cerveau pourraient décider l'individu à acheter ou à consommer le produit en question proposé sur l'image, à voter ou ne pas voter pour tel ou tel candidat, à adopter un comportement déterminé, bref: on le conçoit aisément, cette technique a largement été étudiée par les publicitaires et certains milieux plus ou moins bien avisés.

Pour être qualifiée de subliminale, il faut que l'image ne dure pas plus longtemps que le vingt-cinquième de seconde. Il y a une bonne raison à cela, c'est que le déroulement d'un film se fait selon une succession d'images, légèrement différentes les unes des autres pour assurer l'impression de mouvement et que cette succession d'images doit respecter la fréquence de 25 images par minute pour la télévision et 24 pour le cinéma. En réalité, lorsque nous regardons un film au cinéma ou à la télévision, nous ne remarquons pas cette succession d'images, il n'y a pas d'impression de saccades et la projection semble totalement fluide à cause de la persistance des impressions rétiniennes. Donc, si on intercale une image (n'ayant aucun rapport avec le sujet du film) parmi les 24 autres qui défilent sur une minute, nous ne la verrons pas car c'est trop rapide. C'est trop rapide pour nos yeux mais apparemment pas pour notre cerveau qui, lui, a parfaitement capté le cliché.


On peut donc dire, sans risque de se tromper, que le message est bel et bien passé. Quant à savoir s'il a réellement une influence sur l'individu, les avis sont très partagés et les deux pôles parfaitement contradictoires sont défendus avec autant d'ardeur par les scientifiques. Certains prétendent donc que ces images subliminales peuvent avoir une énorme influence sur l'individu alors que d'autres prétendent que cette influence est absolument nulle.

Ce qui est certain en revanche, c'est que le procédé a été interdit en ce qui concerne des fins publicitaires. Par conséquent, une certaine logique voudrait que cette même interdiction soit une preuve de l'efficacité (et donc du danger) de la méthode. Les détracteurs de l'efficacité de cette même méthode se basent notamment sur une expérience réalisée en projetant jusqu'à trois cents fois la même image subliminale, invitant des spectateurs à téléphoner, ce qui n'avait donné absolument aucun résultat.

Les investigations devraient toutefois être plus poussées et se montrer beaucoup plus rigoureuses car de nombreux facteurs doivent être pris en ligne de compte. En effet, les influences peuvent se manifester de manière très différente en fonction des individus et donc présenter des résultats également très différents. D'autre part, la formulation des images subliminales doit également être très étudiée. Il semble assez évident que si l'une de ces images présente un texte trop long, le cerveau captera l'image mais le sens global du message ne sera pas perçu. Il est également possible (et donc à étudier) que les messages soient traités, en finale, de manière très différente s'ils sont accompagnés d'une connotation financière négative (acheter = payer; téléphoner = payer une communication téléphonique) ou pas (Voter pour un candidat ne coûte rien, même si cela peut revenir fort cher par la suite, mais ça c'est une autre histoire !). Le même raisonnement peut être tenu en ce qui concerne les messages nantis de convivialité (déguster une bière) d'une idée de plaisir ou de bien-être quelconque (assurances X = tranquillité).

Si les messages de type long pouvaient être assimilés par le cerveau dans le cadre d'images subliminales, on verrait immédiatement une application des plus intéressantes. Par exemple, il deviendrait particulièrement agréable d'étudier dans des conditions où il suffirait de regarder la trilogie de la Guerre des Étoiles pour connaître du même coup toute la matière pour l'examen de maths... A notre connaissance, ce n'est pas le cas et il vaut toujours mieux potasser que de rêvasser, hélas pour nos potaches et autres habitués des places du fond, à côté du radiateur !)

