Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Histoire de la parapsychologie en Belgique et dans le monde


L'histoire de la parapsychologie — l'étude scientifique des phénomènes psychiques comme la télépathie, la clairvoyance ou la psychokinèse — est fascinante. Elle retrace la transition entre le spiritisme populaire du XIXe siècle et une tentative de rigueur universitaire au XXe siècle.  Voici un panorama complet de son évolution dans le monde et ses spécificités en Belgique.

L'évolution mondiale :

Du salon spiritueux au laboratoire

L'histoire globale de la parapsychologie se divise en trois grandes vagues successives.

1. L'ère des pionniers et des "sociétés d'études" (Fin XIXe - Début XXe)1882 (Londres) :

Fondation de la prestigieuse Society for Psychical Research (SPR). Des scientifiques renommés (comme le physicien William Crookes ou le philosophe William James) tentent de trier le vrai du faux dans les salons spiritueux de l'époque victorienne.

1919 (Paris) : Création de l'Institut Métapsychique International (IMI), l'un de nos partenaires, reconnu d'utilité publique, pour étudier scientifiquement les médiums et la "métapsychique" (ancien nom de la parapsychologie).

2. L'ère de la parapsychologie quantitative (Années 1930 - 1960)

Le tournant de Duke : Le biologiste Joseph Banks Rhine et son épouse Louisa Rhine fondent le laboratoire de parapsychologie de l'Université Duke (Caroline du Nord).
La méthode : Ils abandonnent les médiums spectaculaires pour des tests statistiques de masse. Ils inventent les cartes de Zener (carré, cercle, vague, croix, étoile) pour calculer si la télépathie dépasse les probabilités du simple hasard. C'est à ce moment que naît le terme de "Perception Extra-Sensorielle" (PES).

3. L'ère moderne et l'espionnage (Années 1970 à nos jours)

Le projet Stargate : Durant la Guerre Froide, la CIA et l'armée américaine financent secrètement des recherches sur la "vision à distance" (remote viewing) pour espionner les bases soviétiques. Le programme est arrêté en 1995 faute de résultats applicables militairement.

Le Ganzfeld : Les chercheurs développent des protocoles de privation sensorielle (yeux masqués, bruit blanc) pour optimiser les performances de télépathie en laboratoire.

La Belgique et l'étude des phénomènes psi

La Belgique possède une histoire riche, bien que discrète, liée au spiritisme puis à la parapsychologie, souvent influencée par les courants français et britanniques.

1. L'effervescence du spiritisme (XIXe siècle)

Au XIXe siècle, la Belgique voit naître de nombreux cercles spirites, notamment à Liège, Bruxelles et Charleroi. Des figures comme le médium et guérisseur Antoine le Guérisseur (fondateur de l'Antoinisme à Jemeppe-sur-Meuse) marquent l'imaginaire populaire, mêlant spiritualité et manifestations psychiques.

2. Les cercles d'études scientifiques (Début XXe)

Face à cet engouement, des cercles d'intellectuels belges décident d'adopter une approche critique :

La Société Belge d'Études Psychiques est créée au début du XXe siècle pour analyser scientifiquement les phénomènes de tables tournantes, d'apparitions et de magnétisme. Des scientifiques et médecins belges collaborent régulièrement avec l'Institut Métapsychique International à Paris pour démasquer les fraudeurs lors des séances de spiritisme.

3. Le Groupe d'Étude des Phénomènes Parapsychologiques (GEPP) 

Durant la seconde moitié du XXe siècle, la recherche se structure. Le GEPP réunit en Belgique des scientifiques, des psychologues et des passionnés pour étudier les cas de hantise (poltergeists), de télépathie et de radiesthésie (recherche de sources ou d'objets). Leurs travaux consistaient principalement à analyser l'environnement des phénomènes pour éliminer toute cause rationnelle (fraude, illusions d'optique, infrasons, troubles psychiatriques) avant de poser l'hypothèse "psi".

