Revenons-en aux pensées de notre président quant à ce fameux sujet du potentiel "chronoviseur".
En pensant à l'affaire Ernetti et son chronoviseur, je me suis posé quelques questions fondamentales qui,
peut-être naïves, me semblaient toutefois couler de source en fonction de mon vécu, de certains points de logique et de chronologie et je me
suis aperçu que - fort heureusement d'ailleurs - notre enquête allaipouvoir faire le trait d'union avec plusieurs autres points du
paranormal et voire d'autres encore. L'un des premiers était la mémoire des murs, que l'on pouvait compléter avec la mémoire de
l'eau, mais concentrons-nous sur notre sujet présent.
Or donc, il s'agirait d'un
chronoviseur, une machine à voir dans le passé (aussi bien les sons que
les images et, de préférence, que ce soit synchronisé - j'avais envie de
dire : "et tant qu'on y est pourquoi pas en couleurs ?").
J'imagine donc une machine pourvue d'un écran, un peu comme un
téléviseur. Cela me fait penser à l'époque où j'étais tout gosse
et où mes parents disposaient du privilège relativement rare d'avoir une
télévision. Pour mémoire, je suis né en 1958,
c'est-à-dire en plein dans la période concernant les faits (de 1956 à
1965 pour la machine d'Ernetti). En ces temps-là, notre télé était
encore en noir et blanc only et sans télécommande. Il fallait se
lever et aller tripoter aux boutons pour changer de chaîne (il y en
avait beaucoup moins que de nos jours), augmenter ou diminuer le volume
du son, régler l'image, etc. Je me suis donc demandé si, à cette
même époque, la réalisation de la machine en question aurait seulement
été techniquement possible. Est-ce que les transistors existaient
déjà (j'ai écouté les matches du Standard de Liège à partir d'un
"transistor", c'est le nom que l'on donnait aussi à nos radios d'alors,
mais ça, ce devait être vers la fin des années 60, donc la question
pouvait se poser), parlait-on déjà de physique quantique (là, j'en suis
sûr, c'était affirmatif) et est-ce que cela aurait pu changer les
données du problème, surtout avec l'aide de grandes pointures de la
physique (il était question de Fermi, de Marconi, d'Einstein, de Von
Braun et d'un savant japonais, Satsuo Tanaka. Paf ! Excluons
ce dernier qui doit être une invention de Roland Portiche, soit !
Il avait prévenu !) Donc, j'ai cherché...
Attention... c'est parti !
Le
transistor existait-il en 1956 ?
Oui, tout à fait ! Le transistor a été inventé quelques années plus tôt,
en décembre 1947, par les chercheurs John Bardeen, Walter Brattain et
William Shockley aux laboratoires Bell. Voici à quoi ressemblait son utilisation en 1956 :
• La consécration : C'est précisément
en 1956 que les trois inventeurs américains ont reçu le Prix Nobel de
physique pour la découverte de l'effet transistor.
• La transition technologique : En 1956, les transistors commençaient à
remplacer progressivement les encombrants tubes à vide (lampes) dans les
postes de radio et les premiers ordinateurs.
• L'arrivée sur le marché grand public : C'est à cette même période
qu'ont fait leur apparition les premiers postes de radio portatifs dits
« à transistors », offrant une alternative révolutionnaire, plus petite
et moins gourmande en énergie, aux postes à lampes.
Mais pour la télévision, le transistor n'était pas encore commercialisé
en 1956. À cette date, l'immense majorité des téléviseurs fonctionnait
exclusivement avec des tubes sous vide (lampes). Intégrer les
transistors dans la télévision a été beaucoup plus complexe que pour les
radios en raison de verrous techniques majeurs :
• Le problème de la puissance : Les premiers transistors de 1956 étaient
incapables de gérer les tensions extrêmement élevées nécessaires pour
faire fonctionner un tube cathodique (l'écran de l'époque).
• La barrière des fréquences : Les composants de l'époque ne pouvaient
pas traiter les fréquences très élevées (UHF/VHF) requises pour le
signal vidéo.
• 1952 - 1953 (Les prototypes) : Des laboratoires comme RCA ou Texas
Instruments développent de lourds prototypes de téléviseurs fonctionnant
sur batterie. Ils servent uniquement à prouver que la technologie est
théoriquement possible.
