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ÉNIGME DE LA MORT DE DRACULALe nom du comte Vlad III Tepes, connu plus comme Dracula, de nouveau ne laisse personne en paix. Cette fois-ci, pas dans des thrillers cinématographiques mais dans le livre d Elisabeth Kostova “L'Historienne” qui est paru en librairie de tout le monde entier. Il est écrit pas mal sur la vie du souverain cruel de Valachie du XVe siècle. On a inventé et imputé encore plus mais il n’y a presque pas de renseignements sur sa mort ou bien ils sont assez contradictoires. Dans son roman, E. Kostova, en utilisant les chroniques du moine Zacharie du monastère “Zograf” d’Athos, essaie de deviner le secret de l’enterrement de Dracula. Et comme nous allons le voir, les traces de cette histoire nous mènent en Bulgarie. D’après le récit du moine de Valachie, Stefan le Pèlerin, qui a été reproduit dans les chroniques de Zacharie de Zograf, Vlad Tepes tombe mort dans une bataille contre les Turcs. Ils empalent sa tête coupée en cadeau au Sultan. Mais la suite de Tepes arrive à emporter le corps de son seigneur du champ de bataille. Les raisons de cet acte sont inconnues. Stefan le Pèlerin est chargé de la mission de transporter à Constantinople avec d’autres moines le corps décapité de Vlad III. Les moines se mettent en route suivant évidemment l’ancienne voie romaine qui passe à travers du Rhodope , en descendant, au plus logique, à des églises et des monastères qui ont été conservés dans la Bulgarie de cette époque-là après sa conquête par les Turcs. Dans le Rhodope, c’est le monastère de Batchkovo qui restait le plus grand centre d’esprit chrétien pendant les cinq cent ans du joug des Osmanlis. Il serait normal de supposer que les moines y aient passé quelques jours. La mission atteint Constantinople, probablement fait là un rituel spécial avec le corps et reprend sa route de retour en Valachie via la Bulgarie. Mais ici, Elisabeth Kostova nous prouve qu’elle écrit un roman et non une étude historique. Dans son livre elle n’envoie pas les moines dans leur monastère en Roumanie mais dans le monastère bulgare de Saint George. D’après le roman, c’est un petit couvent qui n’a pas beaucoup de moines, qui est situé pas loin du monastère de Batchkovo. Et selon le roman, c’est dans le monastère de St. George que le corps de Dracula a été enterré par les moines et, plus tard, le monastère même a été brûlé par les Turcs. Est-ce la fiction artistique ou le fait historique ? Comme il s’est trouvé, à 10 minutes de Plovdiv (grande ville dans la Bulgarie du Sud), au pied du Rhodope et pas loin de Batchkovo, en effet, il y a un petit monastère qui porte le nom de Saint George. Il a été construit en 1020, brûlé pendant la domination turque et reconstruit en 1800. Pendant toute son existence, le monastère a eu peu de moines. Aux années 60 du XXe siècle, il est devenu féminin. Les archives du saint couvent n’ont pas conservés, évidemment, à cause de l’incendie. C’est-à-dire, l’histoire du monastère s’est plongée dans le Léthé et personne ne sait presque rien sur son passé. Une ancienne chronique latine mentionne quand-même le nom du monastère, en decrivant la mort de l’évêque catholique Alvisus Atrebatensis pendant la IIe croisade (1147-1149) à Plovdiv. Il a été enterré dans l’église de St. George qui se trouvait hors de la ville. Aux alentours de Plovdiv il n’y avait qu’une église (du monastère) de St. George – celle-ci en question. Qui et pourquoi a-t-on choisi le monastère orthodoxe pour enterrer le prêtre catholique ? Où se trouve son tombeau ? Evidemment, après autant de péripéties de l’histoire orageuse du monastère, il n’a pas été conservé. Mais les coïncidences des événements que E. Kostova décrit dans “L'Historienne” et l’histoire du monastère réel font y réfléchir. L’auteure, elle-même, ne savait rien de ce que le monastère de Saint George existe en réalité. Elle a choisi ce nom car Saint George est présent très souvent dans l’iconographie bulgare, or le fait de l’incendie est typique dans l’histoire des monastères dans la Bulgarie de l’époque du joug ottoman. Le monastère même se trouve dans un endroit pittoresque et tout son aspect fait une impression agréable. Calme et silence, idylle et apaisement. Il n’y a pas même une allusion sur quelque chose d'oppressif et déprimant.Mais devant la porte en bois qui mène dans la cour on peut voir les restes des murs en pierre (un rempart ou une fortification ?) situés en terrasse, ainsi que la voûte qui ressemble a l’entrée d’une crypte ou d’un souterrain. Tout le terrain est entouré du fil de fer et la porte est fermée en cadenas. L’impression qui se fait en regardant ce paysage est plutôt sinistre, surtout par rapport à celle du monastère. Personne ne sait non plus rien sur ces “murs” : qui et quand les a érigés et pour quel but. Ces questions restent sans réponses. Il n’y a qu’une chose qui est sure : ces constructions sont au déclin de l’âge. Pendant le Moyen Age, les moines du monastère de Saint George ont soutenu des liens étroits avec leurs frères du monastère de Batchkovo. En ce qui concerne Vlad III Tepes lui-même, il y a pas mal d’informations sur lui dans des archives des monastères d’Athos. Mais le mystère auprès sa mort continue à inspirer des écrivains, des metteurs en scène et provoquer les historiens. Le plus intéressant dans notre histoire est que, peut-être pour la première fois dans la littérature, la fiction, l’idée du roman coïncide aux faits de la vie réelle. Mais jusqu’à quel degré est cette coïncidence ?Texte issu du bulgare ou du russe et arrangé de notre
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