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Complément d'informations (suite 1)"Dans maison-hantée.com on parle également d'un certain Giovanni Cosentino parmi les spécialistes intervenants. Vous le connaissez ?" "En fait ce site se base sur les écrits d'Yves Lignon (décédé depuis) qui évoque effectivement les recherches de ce monsieur Cosentino qui est un professeur de physique. Il précise que lui non plus n'a pas pu investiguer immédiatement et sur place. Par contre, par un heureux hasard, il a pu entrer en contact avec des officiels, même gradés, qui n'ont fait que confirmer l'étrangeté des faits, sans toutefois pouvoir les expliquer et en assurant avoir tout fouillé de fond en combles sans pouvoir trouver la moindre possibilité de supercherie. Le professeur de physique, qui n'est forcément pas un plaisantin, habite non loin de la région. Je me suis laissé dire qu'il habiterait Enghien, mais je ne peux pas vous en dire plus." "Que pouvez-vous dire de l'exorcisme qui a été pratiqué ?"
"Holà ! Cela fait déjà beaucoup de choses sur lesquelles il faudra revenir car elles ne manquent pas d'interroger : c'est riche en paradoxes ! Bien ! Mais quel était donc cet évêque exorciste, comment se déroula l'intervention et qu'elles en furent les conséquences , cela mit-il un terme aux phénomènes ? "L'évêque, c'était Monseigneur Patrick Meurant et il se dit les pires choses sur ce qui se passa durant le rituel dont une partie fut d'ailleurs télévisée. L'officiant agissant sous l'étole et la soutane n'y alla pas de main morte en matière d'abjurations, de projections d'eau bénite, etc. aidé en cela par des diacres bodybuildés qui le maîtrisaient dans ses contorsions, du grand cinéma ou un grand cirque si vous préférez. L'opération fut longue, très longue, on parle d'une quarantaine d'heures et elle ne présenta que de relatifs résultats car si l'on connut une certaine accalmie, en revanche les phénomènes ne s'arrêtèrent pas complètement pour autant. On a envisagé l'hypothèse d'une collusion entre Éric et l'exorciste à des fins financières mais cela ne tient pas debout. De toute façon, l'exorcisme en lui-même ne correspondait en rien aux protocoles traditionnels en la matière. Pour l'Église traditionnelle, celle concernée donc, il convient d'introduire une requête auprès du diocèse concerné, lequel n'a pourtant aucunement été sollicité. C'est très curieux et le cas échéant, un spécialiste des possessions se serait rendu sur place afin d'évaluer la réalité de la problématique et d'envisager le grand rituel, lequel était lui-même obsolète ! Mais un évêque gallican arrive facilement à ses fins, bizarre ! Et quand on étudie le sujet plus profondément, on s'aperçoit de ce que l'évêque en question n'a pas répondu à une injonction de sa hiérarchie mais s'est arrangé pour faire en sorte que cette autorisation lui soit malgré tout accordée. Je veux bien comprendre qu'un représentant de Dieu prenne les misères d'une famille à coeur et tente de les délivrer de leur désarroi mais la manière de procéder en coulisses est pour le moins suspecte Pour moi c'est du grand guignol destiné par exemple à assurer la promotion de l'Église gallicane." "Mais comment savez-vous tout cela ? Je veux parler de ce qui aurait pu se passer en coulisses ?" Jean-Marie Tesmoing consultait toujours ses papiers lorsqu'il lança : "ah ! Voilà, j'ai l'adresse de la maison hantée ainsi que la date exacte du début des événements qui allaient consister en 48 heures de folie pure, il s'agit du 5 janvier. L'appel aux autorités s'est fait vers 22 heures 30 , et pour répondre à votre question, c'est très simple : j'ai pu entrer en possession du rapport du Patriarcat gallican qui détaille tout le déroulement des exorcismes (car en fait il y en a eu plusieurs !) et si on lit correctement entre les lignes, on obtient toute la chronologie des faits concernant les exorcismes, l'origine de l'information qui est bien celle que je vous ai donnée et l'on comprend que tout cela était bidon. une étape dont on se serait bien passés car elle a bloqué toute investigation ultérieure ! "Ah ! Vous disposez donc de ce document ? Si je décide de reprendre l'enquête seriez-vous d'accord pour me le communiquer, j'en ferai une copie au besoin ? Vous comprenez : c'est particulièrement important car il me semble que l'enquête imposera forcément que l'on