Or donc, une première chose est sûre : Ettore Majorana a bel et bien existé, il était bien physicien et, de plus, il
s'agissait d'un véritable génie dont le travail trouve encore ses applications aujourd'hui. On pourrait même parler d'un "visionnaire" tant ses travaux
anticipaient apparemment la science de l'époque.
Une deuxième chose est certaine : l'existence de Pellegrino Ernetti :
Pellegrino Ernetti (1925–1994) était
un moine bénédictin italien, musicologue, physicien et exorciste. Il est
principalement célèbre pour avoir affirmé avoir inventé le Chronoviseur
(ou Chronovisor), une machine hypothétique capable de voir et d'entendre
des événements du passé.
Qui était-il
officiellement ?
Dans sa vie publique et scientifique,
Don Pellegrino Ernetti était un homme respecté et polyvalent : Musicologue reconnu : Il était un grand spécialiste de la musique
archaïque et enseignait la prepolifonia (la musique pré-polyphonique) à
Venise, sur l'île de San Giorgio Maggiore. Homme d'Église : Il officiait comme moine bénédictin et exerçait
également la fonction officielle d'exorciste pour le patriarcat de
Venise. Scientifique : Il s'intéressait de près à la physique, notamment
à la physique quantique et à l'électronique.
Le mythe du Chronoviseur
La notoriété d'Ernetti repose en grande partie sur une controverse qui a
débuté dans les années 1970. Il a affirmé avoir collaboré en secret avec
de grands scientifiques (comme Enrico Fermi ou Wernher von Braun) pour
concevoir un appareil captant les ondes sonores et visuelles résiduelles
laissées par les événements passés. Grâce à ce "Chronoviseur", le père
Ernetti prétendait avoir :
Assisté à des discours de Napoléon.
Suivi la représentation d'une tragédie perdue du poète romain Ennius en
169 av. J.-C.
Visionné et photographié la crucifixion de Jésus-Christ.
La controverse et la postérité
L'existence de cette machine n'a jamais été prouvée scientifiquement,
et l'histoire est largement considérée comme un mythe ou une fable
technique. La photo du Christ qu'il prétendait avoir prise s'est avérée
être la reproduction d'une sculpture existante. Selon la légende, le
Vatican aurait confisqué l'appareil pour éviter qu'il ne tombe entre de
mauvaises mains, une thèse largement diffusée dans
un livre d'enquête du Père François Brune. Cette histoire
fascinante a inspiré de nombreuses œuvres de fiction, notamment la
trilogie de romans de Roland Portiche (La Machine Ernetti).
Nous avons consulté la page en question (le lien ci-dessus) que l'on
peut résumer comme suit : ce qui est sûr c'est que rien n'est certain.
La page elle-même renvoie à un livre du père Brune aux éditions JMG :
chronoviseur - machine à explorer le temps - enquête sur un secret du
Vatican. Ceci ne constitue pas la preuve de l'inexistence de
quoi que ce soit (il est d'ailleurs impossible de prouver l'inexistence
de quoi que ce soit, sauf peut-être en mathématiques) mais indique que
l'on a enquêté sur le sujet, ce qui démontre bien par contre que le
postulat ait existé. Qu'il soit exact est autre chose. En
outre, le titre évoque "un secret du Vatican" et par définition un
secret est une information que l'on refuse de transmettre. Cela
laisse donc tout simplement l'affaire en suspens, c'est au lecteur de se
faire son opinion à la lecture du livre, en se basant sur les arguments
de l'auteur. Et là, paf ! Nous relevons un problème : l'auteur est
un prêtre et donc potentiellement quelque part, juge et partie. En
somme, "il fait partie de la maison" et reste supposé subordonné aux
prérogatives du pape, que l'on sait avoir demandé que l'on démonte
l'appareil et que son existence sombre dans les secrets de ses archives
vaticanes.
Venons-en à présent aux arguments prêchant que le chronoviseur n'aurait
jamais existé. Nous avouons penser aprioristiquement que ce soit le cas
mais nous savons aussi qu'il faut se méfier des a priori, nous ajoutons
qu'il ne s'agit pas ici de croire quoi que ce soit mais bien d'étudier.
Des cas particuliers de "contrefaçons" (images dupliquées, traductions
de mots inexistants à l'époque romaine, etc.) ont été mis en avant mais
pourraient faire partie d'une politique d'occultation : nous ne
disposons pas actuellement des pièces qui attesteraient de ces
contrefaçons mais nous pourrions concevoir qu'il s'agirait de manœuvres
dirigées par le Vatican puisque ce dernier impose le secret. En
fait, on en sait rien, cela reste seulement une hypothèse. Mais
cette dernière est-elle plausible ?
Nous pensons que oui, à condition bien sûr que l'appareil ait existé.
