Les Warren
Bien connus pour leurs rôles
cinématographiques relatant leurs prestations dans le domaine du
surnaturel, Ed et Lorraine Warren semblent être les héros qui luttent
vaillamment contre les forces du mal. Plusieurs personnes pour
lesquelles nous avons enquêté ont fait référence à leurs noms et leurs
noms semblent être une référence. Mais nous nous sommes plus d'une
fois posé la question : leurs interventions ne seraient-elles pas autant
de mystifications ? Car enfin, depuis quand monsieur tout le monde
pourrait-il se permettre de pratiquer un exorcisme ? Ce que l'on
voit au cinéma et qui est prétendument authentique nous semblait tout de
même trop fort de café ! Nous avons donc posé la question à l'IA :
Les Warren
ne sont-ils pas des mystificateurs ?
Oui, pour la communauté scientifique, les enquêteurs sceptiques et
les historiens, Ed et Lorraine Warren sont bel et bien considérés comme
des mystificateurs et des opportunistes.
L'image de héros désintéressés et pieux popularisée par la saga
cinématographique The Conjuring est en totale contradiction avec la
réalité de leurs dossiers. Les enquêtes journalistiques et les
associations rationalistes (comme le CSICOP aux États-Unis) ont
méthodiquement démontré que le couple a bâti sa carrière sur
l'exagération, l'affabulation et l'exploitation commerciale de la
détresse psychologique.
Les éléments factuels qui étayent leur statut de mystificateurs
s'articulent autour de plusieurs preuves majeures :
1. Des "titres" et compétences
auto-attribués
• Ed Warren : Il se présentait publiquement comme le seul «
démonologue » laïc reconnu par l'Église catholique. En réalité, Ed
Warren n'a jamais suivi le moindre séminaire, n'avait aucune formation
en théologie et sortait d'une école d'art. L'Église ne lui a jamais
accordé de reconnaissance officielle pour pratiquer des exorcismes, le
Vatican refusant systématiquement ses demandes.
• Lorraine Warren : Elle affirmait être « médium » et «
clairvoyante ». Soumise à des tests en environnement contrôlé par des
scientifiques, elle a été incapable de démontrer la moindre aptitude
paranormale ou perception extrasensorielle.
(NDLR : ici on entre de plein front dans la polémique de la
reconnaissance et de l'expérimentation des sujets psi par la science)
2. Les aveux des auteurs de leurs livres
Pour vendre leurs histoires, les Warren s'associaient à des écrivains
professionnels pour rédiger des livres présentés comme "vrais".
Plusieurs de ces auteurs ont fini par passer aux aveux :
• L'affaire Snedeker (La Mort en sursis / A Haunting in Connecticut)
: L'auteur Ray Garton, engagé pour écrire le livre avec les Warren,
a rapidement découvert que les membres de la famille se contredisaient
constamment. Lorsqu'il s'en est ouvert à Ed Warren en lui disant que les
histoires ne collaient pas, Ed lui a répondu textuellement : « Ils sont
fous. Tu prends ce qu'ils te donnent, tu inventes le reste et tu rends
ça effrayant. C'est pour ça qu'on t'engouffre. » Ray Garton a
publiquement dénoncé cette supercherie.
3. Le démontage de leurs plus grands cas
•
Amityville (1976) : Les Warren ont affirmé que la maison des
Lutz était infestée par un démon extrêmement violent. Il a été
juridiquement prouvé par la suite que toute cette histoire de hantise
avait été inventée de toutes pièces autour d'une bouteille de vin par
George Lutz et William Weber (l'avocat du tueur Ronald DeFeo). Le but
était purement commercial pour les Lutz et servait de stratégie de
défense juridique pour l'avocat. Les Warren ont sciemment alimenté le
canular pour s'offrir une vitrine médiatique mondiale.
• La poupée Annabelle : Les Warren prétendaient que la poupée
Ragged Ann originale bougeait seule et transmettait une entité
démoniaque. La famille à l'origine de l'histoire et les enquêteurs
sceptiques ont démontré qu'il s'agissait d'une mise en scène. Les Warren
l'ont récupérée pour en faire la pièce centrale de leur "Musée de
l'Occulte", un commerce payant installé dans leur maison de Monroe.
• Le Poltergeist
d'Enfield (1977) : Les Warren se sont attribué un rôle majeur
dans cette affaire anglaise (comme le montre le film Conjuring 2). Sur
le terrain, les véritables enquêteurs de la Society for Psychical
Research (Guy Lyon Playfair et Maurice Grosse) ont consigné que les
Warren n'étaient restés qu'une poignée de jours, qu'ils n'avaient
absolument rien vu, et qu'ils étaient venus uniquement pour tenter de
racheter les droits exclusifs de l'histoire à la famille des fillettes,
qui trichaient visiblement.
4. Un modèle économique bien rôdé
Bien qu'ils prétendaient ne pas faire payer leurs interventions à
domicile, les Warren utilisaient les cas de détresse comme du contenu
promotionnel. Ils se rémunéraient gracieusement via :
• Les droits d'adaptation cinématographique et littéraire.
