Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Le château de Bran


Le château de Bran, connu comme étant le château même de Dracula, alias Vlad Tepes doit surtout sa réputation et son succès touristique à l'imagination de Bram Stoker et le lieu, bien que réellement chargé d'histoire et méritant absolument votre visite a principalement été mis en valeur des oeuvres cinématographiques innombrables dont le monstre sanguinaire et légendaire a fait l'objet.

Ne nous le cachons pas, avec sa silhouette en nid d'aigle (mais on a vu pis !) qui se profile de manière particulièrement lugubre une fois la nuit tombée (surtout si on pense au vampire qu'il abrita), sillonné de chauves-souris (parfaitement inoffensives), comptant en son sein un véritable labyrinthe composé, entre autres, de couloirs étroits et de salles basses et de souterrains, mais aussi de véritables trésors historiques, le château impressionne incontestablement.

Les histoires qui circulent sur son compte (et aussi sur son Comte) en ont fait un véritable piège à touristes et la chose est assez regrettable, ce qui n'enlève en rien de l'intérêt de la visite, à préférer hors saison si possible. C'est que, selon certaines sources, Dracula y aurait élu domicile "à demeure", selon d'autres il n'y aurait passé qu'une nuit, ce qui y est certain c'est qu'il y a mis les pieds ! Certains faits historiques stipulent que sa fondation repose sur l'un des "exploits" de Vlad Tepes qui aurait obligé un important groupe de prisonniers à effectuer d'abord une marche d'une centaine de kilomètres sur une route difficile avant de les contraindre à participer à la construction dudit château. Il n'est pas nécessaire, pensons-nous, d'ajouter que de nombreuses personnes moururent à la tache. Lorsque l'on connaît la réputation de Vlad Tepes, on se dit que ce n'est pas impossible. Toutefois cela ne semble pas correspondre avec d'autres dates et faits historiques et le fait relaté ici doit probablement plutôt concerner la forteresse de Poeinari, qui se dresse, elle, comme un endroit plus conforme à la tradition "vampirique".

Aujourd'hui, faut-il le dire, le château de Bran a perdu beaucoup de son aura de mystère via Dracula. C'est pourtant aller un peu vite en besogne car d'autres faits, historiques et indubitables, viennent indirectement renforcer la légende. Un sujet que le CERPI se devait de mettre en évidence...

Nous allons explorer virtuellement ce château, qui en vaut réellement la peine rappelons-le, mais bien entendu en mettant surtout l'accent sur ses connotations surnaturelles en rapport avec le vampirisme. Le château de Bran comporte son lot de satisfactions touristiques par son charme indéniable, son aspect romantique en parfaite concordance avec le caractère de la Transylvanie, une terre qui gagne à être connue et qui assure le trait d'union avec un volet plus litigieux concernant la personne du vampire, à savoir son charisme, mais aussi l'érotisme flagrant qui s'en dégage. Traditionnellement, le vampire a beau être un monstre assoiffé de sang, un être terrible et redoutable décrit parfois comme débordant de charme (un charme devenu un peu désuet si l'on pense à Christopher Lee, beaucoup plus apparent si l'on considère Gérard Butler, qui semblerait plus à son aise dans une série du style Alerte à Malibu !), le vampire a incontestablement beaucoup de succès auprès du sexe dit faible. Même s'il est parfois décrit comme un être puant, devant parfois se contenter d'excréments ou de chair humaine (la sienne en l'occurrence, en période de pénurie ou animale) au corps gonflé et jauni, au faciès inquiétant, il a aussi la "beauté du diable" et sait conquérir le coeur des femmes. Il est vrai qu'il dispose aussi d'arguments et de pouvoirs auxquels n'accède pas le commun des mortels et que, en désespoir de cause, il peut aussi prendre par la force ce que refusent les réels sentiments. En outre, la vampirisation établit une dépendance incontournable qu'il met évidemment à profit. Mais en ce qui concerne le fait de "prendre le coeur des femmes", nous allons voir ce qu'il en est en réalité.

Le châteaux de Bran faisait partie d'un ensemble de citadelles sur la frontière au XVème siècle (1377) époque contemporaine de Louis 1er d'Anjou roi de Hongrie. Celui-ci fut édifié sur une roche à 60m de hauteur, un agencement exceptionnel, des pièces secrètes et des couloirs étroits, en font un vrai labyrinthe. Ce château était destiné à être un point stratégique, militaire et commercial. Dans la cour intérieure, il y a une fontaine de 57m profondeur, des souterrains un four à pain et une prison. En 1920 la reine Marie, nièce de la reine Victoria de Grande Bretagne reçu ce château en don de la ville de Brasov. Celui-ci fit office de résidence d'été. Voilà un point qui affligera peut-être les belges car la famille des Dracula est effectivement apparentée à celle des Windsor et donc des Saxe-Cobourg Gotha

La légende dit que le cœur de la reine marie, gardé dans une boite d'argent et a été découvert dans une niche secrète. La question serait de savoir par quel mystère le coeur d'une reine a pu aboutir dans le château de l'être aussi tristement célèbre que Dracula, mais c'est ce que nous allons pouvoir subodorer d'ici peu, à la lecture de ce qui suit.

