Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Les orbes et la poussière...


La première question

La première question qui vient à l'esprit est sans doute la suivante : pourquoi se poser tant de questions à propos des orbes alors qu'il est manifeste qu'il ne s'agit que de poussières, de reflets, de défauts techniques, de particules en suspension, etc.?

Nous ne prétendrons pas le contraire : il est évident que certains cas peuvent tout à fait s'expliquer de cette manière. Nul doute qu'il arrive en effet, et même fréquemment, qu'une simple saleté sur l'objectif suffise à provoquer quelque chose d'assez semblable.

Toutefois, se limiter à cette explication serait simpliste. Vous devez bien vous imaginer que le monde scientifique ne serait pas en émoi ni les zététiciens sur le pied de guerre s'il suffisait de prendre un chiffon pour nettoyer son appareil, que le phénomène disparaisse et que l'on en reste là. C'est que, bien entendu, dans nombre de cas le phénomène subsiste en dépit de ce petit entretien anodin. Et par "dans nombre de cas", nous entendons un nombre largement suffisant pour se poser des questions.

On ne peut donc manifestement pas évoquer la simple poussière sur l'objectif. Bon ! Mais ne pourrait-on pas imaginer que les photos montrent des poussières (ou des particules) en suspension dans l'air et que celles-ci, trop petites pour être visibles à l'oeil nu (ou ayant échappé à notre vigilance) soient mises en relief par exemple via l'utilisation du flash ?

Dès ce stade, une étude assez poussée sera déjà nécessaire. Nous verrons cela plus loin. En attendant, bon nombre de partisans de la théorie spirite entendent "tordre le cou" à cette possibilité de la manière suivante, non dénuée de bon sens :

S'il s'agissait de particules en suspension, deux personnes différentes devraient pouvoir les "capter" avec leurs appareils respectifs, or il appert que ce n'est pas (toujours) le cas non plus. Lesdits partisans, reprenant ou anticipant sur les études de Klaus Heinemann, ont effectivement pu remarquer des résultats allant dans ce sens grâce à plusieurs expériences personnelles. Il est ici hors de question de mettre ces expériences en doute puisqu'elles sont largement corroborées par d'autres témoignages, dont celles du professeur en question, et qu'il suffit d'en faire soi-même l'expérience pour s'en convaincre. Il arrive donc (fréquemment) que les orbes choisissent leur clan, aient une prédilection pour certains photographes en herbe ou professionnels.

Mais pour mettre un terme à cette question de poussières, on poursuit en rappelant que celles-ci peuvent revêtir n'importe quelle forme, aussi biscornues que variées mais en tous cas pas parfaitement circulaires, ou parfaitement sphériques. C'est une affirmation qui tombe sous le sens. Il suffit de récolter des poussières courantes et de les observer au microscope pour s'en assurer. Et c'est vrai que, dans ce cas, nous allons obtenir toutes sortes de formes disgracieuses, des bâtonnets, des amas difformes, des trucs en forme de pierres et donc irréguliers. On le voit d'ailleurs aussi très bien sur la photo de droite, qui représente une collection de poussières récoltées après les événements du 11 septembre (WTC). Ce sont, pour la plupart, des poussières de molybdène et, à quelques petites exceptions près qui peuvent éventuellement rappeler la sphéricité (encore est-elle très imparfaite), nous avons tout sauf du circulaire ou du sphérique.

Mais le corollaire de la question n'est-il pas aussi : les orbes sont-ils vraiment circulaires ou sphériques ? Apparemment, ce serait bien le cas, mais c'est en effet assez difficile à juger sur base d'un document 2D...

Mais notre problème n'est pas résolu pour autant. Si nous imaginons bien qu'il soit difficile de trouver des poussières circulaires, voyons malgré tout s'il serait possible qu'une telle éventualité existe. Nous allons voir qu'il est décidément intéressant d'aller au fond des choses...

Des particules sphériques ?

L'image ci-contre a également trait aux événements du 11 septembre. Sur la photo de gauche il n'y a pas d'hésitation, on est loin de toute sphéricité. Sur celle de droite, on remarque des bâtonnets ou espèces de brindilles et une particule qui fait un peu penser à une sphère. Mais ce serait alors une sphère très grossière qui ne mériterait pas ce nom. Pourtant, nous avons quand même une forme arrondie, on ne peut pas dire le contraire. Tout espoir reste donc permis.