• Des tournées de conférences extrêmement lucratives dans les
universités américaines.
• Les tickets d'entrée de leur musée d'objets prétendus maudits.
Comme le résume l'ouvrage critique L'Imposture Warren, Ed et Lorraine
étaient d'excellents bonimenteurs et des spécialistes du marketing de la
peur, capables de transformer n'importe quel problème psychiatrique,
conflit familial ou farce d'adolescent en une attaque de démon afin de
vendre du papier et des places de cinéma.
1. La fabrication des fausses preuves
photographiques
Ed Warren se targuait d’avoir accumulé des milliers de clichés prouvant
l'existence des fantômes et des démons. Soumises à des experts en
photographie et à des illusionnistes, ces "preuves" se sont toutes
révélées être des artefacts techniques basiques ou des manipulations
grossières :
• Le mythe des "orbes" et des ectoplasmes : Sur de nombreuses
photos des Warren, on voit des cercles lumineux ou des traînées
blanchâtres. Les Warren y voyaient des « manifestations d'esprits en
mutation ». Les techniciens ont démontré qu’il s’agissait simplement
d’orbes de diffraction : des poussières, des gouttelettes d'eau ou des
insectes volant près de l’objectif et illuminés par le puissant flash de
l'appareil photo. (NDLR : au CERPI,
les orbes on
connaît ! Il y a tout un dossier sur le sujet dans notre site et le
débat nous a coûté plusieurs amitiés...)
• La photo du "petit garçon d'Amityville" : C’est leur cliché le
plus célèbre, montrant un enfant aux yeux lumineux regardant depuis le
haut d’un escalier. Les Warren prétendaient qu'il s'agissait du fantôme
de l'un des enfants DeFeo assassinés. Une analyse approfondie de la
chronologie de la maison a prouvé qu’il s’agissait en réalité de Paul
Bartz, un enquêteur de l’équipe de l'IGPP et ami des Warren, qui portait
une chemise à carreaux similaire et dont les yeux ont simplement reflété
le flash de l'appareil (effet "yeux rouges" en noir et blanc).
• Les surimpressions et reflets : Ed Warren utilisait fréquemment
des temps de pose longs dans le noir ou des doubles expositions
(volontaires ou accidentelles) pour faire apparaître des silhouettes
vaporeuses. Pour un œil non averti de l'époque, l'effet était
saisissant, mais pour les laboratoires photographiques, la supercherie
était évidente.
2. Le point de vue des familles qui se sont
retournées contre eux
Si les films d'Hollywood montrent des familles éternellement
reconnaissantes envers les Warren, la réalité judiciaire est beaucoup
plus sombre. Plusieurs familles, s'estimant abusées et exploitées, ont
brisé le contrat du secret.
L'affaire Alise Johnson (L'affaire de possession de Brookfield /
Conjuring 3)
En 1981, Arne Cheyenne Johnson poignarde à mort son propriétaire. Les
Warren, arrivés peu avant dans la famille, affirment que le petit frère
de la fiancée d'Arne était possédé par 43 démons, et que le démon a
sauté dans le corps d'Arne. Ils tentent d'en faire le premier procès
américain où l'accusé plaide « non coupable pour cause de possession
démoniaque » (ce que le juge refusera).
• La révolte du grand frère : Des années plus tard, Carl Glatzel
(le frère aîné du petit garçon prétendument possédé) a attaqué Lorraine
Warren et l'auteur de leur livre en justice.
• Le témoignage de la famille : Carl Glatzel a révélé que son
petit frère souffrait en réalité de graves troubles mentaux et de
hallucinations liés à des problèmes de santé non diagnostiqués. Il a
témoigné que les Warren avaient exploité la détresse de sa mère pour lui
extorquer de l'argent, lui promettant la fortune grâce au livre et au
film si elle acceptait de valider l'histoire de possession. Carl a
déclaré publiquement : « Les Warren ont détruit ma famille et ont fait
de la maladie mentale de mon frère un spectacle lucratif. »
L'affaire Snedeker (La maison des funérailles / A Haunting in
Connecticut)
La famille Snedeker s'était installée dans une ancienne entreprise de
pompes funèbres et affirmait subir des attaques de démons nécrophiles.
Les Warren ont immédiatement médiatisé l'affaire.
• Les accusations de manipulation : Après la publication du
livre, les membres de la famille Snedeker ont admis que la majeure
partie des événements terrifiants décrits dans l'ouvrage avait été
soufflée, voire totalement inventée par Ed et Lorraine Warren pour «
gonfler » l'intrigue. La famille a reconnu avoir été prise dans un
engrenage financier et psychologique où les Warren dictaient ce qu'ils
devaient dire devant les caméras de télévision pour maintenir l'intérêt
du public.
Les Warren ne se contentaient donc pas de "constater" le paranormal :
ils prenaient le contrôle total de la communication de ces familles
vulnérables, les enfermant dans un récit démoniaque pour s'assurer
l'exclusivité des droits financiers, quitte à aggraver la détresse
psychologique de leurs hôtes.
Bref : vraiment tout le contraire du
CERPI !
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