Un peu de théorie

Lorsque un stimulus intervient sur une personne, le cerveau réagit par un mécanisme sensoriel qui peut impliquer une réponse qui a son tour peut impliquer une représentation consciente.
La présence ou non de réponse et de représentation consciente dépend de l'intensité du stimulus. Il existe donc quatre zones différentes qui définissent le seuil de la conscience.
La zone 1 correspond au seuil de perception consciente. Le stimulus provoque un mécanisme sensoriel qui implique une réponse qui a son tour implique une représentation consciente.
La zone 2 correspond au seuil de perception absolu c'est à dire que l'individu n'est pas conscient du stimulus mais il peut le devenir si celui-ci provoque une représentation consciente.
La zone 3 correspond au seuil de perception physiologique. L'individu n'est pas conscient du stimulus et ne peut le devenir mais il peut réagir sans que l'individu ne s'en aperçoive. La réponse du cerveau n'entraîne pas de représentation consciente.
La zone 4 correspond au seuil où la perception est nulle. Le stimulus n'entraîne aucune réponse.
La zone concernée par les images subliminales est la zone 3 c'est à dire que le stimulus, l'image subliminale, par exemple une image contenue dans une publicité, n'est pas perçue par l'individu mais son cerveau traite cette image. L'individu ne s'aperçoit de rien mais l'image enregistrée par le cerveau peut déterminer son choix.

Risques

Théoriquement, les images subliminales ne sont pas dangereuses pour la santé, cependant les influences qu'elle peuvent provoquer sur le comportement peuvent pousser à des activités dangereuses. Mais un tel niveau d'influence est impossible à réaliser.
L'un des autres risques que peut provoquer les images subliminales est de changer la réaction que peut porter un individu sur l'image elle-même, par exemple une image qui serait perçue normalement (zone 1 ou 2) par un individu provoquerait une représentation amusante alors que si cette même image était perçue de façon subliminale (zone 3) par le même individu elle pourrait provoquer une représentation différente, par exemple la peur.
Enfin il existe des applications thérapeutiques aux messages subliminaux, ces techniques sont utilisées afin de provoquer la détente, l'imaginaire ou même l'arrêt de fumer.

Terminons sur ce sujet en citant quelques exemples d'utilisation d'images subliminales, lesquels ont été vivement critiqués ou ont fait l'objet de poursuites.

Durant la campagne électorale de 1988 en France : une incrustation subreptice de François Mitterrand dans le générique du journal d'Antenne 2 (France 2 aujourd'hui) avait fait grand bruit ! Certains y ont même vu l'élément qui avait fait pencher la balance à gauche… Certes, l'émoi était retombé très rapidement, et depuis l'hexagone ne s'est plus inquiété de ce type d'images. La CNCL, ancêtre de l'actuel Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), décida d'interdire toute incrustation de ce type.

Un fait semblable s'est produit depuis aux États-Unis et malgré le manque de preuves de l'efficacité scientifique de ce type de manipulations, les Américains prennent très au sérieux cette histoire de spot de campagne électorale. Ils ne sont d'ailleurs pas les seuls à vouloir préserver les électeurs de ce type d'influence : en septembre 2000, au cours de la campagne présidentielle, le candidat républicain George W. Bush dut admettre qu'un spot réalisé par son équipe contenait une image subliminale. Ce spot s'en prenait au programme de son adversaire démocrate Albert Gore.

Article paru sur le site Internet du Monde le 16/01/2002 :

" Popstars " accusé de diffusion d'images subliminales : Nicolas de Tavernost et Thomas Valentin, respectivement président du directoire et directeur des programmes de M6, accompagnés de Denis Mermet, président de la société de production Adventure Line (Expand), ont dû venir s'expliquer devant les neuf membres du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) réunis à huit clos en séance plénière, mardi 15 janvier. Selon Libération du mercredi 16 janvier, une demi image, invisible à l'œil nu, montrant un appareil photo jetable " Kodak Fun ", a été repérée 33 fois dans un des épisodes du documentaire "Popstars", diffusé par M6 jusqu'au 20 décembre. Selon M. Mermet, ce "loupé technique" n'est pas une image subliminale mais provient de la création d'un effet de flashes crépitants à l'écran. Il s'explique aussi selon lui par le transfert du numérique à l'analogique. Il a invité les techniciens du CSA à venir valider son explication.

Consultez aussi :
http://images.subliminales.free.fr/
http://www.chez.com/illusionsdoptique/subliminale.htm
http://www.bic.mni.mcgill.ca/~armony/ledevoir/le_devoir.html


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