Nous allons ici nous permettre de reprendre le
texte présent dans
Wikipédia quant à l'explication rationaliste.
Les sceptiques sont essentiellement représentés par les mouvements rationalistes
et zététiques, tenants du scepticisme scientifique, qui considèrent que ce type
de manifestation, qui défie les bases de la physique et de la raison, a
nécessairement une explication rationnelle qui n'a pas été détectée et/ou ne
repose que sur des témoignages manquant de fiabilité ou d'objectivité. Ils
appuient leur démonstrations sur les nombreux cas où les présumés poltergeister
ont trouvé, tôt ou tard, une explication ordinaire satisfaisante, qu'il s'agisse
de causes naturelles, de fantasmes, ou de supercheries avérées.
Ce point de vue, appliqué à l'ensemble des phénomènes paranormaux, est partagé
par une large partie de la communauté scientifique. Il est entre autres
synthétisé dans les ouvrages coécrits par le prix Nobel Georges Charpak et le
physicien Henri Broch .Au-delà des positions de principe, les scientifiques
considèrent que les connaissances actuelles en physique sont suffisamment
avancées pour qu'on sache, avec certitude, que certains phénomènes décrits, tel
la téléportation d'un objet à travers un corps solide, panneau ou mur, sont et
resteront impossibles, quelles que soient les découvertes futures.
Comme le note Carlo Rovelli :« Ce que les théories actuelles interdisent dans
leur domaine d'application ne deviendra jamais possible par la venue d'une
théorie qui les engloberait : les Grecs considéraient qu'une pierre ne pouvait
pas tomber vers le ciel ? Cela n'a pas changé avec la relativité ou la physique
quantique. »
Notre point de vue : Contrairement à ce que certains persistent à imaginer,
envers et contre tous, le CERPI est un groupement fondamentalement sceptique.
Nous rejoignons donc l'idée selon laquelle les phénomènes de poltergeist
peuvent, le plus souvent, trouver soit des explications rationnelles, soit
s'expliquer par des supercheries ou artifices quelconques. Cela présente déjà au
moins ceci de rassurant, dans le cas du poltergeist et pour les personnes qui en
sont victimes, que les phénomènes trouvent généralement des explications qui ne
fassent pas intervenir de terribles êtres cornus et malfaisants mais bien des
notions parfaitement concrètes, ou que les bizarreries parfois très inquiétantes
qu'ils observent ne sont que des falsifications ou des mises en scène. Mais ce
qui ne plaît pas à ces gens (outre qu'on les traite tacitement de menteurs ou
d'imposteurs) ce sont les mots "le plus souvent", ce qu'ils comprennent bien par
"pas toujours" et donc l'idée de l'exception est lancée.
Le CERPI se caractérise par rapport aux sceptiques et zététiciens "purs et durs"
par une simple ouverture d'esprit qui ne peut en aucun cas s'assimiler aux
courants d'air (comprenons donc bien que cette "ouverture" d'esprit n'est pas
synonyme de "portes grandes ouvertes"...ce qui serait compris comme de la
naïveté. Bien que l'on ne puisse pas entamer une enquête quelconque avec un a
priori, et qu'il soit d'ailleurs très difficile d'agir en l'absence complète de
tout a priori, même très latent, voire inconscient, si nous devions en avoir un,
celui-ci serait en faveur des explications rationnelles, scientifiques. Mais
s'il est vrai d'une part que « Il est toujours surprenant de constater que,
malgré un niveau général d'instruction toujours plus élevé, les croyances en des
phénomènes dits « paranormaux » tendent à persister. » il faut faire la
distinction entre "croyance" et "étude", deux termes très distincts qu'il
convient d'apprécier à leur juste valeur. A partir du moment où l'on parle de
"croyance", cela n'a - à notre sens - plus rien à voir avec le domaine de la
raison, du rationnel ou du scientifique. Sauf, bien entendu, si l'on affirme par
exemple : "je crois qu'un carré a quatre côtés égaux". Dans ce dernier cas, il
est évident que la croyance en question correspond à une certitude. L'objet du
CERPI réside dans "l'étude" des phénomènes prétendus inexpliqués. Dans ce cas,
il est seulement question de recueillir les témoignages, de contrôler si ceux-ci
se vérifient et dans quelle mesure et si l'on peut leur trouver une explication
quelconque et, dans l'affirmative : laquelle. Dans ce cas, on pourrait comparer
avec le raisonnement suivant : "je crois que cette figure géométrique a quatre
côtés et qu'elle pourrait donc être un carré", cependant cela ne se vérifiera
que s'il est établi que les quatre côtés en question sont rigoureusement égaux,
faute de quoi il ne s'agirait vraisemblablement que d'un rectangle (à condition
que les angles soient droits). Par notre ouverture d'esprit, nous n'entendons
pas donner un caractère divin (ou démoniaque) à un prétendu phénomène surnaturel
puisque, ce faisant, nous prendrions position en faveur d'une religion. Cela
n'expliquerait d'ailleurs rien du tout et s'apparenterait plutôt à la référence
circulaire (tenter d'expliquer un phénomène inexpliqué au moyen d'un autre
phénomène également inexpliqué, ce qui est facile à comprendre). Mais nous ne