• 1959 - 1960 (L'arrivée sur le marché) : Sony bouscule tout le monde en
commercialisant le TV8-301, le tout premier téléviseur entièrement
transistorisé au monde. C'est un appareil portable avec un écran de
seulement 20 centimètres.
• Les années 1960 (Les modèles hybrides) : Pour les grands téléviseurs
de salon, les constructeurs mélangent les technologies. Les transistors
gèrent le son et le traitement de l'image de basse puissance, tandis que
les tubes s'occupent de la haute tension.
• Début des années 1970 (Le tout-transistor) : C'est seulement à cette
période que les téléviseurs grand public abandonnent définitivement les
lampes pour passer au « 100% semi-conducteurs ».
Vu que
l'un de mes dadas réside dans l'étude de la WW2, je me suis dit :
"Donc Hitler n'avait pas la télévision..." (Si ce sujet ne vous
intéresse pas, sautez donc ce paragraphe en retrait).
Hé bien, c'est une conclusion logique mais historiquement incorrecte
: Adolf Hitler avait bel et bien la télévision !
L'absence de transistors en 1956 signifie simplement que les
téléviseurs de l'époque du dictateur fonctionnaient avec l'ancienne
technologie : les tubes à vide (les lampes), qui existaient depuis
le début du XXe siècle.
L'Allemagne nazie a d'ailleurs joué un rôle de pionnier mondial dans
ce domaine
• La première chaîne au monde : Le régime nazi a lancé le
Fernsehsender Paul Nipkow en mars 1935. C'était la toute première
station de télévision régulière de l'histoire, diffusant plusieurs
fois par semaine.
• Les Jeux Olympiques de 1936 : Cet événement à Berlin a été le
premier grand rendez-vous sportif diffusé en direct à la télévision.
Près de 160 000 personnes ont suivi les épreuves dans des salles de
visionnage publiques (les Fernsehstuben) réparties dans Berlin.
• Le projet du "Téléviseur du Peuple" : Tout comme pour la radio (Volksempfänger),
les ingénieurs allemands avaient conçu un téléviseur standardisé bon
marché pour les foyers, le Volksfernseher (modèle E1). Sa
commercialisation devait débuter le 1er septembre 1939, mais le
déclenchement de la Seconde Guerre mondiale a annulé le projet civil
pour réorienter la technologie vers l'armée.
Hitler avait donc accès à cette technologie, même si pour sa
propagande de masse, il a largement préféré utiliser la radio et le
cinéma, qui permettaient de toucher des millions de personnes
simultanément, contrairement à la télévision encore très
confidentielle. De plus, le dictateur était un immense consommateur
de films et se faisait projeter des longs-métrages presque chaque
soir dans ses cinémas privés.
Avec la technologie de 1956 à 1965 aurait-t-on pu amplifier et
enregistrer des vibrations résiduelles (voix par ex) éventuellement avec
la physique quantique ?
Non, cela aurait été scientifiquement impossible, même en faisant appel
à la physique quantique de l'époque.
La théorie selon laquelle des ondes sonores passées (comme des voix)
auraient pu s'enregistrer accidentellement dans les microsillons d'une
poterie en train de tourner ou dans les couches de peinture d'une toile
est un concept fascinant de science-fiction (appelé la paléoacoustique
ou archéoacoustique). Entre 1956 et 1965, la science disposait déjà de
bases quantiques solides (comme le laser, inventé en 1960), mais les
lois fondamentales de la physique bloquent cette idée pour trois raisons
majeures : 1. La dissipation thermique (Le second principe de la thermodynamique)
Lorsqu'une onde sonore frappe un objet (un mur, un pot en terre cuite,
un meuble), l'énergie mécanique de la voix est extrêmement faible. En
une fraction de seconde, cette énergie acoustique se dissipe et se
transforme en chaleur (agitation désordonnée des atomes de l'objet).
• Une fois transformée en chaleur, l'information ordonnée de la voix est
définitivement perdue.