Construit en 1378 sur le sommet d'un rocher, le Château de Bran visait un but défensif et de contrôle en ce qui concerne la route commerciale qui relie la Transylvanie à la province de Valachie. Il a aussi été point de douane, résidence royale et aujourd'hui musée d'histoire et d'art féodal. Le mur de défense est construit en pierre de calcaire brute, mais suite aux restaurations successives, certaines parties sont désormais en briques.
Entre 1920 et 1930, le château a abrité la résidence royale. Les modifications et les nouveaux aménagements ont été réalisés avec très bon goût. On y trouve des portes sculptées valant à elles seules le détour. Dans le parc situé en contre bas du château, un musée à ciel ouvert présente les habitations paysannes et annexes des métiers traditionnels des villages de la région de Bran.

La véritable histoire du château ?

Le premier château aurait été construit par les Chevaliers Teutoniques au début du XIIIe siècle pour contrôler la passe Rucar-Bran, une route commerciale stratégique importante. Ce château initial était en bois et la garde permanente était constituée de soldats locaux et de quelques chevaliers de la ville voisine de Christian, construite aussi par les Chevaliers Teutoniques. La tour de garde en bois fut assiégée et brûla totalement en 1242 lors de l'invasion des Mongols. On est donc loin, ici de l'histoire préconisée par certains, attestant d'un travail de forçat imposé par le "vampire".

En 1377 le roi de Hongrie Sigismond de Luxembourg, gouverneur de Transylvanie, missionne le bourg de Braşov pour construire une nouvelle forteresse de pierre au sommet du Rocher de Dietrich, pour établir une position défensive sur la passe. Il s'agit aussi de collecter les droits de douane des marchands qui l'empruntaient. Une fois achevé, le château et ses environs sont gouvernés par un homme (nommé castellan) payé par la Chambre du Conseil de Braşov. A l'origine, la garnison est composée d'archers anglais. Durant la période médiévale, le château passe plusieurs fois aux voïvodes de Valachie, comme Mircea I l'Ancien (Mircea cel Bâtrăn) ou son petit-fils Vlad III l'Empaleur (Vlad Ţepeş). De ce côté, c'était donc vrai et Vlad Tepes aurait donc fait bien plus que d'y passer seulement une nuit. Malheureusement, d'autres sources prétendent qu'il n'en existe aucune preuve sérieuse...
Il est amélioré et des tours sont ajoutées. En 1663, la Tour poudrière explose et endommage gravement le côté ouest du château, mais elle est reconstruite.

Pendant le règne des Hohenzollern sur le trône de Roumanie, le château est amélioré et transformé en résidence d'été. La reine Marie aime tellement le lieu qu'elle souhaite que son cœur soit enterré après sa mort dans la colline faisant face au château. Ainsi, il aurait plutôt été question d'un voeu personnel que d'une sombre affaire !

En 1927, pendant le règne de la reine Marie, on découvre le célèbre passage secret. Le passage relie deux étages du château et on suppose qu'il avait été installé pour espionner ou pour évacuer les lieux plus facilement. Un tunnel secret est aussi mis au jour, qui relie la fontaine du jardin intérieur à la base du château, le jour où un gamin tombe dedans accidentellement. N'y voyons toutefois pas trop de mystère car il était fréquent, à l'époque, que l'on aménage des passages secrets dans les châteaux. Le but était évidemment de permettre une sortie, une fuite ou évasion lors d'un siège éventuel, bref toutes sortes de trafics. Mais dans le contexte qui nous intéresse, cela ouvre aussi la porte à toutes les spéculations...

Le château est transformé en musée national et est ouvert aux visiteurs dans les années 1950.

Le 26 mai 2006, le château de Bran a été restitué à son propriétaire, Dominique de Habsbourg, le petit-fils de la reine Marie, 58 ans après avoir été confisqué par les communistes. Cet architecte de 68 ans, vivant aux États-unis, a conclu une entente assurant que le château restera un musée durant au moins trois années supplémentaires. L`avenir du château suite à ces trois années est aujourd'hui indéterminé mais il est possible que Dominique de Habsbourg décide soit de le garder, soit de le vendre à la Roumanie dans les trois prochaines années.

Avec ou sans Vlad Tepes, alias Dracula ?

Tout d'abord, pour répondre à la question de savoir si Vlad Tepes a possédé le Château de Bran, aucun document écrit ne le mentionne formellement.

Toutefois, l'histoire atteste plusieurs campagnes entreprises par Vlad Tepes pour punir les marchands saxes de Brasov qui n'obéissaient pas aux ordres du voïvode en ce qui concerne le commerce dans les marchés de Valachie. L'expédition de Vlad Tepes s'est faite par Bran, ce passage étant le plus approprié pour aller de Brasov à Targoviste, résidence du prince munténien.

