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Né
près du Mans, Urbain Grandier rentra chez les Jésuites à Bordeaux, fut ordonné prêtre et nommé archiprêtre de l'Église
Saint Pierre du Marché à Loudun.
Église Saint Pierre du Marché (ci à droite) Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre.
Grand, une vingtaine d'années, belle allure, courtois, il sait parler et séduire. Quoi de plus normal ? Les dames de l'an 1632 l'admirent et les sens d'Urbain Grandier ne font qu'un tour. Mais Dieu est là, dans sa vie, car Urbain Grandier, curé de St Pierre du Marché, a bien du mal à se résigner à ne consacrer sa vie qu'à l'Église, à se consacrer uniquement à Dieu ce qui déclenche quelques mésententes avec le clergé et la bourgeoisie.
Urbain Grandier sait qu'il est admiré par les femmes, il les côtoie un peu trop, s'en approche trop et finit par engrosser la fille de Louis Trincant, Procureur du Roi à Loudun, proche de Mignon, Directeur du couvent de St Ursule.
Mignon devient alors ennemi de Grandier et de René de Brou, Conseiller du Roi à Loudun, qui était son ami puisqu'il n'hésite pas à se marier avec sa fille Madeleine dans l'Église. Saint Pierre du Marché, ordonnant lui-même la cérémonie.
Urbain Grandier déteste le Cardinal de Richelieu qui lui a envoyé le Sieur de Laubardemont son commissaire pour détruire les fortifications de la ville. Il se révolte contre toute forme de pouvoir et contre cette décision. Sœur Jeanne des Anges Mère Supérieure du Couvent des Ursulines en fait aussi les frais. D'un caractère bien trempé et têtu, il refuse aussi sa proposition qui est celle de prendre la direction du Couvent
Il est clair que le comportement d'Urbain Grandier tourmente l'Église. Son traité sur le célibat des prêtres ainsi qu'un pamphlet contre Richelieu intitulé La coordonnière de Loudun, exaspèrent le clergé et ses ennemis n'attendent pas de le condamner.
Jeanne des Anges n'a pas digéré le refus de Grandier de reprendre le Couvent des Ursulines, couvent dans lequel jamais Urbain Grandier n'y a mis les pieds. Rien ne va plus pour lui ! La Mère Supérieure devient hystérique subissant des tourments inavouables avec des rêves qui lui échauffent les sens et dans lesquels Urbain Grandier est présent. Il semble alors que les autres sœurs du couvent subissent le même sort, l'hystérie s'installe, les blasphèmes fusent, elles sont ensorcelées ! Le conseiller d'état Laubardemont ennemi de Grandier adresse alors l'affaire au Cardinal de Richelieu qui demande son arrestation après avoir recueilli des témoignages.
La machine est en route. Urbain Grandier du 4 au 11 Février 1634 est interrogé, on l'accuse d'acte de sorcellerie, Grandier nie et refuse de répondre. Il est emprisonné à Angers.
Toutes les religieuses sont exorcisées en public et les séances se déroulent dans l'
Église Sainte Croix à Loudun. Malgré leurs comportements hystériques, les obscénités qu'elles vomissent, des personnalités leur rendent visite. Tout le monde est choqué, une ordonnance est établie stipulant qu'il est défendu à toute personne de médire ni d'entreprendre de parler des religieuses, et autres personnes affligées de malins esprits sous peine de dix mille livres d'amende et punition corporelle. Collégiale Sainte- Croix (Ci-contre) Cliquez sur l'image pour l'agrandir dans une nouvelle fenêtre.Le 23 Juin 1634, Grandier est de nouveau transféré à Loudun dans un cachot aménagé chez le chanoine Mignon. Urbain Grandier est torturé par le père Lactance et le Capucin Tranquille dans la salle capitulaire dans une partie de l'ancienne chapelle du Couvent des Carmes située dans le quartier du Martray à Loudun. Grandier meurtrit par la torture avoue avoir passé un pacte avec le Diable.
Église Saint Hilaire du Martray ancienne chapelle du Couvent des Carmes (ci-dessous)
Prise de remords, une sœur confessa que tout n'était que mensonge, Laubardemont demanda la confrontation de Grandier et des Ursulines Grandier intelligent et rusé proposa aux sœurs leur soit présentés des prêtres pour qu'elle reconnaissent le sorcier : en vain, sa demande fut rejetée.
Le 8 juillet 1634 le procès commence. Grandier a avoué sous la torture dans la cellule de Mignon mais au procès il n'avoue rien. Seuls, les documents fournis par des proches du Conseiller d'État Laubardemont seront portés au procès. Il s'agit des pactes conclus entre Grandier et Léviathan s'ajoutant à ceux-ci une cicatrice sur le pouce prouvant qu'elle a été faite pour signer le pacte avec le Démon. La sentence fut prononcée : Le bûcher. L' Église et l'État s'étaient vengés.
Après la condamnation de Grandier, sœur Jeanne n'était toujours pas délivrée des Démons pour autant. Étaient-ce d'autres démons envoyés du ciel qui la harcelaient ? On pourrait se poser la question ! L' État était débarrassé de Grandier et la Mère Supérieure fut reçue à Paris avant d'effectuer un pèlerinage en Savoie qui la délivrerait des Démons par le Cardinal de Richelieu, ennemi de Grandier, et présentée à la Reine d'Autriche. Ni le Cardinal ni la Reine n'émirent la moindre crainte que Jeanne des Anges, encore possédée, leur présente ses «nouveaux démons» mais étaient-ils nouveaux puisque la Reine lui demanda de bénir son enfant, le futur roi Louis XIV, dit le Roi Soleil.
Après cette rencontre et après avoir effectué son pèlerinage, le fantôme d'Urbain Grandier n'existait plus, ni pour le Cardinal, ni pour Jeanne des Anges, et surtout les Démons avaient disparu ; Elle avait réglé ses comptes, il ne lui restait plus qu'une chose : finir sa vie, se consacrer à Dieu et lui seul, sans Démons, laissant derrière elle ce qu'elle avait déclenché, l'affaire des possédés de Loudun avec ses accusations, ses sentences ce qui lui valut de mourir en Sainte en 1665, élue et visionnaire de Dieu.
Ci dessous, la Salle capitulaire où fut signé l'acte d'accusation