LA BÊTE DU GÉVAUDAN « BESTIO DEL GEVAUDAN »
SUITE
3 – LES HYPOTHÈSES
La part du mythe

Dans un premier temps colportés de villages en villages par une
population terrifiée et ignorante, les méfaits reprochés à la Bête
étaient excessifs. On lui attribuait toutes les attaques, or, les
loups étaient nombreux en Gévaudan.
Dès novembre 1764, la presse s'intéresse à l'affaire. Les déclarations
les plus insolites font la une. On dépeint la Bête comme «un loup
énorme, de la taille d'une âne, une houppe de poils lui cache les yeux.
Le museau est semblable à celui d'un cochon ou d'un lévrier». Certains
iront jusqu'à l'affubler d'écailles ou encore de sabots aux pattes
arrières. Pour les chasseurs professionnels, la Bête serait un animal
hybride, croisement entre un ours et une louve.
La psychose est entretenue par l'Église qui qualifie la Bête de «fléau
de Dieu», de «mal bête», bref, de monstre annoncé par l'apocalypse.
Dès lors, on prête à l'animal des facultés surnaturelles. Il serait
capable de franchir d'un bond plusieurs dizaines de mètres. Face à lui,
les chasseurs n'osent tirer. Les fusils s'enraillent. Mieux encore, la
Bête esquive les balles ! Ce pouvoir hypnotique s'exercerait également
en dehors des chasses. Ainsi, en janvier 1765, au lendemain de
l'enterrement du fils Châteauneuf, la Bête rend visite aux parents de la
victime, dans leur ferme au Mazel. Par la fenêtre, elle regarde le père
pleurer. L'homme est armé mais n'ose pas tirer.
Animal diabolique, il aurait également pour mission de punir les
plaisantins qui oseraient évoquer son nom à la légère. Ainsi, une
marâtre qui n'aimait pas l'enfant issu du premier mariage de son mari,
implorait la bête de l'en débarrasser. L'animal vint roder autour du
foyer, mais emporta l'enfant de cette femme plutôt que son beau-fils. Le
10 octobre 1766, la Bête attaqua un homme qui se vantait régulièrement
de pouvoir la vaincre. Il serait mort sans l'arrivée des renforts.
Plusieurs bêtes ?
Autre propriété chimérique accordée à la Bête : Le don de duplicité.
Elle attaquait quasi simultanément en Margeride et en Auvergne. Or, un
loup ne peut couvrir plus de quarante kilomètres par heure ! Parfois
intrépide, attaquant des groupes d'individus, entrant dans les cours des
fermes - Parfois lâche, fuyant pour quelques coups de bâtons, nous
sommes en droit de nous demander s'il s'agissait du même animal. Les
descriptions concordent mais, pour Monsieur Delperrié de Baysac, il y a
une explication. Au lieu d'une Bête, il y en avait au moins trois,
issues de la même portée. La première Bête fut tuée pas le garde
Rinchard en août 1765. La seconde fut tuée par Antoine en septembre 1765
et la dernière par Chastel, en juin 1767. Les autres ont pu mourir
pendant des battues ou être empoisonnées à la noix vomique.
La thèse du sadique
Ni le mythe ni le nombre n'explique la faculté de la Bête à échapper aux
pièges et aux chasseurs. Alors que la terreur bat son plein en Gévaudan,
l'abbé Raphaël, curé à Laval, informe l'intendant que, entre 1762 et
1763, un animal semblable aux descriptifs de la Bête, a fait de
nombreuses victimes en Dauphiné. Si c'est le même, comment a-t-il
parcouru une telle distance sans se faire repérer ? À moins qu'il ne
s'agisse d'un animal dressé, protégé et conduit par un homme. À titre
indicatif, il est bon de rappeler qu'en 1762, une famille de Marjevols
fut arrêtée pour avoir dévalisé des voyageurs en les menaçant avec des
loups dressés. Les parents furent pendus sur la place publique et le
fils aîné envoyé aux galères. Qu'est-il advenu des autres enfants ? Deux
ans plus tard, la Bête apparaissait dans la même région.