Mais, l'histoire la plus connue serait celle liée à la période d'emprisonnement de Vlad Tepes en 1462 quand il aurait été enfermé par le roi Matei Corvin de Hongrie. Matei Corvin a capturé le prince roumain à proximité du château du Pont de Dambovita, près de Rucar, situé à environ 25 km de Bran et a enfermé Vlad Tepes au château de Bran pour environ deux mois. Bien qu'il n'existe aucun document attestant ce fait, des historiens soutiennent cette hypothèse.

Le vampirisme trouve t'il sa fin avec Bran ?

On n'aura probablement jamais le mot de la fin en ce qui concerne la présence de Vlad Tepes au château de Bran. Mais, paradoxalement, tout en trouvant la mort en 1476, Dracula n'allait certainement pas tomber en même temps que le vampirisme, entendez par là les histoires de vampires ou assimilées, que du contraire ! Il allait renaître de ses cendres, sous une autre forme bien plus terrible encore, mais en version féminine sous les traits de Erzebeth Bathory, surnommée "la comtesse sanglante". Ce n'est pas tant l'endroit qui est concerné par les faits en l'occurrence, mais n'anticipons pas. Disons tout d'abord deux mots de cette fameuse et inquiétante comtesse sans en dire de trop car cela fera l'objet d'une autre rubrique.

Son blason se composait de trois dents de loup, d'un croissant de lune, d'un soleil en forme d'étoiles à six pointes, le tout entouré d'un dragon se mordant la queue. Bien qu'un peu passe-partout en matière de surnaturel, on ne peut s'empêcher de voir dans ce dragon une allusion au fameux voïvode. Elle est née en 1560, soit près de cent ans après la mort de Dracula, mais elle n'a pas tardé à se constituer une réputation terrifiante. C'est que, à la longue, les habitants de la région firent un rapprochement inévitable entre le culte du saphisme de leur comtesse et la disparition de plus de six cents de leurs jeunes filles, vierges pour la plupart... Lorsque l'enquête aboutit, l'horreur était réellement au rendez-vous et n'avait pas grand chose à envier à Vlad Tepes, l'empaleur !

Pour l'accomplissement d'un rituel dément en faveur de sa beauté, la comtesse saignait à mort ses prisonnières, non sans les avoir préalablement marquées au fer rouge alors qu'elles étaient enfermées dans des cages suspendues, leur avoir coupé les doigts un à un au sécateur afin de remplir sa baignoire de leur sang... Elle réservait d'autres traitements à ses détenues, lesquelles visitaient parfois aussi "la vierge noire". Il s'agit d'une espèce de sarcophage hérissé de pointes vers l'intérieur. Dès que l'on en refermait la porte, le sujet se trouvait embroché de toutes parts. Erzebeth Bathory finit emmurée vivante et il paraît que toute sa beauté avait effectivement été préservée. Voilà qui révolutionnerait à coup sûr l'industrie cosmétique tout en donnant beaucoup de travail aux pompes funèbres, le défaut de la technique résidant dans le fait de trouver des volontaires !

Mais outre ces turpitudes sanglantes et atroces à souhait, un détail nous intéresse : la comtesse sanglante était issue d'un mariage consanguin. Anna, sa mère, soeur d'Etienne Bathory, avec György Bathory son cousin, eut quatre enfants : Istvan un fou sadique, Erzébet et enfin deux filles, Sophie et Claire. Quelques uns de ses parents avaient des problèmes psychiatriques. Etienne Bathory, nommé prince de Transylvanie en 1571, mourut le 12 décembre 1586, épileptique... Istvan, illettré, menteur, faux monnayeur, finit ses jours dans le délire. Bref, la comtesse sanglante avait déjà incontestablement une lourde hérédité et il est difficile de se prononcer, si longtemps après, afin de déterminer si les violents maux de tête dont elle se plaignait et qui la plongeaient jusqu'aux convulsions à même le sol provenaient de crises d'épilepsie ou de crises d'hystérie à rapprocher d'une éventuelle possession démoniaque. A moins qu'il ne faille rappeler que Vlad Tepes aurait fait un pacte avec le diable, lui garantissant l'immortalité et la victoire contre toutes sortes de cruautés extrêmes (ce point est évoqué sérieusement dans plusieurs sources !). Il faut surtout dire, pour terminer, que Vlad Tepes et Erzébeth Bathory étaient probablement apparentés ! Souvenez-vous : Vlad Dracula a eu trois femmes reconnues, Jusztina Szilagyi mère de Mihnéa Ier, Cnaejna Bathory de Transylvanie (probablement de la famille de Erzsébet Báthory) mère de Vlad IV Tepelus et Ilona Hunyade (Nelipic) de Valachie.

Décidemment, le monde est petit, même chez les vampires !

SUITE - PRÉCÉDENTE - SOMMAIRE - SOMMAIRE DU SURNATUREL - ACCUEIL - HAUT