OSCAR, LE CHAT QUI ANNONCE LES DÉCÈS
C'est Monsieur Daniel. B qui nous a branchés sur l'affaire assez incroyable du chat Oscar. Il la doit lui-même à un très bon article paru dans la "Dernière Heure"
(Journal belge) des 28 et 29/07/2007 que nous allons vous présenter en citation et sur lequel nous allons épiloguer. Alors voilà :
LE CHAT PORTE-MALHEUR
Non ! Il ne s'agit pas d'une affirmation dans l'absolu. Nous avons déjà vu ce qu'il était des superstitions relatives à notre ami à quatre pattes grâce
à Mme Sylviane Putinier, correspondante du CERPI et ses remarquables articles. Mais dans le cas qui nous concerne ici, un simple chat, aux États-Unis, il faut avouer qu'il
y a de quoi se poser des questions ! Apparemment, Oscar sait quand des pensionnaires d'un home vont mourir !
Les choses se passent à New York. "...quand les employés d'une maison de retraite de l'État américain de Rhode Island ont recueilli le petit chat Oscar, ils étaient loin
d'imaginer que ce dernier leur indiquerait, avec une fiabilité jamais démentie, le prochain patient qui passerait de vie à trépas..." C'est en ces termes que la DH
introduit l'histoire de ce félin qui va rapidement se démarquer de ses congénères.
"...L'animal, âgé de deux ans, qui, contrairement à ce que l'on aurait pu imaginer, n'est pas noir mais tigré et blanc, a été adopté par le personnel d'une unité de soins
gériatriques de la ville de Providence. Il a aussitôt révélé une tendance plutôt morbide à déceler quel patient serait le prochain à s'éteindre..." Évidemment, sur ces
entrefaites, les oreilles peuvent déjà se tendre et les objections se formuler : comment donc ce chat s'y prendrait-il pour désigner les futurs pensionnaires de l'autre
monde ? Bien sûr, dans une unité de soins gériatriques, on peut naturellement s'attendre à ce que ces personnes plus vulnérables par définition, décèdent plus fréquemment
que d'autres et dès lors on serait enclins à mettre en doute le rapport de cause à effet. Après tout, le chat en question a peut-être seulement eu "du bol". Voyons donc
comment les choses se passent :
"...Selon David Dosa, gériatre à l'hôpital Rhode Island de Providence, Oscar fait des rondes régulières, observe les patients, les renifle avant de
passer son chemin ou de s'installer pour un dernier câlin..."
Considérant le topo, plus d'un serait dès lors facilement tenté de se demander ce que fait encore cette "sale bête" en ces lieux et pourquoi ne l'a-t-on pas virée derechef.
En fonction des caractères, on imagine volontiers qu'une bonne partie des pensionnaires au moins préférerait ne plus voir cet oiseau de malheur. Mais, jusqu'ici, personne
ne peut prétendre à l'infaillibilité de ce chat et peut-être, comme nous l'avons dit, ne s'agit-il que de coïncidences ?
"...Ses prévisions se sont révélées jusqu'à présent si exactes que, dès qu'il se blottit contre un patient, les soignants contactent les proches et éventuellement un
représentant religieux pour accourir au chevet du prochain défunt. "Personne ne meurt au troisième étage sans avoir reçu la visite d'oscar", écrit M. Dosa dans le New
England Journal of Medicine..." continue la DH dans son article.
Quant à nous, forts de ces premiers éléments et, il faut bien le dire aussi, plutôt sceptiques, nous aurions tendance à nous demander si ces soignants
ne sont pas quelque peu orientés dans leurs jugements et si cette situation ne relève pas d'un grotesque assez évident. Imaginez plutôt : "Allo, Mme Untel ?
Pourriez-vous passer par le centre, s'il vous plaît, car d'après le chat, votre grand-mère ne devrait pas passer la nuit..." Loufoque, non ? Et pourtant...