• Essayer de reconstruire une voix à partir de ces vibrations
résiduelles reviendrait à essayer de reconstituer un morceau de sucre
intact à partir de l'eau sucrée d'un café. 2. Le bruit de fond thermique (La limite quantique et classique)
À température ambiante, les atomes d'un objet solide vibrent constamment
de manière chaotique à cause de la chaleur. C'est ce qu'on appelle
l'agitation thermique (ou mouvement brownien).
• Les vibrations ultra-faibles laissées par une voix humaine sont des
milliards de fois plus petites que ce bruit de fond thermique naturel.
• Même avec un amplificateur parfait, vous n'amplifieriez que le chaos
thermique (un sifflement ou un bourdonnement permanent), et non la voix. 3. Les limites de la physique quantique entre 1956 et 1965
La physique quantique était déjà très avancée à cette période (le
concept de phonon, le "quantum de son", existait déjà). Cependant, les
technologies de l'époque présentaient des barrières insurmontables pour
ce type d'application :
• Le Laser (1960) : Bien qu'il ait permis de mesurer de minuscules
déplacements microscopiques, les lasers des années 1960 n'avaient pas la
précision nanométrique nécessaire pour isoler des signaux noyés dans le
bruit thermique.
• L'absence de cryogénie extrême accessible : Pour figer le bruit
thermique des atomes et espérer observer des effets quantiques sur des
vibrations (comme des phonons isolés), il faut refroidir les objets à
des températures proches du zéro absolu (-273,15 °C). Ces technologies
étaient embryonnaires et impossibles à appliquer à des objets du
quotidien ou de grande taille.
• La décohérence quantique : Dès qu'un système quantique est en contact
avec l'environnement macroscopique (l'air, une pièce), il perd ses
propriétés quantiques en un milliardième de seconde. Un enregistrement
"quantique" passif dans la nature ne peut pas persister. Ce qu'en dit la science moderne
Des émissions de vulgarisation scientifique comme MythBusters ont tenté
de recréer l'expérience en enregistrant délibérément des voix très
fortes via un stylet sur de la poterie fraîche. Même dans des conditions
optimales, le résultat après cuisson n'est qu'un bruit de frottement
stérile, car l'argile n'a pas la structure moléculaire requise pour
mémoriser l'infinie subtilité d'une fréquence vocale humaine.
Aujourd'hui, nous savons utiliser des lasers modernes pour reconstituer
le son d'une pièce en analysant les vibrations microscopiques en temps
réel d'un sachet de chips ou d'une feuille de plante (technique du
microphone visuel), mais cela requiert une caméra ultra-rapide moderne
et de puissants algorithmes numériques, et cela ne fonctionne qu'en
temps réel, jamais sur le passé.
Mais, ici, je le conçois, il faut s'expliquer, "vulgariser" comme on
dit. Alors voilà :
Des scientifiques peuvent «
écouter » une pièce sans micro, simplement en filmant un paquet de
chips ou une plante avec une caméra ultra-rapide et un laser.
Voici comment cela fonctionne et ses limites : Le fonctionnement Le son fait vibrer les objets : Quand on parle, notre voix
fait vibrer l'air, ce qui fait trembler invisiblement les objets
autour (comme un sachet de chips). Le laser et la caméra filment l'invisible : Le laser éclaire
l'objet, et une caméra spéciale filme ces mouvements minuscules à
toute vitesse. L'ordinateur traduit les images en son : Des programmes
informatiques puissants analysent la vidéo pour transformer ces
vibrations visuelles en un fichier audio parfaitement audible. Les limites actuelles Matériel de pointe obligatoire : Il faut une caméra
ultra-rapide et des ordinateurs très puissants. Une caméra de
smartphone classique ne suffit pas. Uniquement en direct : Cela ne fonctionne que pour écouter ce
qui se passe maintenant. Impossible de remonter le temps : On ne peut pas utiliser
cette technique sur une vieille vidéo de surveillance ou un film du
passé pour retrouver le son de l'époque.
Sauf que tout ceci n'est pas encore fidèle au témoignage de notre
ingénieur de téléboutique, loin s'en faut. En fait, il ne
s'agit pas de la même expérience non plus... Donc, pour le moment,
nous ne sommes toujours pas plus avancés et la théorie se manifeste
pour plaider coupable et incriminer la machine Ernetti comme étant
une affabulation. Nous poursuivrons nos recherches à temps
perdu...