4. La situation contemporaine en Belgique

Aujourd'hui, la parapsychologie n'est pas reconnue comme une discipline universitaire officielle en Belgique. Cependant, l'approche a évolué vers ce que l'on appelle la parapsychologie clinique ou l'anomalistique :

Une approche psychologique : L'accent n'est plus mis sur la "preuve" du phénomène, mais sur l'accompagnement des personnes. Des psychologues belges étudient l'impact des "Expériences de Mort Imminente" (EMI/NDE) ou des vécus de hantise sur la santé mentale, en restant neutres sur la réalité physique du phénomène.

Le Comité Para (Cercle Merlin) : Fondé en 1949, le Comité Belge pour l'Investigation Scientifique des Phénomènes Réputés Paranormaux est l'un des plus anciens mouvements sceptiques au monde. Composé de scientifiques belges, il a pour but de vérifier rigoureusement les affirmations paranormales (comme l'astrologie ou la parapsychologie) et conclut presque systématiquement à l'absence de preuves scientifiques solides.

Le CERPI (Centre d'Études et de Recherches sur les Phénomènes Inexpliqués) occupe une place incontournable dans le paysage de la parapsychologie et de l'ufologie en Belgique. Complémentaire à la fois des cercles rationalistes et des groupes ésotériques, il se distingue par ses enquêtes de terrain directes.

Présentation et philosophie du CERPI

Création : Le CERPI a été cofondé par Michel Vanbockestal, une figure emblématique de l'investigation paranormale en Wallonie.

Positionnement : Le centre refuse le dogmatisme. Il ne se revendique ni comme un groupe de "croyants" cherchant du surnaturel partout, ni comme des "sceptiques radicaux" qui rejettent tout en bloc.

Objectif : Analyser avec un maximum de rigueur scientifique et technique les témoignages et phénomènes inexpliqués. Le but est d'éliminer méthodiquement toutes les causes rationnelles (fraudes, phénomènes de résonance acoustique, illusions d'optique, hallucinations). Si une explication normale subsiste, le cas est classé ; si rien n'explique le phénomène, le CERPI le documente comme "inexpliqué".

L'affaire phare : Le poltergeist d'Arc-Wattripont (1993)

Le CERPI doit une grande partie de sa notoriété à son implication dans l'affaire d'Arc-Wattripont (un petit village situé dans le Hainaut). Il s'agit de la plus célèbre histoire de "maison hantée" de Belgique.  Les faits : En janvier 1993, des phénomènes violents secouent une habitation : matelas qui se retournent, bibelots qui volent, téléphones projetés contre les murs. Chose rarissime, ces événements ont été constatés de visu par des voisins, des journalistes, mais surtout par des gendarmes et policiers officiellement appelés sur les lieux.
L'enquête du CERPI : Michel Vanbockestal et son équipe ont mené des investigations minutieuses durant plusieurs années autour de cette maison.
Leur conclusion : Le CERPI a privilégié l'hypothèse de la psychokinésie (action inconsciente de l'esprit sur la matière). Les phénomènes semblaient catalysés par la présence d'un jeune homme vivant dans la maison (le fiancé de la fille du propriétaire), vivant une période de forte tension psychologique. Le CERPI a conclu que l'esprit humain avait projeté cette énergie à l'extérieur, provoquant les déplacements d'objets.

Leurs domaines d'action actuels :

Le CERPI ne se limite pas aux poltergeists et à la parapsychologie traditionnelle :

L'ufologie : Le centre étudie de près les observations de PAN (Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés) en Belgique. Il s'inscrit dans la lignée des groupes qui ont documenté la célèbre "Vague d'OVNI belge" des années 1989-1991.

Les "Rendez-vous de l'Inexpliqué" : Les membres partagent régulièrement leurs rapports d'enquêtes via des conférences, des livres et des interventions médiatiques, contribuant à la préservation du patrimoine folklorique et paranormal belge.
Le CERPI incarne parfaitement la tentative moderne de rationaliser l'irrationnel sur le sol belge : une démarche de détective appliquée aux frontières de la science.

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