"...Les Américains sont stupéfiés. Oscar, le chat d'une maison de retraite, aurait annoncé sans faille, la mort de 25 patients. Le procédé est toujours le même :
lorsque Oscar se blottit contre le pensionnaire, ce dernier passe l'arme à gauche... Le corps médical est abasourdi. Dès que le chat va vers un patient, ils
préviennent aussitôt la famille. Ce jeune chat gris et blanc sent-il quelque chose de particulier dans les derniers instants des personnes âgées ?"
Et voilà ! Désormais, le problème est posé ! Ce n'est plus de simples coïncidences dont il s'agit, pensez : vingt-cinq cas forcément avérés, voilà qui dépasse toutes les
probabilités admissibles et si l'on ne peut plus se fier au corps médical, où allons-nous ? Quoi que... Il y a bien sûr moyen de poser la question de différentes manières :
le chat sent-il que telle ou telle personne va bientôt décéder, par exemple parce qu'il perçoit un élément particulier qui le renseigne (et qui le dispose à accorder de
petites tendresses félines au futur défunt) et, dans ce cas, de quel élément s'agit-il ? Qu'est-ce qui le renseigne ? Comment un simple animal que l'on nomme communément
"une bête", peut-il poser un diagnostic aussi fiable (et macabre) ; Autre façon de voir les choses : le chat serait-il la cause du décès des personnes en question ?
Eh oui, personne n'y a pensé à celle-là ! Serait-il porteur d'un virus, d'une bactérie, d'un microbe, que sais-je qui, ajouté aux problèmes de santé des personnes
concernées, précipiterait leur décès ? Bon ! Voilà qui est méchant pour le chat, avouons-le et peut-être n'est-il responsable de rien sinon d'une sensibilité
particulière à mettre en rapport avec une certaine forme de médiumnité. Mais il est étonnant que le corps médical, pourtant généralement pointu en ce qui concerne les
normes sanitaires, n'ait pas pensé à cette possibilité.
Nous n'aurons sans doute jamais la réponse à ces questions, notamment faute d'études spécifiques sur la question (et pour cause !). Toutefois, nous
savons déjà que les animaux peuvent, eux aussi, avoir leurs fantômes. Nous savons que chiens et chats ont des sensibilités et des facultés qui nous sont étrangères, sans
qu'elles ne soient forcément surnaturelles pour autant. On prétend d'ailleurs aussi que tant les chiens que les chats, et même les chevaux entre autres, peuvent percevoir
certaines manifestations de l'au-delà. Dès lors, il est permis d'imaginer à peu près ce que l'on veut. Oscar perçoit peut-être une aura différente qu'il interprète comme
étant synonyme de décès imminent, peut-être voit-il une entité quelconque qui accompagne le futur défunt dans ses derniers instants, un guide de lumière, un ange gardien,
celui de la mort ? À vrai dire, nous n'en savons rien.
Bien qu'il soit entendu que l'on n'explique pas une énigme à l'aide d'une autre énigme, citons un cas vécu au CERPI, celui du chien de notre fondateur, auquel nous cédons
la parole :
"...Dans le courant des années 60, alors que nous habitions à Bruxelles, nous avions un chien bien que nous habitions en appartement. Déjà à l'époque, tous les
propriétaires n'acceptaient pas les animaux domestiques. Mais
Simba, un jeune ratier (ou plus exactement une jeune ratière !) savait se faire apprivoiser. C'était
vraiment une bonne bête, très affectueuse et très propre. Une nuit, pourtant, Simba se mit à hurler comme jamais elle ne l'avait fait auparavant. Mes parents eurent beau
intervenir et lui enjoindre de se taire enfin, rien n'y fit. Ils disaient qu'elle "hurlait à la mort". Mais personne n'alla momentanément chercher plus loin.
