Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Les djinns


On le sait, le CERPI ne dépend d'aucune obédience religieuse ni autre. Néanmoins, il faut bien évoquer le cas des entités "religieuses" tout simplement parce que le groupement rencontre des cas de possessions et que celles-ci sont parfois le fait de ces entités. Encore que, bien entendu, selon la religion d'où l'on se place, celles-ci peuvent avoir des noms différents, des origines diverses, et pareil en ce qui concerne les significations, les capacités, etc. Le groupement a convenu depuis longtemps qu'il n'était pas possible de parler sérieusement de surnaturel sans évoquer les entités "religieuses". Or, voilà, les djinns en font partie et ce n'est pas le fait qu'elles n'appartiennent pas, ou en tous cas pas directement, au christianisme, qui nous empêchera d'en parler. Ce qui prouve donc bien que nous n'exerçons aucune discrimination quant aux différents théismes.
C'est avec beaucoup de plaisir que nous cèderons la parole au frère du leader du groupement, Patrice en l'occurrence, qui a choisi la voie de l'Islam pour nous parler des djinns. Nous nous permettrons simplement, lorsque ce sera indiqué, les comparaisons éventuelles qui s'imposent.

Les djinns, sont des entités qui peuvent prendre possession de tout un chacun, pour autant qu'il y ait des ouvertures, choses qui ne manquent guère dans ce bas monde... (NDLR : Ce n'est certes pas le CERPI qui prétendra le contraire à ce propos. Remarquons simplement que Patrice utilise le mot "ouvertures", ce qui dans le cas des démons peut se rapprocher à ce que nous avons appelé "portes ouvertes". Il y a un parallèle.)
Les djinns (ou jinns) sont des créatures issues de croyances de tradition sémitique. Pour la clarté des choses, il convient de stipuler ce qui suit : Les Sémites sont un ensemble de peuples utilisant ou ayant utilisé les langues sémitiques. Ils regroupent plusieurs peuples différents, et dont les individus les composant sont d'origines ethniques différentes. La seule utilisation de l'adjectif «sémite» (ou «sémitique») fondée scientifiquement se fait dans le cadre de l'étude des langues : on désigne alors sous ce vocable les langues araméennes modernes, arabe, hébraïque et éthiopienne, et leurs parents antiques maintenant éteints comme l'akkadien, le syriaque, l'amorrite le phénicien ou l'ougaritique. L'antisémitisme comme le veut l'acception des auteurs du terme, désigne une forme de racisme envers les personnes d'origine juive. Il convient donc d'ajouter qu'un concept de race sémite ou sémitique n'a pas de sens scientifique, et n'existe que dans les représentations mentales des tenants du racisme, le plus souvent antisémite. Continuons le raisonnement en ajoutant que le mot a été forgé au XVIIIe siècle à partir du nom propre Sem (en hébreu «nom, renommée, prospérité») désignant un des fils de Noé, duquel, selon la Bible, seraient issus plusieurs peuples comme la plupart des tribus arabes, certaines tribus arabes sont également de souche chamitique, comme les Hébro-Égyptiens, Araméens et Phéniciens. Ce que nous pouvons en déduire réside dans le fait que certains termes, utilisés soit dans l'Islam, soit dans le judaïsme ou encore dans le christianisme, proviennent donc bien des mêmes origines. Ce que les pères des églises ou confessions en ont fait au niveau des évolutions et des interprétations est une autre question.

Ils sont en général invisibles, pouvant prendre différentes formes (végétale, animale, ou anthropomorphe); ils ont une capacité d'influence spirituelle et mentale sur le genre humain (contrôle psychique : possession) mais ne l'utilisent pas forcément. (NDLR : le christianisme entre en accord avec ce qui précède, aussi bien en ce qui concerne le côté anthropomorphe de ces entités, ne conçoit pas de contradiction pour ce qui est de la forme animale puisqu'il a été écrit que non seulement des démons pouvaient revêtir des formes hybrides, dont animales, ou que des possessions aient été déviées vers des animaux ; par contre, il est moins question du monde végétal, sans toutefois que cela ne représente de contradiction fondamentale. Simplement, les végétaux se manifestent sans doute de manière moins spectaculaire dans leurs comportements, mais leurs agissements, souvent nettement plus lents, peuvent avoir quelque chose de démoniaque, virulent, toxique, etc.)

Selon l'Islam, ils ont le pouvoir de posséder ceux qui sont en état de souillure (ceux qui ne font pas leurs ablutions rituelles ou qui consomment des aliments interdits (drogue, alcool, sang, viande non licite). Au niveau du christianisme, il existait également des aliments interdits, lesquels sont d'ailleurs clairement définis dans la Bible. Mais les alliances ont allégé ces exigences. Ce sujet pourrait nous mener loin car on remarque de nombreuses différences selon les religions ou leurs dissidences et les évoquer toutes serait ici fastidieux).

