Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Le loup


Le loup, animal et croquemitaine terrifiant, légendaire -erronément d'ailleurs Le monde de l'étrange, le domaine des légendes, grouillent d'histoires ou sévit l'un des plus terrifiants croquemitaines de tous les temps. Le plus étrange est peut-être que le rôle de ce monstre sanguinaire est tenu par un animal réel, relativement commun et qui, la plupart du temps, ne mérite pas cette sinistre réputation.

Nous ne parlerons même pas ici de lycanthropie, sujet qui sera abordé dans un autre dossier de ce site, mais plus simplement du mammifère proche du chien qui, il est vrai, a souvent été redouté dans les campagnes et même les villes des siècles passés.
Si de nos jours, même dans les Ardennes, on ne trouve plus de loups en liberté, il n'en va cependant pas de même dans tous les pays (on en trouve notamment en Bulgarie, pour ne citer que celui-ci mais nous verrons plus loin quelle est la répartition géographique de ces animaux).

La peur du loup est assez récente, du moins à l'échelle terrestre. On trouve des restes de canidés dans les tombes préhistoriques, pratique tendant à démontrer l'intimité qui pouvait exister entre le loup et l'homme. Cependant, il n'est pas aisé de trancher et d'affirmer avec certitude que les ossements en question appartenaient à des loups sauvages ou des loups apprivoisés ou encore à des chiens primitifs. Ce qui est certain en revanche, c'est que les loups sont bien les ancêtres des chiens. La séparation entre les deux espèces remonte à 100 000 ans, époque où l'homme a domestiqué des loups.

Le loup a souvent joué un rôle important dans la mythologie. On trouve ainsi la louve nourricière, allaitante de dieux comme Apollon et Artémis, de demis dieux comme Remus et Romulus, bien connus des Romains. Le loup peut aussi être le père ou la mère des hommes : dans ce cas cette filiation confère aux enfants des qualités de guerriers et de fécondité. Le loup est un modèle. Mais dans la Grèce classique de Platon, il devient cruel et tyrannique. Le christianisme en fait très vite le symbole du diable, de la femme impudique ou de l'hérétique. Elle explique : si le loup envahit les campagnes, c'est que les paysans n'ont plus la foi. Si le loup mange les hommes, c'est que Dieu les a abandonnés. Et les récits pullulent : des femmes et des enfants dévorés par la bête. Cette peur est-elle légitime ?

Tout dépend du point de vue où l'on se place. Si l'on est un homme, le risque de se faire attaquer par un loup est presque nul. Il faut savoir en effet que le loup a de longue date appris à se méfier de lui (L'Homme n'est-il pas, lui, Le Grand Prédateur entre tous ?) et que bon nombre d'attaques ne furent le cas que d'individus atteints et malades de la rage. Dans certains cas de famine intense lors d'hivers extrêmement rigoureux, il y eut certaines exceptions, très rares.
Les choses sont évidemment différentes si on prend le cas d'un mouton ou de certaines espèces animales qui peuvent servir de proies aux loups...
Cependant, même indirectement, l'homme a fait beaucoup de tort au loup en protégeant ses cheptels animaliers de manière parfois douteuse et en le chassant à outrance, en entravant du même coup ses possibilités de reproduction.

Mais d'où vient donc la réputation "croquemitainesque" du loup ?

C'est le loup ! Voilà une interjection qui est entrée dans le langage courant pour désigner le coupable en parlant d'un fléau quelconque, coupable par trop évident et désigné d'office. La littérature regorge d'interventions de loups, lesquels sont souvent personnifiés pour la circonstance. Chacun a déjà entendu parler de Pierre et de Prokofiev, de la chevillette et du petit pot de beurre. La chèvre de monsieur Seguin, mangée au matin fait aussi partie de nos souvenirs scolaires. La Fontaine a également abondamment illustré le loup, puissant et injuste, dévorant le faible agneau innocent, parce qu'il a troublé l'eau de la rivière, mais aussi à d'autres occasions, dans d'autres fables.
Même imagée, cette vision de l'agneau dévoré par le loup puissant et injuste n'est pas innocente. Elle rappelle en effet un préjugé négatif qui date de l'image moyenâgeuse du dieu pasteur qui veille sur les croyants, qui sont les agneaux tout blancs. Il fallait une image du mal, noire et qui mange les agneaux : le loup était tout indiqué.

Aussi ridicule que cela puisse paraître de nos jours, on a pendu et brûlé des loups sur le bûcher. Charlemagne a aussi créé le corps des louvetiers pour les exterminer. Dans un certain sens, c'était assez "normal": puisque les sorciers et sorcières pouvaient se transformer en toutes sortes d'animaux nuisibles et que les loups causaient de graves tourments aux hommes, il était clair qu'ils devaient subir le même sort par simple assimilation. Un loup pouvait très bien être en fait une sorcière qui n'avait pas pu reprendre son apparence normale pour une raison quelconque dont ne s'embarrassaient pas les gens de l'époque. D'ailleurs, lorsque l'on voit à l'oeuvre, un loup atteint de la rage, il n'est pas très difficile de l'assimiler à une créature diabolique ! Que ce soit également vrai pour les autres créatures ne changeait pas grand chose à l'affaire puisque le loup était déjà la victime de son image et de sa réputation. Et les loups ont disparu de nos contrées, après mille ans de persécutions.

Le symbole est pourtant profondément inscrit dans la culture. Le dessinateur Calvo le choisit pour peindre les nazis dans une bande dessinée clandestine, Walt Disney et Tex Avery l'utilisèrent pour figurer Hitler dans les films de propagande commandés par l'armée américaine. Et Serge Reggiani chanta les loups qui sont entrés dans Paris.

Une vérité beaucoup plus... humaine !

Si, comme dans la plupart des cas, l'espèce humaine daignait se débarrasser de ses préjugés, laisser la priorité à la connaissance ou tout du moins à l'apprentissage avant de se forger une opinion, on en viendrait vite à une conclusion beaucoup plus favorable au loup.
Le loup est un animal sociable qui vit en meute pouvant aller jusqu'à la vingtaine d'individus. Parfois, l'un d'eux se désolidarise de la meute pour se chercher son propre territoire ou se fait chasser par ses semblables. Le territoire d'une meute peut varier en fonction des ressources alimentaires mais couvre généralement plusieurs centaines de kilomètres carrés. Le loup est en effet capable de parcourir 60 km par jour ! Les meutes de loups du Grand Nord, quant à elles, peuvent parcourir chaque année des centaines de kilomètres pour suivre les grandes migrations saisonnières de leur gibier. Les meutes défendent jalousement leur territoire contre les autres meutes et marquent celui-ci par des dépôts odoriférants.
Le loup s'attaque principalement à des proies jeunes ou affaiblies par l'âge ou la maladie, assurant ainsi l'équilibre naturel auquel il participe donc.
Mature vers l'âge de deux ans, le loup se cherche alors une femelle avec laquelle il partagera généralement l'existence stable d'un couple marital.

Voici enfin l'adresse d'un très bon site consacré aux loups et à leur défense, à consulter à tout prix !

http://www.loup.org

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