Mais, nous direz-vous peut-être, quel est l'intérêt de savoir s'il peut exister des poussières sphériques, mis à part que cela pourrait expliquer les fameux orbes en question ?

Nous l'avons vu, même s'il existait des poussières sphériques, cela ne résoudrait pas encore complètement la question, loin s'en faut. Mais le fait d'avoir une certitude scientifique à ce niveau remettrait l'hypothèse de base au premier plan. L'étude de ce domaine permettrait peut-être de déterminer si certaines conditions favorisent la formation de ce type de poussières. Il faudrait ensuite voir si ces conditions peuvent être trouvées dans la vie courante et si les choses sont envisageables sur le plan photographique.

Mais cette recherche n'est-elle pas dénuée de tout fondement puisque, de toute évidence, cela coule de source...

Hé bien, c'est ce que nous allons voir. Nous vous avouons qu'au début de cette étude, nous ne nous faisions guère d'illusions. Dans notre entendement aussi les poussières devaient être difformes et en tous cas certainement pas rigoureusement sphériques.

Pourtant, nous avons continué de chercher, de chercher encore et de chercher toujours, comme il est de mise pour les enquêteurs du CERPI. Fort heureusement, le Net n'est pas avare en sites traitant des poussières sous toutes leurs formes, c'est le cas de le dire !

Et finalement, nous sommes tombés sur l'image ci-contre (à gauche). Il s'agit d'une image qui ne prouve encore rien mais qui présente quand même des formes nettement plus circulaires, quoi que toujours imparfaites. Mais dans le cas de la photo de droite (en haut), on remarque des points circulaires dans la sphérule et, dans la photo du bas, les sphères, bien que beaucoup plus petites, sont beaucoup plus régulières.

La photo de droite présente d'ailleurs une curieuse forme en "larme", comme s'il s'agissait d'une gouttelette. Nous le disions donc, tout espoir reste permis. Malheureusement pour la vraisemblance de notre étude, une fois encore il s'agit de photos relatives au crash du WTC et l'on ne peut pas vraiment parler de conditions courantes. Les objections fuseront donc de toutes parts et il sera bien difficile d'y répondre. Manifestement, il nous faut du plus costaud encore.

Nous avons donc étudié la question et appris que les poussières dont nous parlons ici sont composées de particules de fer et de silicates. Mais ce qui est surtout intéressant d'apprendre c'est que ces particules proviennent de la vaporisation du fer. On comprendra aisément que dans les circonstances des événements du 11 septembre, l'intense chaleur ait fait fondre les structures métalliques du bâtiment (ainsi sans doute que celle des avions); l'écroulement des tours a propulsé une quantité énorme de poussières dans tout le voisinage, jusqu'à saturation. Il n'est donc pas étonnant que l'on en ait retrouvé même à quelques kilomètres de là. Ce n'est toutefois pas ici cette notion de distance qui viendra expliquer nos orbes, que l'on trouve dans tous les pays du monde, certes. C'est le principe qu'il faut retenir : la vaporisation du fer et le fer n'est cité ici qu'en guise d'exemple.

En effet, dans le cas présent, nous ne sommes plus vraiment en présence de poussières classiques, mais de poussières issues d'un élément chimique (Fe) qui a été porté à très haute température, qui a fondu et s'est même transformé à un tel point qu'il est passé de son état initial (solide) à celui de "gaz" ou de "vapeur". Se pourrait-il que, comme dans le cas de l'eau, on obtienne des résultats similaires avec des éléments durs ? Entendons-nous à ce sujet : en changeant d'état, un corps peut trouver, en revenant à l'état solide, des formes très particulières et géométriquement régulières.

En cherchant (encore) un peu, nous avons trouvé (sur : zinc et ouvrages en zinc) la phrase suivante :

(...) les poussières qui sont obtenues par condensation de vapeurs de zinc et qui présentent des particules sphériques plus fines que les poudres. Au moins 80% en poids d'entre elles passent au tamis ayant une ouverture de maille de 63 micromètres (microns). Elles doivent contenir au moins 85% en poids de zinc métallique (...) Voilà qui conforte notre hypothèse encore naissante.