Mais en attendant, tout ceci ouvre
la porte à des sujets tiers qui ne sont pas pour autant moins
intéressants :
L’archéoacoustique étudie comment les anciens peuples comprenaient,
utilisaient et modifiaient les propriétés sonores de leurs espaces.
Contrairement à la fiction des voix gravées dans la pierre, cette
science bien réelle repose sur l'analyse de la résonance, des échos et
de la propagation du son.
Voici ce que les scientifiques ont découvert en analysant les monuments
antiques : • Les propriétés rituelles de Stonehenge (Royaume-Uni) : Des
modélisations acoustiques ont prouvé que la disposition circulaire des
immenses pierres bleues fonctionnait comme une gigantesque chambre de
résonance. Le son d'un tambour ou d'une voix au centre était amplifié
pour les personnes à l'intérieur, tandis que le public resté à
l'extérieur de l'enceinte n'entendait presque rien, renforçant le secret
des rituels. • L'effet « chant du quetzal » à Chichén Itzá (Mexique) : Lorsque l'on
claque des mains au pied de la pyramide maya de Kukulcán, l'écho qui
revient ne ressemble pas à un claquement, mais au gazouillement du
quetzal, un oiseau sacré pour les Mayas. Cet effet est volontaire : il
est provoqué par l'espacement et la profondeur ultra-précis des marches
de l'escalier. Ici aussi, je préconise de plus amples explications car
cela semble très mystérieux. Voici :
La question de l'intelligence des
Mayas derrière l'effet du « chant du quetzal » fascine autant les
archéologues que les physiciens. Si les scientifiques s'accordent
aujourd'hui sur l'explication physique du phénomène, le débat reste
ouvert concernant l'intention initiale des bâtisseurs : s'agit-il
d'un coup de génie mathématique planifié ou d'un magnifique hasard
technique que les Mayas ont ensuite perfectionné ? Pour
comprendre comment une civilisation de l'âge de pierre a pu
concevoir un tel monument, les spécialistes avancent deux grandes
explications.
1.
L'hypothèse de l'empirisme (l'apprentissage par
l'erreur)
La majorité des historiens et des acousticiens penchent pour une
approche empirique plutôt que pour des calculs théoriques complexes
sur ordinateur. La découverte fortuite : Les Mayas construisaient de nombreux
bâtiments à marches. Ils ont très probablement remarqué que les
escaliers renvoyaient des échos particuliers (un phénomène physique
naturel appelé « effet de réseau de diffraction »). L'ajustement progressif : En constatant qu'en modifiant
légèrement la hauteur ou la profondeur d'une marche, le son
changeait de tonalité, les architectes ont pu reproduire et affiner
ces dimensions au fil des siècles. La pyramide de Kukulcán (bâtie
vers l'an 1000) bénéficie de l'expérience de centaines d'années de
constructions antérieures. Le choix des dimensions : Pour obtenir ce son aigu
décroissant, les marches ont été sculptées de manière très
inhabituelle : elles sont extrêmement étroites et étonnamment
hautes. Ce choix géométrique, peu pratique pour la marche humaine,
s'explique parfaitement s'il s'agissait d'accorder l'escalier comme
un instrument de musique. 2. Une maîtrise avancée de la géométrie
et de l'observation
Même sans outils numériques, les Mayas possédaient une intelligence
scientifique hors norme, largement prouvée par d'autres aspects de
la pyramide : Astronomie de précision : La pyramide est un calendrier de
pierre géant. Elle compte 365 marches au total (une pour chaque jour
de l'année). Lors des équinoxes, l'ombre des terrasses se projette
sur l'escalier pour dessiner le corps ondulant du dieu serpent
Kukulcán. Un peuple capable de calculer la position du soleil au
millimètre près pouvait parfaitement intégrer des motifs
géométriques réguliers pour guider le son. Architecture sacrée : Le quetzal était l'oiseau messager des
dieux. Pour les Mayas, la religion, l'architecture et la nature ne
faisaient qu'un. Associer le temple du serpent à plumes au cri de
l'oiseau sacré était une suite logique dans leur système de pensée. L'avis des sceptiques : le "bel accident" Certains
physiciens modernes restent plus prudents. Ils rappellent que cet
effet de sifflement peut être provoqué par n'importe quel escalier
très régulier en béton ou en pierre (on l'entend parfois sur les
gradins de stades modernes ou d'autres monuments à travers le
monde). De plus, le son ressemble à un quetzal lorsqu'on claque des
mains, mais les Mayas ne claquaient pas nécessairement des mains de
cette façon lors de leurs cérémonies (ils utilisaient des tambours
ou des flûtes, ce qui produit un écho totalement différent).