Si cela a été le cas, la machine représentait effectivement un risque
énorme pour l'Église et la religion catholique. C'était courir le risque
de détenir la preuve de l'inexistence des mystères entourant le Christ
(sa résurrection, son statut de fils de Dieu, l'inexistence éventuelle
de ce dernier), bref : cela pouvait remettre complètement en question
les fondements même du christianisme, un danger évidemment épouvantable
qui aurait entraîné, le cas échéant, toute une institution et des
milliards de croyants dans le chaos ! Dans ce cas, il aurait été
évident que le pape ait absolument voulu éviter cette catastrophe.
Bien sûr, on pourrait aussi dire que ce même pontife aurait pu avoir la
franchise, la mort dans l'âme, d'avouer la situation désormais prouvée
scientifiquement. Mais il faut alors penser au désarroi moral des
quantités de personnes concernées. Du jour au lendemain, des
cardinaux, des évêques, des milliers de prêtres se seraient retrouvés au
chômage, plus d'enfer (ouf pour certains, mais où est désormais "la
justice divine ?") fini le paradis (à quoi bon être bon et respecter les
dix commandements ?), bonjour les moqueries pour les infortunés croyants
qui se sont bien fait berner depuis deux millénaires ! Toutes les
églises se retrouvent désacralisées, on en fait des dancings et pourquoi
pas des bordels ! Non : c'est la catastrophe, la groooosssse cata !
Selon nous, l'Église n'en est pas à un mensonge près (à vérifier !) mais
là, trop c'est trop !
Tout ça pour dire que le Vatican et son pontife avaient toutes les
raisons du monde de verser le chronoviseur dans le secret, un secret
très bien gardé, et pour cause ! Le Vatican ne fait pas dans l'armement,
mais il s'agirait bien d'une arme de destruction massive !
Seulement voilà, tout ceci ne répond
toujours pas à la question de savoir si la machine a existé ou
s'il s'agit d'un canular.
En fait, la question pourrait se résumer à la possibilité scientifique
de l'existence de cet appareil mystérieux, le chronoviseur, dont le
fonctionnement dépendrait de la possibilité d'amplifier et de restituer
les reliquats de "vibrations" sonores et "matérielles". Sur base
de l'analyse exprimée par l'IA, on croit déjà savoir que ce n'est pas
possible et on dispose de sa comparaison avec la mise en flammes et la
combustion d'un livre dont on voudrait récupérer l'information sur base
des fumées et des cendres. Cependant, ne pourrait-on pas rétorquer
que cette comparaison serait bancale étant donné que les éléments
comparés ne sont pas du tout de la même nature : d'un côté on parle d'un
objet que l'on détruit par le feu, de l'autre on parle des restes
infimes de vibrations (dans un premier objectif "sonores"). Ce
n'est pas la même chose et le moment est venu de laisser la parole
(écrite) à notre président qui dispose d'un témoignage très particulier.
Le témoignage
inattendu du "boss".
Personnellement, je ne dispose pas de
la moindre preuve de l'existence du chronoviseur : que les choses soient
donc bien claires. Par contre, il y a maintenant plus d'une bonne
dizaine d'années, j'ai eu un entretien très bizarre avec un ingénieur
d'une téléboutique. Ce monsieur, spécialisé dans les
communications donc, m'a prétendu, dur comme fer, qu'il était
désormais possible de reconstituer l'enregistrement sonore d'une
conversation qui aurait eu lieu la veille dans telle ou telle pièce.
Il ajoutait que pour ce faire il fallait évidemment disposer d'un
appareillage suffisamment sensible et, de là, la conversation s'est
évidemment dissipée vers l'application de cette technologie à des fins
d'espionnage, la confidentialité des individus, etc.
Somme toute, cet ingénieur (et donc, en principe, pas le premier quidam
venu !), me confirmait, avant la lettre, la possibilité de la mise en
application de la technique de l'appareil dont il est ici question, du
moins sur le plan sonore (il n'a pas parlé d'images).
Avait-il lu "la Machine Ernetti" et conclu hâtivement ? Vu que le
livre date de 2020, je réponds : non, impossible !
Mais peut-être avait-il lu le livre du père Brune.
L'ouvrage a connu plusieurs éditions
et changements de titre au fil des ans : 2002 (Première édition) : Publié sous le titre "Le nouveau
mystère du Vatican" aux éditions Albin Michel. 2004 : Réédité sous le titre Le chronoviseur : "La machine à
explorer le passé" aux éditions Oxus. 2022 : Nouvelle parution posthume sous le titre "Le chronoviseur
: Machine à explorer le passé : Enquête sur un secret du Vatican" aux
éditions JMG.
Pour 2022, j'exclus évidemment cette
possibilité, je ne la rejette pas pour les deux premières éditions.