Loin d'être folle, cette théorie du psychopathe repose sur des faits
troublants. À commencer par le choix des victimes. Seuls des femmes, des
enfants et des adolescents sont morts. Les attaques se ressemblent. Le
cœur, le foie et la poitrine sont dévorés, le sang est bu, la tête est
arrachée et parfois même emportée. Étrange trophée et surtout, maigre
repas. L'animal n'est pas affamé.
Le 07 avril 1765, jour de Pâques et, accessoirement, jour du départ de
Duhamel et de ses Dragons, Gabrielle Pélissier garde les vaches avec son
père. Le soir venu, l'homme laisse l'adolescente seule au pâturage.
Pourquoi ? Les heures passent, Gabrielle ne rentre pas. La famille
s'inquiète et part à sa recherche. Arrivés sur place, tous la croient
endormie. La jeune fille est allongée sur l'herbe. La tête, «coupée»,
est soigneusement jointe au tronc. Les vêtements et le chapeau sont en
place. Bref, le cadavre est arrangé.
Le 19 mai 1765, la Bête dévore une femme à Servilanges. Le cadavre est
traîné sur plusieurs mètres à travers les broussailles. Or, la victime
est une adulte. Elle pèse trop lourd pour un animal.
Le 22 juin 1765, François Antoine arrive au Gévaudan. Les attaques
s'interrompent. Elles ne reprendrons qu'une dizaine de jours plus tard.
Est-ce le hasard ou la peur ?
Le 22 juillet 1765, un enfant est dévoré. Ses vêtement sont retrouvés
intacts.
Le 09 août 1765 une battue mobilise plusieurs centaines de personnes,
mais la Bête reste introuvable. Le soir même, une laitière est égorgée à
Besset, tout près du lieu ou réside Antoine. Comment la Bête a-t-elle
échappée aux chasseurs ? Faut-il y voir une provocation ?
Fin 1766, une fille est tuée à Vallat-Chirac. Sa tête, coupée, est
emportée jusqu'à Saint-Alban, paroisse voisine. Détail troublant, la
croix en or que la victime portait autour du cou est retrouvée avec la
tête.
Pierre Blanc, qui prétendait avoir affronté la Bête à mains nues,
pendant une demi-heure et sans témoins, affirmait qu'elle se battait
debout, sur les pattes arrières, et semblait «toute boutonnée sur le
ventre». L'animal était-il protégé par une carapace ? Cette défense
était connue à l'époque et utilisée pour les chiens de guerre. Mais quel
crédit apporter à cette déclaration ?
Un élément troublant survint dans la nuit du 23 au 24 juillet 1777 (soit
dix ans après les faits) Une servante fut attaquée près de Saugues. Elle
jura que c'était la Bête mais les rapports du médecin et du chirurgien
la contredirent, mettant en évidence un «attentat aux bonnes moeurs»,
autrement dit une agression sexuelle.
La thèse du sadique, accompagné par un ou plusieurs chiens, fut mise en
avant par le Docteur Puech en 1910. Ses soupçons se portèrent sur Jean
François Charles de Morangiès, noble que la condition familiale et
financière rendaient inattaquable. Morangiès participait activement aux
recherches et aux battues mais ils n'aimait pas qu'on mentionne son nom
dans les rapports officiels. En 1765, Morangiès se plaignit à Lafont du
comportement des Denneval. Selon lui, les deux normands étaient durs et
exigeants avec les paysans. Il souhaitait ardemment leur départ. De son
côté, Denneval fit état de l'étrange comportement de Morangiès qui
refusait que les chasseurs approchent de son bois, faisait désarmer les
paysans sous son autorité et trouvait des excuses pour ne pas tirer la
Bête lorsqu'elle était à portée de son fusil.
