Nicolas Flamel
Nicolas Flamel est assurément l'une des grandes figures de l'étrange et le CERPI
ne pouvait évidemment le passer sous silence. Pour tout vous dire, lorsque nous
avons reçu l'article de notre correspondant, nous avions d'abord cru pouvoir
l'insérer tel quel dans nos pages. Cependant, quelques constatations importantes
ne tardèrent pas à modifier nos plans ! En effet, on ne parle pas de Nicolas
Flamel sans faire une très large parenthèse traitant de l'alchimie, un sujet
déjà très vaste en soi. On ne pouvait pas non plus évoquer la biographie du
personnage sans rappeler que son existence elle-même a pu faire l'objet de
certains doutes. Dès lors, le CERPI se devait d'effectuer les recherches qui
s'imposaient afin de trancher en la matière.
On n'allait pourtant pas en rester là non plus car la vie elle-même du grand
Nicolas s'accompagne de nombreuses légendes (ou vérités ?) qui méritaient un
approfondissement digne de ce nom.
Enfin, excusez du peu, on retrouve le nom de Flamel dans les aventures de Harry
Potter, le jeune apprenti sorcier que l'on ne présente plus et qui défraie la
chronique au gré des dernières parutions de J.K. Rowling, mais aussi et surtout
dans les allusions du non moins célèbre Code da Vinci (vendu à 20 millions
d'exemplaires dont 1.5 million rien qu'en France !) via M. Plantard qui en
aurait fait l'un des grands maîtres du Prieuré de Sion, "société secrète" en
rapport avec la quête du Graal.
Nicolas Flamel, c'est donc tout un programme à lui seul. Même sa maison fait
l'objet de mystères que le CERPI a voulu sonder pour vous....
NICOLAS FLAMEL, EN BREF :
Sur son historicité :
Pour couper
court à toute discussion à ce sujet, on peut affirmer aujourd'hui avec toute
certitude que Nicolas Flamel a bel et bien existé. Il est né en 1330 près de
Pontoise et décédé en 1418. Les écrits parvenus jusqu'à nous ne laissent planer
aucun doute sur l'historicité du personnage, ni d'ailleurs sur les mystères qui
l'auréolent. Les écrits hiéroglyphiques qui inspirèrent Flamel dans ses
expériences alchimiques existent en deux exemplaires, l'original et une copie,
que l'on peut trouver respectivement à la bibliothèque nationale et à la
bibliothèque de l’arsenal. Ils ne sont malheureusement pas disponibles à la
consultation (pourquoi ?)
La maison de Nicolas Flamel fait, à notre époque encore, la grande joie des
photographes et des touristes amateurs de mystères et de sociétés secrètes, on
en détient les plans et l'immeuble présente de nombreuses gravures et
représentations très révélatrices sur les préoccupations du propriétaire de
jadis. Il existe également, à proximité, non seulement une Rue Nicolas Flamel
mais également une Rue Pernelle, du nom de son épouse. Nous l'avons dit plus
haut, cette maison du Maître suscite déjà des interrogations auxquelles vous
trouverez des éclaircissements dans la suite de notre dossier.
Si, a priori, on ne peut pas établir de rapport direct entre l'origine suspecte
de la fortune de Nicolas Flamel et les réalisations généreuses qu'il fit,
principalement aux oeuvres de charité de l'Église, en revanche celles-ci
existent bien et avec elles nombre d'objets lui ayant appartenu ou de lieux
l'ayant abrité (même si, dans certains cas, il n'en subsiste que des vestiges
comme la Tour Saint-Jacques).
Enfin, et c'est là l'un des points qui ouvre le plus de portes au mystère, il
est fait état de Nicolas Flamel parmi les grands maîtres du Prieuré de Sion, ce
que vient confirmer M. Plantard, un autre personnage à l'existence indubitable
(cf. Code da Vinci). Non seulement, il y figure clairement mais en plus la fin
de son "mandat" coïncide exactement avec l'année de son décès. Les choses
deviennent encore plus troubles lorsque l'on saura que Flamel est soupçonné
d'avoir découvert l'élixir de longue vie et que certaines personnes prétendent
dur comme fer qu'il vit toujours à l'heure actuelle. Comme par hasard, ce ne
sera pas Plantard (de Saint Clair, pour ce qui serait de son nom complet) qui
viendra dire le contraire puisque, selon certaines sources, ce dernier ne serait
pas mort non plus !
L'ORIGINE DES MYSTÈRES
Visiblement, toute son histoire débute par un rêve qui,
apparemment, devait se réaliser. Nicolas Flamel, écrivain-juré, devait
certainement s'investir beaucoup dans sa profession puisqu'il rêva d'un ange qui
tenait un livre précieux dans ses mains. Or, des années plus tard, il fit la
connaissance d'une personne désireuse de lui vendre un livre relié, avec une
couverture de cuir, des dessins en relief, comportant trois fois sept pages
mystérieuses, des signes qu'il ne comprenait pas... Il ne put résister à la
tentation et l'acheta pour la somme de deux florins.
Abraham le
Juif".
Mais il y avait aussi un avertissement en guise de dédicace (lequel n'allait pas
manquer de le tenter encore plus comme on peut l'imaginer !) : gare à celui qui
ouvre le livre, malheur à celui qui n'est ni prêtre, ni scribe.