Mais à défaut, pour le moment, d'avoir lu le livre, on peut se poser la
question : ce dernier entérine-t-il l'existence du chronoviseur ou la
rejette-t-il ? S'il l'entérine, la question ne se pose même plus
(mais demande des explications sur le plan scientifique), s'il la
rejette pourquoi l'ingénieur prétendrait-il alors le contraire, sur le
plan technique ?
A ce sujet, on peut dire ceci :
Admettons que le livre datant de 2002 ou 2004 soit à prendre en
considération. Dans ce cas, l'ingénieur peut en avoir pris
connaissance et supposons que le père Brune rejetait l'existence du
chronoviseur. Entre temps, la science avait pu évoluer (non : elle
a évolué !) et la question reste entière. Si le père Brune admettait son
existence ou bien qu'il restait dans le vague, tout reste possible.
Nous n'avons pas lu le livre du père Brune mais questionné l'IA à son
sujet et, subitement, l'affaire rebondit :
Le père François Brune soutient avec
conviction l'authenticité du chronoviseur. Selon ses écrits et enquêtes,
cette machine capable de voir et d'entendre le passé a bel et bien
existé et fonctionné.
Il a partagé ses conclusions dans son livre majeur
sur le sujet, disponible sur la Fnac : Le Chronoviseur : Machine à
explorer le passé - Enquête sur un secret du Vatican.
Voici les points
clés affirmés par le père Brune à propos de cette affaire :
La défense de
son inventeur Une amitié sincère : Le père François Brune a
personnellement et très bien connu l'inventeur de l'appareil, le père Pellegrino Ernetti. La certitude de son honnêteté : Il a défendu jusqu'au
bout la sincérité et la droiture morale de son confrère bénédictin. Pour
lui, Ernetti (qui était diplômé en physique quantique) n'était
absolument pas un affabulateur.
Le fonctionnement et les observations
Une
réalité scientifique : Le père Brune explique que l'appareil captait les
gammes d'ondes résiduelles laissées par l'histoire. Des visions
historiques majeures : D'après son enquête, la machine a permis de «
visualiser » des moments précis du passé, comme un discours de Napoléon,
Cicéron haranguant la foule romaine ou encore la montée du Golgotha et
la crucifixion du Christ.
Le complot du silence et le Vatican
La censure
papale : Le père Brune affirme que ces scènes ont été montrées au pape
Pie XII et à de hautes autorités civiles italiennes. Jugeant l'appareil
trop dangereux pour l'humanité (risque de suppression totale de la vie
privée et de bouleversement des dogmes), décision a été prise de le
faire disparaître. Le démantèlement : Il soutient que la machine fut
démontée, ses composants dispersés et ses plans mis en sécurité à l'étranger. Le
secret d'État : Il dénonce un « mur du silence » imposé par le Vatican
pour occulter définitivement les traces du projet après la mort du père Ernetti en 1994.
Le père
François Brune apporte plusieurs précisions fondamentales sur ce lien
dans ses entretiens et ses ouvrages :Une amitié née d'une passion
commune. La rencontre : Les deux prêtres se sont rencontrés dans les
années 1960. Leur amitié s'est consolidée autour de leur intérêt partagé
pour la transcommunication instrumentale (TCI) et les liens entre
science et foi. Les confidences : C'est au fil de leurs longues
discussions privées que le père Pellegrino Ernetti a fini par confier au
père Brune l'existence des travaux secrets menés sur le chronoviseur.
Le
portrait d'un savant intègre
Un génie reconnu : Le père Brune insistait
sur le fait qu'Ernetti n'était pas un moine isolé mais un intellectuel
brillant, professeur de musique prépolyphonique et physicien respecté en
Italie. L'absence de motif pour mentir : Brune a toujours martelé qu'Ernetti
n'avait absolument rien à gagner en inventant une telle histoire. Au
contraire, cette affaire a attiré sur lui la méfiance de sa hiérarchie
et a perturbé sa vie de chercheur.
La réfutation des accusations de
canular
La fausse rétractation : Lorsque des détracteurs ont affirmé qu'Ernetti
avait avoué sur son lit de mort que le chronoviseur était une
supercherie, le père Brune a fermement démenti. Il a affirmé que ces
"aveux" avaient été fabriqués ou extorqués par le Vatican pour clore
définitivement le débat.
Le portrait de Thyeste : Face aux critiques
affirmant que le texte de la tragédie perdue de Quintus Ennius (que le
chronoviseur aurait permis de reconstituer) contenait des erreurs de
latin moderne, Brune a défendu la version d'Ernetti en expliquant que
les fragments retranscrits souffraient simplement des limites d'écoute
de l'appareil à ce moment-là.
Pour l'instant, la balance semble
figée sur le fifty-fifty. Cela ne nous suffit pas et l'enquête
doit se poursuivre; Bientôt, nous recevrons la réponse de nos
scientifiques sur ce sujet.