Cependant, à défaut de photo, nous sommes en droit de penser qu'il ne s'agit que d'une forme plus ou moins sphérique, comme dans le cas ci-dessus. Dans le document issu de http://www.ulb.ac.be/students/desge/cours/envi004_cours2004_chap7.doc (devenu inaccessible) nous trouvons l'affirmation suivante :

- poussières d'origine mécanique (difformes)
- poussières d'origine thermique (sphériques)

Évidemment, si l'on parle de condensation de vapeurs, nous nous trouvons bien dans un rapport thermique. Ce rapport de l'ULB (Université libre de Bruxelles) est éloquent quant aux causes et aux conséquences qui nous intéressent à propos des poussières. Mais il faut encore creuser avant de confirmer le cas échéant, car nous devons disposer de certitudes et pas seulement d'hypothèses, même si elles paraissent intéressantes au premier regard...

... et des sphères particulières !

Nous avons donc vu précédemment que les poussières, à condition d'émaner d'éléments "chimiquement purs" ou isolés (le Fer dans notre exemple), c'est-à-dire en dehors de leur contexte mécanique classique (la limaille de fer n'a rien de sphérique) mais plutôt dans un contexte thermique, pourraient éventuellement devenir sphériques. Il nous reste deux points : confirmer ce principe et attester de la parfaite sphéricité.

Il apparaît que nous devons laisser le fer de côté. En effet, renseignements pris il ne serait jamais présent dans la nature sous sa forme pure mais bien sous la forme de composés ce qui rend toute comparaison sinon impossible du moins délicate. De plus, son mode de cristallisation serait cubique comme le prouvent certaines photos prises dans l'espace. Toutefois, un autre élément très répandu vient directement à l'esprit, celui du carbone. Nous ne résistons pas à la tentation de vous présenter sur la photo de gauche, ce que peuvent donner les formes de cristallisation... Certes, il n'y a encore rien d'absolument convaincant, mais l'exemple démontre une structure qui fait étrangement penser à l'orbe de la première photo. Ce n'est pas tout : Les nanotechnologies permettent de produire des molécules particulières, dont les fullerènes, et des nanofils ou nanotubes difficiles à filtrer dans l'air et qui peuvent passer à travers les muqueuses et percer les enveloppes cellulaires. Certains craignent des effets différés comme on en a trouvé pour l'amiante. Le carbone se sublime à4100 K. Sous forme gazeuse, il se constitue habituellement en petites chaînes d'atomes appelées carbynes. Refroidies très lentement, celles-ci fusionnent pour former les feuilles graphitiques irrégulières et déformées qui composent la suie. En particulier, parmi ces dernières, on trouve des formes où les feuilles sont pliées dans une forme stable et close comme une sphère ou un tube, appelées fullerènes, comme le buckminsterfullerène, C60. Certaines de ces formes sont aussi connues sous le nom de «footballène» et ont des propriétés qui n'ont pas encore été toutes analysées, mais apparaissent comme des structures extrêmement rigides.

Les formes cylindriques du carbone sont appelées nanotubes et ont été découvertes dans le culot se formant à la cathode de l'arc électrique durant la synthèse de fullerènes. Ces objets de diamètre nanométrique et de longueur atteignant parfois le millimètre se présentent comme des couches de graphène enroulées sur elles-mêmes. Les nanotubes fabriqués par la méthode de l'arc électrique sont presque tous «multifeuillets». Conjointement à ces nanotubes, on observe un grand nombre de nanoparticules polyédriques. Les observations en microscopie électronique en transmission haute résolution (HRTEM : High-resolution Transmission Electron Microscopy) révèlent que ces nanoparticules de carbone sont constituées de plusieurs couches de graphène, fermées, laissant une cavité nanométrique en leur centre.

Et enfin, les oignons de carbone sont à la base des fullerènes multicouches.

