Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Particularité psychokinétique


En guise d'hommage au professeur Jean Dierkens - et nous ne manquerons pas de lui rendre hommage autant qu'il le mérite - nous ouvrirons ici une parenthèse à propos d'une particularité psychokinétique signalée par le grand homme.

Au cours d'une enquête, on ne manque jamais de tenter des rapprochements avec d'autres affaires similaires afin de tenter de dégager des points communs, ce qui permettrait - le cas échéant - de suivre certaines pistes. L'affaire de référence, dans le cas présent, était celle d'Arc-Wattripont. Non dans l'enquête même, mais plutôt au travers de certains contacts que j'avais eu avec le professeur Dierkens en comptant sur ses lumières, dans le cadre de la rédaction de mon livre : "Le poltergeist d'Arc-Wattripont, vérité, scandale et désinformation" (dont Jean Dierkens a d'ailleurs écrit la préface et je le remercie ici encore de ce grand honneur !) Or donc, "le surdoué", comme je l'avais surnommé à juste titre, m'avait dit entre autres que certaines personnes (dont Jean-Pierre Girard) auraient ressenti - non pas de manière systématique mais en certaines occasions - lors de la réussite d'une expérience de psychokinésie, une sensation proche de l'orgasme. Voilà qui pourrait passer pour un détail sans importance, une anecdote. Il n'en est rien !

En effet, dans les enquêtes sur les affaires de poltergeist, ce "détail" prend rapidement une ampleur remarquable. On sait, par exemple, que le phénomène de poltergeist serait provoqué par (au moins) une personne, et à l'insu de celle-ci le plus généralement, vivant (et exprimant ainsi) un mal-être, une situation difficile, conflictuelle. Toutefois, on pourrait nous rétorquer que si tel devait être le cas, les phénomènes en question devraient s'observer presque partout car bien rares sont les familles chez qui au moins un individu ne connaît pas ce genre de situation. C'est vrai. Mais à partir du moment où l'on évoque la sphère sexuelle, on diminue déjà considérablement le nombre des possibilités. Pourtant, ce qui reste potentiellement est encore énorme, car ça aussi peut toucher beaucoup de monde ! C'est que, en fait, cet élément à lui seul est évidemment incapable d'expliquer quoi que ce soit. Ce qui manque, c'est le reste de la configuration locale impliquée et les éléments symboliques concernés.

Ainsi, si l'on s'en réfère au cas d'Arc-Wattripont, toujours, on remarque par exemple que ce sont de manière privilégiée les objets en relation avec la sphère sexuelle des tourtereaux (Éric Barbé et Nathalie Dubart) qui subissent soit des dégâts, soit des déplacements. La manifestation étrange est à la fois une forme d'exutoire du malaise et le symbole de celle-ci.

Il nous faut citer quelques exemples :

- Le pot à lait qui fait un bond vers le plafond, se dirige ensuite vers le mur dans un angle improbable et soigne ensuite son atterrissage serait l'expression de la réaction virulente (aussi bien d'Éric que de Nathalie) contre les souhaits prononcés dans le cadre des fêtes de fin d'année (des visiteurs, lors de l'épiphanie, auraient souhaité au couple "un bébé dans l'année", comme cela se fait couramment en de telles circonstances - sauf que, faut-il le préciser, on peut largement soupçonner le père adoptif, très pieux sinon bigot, d'avoir placé le couple dans un paradoxe terrible : interdiction des relations sexuelles avant le mariage, comme il était jadis de tradition de l'exiger chez "les bons catholiques", pour les convenances et le "qu'en dira-t-on ?" - interdiction formelle et d'autant plus terrible que ledit Roger autorisait toutefois au couple de partager le même lit ! On s'imagine sans mal la situation invivable qu'aurait alors connu le couple ! Une épée de Damoclès et un supplice de Tantale ! Dès lors, le pot au lait - faisant partie des choses que l'on présente à table lorsque l'on veut faire plaisir aux officiels qui passent la nuit dans leur maison hantée en leur servant une tasse de café - devient une provocation : le lait est symbole maternel par excellence. Le pot qui le contient valse au plafond car, de l'autre côté de ce dernier, c'est la chambre d'Éric et de Nathalie ! C'est à la fois un signe de protestation contre la situation incongrue et injuste et la désignation de l'endroit " incriminé". A charge des témoins de comprendre le lien... Or, dans le feu de l'action, ce n'est guère possible. Bien malin qui parviendra à interpréter les choses de cette façon ! Pourtant, ce fait s'inscrit parfaitement dans le modèle de l'information pragmatique (MPI) de Walter Von Lucadou au niveau du transfert de l'information, lequel parviendra finalement à aboutir à la disparition du phénomène. - Deuxième exemple : Roger Dubart était un grand fumeur de pipe (il avait apparemment arrêté lorsque nous sommes allés dans la maison hantée, mais le fait ne souffre aucune discussion car Roger était bien surnommé "la pipe" pour cette raison et il disposait de toute une collection de pipes, placées sur des supports). L'un des gendarmes que nous avons pu interroger nous a confirmé la chose et l'on peut en voir le témoignage dans un reportage télévisé belge (pourtant de sinistre mémoire et réalisé par un triste sire !). Il racontait (le gendarme) que les pipes tournoyaient dans leurs supports, elles vibraient intensément. Dans le cas présent et en se rappelant la situation précédemment décrite, il ne faut pas être un grand détective pour faire le rapprochement. Dans l'esprit d'Éric, sinon celui de Nathalie (nous sommes ici plus dubitatifs, quoi que...), les pipes avaient une toute autre signification, avec la même symbolique dans la même sphère. Il n'est pas nécessaire de faire un dessin...