Le lendemain, mon père reçut un coup de téléphone. Je me souviens bien de ce vieux téléphone tout noir, avec un cadran à tourner et qui crépitait lorsque l'on composait un
numéro, avec son gros cornet que l'on reposait, une fois la communication terminée, sur une espèce de dispositif à fourche. Mais je me souviens encore mieux de la figure
plutôt embarrassée que mon père faisait en raccrochant. C'est qu'il allait devoir annoncer à ma mère le décès de sa grand-mère, "bobonne Marie", décédée la nuit même. Il
s'agissait donc de mon arrière-grand-mère maternelle et je l'aimais bien. Il était facile de faire un rapport entre ce décès et le comportement de notre chien au cours de
cette nuit. S'il s'agit d'une coïncidence, elle est plus que remarquable. Il n'y avait aucune autre explication au comportement de Simba. Dans ces conditions, il est
difficile de douter que le brave ratier ait "senti" quelque chose, et ce malgré une cinquantaine de kilomètres de distance.
Donc, en ce qui me concerne, je n'ai pas trop de mal à croire à cette histoire de chat qui prédit la mort des pensionnaires de ce home. Quant à savoir ce qui régit le
phénomène, c'est une autre histoire !
Je vais vous citer une autre anecdote qui se déroule de manière plus actuelle. Nous avons toujours des chiens, ce sont nos amis inséparables. Je ne sais par quel
conditionnement ils parviennent à déterminer le retour d'un membre de la famille, parti par exemple pour faire des courses. Ainsi, quand je reviens du travail, mon épouse
en est toujours avertie par leur comportement. Ils s'agitent, regardent vers la porte, on voit qu'ils attendent manifestement quelque chose, un événement particulier et il
est facile de comprendre qu'il s'agit de l'arrivée imminente d'une personne connue. Moi en l'occurrence, mais cela marche aussi avec ma femme ou les enfants. Évidemment,
on pourrait croire que les chiens connaissent l'heure approximative de mon retour, à cause de mes horaires. Mais justement, j'ai des horaires très irréguliers et il est
bien rare qu'ils se trompent ! Cela n'a donc rien à voir avec une horloge interne, comme celle dont on parle pour les humains avec les rythmes biologiques ou rythmes
cosmiques qui conditionne parfaitement leurs estomacs, d'autant que mes plages de prestations sont, elles aussi irrégulières. Ils n'ont donc théoriquement aucun point de
repère.
Par ailleurs, je me suis laissé dire, mais l'information reste à confirmer, que les chiens n'ont aucune notion de l'heure. Somme toute, pour eux, une heure ou un an c'est
à peu près la même chose (en réalité, ce n'est peut-être pas aussi évident car je suppose qu'ils peuvent tout de même se rendre compte que le soleil s'est couché une ou
plusieurs fois, même s'ils ne peuvent compter), ce qui explique qu'ils nous fassent toujours la même fête joyeuse quand on rentre. Or donc, je pense que certains animaux
domestiques tels que les chiens ou les chats (mais ils ne sont pas les seuls) peuvent sentir certaines choses qui nous échappent et je ne sais pas du tout comment cela
fonctionne..."
Reprenons à présent l'article de la Dernière Heure :
"...La légende de Jacob, troisième fils d'Adam et Ève, raconte que le chat est capable de franchir les portes du paradis. D'après la rumeur, il connaîtrait le chemin de
l'éden. On prêterait dès lors de mystérieux dons à ce compagnon à quatre pattes, notamment celui d'entrer en contact avec les morts ou d'en déceler les traces. Avec
Oscar, la légende s'intensifie... Outre la mort, les chats ont la faculté de deviner les tremblements de terre. Étrange ? Non, pas tant que ça... Les scientifiques
justifient ce fait par un mécanisme biologique. Le chat détecterait l'électricité statique ou les activités sismiques avant même le tremblement... A l'instar de la
chouette, animal prêté aux mages et autres sorciers, le chat intrigue.
Une partie de l'explication peut être liée à ses yeux brillant dans le noir. La nuit étant un moment de repos, la crainte d'être épié par un chat, et donc une sorcière ou
tout être maléfique, pourrait sans doute amener un semblant d'explication. De plus, le chat est agile et très discret. Sa couleur alimente également toutes sortes de
craintes et superstitions. Le noir est associé, dans les inconscients collectifs, à la mort et au Diable. Un chat de cette couleur pourrait bien être Satan en personne.
(...)..."
