L'hypothèse sociologique est une hypothèse comme une autre... mais... Voyons plutôt : Pour les sociologues et les folkloristes, les
poltergeister sont une croyance populaire, née de l'inconscient collectif, au même titre que les fantômes, loups-garous, vampires, fées, lutins et autres êtres ou
manifestations imaginaires. Un parallèle peut être fait avec l'approche socio psychologique du phénomène des "soucoupes volantes". Les folkloristes notent également les
nombreux parallèles existant entre les facéties attribuées aux fées ou aux lutins (ou tout autre être similaire, quel que soit son nom et ses spécificités) et les
agissements des poltergeister.
Ceux-ci figurent, avec les fantômes, parmi les punitions infligées à ceux présumés les avoir offensés. Source :Wikipédia
L'avis du CERPI
Ici, il nous faut bien réagir et dire que... "il vaut mieux entendre cela qu'être sourd !". Quoi que...
Les poltergeister seraient une croyance populaire. Soit. Il ne fait guère de doute que, pour certains, celui-ci puisse s'inscrire dans le même registre que les maisons
hantées, etc. Vu que cela se passe dans des maisons où se déroulent des faits extraordinaires. Il semble y avoir un rapport, une ressemblance. Mais cela s'arrête là, sur
une question de terminologie.
Pour le reste, que le phénomène soit assimilable aux vampires, aux loups garous, aux fées (?), aux lutins (re-?) est absurde. En de nombreuses occasions, des gendarmes sont
descendus sur les lieux et ont dressé procès verbal. Dans le cas de Enfield, les témoins ont été nombreux et divers. Des spécialistes sont même restés à demeure pour
observer les phénomènes. Peut-on encore évoquer la croyance populaire, au même titre que les vampires - par exemple - lorsque les gendarmes sont témoins ? Les gendarmes
seraient-ils des folkloristes ?
Nous relevons également à la phrase suivante l'utilisation du terme, désuet s'il en est, de "soucoupes volantes". Cette appellation date de 1947 (affaire Kenneth Arnold)
et provient d'ailleurs d'une erreur d'interprétation. Le monde a évolué entre temps et, que ce soit en anglais (UFO) ou en français (OVNI), on a trouvé plus adapté : Objets
volants non identifiés. En France notamment, le phénomène est reconnu et traité sérieusement. Il y a de quoi. Mais ne nous écartons pas du sujet : pourquoi comparer un
phénomène de poltergeist qui se déroule en intérieur avec un phénomène qui se déroule en extérieur, dans le ciel, qui est sans rapport et qui, de toute façon n'explique
rien du tout ? Évidemment, il est ici question d'approche socio psychologique, ce qui est différent. Cela laisse supposer une espèce de contamination véhiculée par
différents moyens (médias, BD, etc.) qui imprégnerait les observateurs au point qu'ils verraient plus volontiers ce dont ils ont entendu parler.
Dans la vague belge, il a été démontré - haut la main - que cela ne pouvait pas être le cas, sinon dans une très faible mesure. Même Bertrand Méheust est revenu sur ses
propos en signalant que cette hypothèse ne tenait pas la route et était indéfendable. (Nous en avons d'ailleurs discuté ensemble lors de ma conférence à l'IMI,
et Monsieur Méheust, bien sympathique au demeurant, est revenu sur sa position à propos de la vague belge, il en a même fait un livre !)
Dans certains cas, en fonction de la chronologie des événements, il est toutefois possible que certains individus aient été influencés par certaines productions
cinématographiques, telles que le fameux film de l'Exorciste. Mais cela ne résiste pas à l'investigation sérieuse et reste du cinéma. Le cas échéant, cela ne toucherait
que certaines familles, particulièrement fragilisées et donc vulnérables, qui se laisseraient berner par des événements spectaculaires et invraisemblables, mais il ne
s'agirait que de supercheries qui duperaient aussi les forces de l'ordre... Ne devrait-on pas trouver d'autres cas, répartis dans la même région, à des époques similaires ?
Sinon, pourquoi cette contamination serait-elle à ce point sélective ? Une punition aux personnes présumées les avoir offensés ? Rappelons que l'on parle ici de lutins
ou de fées. Quelle lutin, quelle fée, quel vampire, quel loup-garou ou quel fantôme aurait donc offensé l'employée du cabinet d'avocats de Rosenheim ?
Si l'hypothèse peut être retenue dans certains cas, elle ne peut assurément
pas s'appliquer à la totalité de ceux-ci. Toutefois, comme de bien entendu, les enquêteurs se doivent d'en tenir compte.
Dans le cas ci-dessus, nous apprécions tout particulièrement qu'un journaliste ait été lui-même témoin d'un phénomène étrange. Tout le
monde n'a pas cette chance. Moins encore lorsque l'on se présente sur les lieux 18 ans après les faits. Mais nous remarquons aussi l'épisode du téléphone qui semble
incontestable et ne constitue pas du tout un cas isolé (Rosenheim, Arc-Wattripont e.a) Or donc, il y aurait eu à ce point une imprégnation
socio psychologique entre l'Europe et les États-unis pour que ce phénomène précis soit reproduit, pratiquement dans le détail ?