Suite à la découverte initiale des fullerènes, Kroto et MacKay envisagèrent de façon théorique la formation de fullerènes multicouches (communément appelés «oignons de carbone»). L'existence de telles structures demande une succession de couches présentant une même symétrie et séparées d'une distance proche de celle existant entre les plans du graphite. Ces conditions sont remplies pour les familles de fullerènes formés de 60n² ou 20n² de carbone où n est un entier naturel. En 1992, au cours d'une étude des structures formées à l'aide d'un mélange de nanotubes, de nanoparticules et de carbone amorphe, Ugarte observe par HRTEM une évolution très surprenante : en utilisant un faisceau électronique de très forte densité, une transformation morphologique des nanotubes et des nanoparticules intervient progressivement jusqu'à la formation de particules quasi-sphériques. Le mode de croissance de ces oignons est mal connu mais ils sont maintenant fabriqués par différentes méthodes :

  • bombardement électronique

  • chauffage de suie de carbone

  • implantation d'ions de carbone dans des substrats polycrystallins de cuivre ou d'argent portés à haute température.

Cette dernière méthode semble être la plus prometteuse puisqu'elle permet d'obtenir des films minces d'oignons de carbone avec un certain contrôle de la taille et une distribution de la forme relativement étroite

Les fullerènes sont des molécules composées de carbone et pouvant prendre la forme d'une sphère, d'un ellipsoïde, d'un tube ou d'un anneau. Ils sont similaires au graphite, qui est composé de feuilles d'anneaux hexagonaux liés, mais contiennent des anneaux pentagonaux, et parfois heptagonaux, ce qui empêche la feuille d'être plate. Les fullerènes tubulaires sont appelés nanotubes. Les fullerènes ont été découverts en 1985 par Harold Kroto (Université de Sussex), Robert Curl et Richard Smalley (Université Rice à Houston). Cette découverte leur valut le prix Nobel de Chimie en 1996. Krotoet al. voulaient mieux comprendre les mécanismes de formation des longues chaînes de carbone dans l'espace interstellaire. A cette fin, ils vaporisent un disque de graphite par ablation laser et mettent en évidence l'existence d'agrégats particulièrement stables contenant 60 atomes de carbone. Pour qu'un fullerène soit stable, les anneaux pentagonaux ne doivent pas être adjacents. D'une façon générale, on définit les fullerènes C2n comme étant des structures fermées composées de (2n-20)/2 hexagones et de 12 pentagones. La plus petite molécule sphérique répondant à cette définition est le C60, dont les atomes sont aux sommets d'un icosaèdre tronqué. C'est également le fullerène le plus fréquent. Il est appelé Buckminsterfullerène en l'honneur de Buckminster Fuller, architecte célèbre qui a inventé le dôme géodésique. Comme la structure du C60 est identique à celle d'un ballon de football, avec 12 pentagones et 20 hexagones, chaque sommet correspondant à un atome de carbone et chaque côté à une liaison covalente, on l'appelle aussi footballène.

Bien ! Nous avons donc trouvé des "poussières" qui soient parfaitement sphériques, dont l'existence soit attestée de manière tout ce qu'il y a de plus scientifique et qui proviennent d'un élément très répandu que l'on peut facilement trouver à l'état libre. Il nous reste à savoir s'il peut aussi se trouver dans la vie courante...

D'infimes quantités de Buckminsterfullerènes, sous la forme de molécules C60, C70, C76 et C84 sont produites dans la nature, cachés dans la suie et formés par des décharges électriques dans l'atmosphère. Récemment, les Buckminsterfullerènes furent trouvés dans une famille de minéraux connus sous le nom de Shungites en République de Carélie, en Russie. Et voilà ! Le tour est joué !

Bon ! Cela veut-il dire que les orbes ne soient que des particules de fullerènes (c'est tout de même plus facile à dire que "Buckminsterfullerènes" et il est vrai, nous aimons bien aussi "footballène"...) mises en évidence par la sensibilité des appareils photographiques et (éventuellement) leurs flashes ? Cela ne voudrait-il pas aussi dire que cela n'expliquerait que les orbes trouvés en Russie ? Non, bien sûr. Nous n'avons ici étudié qu'un seul élément (mis à part le fer que nous avons rapidement laissé tomber car inapproprié). Il est plus que probable, quasiment certain même que nous obtiendrons le même résultat avec d'autres éléments (il en existe une bonne centaine dans le tableau périodique, si vous en avez le coeur procédez donc à votre petite recherche personnelle et tenez-nous au courant.) Dans le cadre de notre étude, nous n'avons naturellement pas besoin des particules russes, ni que celles-ci émigrent chez nous d'ailleurs. Il nous suffisait de savoir que cela pouvait se trouver à l'état libre, dans l'air ambiant, de manière courante. Nul besoin non plus d'aller chercher aussi loin dans le souci du détail, avec des noms compliqués et sonnant très scientifique. Nous savons le plus important, soit que nos principes sont parfaitement valables et qu'il existe bien des particules sphériques disponibles chez le commun des mortels. Elles ne sont simplement pas forcément toutes composées de la même matière, mais on ne nous demande pas non plus de pousser le bouchon jusqu'à les analyser toutes !