En résumé, l'intelligence des Mayas n'a pas résidé dans des
équations acoustiques sur papier, mais dans leur capacité
exceptionnelle d'observation, de standardisation géométrique et
d'expérimentation architecturale sur plusieurs générations.
• L'amplification naturelle des théâtres grecs (ex. Épidaure) : Le
design des gradins en pierre calcaire fait office de filtre acoustique
naturel. Les ingénieurs grecs de l'Antiquité ont réussi à concevoir une
géométrie qui supprime les basses fréquences (comme le brouhaha de la
foule) tout en réfléchissant et en amplifiant les hautes fréquences de
la voix humaine. Un simple chuchotement sur scène est audible au dernier
rang. • Les grottes préhistoriques et l'art pariétal : Des chercheurs ont
remarqué une corrélation fascinante dans des grottes comme celle de
Lascaux. Les zones où les peintures rupestres d'animaux (mammouths,
bisons) sont les plus denses correspondent presque toujours aux endroits
de la grotte qui possèdent la meilleure résonance acoustique. Les tribus
utilisaient probablement les sons, les chants et les échos pour
accompagner leurs rituels visuels.
Voici une plongée dans les secrets acoustiques des théâtres grecs et des
sépultures égyptiennes, deux sommets de l'ingénierie sonore de
l'Antiquité. 1. Le calcul mathématique des théâtres grecs (L'exemple d'Épidaure)
Le théâtre d'Épidaure, construit au IVe siècle av.
J.-C., est célèbre pour son acoustique légendaire : un acteur qui
chuchote ou déchire un morceau de papier au centre de la scène
(l'orchestra) peut être entendu par 14 000 spectateurs, jusqu'au dernier
rang situé 60 mètres plus haut. Pendant des siècles, on a cru à un heureux hasard, mais des physiciens
du Georgia Institute of Technology ont découvert en 2007 que les Grecs
avaient appliqué des principes de filtrage acoustique très stricts : • Les gradins comme filtres acoustiques : C'est la géométrie des gradins
en pierre calcaire qui fait tout le travail. L'espacement régulier des
marches et leur hauteur calculée créent un filtre périodique. • Le piégeage des basses fréquences : Les gradins absorbent et atténuent
les fréquences inférieures à 500 Hz. Cela correspond exactement au
brouhaha de la foule (murmures, bruits de pas, vent dans les arbres). Le
bruit de fond est donc naturellement "éteint". • L'amplification par réflexion : En revanche, les gradins réfléchissent
et amplifient les hautes fréquences (au-dessus de 500 Hz), qui portent
les consonnes de la voix humaine. Ce sont ces consonnes qui permettent à
notre cerveau de comprendre les mots. • L'effet de masque : En éliminant le grave et en boostant l'aigu, la
voix de l'acteur est virtuellement projetée au sommet du théâtre sans
aucun appareil électrique.
2. Les fréquences de résonance dans les chambres funéraires
égyptiennes
Dans l'Égypte antique, la voix et les chants rituels étaient le pont
entre le monde des vivants et celui des morts. Les architectes des
pharaons ne construisaient pas les tombes uniquement pour l'œil, mais
aussi pour l'oreille. Des acousticiens ont mesuré les propriétés sonores des chambres
funéraires, notamment dans la Grande Pyramide de Khéops et dans la
Vallée des Rois : • La fréquence magique de 110 Hz : De nombreuses pièces en pierre
fermées (comme la Chambre du Roi dans la pyramide de Khéops) possèdent
une fréquence de résonance naturelle qui tourne autour de 110 à 120 Hz.