nous permettons pas de rejeter les phénomènes qui sont portés à notre
connaissance comme relevant automatiquement de nos connaissances actuelles. Le
fait est que, dans certains cas, il n'est pas possible de circonscrire les
phénomènes au domaine du strictement connu, par exemple parce que ceux-ci
relèvent de neurosciences qui ne sont pas encore totalement maîtrisées et dont
les manifestations peuvent dépendre de facteurs variables et dont l'incidence
n'est pas non plus automatique ou systématique. Nous sommes parfaitement
d'accord sur le fait qu'il convienne d'être tout particulièrement prudents lors
de l'appréciation de phénomènes, qu'il soit tout indiqué de chasser les
impostures sans la moindre pitié (bien que nous puissions également citer des
cas dans lesquelles des formes d'impostures soient bénéfiques !) et que cet
exercice soit de salubrité publique. Toutefois, nous ne considérons pas comme
"sérieux" de généraliser abusivement sous prétexte d'a priori. Nous acceptons la
constance des théories actuelles avec ce qu'elles autorisent ou interdisent,
mais en tant que postulat de base faisant office de référence prioritaire malgré
tout susceptible d'être pris en défaut à titre d'exception. Voulez-vous des
exemples ? Sur le plan mathématique il semble facile d'imaginer ce qu'est
l'infini. Par définition, c'est ce qui n'est pas fini. Il devient dès lors plus
difficile d'imaginer qu'un infini puisse être plus "grand" qu'un autre, ce qui
est pourtant parfois le cas, notamment en raison d'un concept de densité. La
représentation du cube de Necker est un exemple de ce qu'un même concept puisse
s'interpréter de plusieurs manières différentes également exactes et donc être
appréciées par différents témoins comme des manifestations différentes d'un même
"phénomène". Deux personnes différentes verront donc des choses différentes
alors que l'objet de base est rigoureusement semblable. La perception est
également question de référentiel. Si l'arrivée de la physique quantique ne
modifie en rien la loi de la gravité qui attire les objets vers le sol et non
vers le ciel, elle semble reconnaître la création spontanée de systèmes
référentiels qui autoriseraient l'exception, sans toutefois - en principe - que
lesdits systèmes ne puissent s'imbriquer. Mais cette affirmation peut à son tour
subir une objection dans la mesure où l'on constate que des particules isolées
et très éloignées peuvent, en dehors de notre entendement actuel, exercer une
influence sur leurs vis-à-vis. En fait, on pourrait multiplier les exemples à
l'infini (plus ou moins dense), sauf que la vulgarisation utilisée pour les
exprimer procéderait de comparaisons qui auraient elles-mêmes une apparence
bancale et ne ferait probablement qu'embrouiller les esprits. Il serait plus
simple d'admettre que nos connaissances actuelles sont encore très loin d'avoir
atteint l'exhaustivité absolue et que l'être humain serait beaucoup plus sage de
convenir humblement que beaucoup de choses, de lois, doivent encore être
découvertes. La sagesse voudrait que la première chose à savoir est que l'on
sait peu de choses, même si l'on "croit" en savoir beaucoup. Nous voilà revenus
au terme de "croyance"! Sauf qu'il n'est plus dans notre camp, pour autant qu'il
y ait jamais été. Nous voulons bien croire en la science (qui pourtant n'a cessé
de se contredire, en nous faisant donc croire des choses qui étaient fausses),
mais nous ne pouvons accepter un scepticisme exacerbé et aprioristique dans le
cas où ce dernier risquerait d'éviter une manifestation d'un phénomène dont les
lois restent à définir, puisque - dans ce cas - le procédé nuirait à cette même
science. Dans le même ordre d'idées, on peut accepter l'affirmation selon
laquelle les phénomènes paranormaux n'existent pas car ils sont tous
susceptibles, tôt ou tard, de trouver une explication scientifique et donc
rationnelle. Mais il faut, au moins par honnêteté intellectuelle, éviter les
anticipations pompeuses. Car un phénomène inexpliqué qui n'aurait pas encore
reçu son épilogue au terme d'une loi scientifique quelconque reste par
définition inexpliqué. C'est ici qu'il est important de rappeler que le mot
"inexpliqué" ne signifie pas "inexplicable". « Douter de tout et tout croire
sont deux solutions, également commodes, qui toutes deux, dispensent de
réfléchir. » Nous détestons les supercheries, d'abord en tant que telles - par
principe d'honnêteté -, ensuite parce qu'elles discréditent l'étude des
phénomènes. Mais nous sommes également offusqués de ce que l'on rejette
complètement un ensemble de manifestations, parfois très important et observées
par de nombreuses personnes érudites et dignes de foi, sous prétexte que l'on
ait décelé une imposture, voire plusieurs. Un élève peut tricher lors d'un
contrôle scolaire, mais cela ne signifie pas ipso facto qu'il ne connaît pas sa
matière. Pour terminer, je reprendrai une fois encore la superbe tirade de
Monsieur Patrick Ferryn qui a dit, lors du "canular" de Petit-Rechain : "ce
n'est pas parce que l'on découvre un faux Picasso que le peintre n'a pas
existé".
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