La famille Chastel
Impossible de parler de la Bête du Gévaudan sans évoquer la famille
Chastel. Emprisonnés en 1765, François Antoine ne voulait pas voir
sortir les hommes de cette famille avant que sa troupe et lui n'aient
quitté le Gévaudan. Pourquoi ? Que craignait-il ? Une courte
présentation des Chastel s'impose.
Jean Chastel père, l'homme qui tua la Bête, est né à Darnes en 1708.
Fils de Claude Chastel et Jeanne Bergougnoux, il épousa Anne Charbonnier
en 1735. De cette union naquit neuf enfants, dont quatre garçons :
Pierre en 1739, Claude en 1742, Jean-Antoine (dit «Antoine») en 1745
et Jean-François (dit «François») en 1749. La famille vivait à la Besseyre-Saint-Mary. Jean Chastel était cultivateur. Dans les années
1760, il tint également le cabaret du village. Rien d'alarmant dans le
parcours de cet homme et pourtant, à sa mort, la municipalité lui refusa
une sépulture. Ses cendres furent dispersées à gauche de l'église. Jean
Chastel était surnommé «le masque», c'est à dire «le sorcier» ou «le fils de sorcier». Le 16 mai 1767, les Chastel servirent de témoins
au décès de la petite Denty. C'est la première fois qu'ils signaient un
registre et pourtant, ils savaient écrire, ce qui était rare pour des
paysans. La Besseyre-Saint-Mary fut l'un des villages les plus touchés
par les ravages de la Bête et pourtant, jamais aucune famille n'avaient
sollicité le témoignage des Chastel.
Antoine Chastel, fils de Jean, avait de quoi faire peur. Garde
forestier, il vivait dans les bois du Mont Mouchet, entouré de sa meute
de chiens. Ancien galérien, il avait été fait prisonnier par des
barbaresques en Afrique du Nord. Réduit à l'état d'esclave, il était
chargé de garder la ménagerie et de nourrir les fauves. De retour au
Gévaudan, il vécut avec les huguenots du Vivarais. Est-ce un hasard ?
Aucune victime de la Bête n'était protestante. Lorsque les gardes
voulurent l'arrêter en 1765, il se défendit avec l'agressivité d'un
animal sauvage.
Pour les gens du peuple, une hyène désignait autrefois un animal féroce,
aux origines imprécises. Cependant, en admettant que la Bête tuée par
Antoine fut correctement identifiée par les scientifiques, qui mieux que
Chastel aurait pu importer une hyène d'Afrique ? La Bête fut, à diverses
reprises, aperçue en compagnie d'un autre animal rougeâtre. Or,
Antoine Chastel possédait une grosse chienne rousse. Enfin, la Bête,
d'ordinaire si féroce, n'attaqua pas Jean Chastel. Assise devant le
chasseur, elle attendit sagement que l'homme ait achevé ses prières. Le
connaissait-elle ?
Le marquis d'Apcher, qui récupéra le fusil à deux coups avec lequel Jean
Chastel tua la Bête, le vendit à la famille Duffaud. Quelques années
plus tard, l'abbé Pourcher, qui se passionna pour l'affaire, racheta le
fusil.
Un loup garou ?

Comment soutenir l'éventualité d'un loup garou, sévissant au cœur du
Gévaudan? Bien qu'improbable, cette hypothèse fut si longtemps évoquée
que nous ne pouvons en faire l'impasse. D'autant que certains
témoignages, plus fous que troublants, viennent l'accréditer.
- La Bête aurait eu la faculté de se tenir debout, sur les pattes
arrières. Mieux, elle aurait traversé un cours d'eau à gué, courant
comme un homme.
- On l'aurait entendu rire, pleurer ou même parler.