puisse écarter l'aspect surnaturel, faute de quoi on ne pourra jamais l'étudier sur le plan du paranormal et donc autant dire qu'il ne sera jamais possible de trouver la solution de l'énigme !" "Oui, toutefois pour cela encore faudrait-il que je parvienne à remettre la main dessus, or il se fait que je n'ai plus aucune idée de l'endroit où j'ai pu ranger ça !" "Oh, je viens de penser à quelque chose, en matière de religion : si les événements ont débuté le 5 janvier tard en soirée, on est tout près de l'Épiphanie, la fête des Rois. C'est peut-être un détail, une coïncidence et même une tendance à l'extrapolation mais, sur le plan psychologique chez des bigots, cela aurait pu mettre le feu aux poudres. Ce qui toutefois ne les expliquerait en rien, j'en conviens". "Là, je vous laisserai libre de vos propos. Cependant vous comprendrez que mon esprit scientifique ait du mal à adhérer à cette piste, sauf peut-être sur le plan psychologique." "Bien sûr ! Mais pour en revenir au chapitre des documents, je suppose que vous n'avez pas pu avoir accès aux PV des gendarmes et policiers ? Ne disposerait-on donc que de témoignages verbaux." "Hé bien, c'est là que je vais vous livrer un point particulièrement important relatif au black-out ! En effet, pas question de voir les PV, interdiction formelle, non négociable. Mais il y a autre chose. Il faut savoir que les gendarmes et les policiers étaient très agacés de ce que l'on accorde très peu de crédit à leurs récits. Ainsi, un gendarme prit l'initiative d'utiliser une caméra personnelle afin de filmer les événements. On a toujours prétendu aux propriétaires que l'enregistrement qui avait été réalisé dans la chambre d'Éric était de mauvaise qualité à cause des problèmes de luminosité, que les images étaient brouillées et sans intérêt car ne montrant aucun phénomène particulier. La K7 vidéo fut saisie immédiatement par un adjudant qui la ramena au Parquet du procureur du Roi d'où elle ne ressortit jamais jusqu'ici. Toutes les demandes de chercheurs de toutes catégories afin de pouvoir visionner la K7 ont reçu une fin de non recevoir. Sauf que... Jean-Marie ménagea son effet par un petit blanc dans la conversation avant de reprendre : Sauf que deux personnes eurent le privilège de pouvoir malgré tout visionner ladite cassette, mais pour cela le Procureur du Roi exigea que l'on prête serment sur l'honneur de ne jamais rien en relever, à qui que ce soit. Les personnes en question sont Jacques Théodor et moi-même !" "Et donc qu'y avait-il sur cette cassette ?" "Hélas, un serment est un serment ! Je me dois de le respecter ! Mais si je ne peux vous transmettre un descriptif, en revanche je peux vous mettre sur la voie. En effet, si l'on prend cette mesure, n'était-ce pas forcément qu'il y avait bien quelque chose sur cette cassette, quelque chose que le parquet jugeait probablement de nature à créer le trouble auprès de la population ? Si on cache quelque chose, n'est-ce pas qu'il y a quelque chose à cacher ?" "D'accord. Mais dans ce cas, pourquoi avez-vous bénéficié de ce privilège exceptionnel ?" "Bonne question ! Réponse facile ! D'un côté, celui de Jacques Théodor, le procureur savait avoir toutes
les garanties de son silence. Parler aurait desservi ses intérêts et il s'agissait d'un zététicien notoire, ne l'oubliez pas ! Quand à
moi, comme j'accompagnais Jacques Théodor, j'étais aussi privilégié. J'avais une carte de presse, d'accord et j'étais un journaliste bien
connu, je n'allais toutefois pas entrer en guerre avec mon maître à penser, sans disposer de quoi que ce soit pour étayer mes dires le cas
échéant. Et puis j'avais prêté serment. "OK. Je repenserai à tout cela et reprendrai contact avec vous par téléphone, parce que je suis convaincu que nous aurons encore beaucoup de choses à nous dire et aussi parce que, aller-retour cela fait tout de même 100 km !" Nous nous serrâmes la main et prîmes congé. Arrivé au bas des escaliers, je me débattis avec l'ouverture de la porte et... je la reçus en pleine figure. J'avais le nez et le front en sang. Je me suis dit, en souriant, que cette fameuse adversité ne perdait pas de temps ! Je ne savais pas encore à quel type de "monstre" j'avais affaire ! SUITE - PRÉCÉDENTE - SOMMAIRE (du dossier) - SOMMAIRE (général des enquêtes) - HAUT - ACCUEIL
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