Conclusion : la ténacité de nos recherches a encore payé. Il fallait aussi un peu de lucidité et mettre toute hâte d'en découdre avec le paranormal de côté. Nous pensons donc pouvoir conclure qu'une bien plus grande quantité d'orbes (que l'on imagine) puisse s'expliquer par la photographie de particules en suspension dans l'air. Mais est-ce suffisant que pour expliquer la totalité des cas ? Certainement pas, comme nous l'avons signalé, puisque certaines circonstances, les expériences de scientifiques ou de particuliers, et même de correspondants du CERPI tendent encore à éliminer cette possibilité. Mais nous croyons avoir fait un pas considérable.

Jusqu'ici, le paranormal n'a pas dit son dernier mot et nous le verrons prochainement (dans les pages qui vont suivre).

Il reste maintenant à voir les autres possibilités au cas par cas. Un travail de bénédictin ! Il n'empêche, à notre connaissance, le CERPI est à l'heure actuelle (02/09/08) le premier groupement à avoir accordé autant d'importance à la sphéricité des poussières dans le cas des orbes, mais le jeu en valait la chandelle !

Revenons sur les orbes sphériques

A la lumière de ce qui a été dit précédemment, il nous sera plus facile de comprendre qu'il n'y a strictement rien d'étonnant à rencontrer des orbes circulaires ou d'apparence sphérique. Comme nous l'avons déjà très justement fait remarquer, il n'est nul besoin qu'une particule en suspension, une poussière quelconque soit rigoureusement circulaire ou sphérique pour que l'oeil humain ne traduise (par extrapolation ou, disons, par approximation, assimilation) les choses comme telles si les objets en question se rapprochent fortement de la notion circulaire, même si celle-ci n'est pas rigoureusement respectée, loin s'en faut. On a vu, par exemple, que si l'on considérait un hexagone (et donc certainement pas un cercle) et que l'on augmentait le nombre de ses côtés, que n'importe quel individu finirait par le percevoir comme un cercle parfait bien avant que la condition mathématique (une infinité de côtés) soit respectée.

Nous avons aussi vu à quel point les APN pouvaient nous induire en erreur et nous avons vu aussi que certains éléments pouvaient générer des particules rigoureusement sphériques. Nous avions été chercher bien loin en évoquant les Backminsterfullérènes, dérivés du carbone, en signalant toutefois qu'il était plus que largement vraisemblable et même pratiquement certain que d'autres éléments du tableau périodique de Mendeleïev donnent le même résultat. Nous avons été chercher trop loin car nous n'avons pas envisagé l'illusion d'optique créée par la mise au point des appareils !

Voici l'avis éclairé d'un collègue bien informé, dont l'avis est très tranché :

Les "orbes" ne sont ni des "OVNIS" ni des engins extraterrestres ni des fantômes ni des choses paranormales, mais un effet photographique banal, naturel et bien compris. Les ufologues sérieux le savent depuis longtemps, mais nombre de farfelus ignorants et imperméables à toute explication continuent à voir dans les "orbes" quelque chose de mystérieux ou paranormal ou extraterrestre. Certains ne veulent pas entendre raison, et ce genre de fanatisme cause grand tort à l'ufologie car des gens se disant "sceptiques" ou rationnels éclatent de rire et en profitent bien pour se moquer de toute la question OVNI quand ils voient fleurir sur l'Internet des centaines de sites montrant ces "orbes" ou "sphères" et les qualifiant de "mystérieuses" ou extraterrestres.