- A côté de cela, on pourrait ajouter - à la rigueur - a chute de la lampe de chevet dans les escaliers, alors que personne ne se trouvait à l'étage. La lampe de chevet faisait partie de l'attirail de la chambre "à la fois nuptiale et virginale", au même titre que tout ce qui se trouvait dans la pièce en question. Et là, justement, on constate la chute de meubles lourds à proximité du lit, la brisure des éléments de marbre de la table de nuit, le survol aérien des pantoufles avec leur combustion spontanée (non vérifié), et - bien sûr - l'explosion du pied du lit avec l'apparition d'un grand trou (lequel aurait connu, de la part de la pièce manquante, un très curieux phénomène de dématérialisation et de rematérialisation ou de téléportation), sans compter "l'érection du matelas". On peut même ajouter que la plupart des phénomènes, ou les plus importants ont eu lieu dans cette chambre et une partie de ceux-ci ont été enregistrés sur vidéo par les gendarmes. - Faut-il voir dans les éventuelles communications télépathiques d'Éric avec la Vierge, une autre représentation de ce biais d'expression ? Ce serait peut-être aller trop vite en besogne, mais il faut bien avouer que dans le cas et la situation présente, le recours à une vierge faisait très bien l'affaire ! On nous rétorquera pourtant que tous les phénomènes ne permettaient pas ce même rapprochement. C'est encore vrai. Sauf si l'on veut se donner la peine d'y réfléchir correctement !

 Prenons l'exemple du téléphone se trouvant dans la salle de séjour (cette fois, la chambre n'est donc plus concernée). On aurait, semble-t'il, beaucoup de mal à trouver un lien de cause à effet, tel que nous l'avons expliqué, au travers du comportement de ce téléphone dont on ne percevrait pas non plus la symbolique sexuelle ! Et pourtant l'analyse révèle que Nathalie avait d'autres prétendants qu'Éric. Un prénom apparaît même clairement, celui de Yves. Nous ne prétendrons pas ici que Nathalie était infidèle à Éric. Tel n'est pas du tout notre propos. En fait, nous n'en savons rien et si tel avait du être le cas, cela n'aurait fait qu'aggraver la situation en apportant de l'eau à notre moulin. Mais ce n'était même pas nécessaire ! Il suffisait qu'Éric le sache, le soupçonne, le craigne ! Or, on peut facilement imaginer d'une part que Nathalie avait de simples contacts (par exemple téléphoniques) avec d'anciennes connaissances peut-être empressées de retrouver un flirt cassé, un ex éconduit ; ou encore qu'elle faisait l'objet de sollicitations de tiers qui "simplement" tentaient leur chance, même s'ils n'ignoraient pas que Nathalie n'était plus libre. Il s'agirait là d'un comportement masculin bien connu qui n'incriminerait nullement Nathalie. Mais du côté d'Éric, qui aura sans doute surpris certaines conversations, les appels téléphoniques devenaient insupportables. C'était une atteinte, au moins potentielle, à son couple, une menace - et tout cela dans un cadre déjà chaotique. Que se passe t'il alors ? A la grande stupeur des gendarmes et policiers présents, la prise du téléphone est violemment arrachée du mur (il s'agissait encore d'un vieux téléphone filaire, à prise murale) et le téléphone se casse plusieurs fois la figure, comme un kamikaze entêté et récidivant, à partir du réfrigérateur sur lequel il est posé. Le téléphone se brisera finalement et, désormais, on a une petite idée de la justification du phénomène ! Quant à l'expliquer, cela reste une autre paire de manches. Nous y viendrons plus loin dans ce dossier... Mais au moins connaissons-nous maintenant l'une des possibilités de dynamique interne de la problématique. Du moins était-ce plus que probablement le cas dans l'affaire d'Arc-Wattripont.