Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Sargatanas


Tout en présentant ici, à l'usage général de nos lecteurs, les indications relatives à Sargatanas, nous poursuivons notre enquête qui a pris son point de départ grâce au livre de Preston & Child (Mortel Sabbat). Il y a donc deux angles d'approches possibles. Voici ce que dit le dictionnaire infernal "officiel" à propos de Sargatanas.

Brigadier en Chef de l’Empire Infernal, il dépend d’Astaroth ; c’est le cinquième Archidémon, et il a sous ses ordres Loray, Valafar et Morax (et ses alias). Il est le chef de la police infernale et veille à l’ordre intérieur de l’Empire.
(Fonctions magiques) : il règle tout ce qui a trait à la fourberie, à la trahison, à la calomnie, à l’hypocrisie et à la simulation ; il donne l’invisibilité et l’ubiquité ; il incite à la révolte et à l’absence de pitié ; il révèle tous les sortilèges des bergers, ouvre toutes les portes, brise les obstacles, permet d’accéder au Pouvoir et même d’être accepté chez nos plus mortels ennemis ; il suscite les révoltes, les révolutions, les coups d’état, les manœuvres politiques et l’espionnage. C’est le démon des intrigants, des gens sans scrupules, des menteurs, des traîtres, des bourreaux et des gens injustes.
(Visualisations) : aucune.
(Magie) : Attention : ce démon aime punir et nuire sans aucune pitié ; son absence de matérialisation le rend très dangereux, et il n’est pas rare que Sargatanas s’en prenne au Mage ou à ses sollicitants. Il déteste les faibles, ainsi que les gens honnêtes. Malheur à tous ceux-là, car il les détruira sans tarder. Il se conjure le mardi, et il faut faire offrande d’une mèche de cheveux du demandeur, jetée dans un peu de sang. C’est dire le danger de l’invoquer.

Commentaires (dans le cadre de notre enquête)

Nous n'avons pas, dans le cas présent, d'équivalent descriptif de Preston & Child. Ce n'est pas vraiment important, Sargatanas - qui n'a donc rien à voir avec Satanas, est simplement désigné comme intermédiaire privilégié de Morax. C'est-à-dire que pour s'adresser à lui (le conjurer) il faut passer "expressément" par ce fameux Sargatanas.

Encore une fois, cela nous semble assez contradictoire avec les éléments hiérarchiques mais cela peut se concevoir dans l'optique d'une intervention policière, fonction concernant bien Sargatanas. À cause de ce triste sire, nous serons obligés d'aller voir à Astaroth, mais aussi à Loray et à Valafar. Les forces des ténèbres nous obligent à bien des détours, mais on s'y attendait un peu...
Nous notons la cinquième position alors que l'événement initial se situe précisément le cinquième jour de l'année, mais nous concevons bien qu'il puisse tout à fait s'agir d'une coïncidence forcée de notre part. Nous n'en tiendrons donc que très peu compte.
Nous notons aussi (et ce n'est pas la première fois dans cette affaire), le point de l'invisibilité. As de l'espionnage et fonction policière obligent, Sargatanas se devait de jouir de cette faculté (évidemment aussi valable pour les humains, bien sûr !) "As de l'espionnage" ? Voilà qui nous donne à réfléchir, mais encore une fois ne cherchons pas trop de coïncidences là où il pourrait ne pas y en avoir. Dans la même optique que précédemment, l'absence de visualisation était prévisible. En même temps, cela signifie ipso facto qu'il ne pouvait apparaître dans aucun témoignage lors de notre enquête, même par la bande, et seul un rituel approprié, par une personne avisée, aurait donc pu le solliciter. A moins d'évoquer un tiers éventuel - dont nous ne disposons pas a priori - cela ne semble donc pas concerner notre affaire, ou seulement de manière indirecte. Nous serions donc tentés (ce qui devrait être normal en parlant de démons...) de conclure que nous sommes sur une fausse piste. Pas si vite !
Nous voyons en effet que malgré l'absence de visualisation ou de matérialisation, le dictionnaire infernal "officiel" stipule bien que l'on puisse conjurer Sargatanas. Voilà qui, tout de même, nous épate un peu, vu que le jour préférentiel (rectification : impératif !) de conjuration se situe le mardi. Paf ! Le début de notre affaire initiale se situe non seulement le 5 de l'an, mais - en plus - il s'agissait d'un mardi. Pan dans le mille, Émile ? Encore une fois, pas si vite !

Car, apparemment, le rituel nécessiterait une offrande constituée d'une mèche de cheveux (du demandeur) jetée dans un peu de sang (merci de ne pas en avoir demandé des litres !) Cela peut se faire rapidement, sans trop de problèmes. Nous voulons dire par là qu'il ne faut pas se chercher de complications dont la sorcel lerie démonologique a parfois recours, avec des poils de chauve-souris recueillis le matin de la chandeleur et macérés dans le venin de serpent pendant trois lunaisons...) Or donc, l'intéressé aurait pu tenter lui-même une conjuration en procédant comme indiqué, mais nous ignorons s'il connaissait seulement l'existence de Sargatanas. Nous aimons mieux penser, vu le peu de culture de l'individu, à l'intervention d'un tiers. Le problème, c'est que cela pourrait être à peu près n'importe qui, à condition d'être avisé du procédé et de ses suites.

Sans le poser comme une affirmation, nous remarquerons la possibilité d'une intervention tierce et différée. Expliquons-nous : l'épicentre n'aurait rien demandé à personne et serait donc bien une victime (ce qui paraît assez évident). Il aurait donc souffert d'un recours, par exemple à Morax, par l'intermédiaire de Sargatanas, exercé à son insu par une personne (ou un égrégore) qui aurait mandé la sollicitation par voie mentale, à laquelle aurait donc manqué les éléments de l'offrande. Soit le "pacte" aurait pu se conclure accidentellement lors de l'opération de l'individu à la tête (opération qui est réputée avoir bien eu lieu et probablement même à trois reprises d'après certaines sources...) - du sang est entré en contact avec ses cheveux, comme préconisé ; soit pseudo "volontairement", entendez par là que le mandataire savait que cette intervention chirurgicale allait se produire et que la condition allait selon toute vraisemblance être respectée sans devoir se chercher de complications. Dans ce cas, nous aurions évidemment affaire à un être retors, rusé, et bénéficiant d'un certain degré d'intimité avec l'individu concerné.

Cela fait assez compliqué, mais c'est envisageable ! On a vu des coups beaucoup plus tordus se réaliser sans avoir besoin de démons pour autant !

Fort bien, nous rangeons ces éléments dans nos documents d'enquête. Il faudra composer avec (tout) le reste.

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