C'est la fréquence d'une voix d'homme grave ou d'un chant guttural bas. •
L'effet de transe cognitive : En neurosciences modernes, on a
découvert que l'écoute prolongée d'une résonance à 110 Hz modifie
légèrement l'activité du cortex frontal et active les zones du cerveau
liées aux émotions et à la transe. Pour les prêtres égyptiens qui
psalmodiaient des formules magiques du Livre des Morts, l'architecture
amplifiait littéralement l'état spirituel et mystique de la cérémonie. •
Le sarcophage-résonateur : Le sarcophage de granit rouge de Khéops
n'est pas un simple coffre. Il a été taillé de manière à résonner
intensément lorsqu'on émet un son à une fréquence précise. Si un prêtre
chantait la bonne note à côté, le sarcophage agissait comme la caisse de
résonance d'un violoncelle, faisant vibrer l'air et le sol de toute la
pièce. Ces deux exemples montrent que bien avant les équations modernes du son,
ces civilisations comprenaient empiriquement la géométrie des ondes.
Tout ceci nous enseigne au moins une chose, c'est que l'étude des sons
(acoustique et archéoacoustique) nous réserve bien des surprises et que
resurgit par la même occasion un point qui semble avoir été oublié
depuis le début à propos d'Ernetti : ce dernier était musicologue !
Dans la vidéo ci-contre, qui
est un extrait du fameux film "Rencontres rapprochées du
troisième type" de Steven Spielberg, on a un exemple frappant de
la musique comme langage universel et en tous cas en tant que
langage. N'allons pas trop loin et ne nous emballons pas
en parlant d'exolinguistique puisque dans le cas présent il est
question d'extraterrestres et que cela nous éloigne du sujet.
Il est simplement question de rappeler pour la circonstance que
Pellegrino Ernetti était un musicologue réputé en plus d'être un
excellent scientifique. Tout ceci pour exprimer simplement
le fait que cette qualité aurait pu donner au prénommé des idées
hors de chemins battus, une autre façon d'aborder la
problématique et donc, peut-être de la résoudre. Il s'agit
simplement d'une toute petite hypothèse et rien de plus, voire
une remarque, une anecdote...
Donc Ernetti n'aurait pas pu construire son chronoviseur, même sur un
coup de génie, avec l'aide de Marconi, Einstein, Von Braun et d'autres ?
Exactement. Même avec un conclave des plus grands esprits du XXe siècle,
le chronoviseur de Pellegrino Ernetti relève de l'impossibilité physique
absolue, et non d'un manque de génie technique. L'argument d'Ernetti reposait sur l'idée que les ondes sonores et
lumineuses du passé ne meurent jamais, mais se transforment en "scories
énergétiques" résiduelles qu'il suffirait de capter et de réassembler.
Voici pourquoi Einstein, Marconi et Von Braun réunis n'auraient jamais
pu faire fonctionner une telle machine : 1. Le problème de la relativité d'Einstein • La Terre bouge : Notre planète tourne sur elle-même, autour du Soleil,
qui lui-même fonce à travers la galaxie. • La position dans l'espace
: L'endroit exact de l'espace-temps où le Christ ou Cicéron ont parlé se
trouve aujourd'hui à des centaines de milliards de kilomètres de la
position actuelle de la Terre. • La fuite de la lumière : Les ondes
lumineuses émises il y a 2000 ans ont quitté la Terre à la vitesse de la
lumière. Pour les capter aujourd'hui, il ne faudrait pas un écran
cathodique au Vatican, mais un télescope spatial situé à 2000
années-lumière d'ici, pointé vers la Terre. 2. Les limites de la radio de Marconi • La dilution du signal : Les ondes électromagnétiques s'atténuent selon
la loi du carré inverse. À cette distance temporelle et spatiale, le
signal d'origine est tellement dilué qu'il n'en reste statistiquement
plus un seul photon discernable. • L'absence de support : L'air et l'espace ne sont pas des bandes
magnétiques. Ils ne stockent pas les signaux passés ; ils les laissent
passer ou les absorbent sous forme de chaleur. 3. Les limites des fusées de Von Braun • La
technologie matérielle : Le chronoviseur décrit par Ernetti était un
assemblage d'antennes paraboliques, de tubes cathodiques et de bobines
d'électrons des années 1950. • Le traitement de l'information : Recréer une image à partir de
fluctuations quantiques ultra-faibles (si tant est qu'elles existent)
demanderait une puissance de calcul informatique supérieure à tous les
ordinateurs actuels de la planète. En 1956, les ordinateurs
fonctionnaient encore avec des cartes perforées. La réalité derrière le mythe
La liste des scientifiques cités par Ernetti (Fermi, Von Braun, Marconi)
servait principalement d'argument d'autorité pour crédibiliser son récit
auprès du grand public en 1972. La supercherie a d'ailleurs éclaté lorsque la fameuse "preuve" fournie
par le moine — une photo du Christ sur la croix prise via le
chronoviseur — s'est avérée être la simple copie conforme d'une carte
postale d'un crucifix sculpté de l'église de Collevalenza.