- Elle déshabillait ses victimes avant de les égorger (Ce comportement
fut observé chez des animaux sauvages, qui arrachent les vêtements de
leur proie, avant d'attaquer la peau).
- Elle exerçait une fascination sur les hommes. Ils la tiraient de loin
mais, face à elle, ils n'osaient bouger. Les tirs étaient maladroits.
Les chasseurs étaient pétrifiés.
- Elle décapitait ses victimes, or, la mâchoire du loup n'est pas
assez puissante pour permettre un tel exploit.
- En octobre 1764, par la fenêtre de sa grange, Jean-Pierre Pourcher,
paysan (et arrière-grand-père de l'abbé Pourcher), crut voir la Bête dans
les rues de Julianges. Il épaula son fusil et tira. L'animal tomba mais
se releva aussitôt. Second tir. La Bête poussa un cri et s'enfuit dans
«un bruit semblable à celui d'une personne qui se sépare d'une autre
après une dispute».
- Du 25 novembre au 07 décembre 1764, les agressions de la Bête
s'interrompent. Pourtant, c'est l'hiver, saison où la faim pousse les
animaux sauvages à plus de férocité. À cette période, Duhamel multiplie
les pièges à base de noix vomique, mais une simple bestiole n'a pas
conscience de ce type de danger.
- Début 1765, deux femmes se rendaient à la messe lorsqu'elles furent
rejointes par un homme extrêmement velu qui fit route avec elles. En sa
présence, elles éprouvèrent une peur irrationnelle. Il les quitta
soudainement pour s'engouffrer dans les bois.
- À la même époque, trois ou quatre femmes, circulant à cheval,
croisèrent un homme d'allure suspecte à la sortie de Saugues. Il était à
pied et pourtant, lorsque les femmes arrivèrent à Pompeyrenc, elle
revirent le même homme. Il les encouragea à couper par le bois de
Favart. Elles refusèrent. Arrivées à leur destination, elles apprirent
que la Bête avait été signalée dans le bois de Favart.
- Le soir du 07 février 1765, Pailleyre (surnommé Bégou), qui vivait
seul à Pontajou, se réveilla pendant la nuit. Se croyant plus tard, il
sortit sur la pas de sa porte. À la lueur de la lune, il vit un homme
velu se jeter dans la rivière, sortir de l'eau et s'y jeter de nouveau.
Bégou crut reconnaître Antoine Chastel. Lorsque l'homme l'aperçut, il se
changea en animal et se jeta sur le paysan qui eut juste le temps de
rentrer chez lui et de fermer la porte.
- La légende veut que les trois balles que Jean Chastel fit bénir en
juin 1767 aient été obtenues en faisait fondre des médailles de la
Vierge Noire du Puy. Or, il est connu que seule une balle en argent
peut abattre un loup-garou.
Aujourd'hui, les croyances dans les loups garous semblent ridicules,
mais elles étaient encore tenaces au XVIIIème siècle. En 1574, Gilles
Garnier, accusé d'avoir revêtu la dépouille d'un loup puis d'avoir tué
et dépecé plusieurs enfants, fut brûlé vif à Dôle, dans le Jura.
En
1589, Peter Stump fut arrêté à Cologne. Accusé d'avoir, entre autres
meurtres, dépecé et dévoré treize enfants, l'homme prétendit devant le
tribunal s'être changé en animal afin d'accomplir ses crimes. Il fut
condamné en 1591 à être torturé jusqu'à ce que mort s'en suive. En 1682,
le Roi Louis XVI reconnut la lycanthropie comme une aliénation mentale,
relevant de la médecine. La parution de cet édit ne suffit pas à calmer
les esprits. En France, la dernière condamnation pour garouage date de
1804 (plus de trente-cinq ans après la Bête !). L'accusé s'appelait
Maréchal et sévissait dans les bois de Méry-sur-Seine, département de
l'Aude, où il saignait les enfants.