Quand vous prenez une photographie, vous faites une mise au point, afin de rendre net le sujet que vous voulez photographier. Cette mise au point se fait d'ailleurs la plupart du temps automatiquement. En résultat de cette mise au point, le sujet que vous photographiez sera net, mais quelque chose de plus proche ou de plus lointain pourra être très flou, particulièrement si votre photographie est faite en intérieur, ou de nuit, beaucoup moins si vous photographiez en plein jour bien éclairé un paysage lointain ("mise au point sur l'infini"). Quand vous prenez votre photographie d'un sujet peu lointain, avec un manque d'éclairage, il peut y avoir entre l'appareil et le sujet que vous photographiez, toutes sortes de choses que vous ne voyez pas à l'oeil nu parce qu'elles sont petites, et parce qu'en regardant la petite image dans le viseur, votre champ de vision est naturellement bien plus réduit que lorsque vous regardez directement.

Parmi les choses qu'il peut y avoir, se trouvent :

  • des poussières,

  • des insectes et des araignées,

  • des minuscules débris d'insectes morts,

  • des gouttelettes ou des gouttes d'eau,

  • des cheveux, des pellicules de vos cheveux,

  • des filaments de toile d'araignée,

  • des flocons de neige, etc.

Si vous avez une petite poussière devant votre objectif, alors que la mise au point est faite sur le sujet photographié qui est bien plus loin, votre minuscule poussière sera floue, son image sera bien plus grande que n'est la petite poussière :

Sur l'image ci-dessus, la petite poussière est à droite, près de l'objectif. Sa lumière passe dans la lentille, mais comme la mise au point est faite pour des sujets plus lointains, sur le capteur CCD ou le négatif, derrière la lentille, à droite sur l'image, au lieu d'une petite poussière, c'est une grande tache qui apparaîtra ! Quand vous faites des photographies dans des conditions de faible éclairage, vous utilisez le flash, qui s'enclenche d'ailleurs le plus souvent automatiquement, pour éclairer la scène. Le flash va éclairer votre sujet, mais aussi toutes les poussières, insectes, gouttelettes entre l'appareil et votre sujet. Il va les éclairer, et ils apparaîtront donc sur la photo mais si la mise au point n'est pas faite sur eux mais sur le sujet, ils apparaîtront flous. Pire encore, s'ils sont peu opaques, s'ils sont transparents, comme des gouttelettes, certaines poussières, de petits insectes avec leurs ailes diaphanes, ils vont être irisés. Ils vont être irisés parce qu'ils vont agir comme une multitude de petits prismes, et décomposer la lumière du flash en toutes les couleurs de l'arc en ciel. La lumière va être perturbée. Parce qu'elle a des propriétés ondulatoires, elle va littéralement se courber en passant entre les bords de tout les trous de ce qui constitue l'objet. Il va y avoir également de la diffraction, et des interférences :

Imaginez la mer, avec ses vagues qui arrivent les unes après les autres sur un bateau immobile. Si vous regardez autour du bateau, vous allez voir que même s'il est immobile, il génère des vagues autour de lui. Des vagues circulaires qui s'en éloignent. Ce n'est naturellement pas le vent qui crée ces vagues là, c'est la diffraction. C'est la même chose avec la lumière qui arrive sur une poussière ou une gouttelette. Ces vagues peuvent être relativement chaotiques, pas comme celle d'un caillou que l'on jette dans l'eau ! Du coup, les vagues circulaires qu'il génère par diffraction ne sont pas de longueur d'onde constante, elles sont parfois un peu plus rapprochées, un peu parfois moins, et elles vont alors même interférer entre elles. Cela fera des irisations, comme celles que vous pouvez voir sur une bulle de savon, qui est aussi causée par les interférences des ondes lumineuses entre elles. Tout ces phénomènes vont se combiner à des degrés divers, et comme la mise au point est faite sur autre chose, le tout va être agrandi, le flou combiné à l'irisé ne ressemblant plus du tout à une poussière ou une gouttelette.

Les associations gratuites :

L'effet "orbe" sur les photographies peut se produire n'importe où, pourvu que les conditions soient réunies.

Quand quelqu'un "prend un orbe" dans un cimetière, il peut croire que c'est un fantôme. Quand c'est dans un champ avec un "crop circle", il peut croire que ce sont des choses qui font des crop circles. Quand c'est au Col de Vence, il croit que c'est paranormal ou extraterrestre, parce qu'on dit que c'est un endroit mystérieux hanté par des OVNIS et des phénomènes paranormaux. Quand c'est dans le grenier, hop, c'est l'âme du grand-père qui hante le grenier...