Nicolas Flamel s'empressa donc de lire cet ouvrage à l'hermétisme affolant. Plus
exactement c'est ce qu'il s'acharna à tenter de faire pendant des années, aidé
en cela de sa femme Pernelle. Outre l'intérêt occulte du livre mystérieux, il
était parfaitement normal que Flamel, écrivain juré de Paris qui fabriquait et
vendait des manuscrits religieux à la boutique «La fleur de Lys», s'en
passionne, lui qui s'intéressait à tout et voyait certainement un signe du
destin, un rapport entre ce qu'il tenait dans ses mains et le rêve qu'il avait
fait jadis.
Mais le livre précieux ne semble pas disposé à révéler ses secrets, si bien que
Flamel et Pernelle ne savent plus très bien à quel saint se vouer pour trouver
la solutio n de l'énigme. C'est finalement Dame Pernelle qui aura la bonne idée
et qui trouvera... le bon saint !
LA BONNE IDÉE DE DAME PERNELLE UN
PÈLERINAGE ALCHIMIQUE A SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE
A l'époque, l'alchimie est très en vogue, du moins en est-il
beaucoup question. Elle ne manque pas d'intéresser par les possibilités qu'elle
est supposée offrir et qui sont aussi prometteuses que la transmutation des
métaux en or ou l'élixir de longue vie. Alors, Dame Pernelle qui est aussi avide
que son mari propose que celui-ci se rende en Espagne pour rencontrer quelqu'un
qui pourra l'aider. Un juif savant qui pourra lui apporter des éclaircissements.
Nicolas Flamel l'écoute et s'engage dans un pèlerinage, le pèlerinage de Saint
Jacques de Compostelle. Puis il se rend à Léon et rencontre un médecin juif,
Maître Canches.
Nicolas Flamel est soulagé mais va-t-il savoir quelque chose ? Hé bien, en
réalité, Canches est très heureux de découvrir ce livre. Trop heureux, il est
enthousiasmé à l'idée de collaborer avec Nicolas Flamel et décide donc de
revenir en France. Hélas ! Pour Flamel, la collaboration est impossible car
Maître Canches, homme très âgé, décède.
Visiblement, ils ont cependant eu le temps de discuter ensemble puisque d'après
les dires de Nicolas Flamel il affirme qu'il détenait le secret des éléments
fondamentaux pour le Grand œuvre.
ET SI NICOLAS FLAMEL AVAIT RÉUSSI ?
Penser que Nicolas Flamel aurait réussi à trouver la pierre
philosophale qui permet de transformer les métaux vils en métaux nobles, tels
que l'or et l'argent peut faire sourire. Les avancées modernes dans les domaines
de la chimie et de la physique donnent à ce sujet des réponses probantes et
indiscutables.
Il subsiste malgré tout un soupçon, un parfum de mystère dans cette affaire car
Nicolas Flamel a prétendu avoir transmuté 227 grammes de mercure en argent fin,
puis peut-être autant en or pur. Tout ceci effectué en 1382 chez lui en
compagnie de sa femme.
Cependant, on peut prétendre tout ce que l'on voudra, encore faudrait-il avoir
des preuves !
C'est là qu'interviennent les trois chapelles, les sept églises, les quatorze
hôpitaux qu'il a fait bâtir, sans compter les ornements. Il a également
largement contribué au bien être des orphelins et des veuves par des aumônes non
négligeables. On ne peut raisonnablement pas penser que ce soit son métier
d'écrivain juré, les livres qu'il fabriquait et qu'il vendait qui lui ont permis
d'acquérir la fortune indispensable à de telles réalisations. Le loto n'existait
pas non plus et un héritage semble peu probable.
Il y a donc au moins certaines interrogations concernant l'argent chez Nicolas
Flamel. Le CERPI y répond.
UNE HYPOTHÈSE PARMI TANT D’AUTRES
L'argent provenait donc bien de quelque part et le réflexe
premier fait penser à l'alchimie. Toutefois, d'après nos connaissances
actuelles, celle-ci n'a jamais pu transmuter le moindre gramme d'or (voir
toutefois aussi notre article sur
Jan Baptiste van Helmont). Il
y a ce livre mystérieux, ce juif énigmatique, les légendes sur Flamel et
quelques-uns de ses proches (par contre, il n'eut jamais d'enfant). Bien sûr, il
a consacré vingt années de sa vie à percer le secret de l'ouvrage merveilleux et
son épouse l'y a aidé.
Le cas échéant, on pourrait aussi se demander quel était le cheminement de la
pensée du maître Flamel dans ce qui apparaît comme un mensonge que l'on ne peut
que coupler avec celui de l'élixir de longue vie. Vantardise d'un passionné,
désabusé par l'échec et contraint à des stratagèmes pour rétablir sa crédibilité
? Affabulation pure et simple autour d'un noyau aux tendances ésotériques ? Ce
qui semble sûr, c'est que ce Nicolas, avec son air de saint, nous a caché
quelque chose. Il affirmait d'ailleurs qu'il détenait le secret des éléments
fondamentaux mais pas celui de la préparation première.
Le CERPI a décidé d'étudier pour vous ce sujet étrange.
NICOLAS FLAMEL ET L'IMMORTALITÉ
L'autre mystère qui plane sur le personnage est donc celui de
l'élixir de longue vie qu'il aurait également découvert. A première vue c'est
inconcevable, la source miracle d'immortalité n'existe pas encore à notre
connaissance et pourtant des rumeurs ont circulé après sa mort. Pendant des
siècles on en a parlé. Des gens l'auraient vu, en compagnie de sa femme, le
siècle dernier à Paris. Toutefois, s'il n'existe aucun indice concret à propos
de l'origine de sa fortune, il en va de même quant à son immortalité.
Là aussi le CERPI a entamé une investigation.
SUITE DU DOSSIER
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