Reste à identifier l'hypothétique loup-garou du Gévaudan. Antoine
Chastel semble tout désigné. Il a vécu quelques temps en Afrique. Il
aurait pu y être initié à la magie ? Un rituel permettait alors aux
sorciers de s'emparer des forces d'un animal mort en se drapant de sa
dépouille. La prudence s'impose cependant. Antoine Chastel, souvent
décrit comme un sauvage, n'était pas si solitaire qu'il n'y paraît. En
1778, il épousa Catherine Charitat et lui donna au moins six enfants. Le
dernier né vit le jour en 1787. Contrairement à une idée largement
répandue, Antoine Chastel n'est pas mort avec la Bête.
Une punition divine
Bien qu'étonnante, la possibilité d'une intervention céleste fut évoquée
par Monseigneur Gabriel Florent de Choiseul-Beaupré dès la fin de
l'année 1764. Le saint homme recommandait des prières et invitait le
peuple au repentir, seul moyen efficace de lutter contre le «fléau de
Dieu». En l'absence d'explications plus raisonnables, l'hypothèse fut
reprise, une centaine d'années plus tard, par l'abbé Pourcher. Que Dieu
reprochait-il au Gévaudan ? Et bien, d'avoir supprimé la fête de
Saint-Sévérien, premier évêque de Mende, et d'avoir abandonné la
liturgie romaine au profit de la liturgie parisienne. L'idée d'un
châtiment était dominante au XVIIIème siècle. À tel point que les
victimes étaient enterrées sans sacrement, «ayant été tuées par une
bête féroce».
4 – LE MOT DE LA FIN
Avant de clore cette longue analyse, il est bon de rappeler que la Bête
du Gévaudan ne fut pas la seule à avoir ensanglanté la France. Deux
cents ans avant elle, un loup sema la terreur dans la forêt de
Fontainebleau, faisant près de cent cinquante victimes. La Bête d'Evreux
opéra de 1633 à 1634, la Bête de Limoges en 1699, la Bête d'Orléans en
hiver 1709 (elle n'attaqua que des femmes et des enfants, comme la Bête
du Gévaudan), la Bête de Brive en 1783, la Bête de Cézallier entre 1946
et 1951, la Bête du Ramel en 1959, la Bête des Vosges de 1977 à 1988
(Pas de victime humaine, d'où l'absence de recherches) et enfin, la
panthère noire du Cantal en mars 2004 (aperçue par diverses personnes,
cet animal n'était probablement qu'un gros chat). Deux Bêtes ne furent
jamais capturées : La Bête de l'Auxerrois, qui fit vingt-huit victimes
en 1731, et la Bête du Vivarais, qui sévit de 1809 à 1816. Les
témoignages de l'époque la décrivent comme un animal au pelage brun, à la
crinière noire et de la taille d'un âne.
Au début des années 1990 dans l'état du Maine, aux États-unis, un animal
attaqua des brebis et des bovins. Les recherches furent vaines. Finalement, la Bête fut percutée par une voiture sur la route 4 de
Turner. Il s'agissait d'un gros mâtin, preuve qu'un croisement entre deux bâtards peut donner naissance à un animal féroce à l'allure repoussante.
À noter : La rédaction de cet article demanda de nombreuses recherches.
Heureusement, les excellentes études de Monsieur Henri Pourrat «Histoire fidèle de la bête du Gévaudan», l'abbé François Fabre «La
bête du Gévaudan» et l'abbé Pourcher «La bête du Gévaudan» m'aidèrent
dans ma tâche.
Toutes nos félicitations et tous nos remerciements vont à Madame Sylviane Putinier, l'une de nos plus fidèles correspondantes, pour ce
très bon travail couronné par un dessin de son cru, la cerise sur le gâteau !
Source des images: la première image provient de Wikipédia et est du domaine public.
http://fr.wikipedia.org/wiki/B%C3%AAte_du_G%C3%A9vaudan
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