Rappelons donc que la confusion provient, entre autres, de la publication sur des sites Internet américains de photos prises par des chercheurs en parapsychologie ou autres détectives amateurs de l'étrange (et d'ailleurs parfois aussi d'autres personnes plus avisées, mais dépourvus de méthodes de recherches valables telles que celles du CERPI) qui évoluaient dans des cimetières, des maisons réputées hantées ou d'autres endroits propices à l'apparition de fantômes ou autres entités extraordinaires. Il n'en fallait pas plus pour que l'on établisse une relation de cause à effet. Puisque les orbes apparaissaient dans ce genre d'endroits, l'explication ne pouvait être que surnaturelle !
Seulement voilà, la démonstration a largement été faite depuis, de ce que ces orbes peuvent s'obtenir facilement en tout autre endroit et peuvent même être obtenus à volonté, simplement en recréant les conditions qui provoquent leur apparition.
Malheureusement, l'idée était lancée et elle a fait son chemin. On pourrait même dire qu'il n'y a plus moyen de l'arrêter tant certains veulent, d'un côté, prouver à tout prix que le surnaturel et le paranormal existent et, de l'autre, refusent d'entendre les arguments scientifiques, ne cherchent pas vraiment à comprendre. Il n'est de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre, c'est bien connu ! Dès lors, l'amalgame a continué d'évoluer : si un orbe était photographié en pleine nature, c'est que quelqu'un devait être enterré là et l'orbe était la représentation de son âme, ou bien encore s'agissait-il d'une âme errante. Il était évident qu'un hôpital pouvait tout naturellement être riche en orbes puisque cet endroit est supposé connaître de fréquents décès ou la visite de défunts. S'il s'agissait d'un endroit touristique quelconque, Dieu sait combien de personnes aujourd'hui disparues pouvaient être concernées; une église était un endroit rêvé pour expliquer la formation d'orbes. Tant qu'on y est, un manège équestre pouvait laisser apparaître des orbes parce que les chevaux eux aussi viennent à mourir et pourquoi la plus noble conquête de l'homme ne pourrait-elle pas avoir ses orbes ? De plus, les sportifs présents pouvaient être surveillés ou visités par tel ou tel défunt s'inquiétant de l'évolution de leurs protégés. On le voit, on pourrait multiplier les exemples à l'infini sans rien changer au problème...

Le flou qui rend "rond":

Quand des objets sont flous, il prennent un aspect rond, même s'ils ne sont pas du tout ronds en réalité.

Ce que vous voyez ici (à droite) est le ciel derrière le feuillage d'un arbre. Le feuillage est flou. Les "trous" entre les feuilles prennent un aspect rond, alors qu'ils ne sont évidemment pas ronds dans la réalité !

Plus c'est flou, plus c'est rond.

Ce que vous voyez ici (à gauche) est tout simplement un sapin de noël et ses lumières colorées, dans une photo volontairement floue. Toutes les petits lumières deviennent de grands ronds... tout à fait circulaires.

Désormais, nous considérerons donc la cause comme entendue en ce qui concerne la sphéricité des particules. Nous n'accepterons donc plus ce point comme une objection valable à l'influence des poussières, les choses étant par trop évidentes et démontrées scientifiquement.

En résumé : Il a été démontré scientifiquement et de manière indubitable que certaines particules, dérivées d'éléments parfaitement identifiés, existant partout dans le monde et à l'état libre, peuvent être parfaitement circulaires et même sphériques et donc générer des "orbes" de même forme. Lesdites particules n'ont même pas besoin d'être circulaires ou sphériques pour produire ce phénomène puisque l'oeil humain assimile au cercle ou à la sphère toute forme suffisamment approchante et que certaines photos rendent le même effet via le flou.

Les photos ici présentes nous proviennent de correspondants. Nous ne pouvons garantir qu'elles ne soient pas sous copyright. Nous n'avons ici aucune volonté de nuire et certainement pas de nous approprier la paternité de ces documents. Si vous reconnaissez une image vous appartenant, merci de nous contacter.

SOMMAIRE - ACCUEIL - HAUT