Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

La forêt d'Aokigahara, le lieu le plus hanté du Japon


Pour mon premier article sur le site du CERPI, je vous invite à une promenade en forêt.
Il ne s'agit pas d'un chétif bosquet, mais de la forêt d'Aokigahara...

Aokigahara se situe sur la côte sud de l'île d'Honshu et plus précisément à la base du Mont Fuji, le point culminant du Japon sacré depuis le VIIème siècle. On appelle aussi cette forêt « Jukai » qui veut dire « mer d'arbres », ou encore « la forêt du suicide ». Depuis toujours, les légendes japonaises lui prêtent mauvaise réputation. Les arbres eux mêmes seraient habités d'intentions malveillantes tandis que les âmes en peines, appelées Yureis (1), inviteraient les vivants à se suicider... Bien sûr, il ne s'agit que de légendes et de « on-dit », mais bien souvent ces histoires puisent leur source dans la réalité. Vous l'aurez compris, Aokigahara inspire terreur et tristesse, un lourd fardeau pour une forêt pourtant magnifique.

Cette immense forêt s'étend sur un territoire de 35km². La végétation y est si dense qu'on ne peut apercevoir qu'un petit bout de ciel en levant les yeux. Dans ces conditions, il n'est pas étonnant que l'une des causes de sa mauvaise réputation soit le fait que l'on s'y perde très facilement... l'imprudent visiteur qui se risque à quitter les sentiers balisés perd rapidement tous repères; la densité de la forêt façonnant un paysage partout semblable et étrangement silencieux ! Reste alors la boussole qui, devenue folle (2), indique le nord quand vous vous dirigez tout droit vers le sud. Et vous voilà, tournant en rond pendant des heures alors que vous pensiez progresser dans cet océan d'arbres. Estimez vous chanceux si vous ne croupissez pas déjà dans une crevasse; En effet, le sol qui paraît plane et inoffensif cache sous son douillet tapis de feuilles mortes de larges creux formées par les roches volcaniques.

Alors que vos forces déclinent lentement mais sûrement, vous tombez sur des panneaux aux inscriptions surprenantes; « La vie est précieuse, pensez à ceux qui vous aiment », «Reconsidérez votre geste, appelez les secours». Ces panneaux pourraient s'adresser à vous, promeneur imprudent ! Malheureusement, ils ont pour but de dissuader les personnes suicidaires de passe à l'acte. En effet, cette forêt est le lieu de prédilection des personnes désireuses d'en finir avec la vie.

 <-image de Dentarg (ci-contre)

Vous êtes toujours vivant ? Oui ? Alors poursuivons notre marche...

Toutefois, cet endroit n'a pas été choisi par hasard. Tout aurait commencé durant l'ère Edo (1600-1868), alors que la famine faisait rage, les familles affamées venaient abandonner enfants et personnes âgées au coeur de la forêt comme autant de bouches à nourrir en moins. Ensuite, la nouvelle « Kuroi Jukai » (Mer noire d'arbres) de l'écrivain Seicho Matsumoto est publiée au Japon en 1959. Dans son histoire, il décrit Aokigahara comme étant l'endroit idéal pour mourir. La raison de ce choix étant qu'on peut y mourir en secret car il est difficile d'y retrouver une dépouille. La parution de cette nouvelle sera à l'origine des nombreuses vagues de suicides ayant eu lieu à Aokigahara. Enfin, en 1993, Wataru Tsutsumi enfonce le clou en publiant son « guide complet du suicide » dans lequel il cite des endroits précis de la forêt où votre corps aura le moins de chances d'être découvert...

Cela n'a rien de rassurant, j'en conviens. Cependant, la route est encore longue... Alors marchons !

Alors que l'obscurité s'empare lentement de la forêt, vous devinez les silhouettes des nombreuses cordes restées accrochées aux arbres. et il suffit de se baisser pour ramasser des effets personnels tels que portefeuilles, cartes bancaires, photos, plaquettes de médicaments... Chaque année, des battues sont organisées par des volontaires et des habitants des environs pour retrouver les corps et faire les « comptes ». En effet, le nombre de corps retrouvés est publié dans les journaux et il tend malheureusement à augmenter d'année en année (et au rythme des crises économiques).

Dans la croyance populaire japonaise, la disparition de l'enveloppe charnelle ne garanti pas l'entrée au paradis. En laissant sur terre nos chagrins, colères, haines ou en mourant de manière violente (lors d'un meurtre par exemple)...Nous sommes condamner à errer ici bas sous la forme d'un Yurei (fantôme) apparaissant aux personnes touchées par le sort. Sachant cela, On peut rapidement conclure qu'Aokihagara est infestée de Yureis plus ou moins mauvais ! La peur des Yureis est ancrée au point que lorsqu'un garde forestier trouve un cadavre dans la forêt, il doit le ramener au refuge d'Aokigahara où une pièce spéciale est prévue à cet effet. Ensuite, on tire au sort parmi les gardes pour savoir lequel passera la nuit dans cette pièce avec le cadavre. En effet, on craint qu'en laissant seul le mort, le Yurei apparaisse et vienne hanter les lieux ...

De nombreux témoins affirment avoir assisté à des phénomènes étranges dans cette forêt; Apparitions de spectres, cas de possession, atmosphère malveillante... Est-ce le lieu et ses légendes terrifiantes qui provoquent malaises et visions ou bien les Yureis esseulés qui réclament de la compagnie en vous attirant irrémédiablement dans la forêt?
Je doute que vous veuillez aller vérifier par vous même...

Sur ce, bonne route !

Émilie.

(1) Certaines boussoles classiques ainsi que des appareils GPS ne fonctionnent pas correctement dans la forêt, Certains mettent en cause les roches volcaniques magnétiques, d'autres les Yureis malfaisants... Cependant, l'armée Japonaise, qui effectue des entraînements à Aokigahara, affirme que ses appareils (plus perfectionnés) fonctionnent correctement !

(2) Dans l'art japonais on représente souvent le Yurei pâle et vêtu d'un kimono de funéraire blanc contrastant avec de longs cheveux noirs échevelés. L'absence de jambes et de pieds fait qu'il flotte au dessus du sol. Autour de lui des flammèches bleutées brillent. Le Yurei rôde souvent autour de son lieu de mort, près de son corps mais il lui arrive aussi de suivre une personne comme son meurtrier ou un être aimé. Normalement, un Yurei disparaît une fois son « but » atteint. Par exemple, une fois que son cadavre est retrouvé et qu'il reçoit une sépulture, il peut s'en aller en paix. Malheureusement ce n'est pas le cas de tous les Yureis; La haine des Onryos (spectres vengeurs) est telle qu'il est difficile de les apaiser et qu'il faut alors faire appel aux prêtres Bouddhistes afin qu'ils pratiquent un « exorcisme». Dans d'autres cas, on utilise un talisman saint sur lequel est inscrit le nom d'une divinité, celui ci doit être posé sur le front du Yurei ou attaché à l'entrée d'une maison pour l'en éloigner.

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