Il y a de bons et de mauvais djinns ; les mauvais sont nommés Shayatin...
Le document ci-contre évoque des nuances importantes entre anges, djinns et Shayatin (NDLR).
Le terme même de "Shayatin" serait-il à rapprocher, dans le sens où nous parlions plus haut, de celui de Satan ? Une question sur laquelle nous devrons revenir.
Dans l'Islam, les djinns sont des créatures dotées de pouvoirs surnaturels. Ils ont été créés d'un maillage/tissage de "lumière d'une flamme subtile, d'un feu sans fumée", et tout comme les humains ils sont appelés à croire et subiront le jugement dernier...
Satan, nommé Iblis, était du nombre des djinns : (et lorsque Nous dîmes aux anges :"prosternez-vous devant Adam" ils se prosternèrent, excepté Iblis, qui se révolta contre le commandement de son Seigneur)

Coran 18-verset 50.

(NDLR : ici aussi, on voit une concordance claire avec le christianisme). Contrairement aux anges, créés de lumière, qui n'ont pas de libre arbitre et ne font que ce que Dieu demande, les djinns (comme les hommes) peuvent désobéir à Dieu et commettre des pêchés à la différence des anges...
L'Islam n'a pas empêché un certain savoir "culturel" utilisé par la sorcellerie de se transmettre ; pourtant elle est interdite car elle est considérée comme du polythéisme et va de pair avec les djinns.
Conformément à la tradition, les musulmans croient que personne ne peut prédire l'avenir hormis Dieu, mais ils pensent qu'une personne pactisant avec un djinn pourrait savoir énormément de choses... de par leur nature.
Un djinn ou plusieurs sont le secret de la force des grands magiciens.
Dans un roman de P.B Kerr (les enfants de la lampe magique : le tombeau d'Akhénaton) génie vient du pluriel ":djinni", à noter qu'il cite 6 clans de djinns dont 3 servent la chance (Marids, Jinns, et Janns) et 3 servent la vraie malchance (Afrits, Shaitants et Ghuls)... Attention toutefois, il est à noter que le mot «génie» n'est pas à la base une francisation du mot «djinn». En réalité, le terme "génie" provient du latin "genius", qui a une signification bien particulière chez les Romains : il s'agit d'une divinité attachée à une personne, un état... et qui représente sa capacité d'action. C'est de là que provient le sens commun, à savoir qu'un génie est une personne dotée d'une habileté intellectuelle remarquable. Il est possible que des écarts de traductions aient amené des confusions entre deux entités bien distinctes : le genius et le djinn, d'où une version édulcorée du génie oriental.
La sorcellerie est beaucoup critiquée par les musulmans car les "faux" sorciers en plus de l'interdit sont des "charlatans" car ils donnent de faux espoirs et surtout les détournent avec leurs "clients" du chemin de Dieu.
Les vrais sorciers ont la réputation d'avoir obtenu l'apparition d'un (ou plusieurs) djinn(s) souvent à la demande du sorcier sous forme de cultes inimaginables (soumission à un djinn, sacrifice humain, etc) et au départ sans aucune promesse de succès. Pour les musulmans, si le sorcier meurt en étant soumis par exemple à un Djinn et non à Dieu, il ira malheureusement en enfer car Dieu n'accepte pas le polythéisme (ou en phonétique arabe le "shirk").
De manière générale, l'alliance entre l'homme et le djinn donne un pouvoir immense à celui ou ceux qui y participent, humain ou djinn. Le djinn peut aussi s'opposer à l'homme, ce qui représente un des deux cas, dans le bien ou le mal, mais ils peuvent tous les deux, deux à deux ou à plusieurs, créer des forces gigantesques en se complétant mutuellement, là aussi, dans le bien comme dans le mal. Dans ces conditions, ou l'homme soumet le djinn, par la volonté de Dieu, dans le sens du bien, ou seul par sa science (que Dieu lui a donné). Il est dans le mal lorsque les objectifs poursuivis sont contraires aux lois morales et spirituelles imposées par Dieu, ou lorsqu'il ne reconnait pas que sa science lui a été donné par Dieu. Généralement les deux choses sont liées. Le Coran considère que l'homme est supérieur au djinn. Les mystiques ont analysé très en profondeur ces notions, et ils disent qu'elles appartiennent au monde du secret. Ce qui signifie que les découvertes essentielles sur ces questions ne doivent pas être divulguées car elles peuvent être utilisées par les utilisateurs du mal . Gardons, pour les musulmans, ce principe de connaissance révélée par Dieu : "et il ne vous a été donné de la connaissance que si peu." (Coran). Car de toute façon, quel que soit le niveau de connaissance atteint, Dieu le surpasse ou donne à d'autres la possibilité de vous surpasser, s'il le souhaite.
NDLR : Il y aurait encore beaucoup à dire à propos des djinns. Notamment en ce qui concerne les djinn-fizz et les blue djinns.

Cordial merci à Patrice Vanbockestal pour son article !