Tout cela est bien beau, mais nous émettons de sérieux doutes quant aux semblants d'explication de la DH. Nous pouvons certes imaginer qu'une espèce de psychose se soit
installée dans la maison de retraite américaine et que l'un ou l'autre patient, particulièrement impressionnable ait pu être effrayé par l'apparition des yeux brillants
d'Oscar dans l'obscurité. Il n'est pas impossible que cela ait pu provoquer une crise cardiaque en provoquant le décès de l'infortuné. Nous avons toutefois beaucoup de
peine à croire que ce même scénario ait pu se reproduire en vingt-cinq occasions... S'il est vrai qu'une maison de retraite soit peuplée de personnes vulnérables, à la
santé souvent précaire et que, d'autre part, le chat lui-même soit entouré d'un halo de mystère, de superstitions et craintes en tous genres, cela nous semble bien
insuffisant que pour justifier ce qui se passe à Rhode Island, tant il est vrai aussi que les vieilles personnes sont parfois beaucoup plus coriaces qu'on ne l'imagine et
que pour certaines d'entre elles, qui ont vu la guerre ou d'autres atrocités, il en faut bien plus qu'un chat pour que "...couic"...
On ne peut guère apporter d'éclaircissements au sujet de l'affaire d'Oscar, pas grand-chose qui puisse expliquer le phénomène en tous cas. Il y a juste quelques petits
éléments tels que les suivants : le chat n'aurait pas été "viré" parce que les pensionnaires et leurs familles apprécient sa présence, laquelle constitue aussi un réconfort
pour des personnes parfois trop seules. Par ailleurs, on suppose aussi que le décès doive survenir avec ou sans son intervention, le seul problème résidant alors dans le
fait d'accepter ou de refuser que l'on sache... avant que l'issue fatale est proche.
Un médecin de la maison de retraite avance quant à lui une hypothèse : le chat se blottirait près de certains pensionnaires en recherchant le confort dont ils disposent
parce que, précisément, on sait que leurs derniers instants sont en cours. Voilà qui nous apparaît un peu comme une pirouette de zététicien, avec de surcroît, une
référence circulaire ce qui serait un comble de leur part !
En effet, dans ce cas, cela signifierait que le décès de la personne soit facilement prévisible (puisque l'on a déjà pris certaines dispositions) et, dès lors, il n'y a
plus guère de raison de s'étonner de la présence du chat, laquelle ne veut plus rien dire. Il semble aussi que l'infaillibilité d'Oscar ne soit pas absolue, il y aurait
donc des cas dans lesquels il se serait malgré tout trompé (quelle déception pour ceux qui pensaient être enfin débarrassés de leur belle-mère !).
Mais ce sera finalement le mystère qui aura le dernier mot (et le dernier miaou reviendra à Oscar...) puisqu'il aurait aussi trompé... même les trompe-la-mort ! En effet,
toujours dans le même établissement, on aurait crié hâtivement à une défaillance du chat lorsqu'un patient aurait accédé à un état franchement désespéré, présentant toutes
les caractéristiques médicales d'une mort imminente, mais sans réaction d'Oscar. Celui-ci serait passé à côté du mourant, l'aurait reniflé comme dans les autres cas pour
s'en désintéresser ensuite et poursuivre son chemin. Pourtant, une dizaine d'heures plus tard, ce sacré Oscar est revenu sur ses pas, s'est blotti contre le patient en
fâcheuse posture et... ce dernier est décédé deux heures après !
Nous vous tiendrons bien sûr au courant si de nouveaux éléments devaient survenir dans cette affaire. Une affaire dans laquelle le chat est la vedette et qui arrive deux
jours trop tard pour voler celle d'un certain "Catwoman", diffusé récemment sur nos petits écrans. Voilà pour ce qui est du petit clin d'œil à Désiré...
L'intéressé est décédé le 22 février 2022 à l'âge de 17 ans, des suites d'une courte maladie.
Nous remercions tout particulièrement Monsieur Daniel B qui nous a inspiré cet article.
Les deux dernières images sont de notre correspondante Mme Sylviane Putinier que nous remercions vivement.
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