1. Le Projet Horizon de Wernher von Braun (1959)
- juste pour information En 1959, en pleine guerre froide, Wernher von Braun (alors directeur
technique de l'agence de missiles de l'armée américaine, juste avant la
création de la NASA) dirige une étude ultra-secrète nommée Project
Horizon. Son but : établir une base militaire fortifiée sur la Lune
avant les Soviétiques. • Le plan de déploiement : Von Braun calcule qu'il faut 147 lancements
de fusées Saturn pour acheminer le matériel. La construction doit
débuter en avril 1965, pour une base opérationnelle dès décembre 1966. • La garnison lunaire : Le projet prévoit d'envoyer 12
soldats-astronautes. La base se composerait de cylindres métalliques
enterrés sous le sol lunaire pour les protéger des radiations et des
micrométéorites. • L'armement et la survie : La base devait être alimentée par deux
réacteurs nucléaires. Plus incroyable encore, l'armée prévoyait
d'installer des armes nucléaires sur la Lune pour pouvoir bombarder la
Terre en cas de guerre totale, ainsi que des mines antipersonnel
Claymore modifiées pour repousser d'éventuels soldats soviétiques. •
La fin du projet : Le président Eisenhower refuse le projet, jugeant le
coût astronomique et préférant confier le programme spatial à une agence
civile, la NASA. 2. Enrico Fermi et la traque des particules élémentaires
Enrico Fermi est l'un des rares physiciens de l'histoire à avoir excellé
à la fois en théorie et en expérimentation. Durant les années 1940 et
1950, après avoir conçu le premier réacteur nucléaire de l'histoire
(Chicago Pile-1), il se lance dans le plus grand défi de l'époque :
comprendre de quoi est faite la matière au plus profond d'elle-même. • La naissance de la physique des hautes énergies : Fermi comprend que
pour briser les noyaux atomiques et voir ce qu'il y a dedans, il faut
des outils gigantesques. Il participe activement au développement des
premiers cyclotrons et synchrotrons (les ancêtres du grand collisionneur
de hadrons du CERN). • La découverte des pions et des pions
résonnants : En bombardant des cibles avec des protons accélérés, Fermi
et son équipe découvrent de nouvelles particules éphémères, comme les
mésons pi (ou pions). Ils ouvrent la boîte de Pandore : la matière n'est
pas juste faite de protons, de neutrons et d'électrons, mais d'un
véritable "zoo" de particules. • Le pionnier du calcul numérique : Fermi est l'un des tout premiers à
comprendre l'importance des ordinateurs pour la physique. Dès
l'après-guerre, il utilise l'ordinateur MANIAC pour simuler des
collisions de particules et des systèmes non-linéaires (l'expérience
historique de Fermi-Pasta-Ulam-Tsingou), posant les bases de la physique
numérique moderne. • Le Globe de Fermi (L'ultime vision) : Juste avant sa mort en 1954,
Fermi imagine un accélérateur de particules si puissant qu'il ferait le
tour complet de la Terre au niveau de l'équateur. Si cette idée semblait
folle à l'époque, c'est exactement le concept du CERN actuel, mais
poussé à l'échelle planétaire. Ces projets démontrent que la réalité de la science de l'époque était
tout aussi spectaculaire que les mythes de science-fiction.
Et avec tout cela, bien que les
carottes semblent cuites, l'enquête sur le chronoviseur d'Ernetti reste
ouverte.