Avant-goût : Jack l'Éventreur, alias Jack the Ripper, est le meurtrier le
plus connu du monde d'après certains. Ce tueur en série anglais a martyrisé cinq prostituées, si ce n'est pas plus, en 1888 dans un quartier de Londres. Ce quartier, nommé
Whitechapel est un endroit où personne ne voudrait vivre. C'était un lieu pauvre, où les femmes étaient soumises. La prostitution était leur seul moyen de survie. La
particularité du tueur, qui le rendit célèbre était qu'il resta inconnu encore de nos jours. Jamais la police ne l'arrêta. Nom : Inconnu
Surnom : Jack l'Éventreur, Tablier de Cuir, la Terreur Rouge, L'assassin de Whitechapel, etc. Âge : Entre 25 et 35 ans Taille: Entre 1,65 et 1,68 m Aspects :
- Magicien (ou plutôt sorcier puisque c'était un rituel maléfique) Il tuait ses victimes en fonction du calendrier lunaire.
- Scientifique Il avait de grandes aptitudes et de la compétence à découper ses victimes (oui, je sais, cela peut paraître épouvantable mais il avait un talent pour tuer).
Certains disent qu'il serait chirurgien ou qu'il aurait de la culture en chirurgie.
- Fou furieux : Pas vraiment besoin de le préciser, ce monsieur était bel et bien fou furieux ! Juste en voyant la manière qu'il massacra sa dernière victime, on est
convaincu qu'il était fou furieux ! (voir Les Faits)
Voir le portrait de Jack l'Éventreur, grâce au travail scientifique. Histoire :
Le surnom ‘"Jack the Ripper" vient probablement d'un journaliste qui a voulu mettre du piquant à son article ou bien, l'autre hypothèse, moins probable, est celle que c'est
le tueur lui-même qui l'aurait inventé. Attention : Les cœurs sensibles s'abstenir car le texte est très cru et horrible.
Les faits
1ère victime : Mary Ann Nichols
Connu aussi sous le nom de Polly Nichols, elle naquit en 1845. Elle fut mariée à William Nichols et eut cinq enfants avec ce dernier. Elle s'était séparée de son mari
depuis 1882. Le Vendredi 31 août 1888, à l'âge de 43 ans, Mary Ann mourut du massacre de Jack l'Éventreur. Son corps fut retrouvé vers 3 heures du matin dans Buck's Row,
gorge tranchée, presque décapitée. L'abdomen et les organes génitaux sont gravement entaillés et les intestins entourent le cou de la prostituée.
2e victime : Annie Chapman. Née Eliza Anne Smith en 1841, elle se maria à John Chapman
en 1869 et eut deux filles. Elle fut assassinée Samedi le 8 Septembre 1888 au matin (il faisait toujours noir dehors) dans une cour intérieure. Elle fut retrouvée gisant
par terre au 29 Hanbury Street avec la gorge tranchée, la tête quasiment séparée du corps. Comme toutes les victimes de l'assassin de Whitechapel, mise à part Elizabeth
Stride (voir plus loin), elle fut retrouvée le ventre ouvert.
Les intestins se trouvaient sur l'épaule droite de Mme Chapman. Le vagin, l'utérus et environ le deux tiers de la vessie avaient été prélevés. Un fait bizarre à ce meurtre
était que des pièces de monnaie étaient à ses pieds ainsi qu'une enveloppe datée du 20 août 1888. Elle fut incinérée le 14 septembre 1888 à Manor Park.
À droite : Hanbury Street, lieu où le crime a été commis).
 3e victime : Elizabeth Stride
(À gauche : Le Club Berner, lieu du meurtre)
Née en 1843 en Suède, mère de deux enfants et divorcée en 1876, Elizabeth Stride fut la victime qui n'eut qu'une blessure, ce qui ne l'a pas empêché de mourir. Elle fut
retrouvée morte à 45 ans, le 30 septembre 1888, dans la cour du Club Berner par un certain Louis Diemschutz avec la gorge profondément tranchée. Elle fut incinérée dans
le cimetière Est de Londres.
Ce qui est mystérieux dans ce meurtre, c'est que ce fut pratiquement impossible pour l'assassin de se rendre à son autre victime quelques heures plus tard (voir la
prochaine victime) car elle a été tuée à peu de temps d'intervalle de celle qui suivait. D'ailleurs sa prochaine proie fut dans un lieu si éloigné que le meurtrier
n'aurait pu commettre les deux meurtres dans la même nuit.
 4e victime : Catharine
(ou Catherine) Eddowes
Catherine Eddowes naquit en 1842 à Wolverhampton.
Elle eut trois enfants avec Thomas Conway. Elle fut tuée et affreusement mutilée le 30 septembre, la même date qu' Elizabeth Stride fut assassinée.
On la retrouva dans un parc public, le Mitre Square où elle subit un horrible martyr. Son corps fut découvert dans une marre de sang où elle avait le ventre ouvert. Elle
a été complètement défigurée (il n'y a qu'à regarder les deux photos plus haut, où, malgré la qualité de la photo, on peut y voir un visage défiguré) et son visage fut
marqué d'un large V au couteau. Son nez et son oreille gauche furent entaillés. Le corps fut retrouvé quasiment décapité avec l'estomac et les intestins posés encore une
fois sur l'épaule droite de la victime. Le foie fut coupé et les reins ainsi que les organes génitaux retirés. Mme Eddowes fut assassinée à l'âge de 46 ans.
(À gauche et au milieu : La victime méconnaissable) (À droite : Mitre Square, lieu du crime)
 5e victime : Mary Jane Kelly
Mary Jane Kelly naquit en 1863 et mourut à 25 ans. Elle fut la victime la plus jeune. Elle fut assassinée vendredi le 9 novembre 1888 vers 3h du matin au 13 Miller's Court,
dans son appartement, contrairement aux autres victimes. À cette époque, les prostituées offraient leurs services dehors et non pas dans les hôtels ou les appartements.
Cette victime a eu un traitement particulier d'après l'autopsie.
(À droite : Le corps de Mary Jane Kelly gisant sur le lit) (À gauche : 13 Miller's Court, appartement de la victime)
Les restes de la femme furent incinérés au cimetière catholique St Patrick, à Londres. Voici les résultats d'autopsie de la victime :
- Corps allongé sur le lit - Corps axé vers la gauche - Tête tournée vers la gauche - Bras gauche se trouve le long du corps, l'avant-bras replié à l'angle droit,
reposant en travers son abdomen
- Bras droit détaché du corps sur le matelas tandis que l'avant-bras est posé sur l'abdomen laissant voir ses doigts serrés - Jambes largement écartées
- Cuisse gauche faisant un angle droit avec le tronc - Cuisse droite faisant un angle obtus avec le pubis - Surface extérieure de l'abdomen et des cuisses fut arrachée
- Les viscères furent retirés de la cavité abdominale et éparpillés un peu partout - Seins coupés à leur base - Bras mutilés de maints coups de couteaux irréguliers
- Visage méconnaissable et affreusement défiguré - Tissus du cou retirés jusqu'à l'os - Sous la tête se trouvent l'utérus, les reins et un sein
- L'autre sein est près du pied droit - Le foie est entre les pieds et les intestins à droite du corps - La rate est à la gauche du corps
- Plusieurs lambeaux de chair de l'abdomen et des cuisses sont empilés sur la table près du lit - Cœur retiré mais introuvable
D'autres victimes sont possibles mais une a retenu mon attention :
Martha Tabram, Martha White ou Emma Turner (elle avait trois noms) qui fut assassinée à 39 ans le 7 août 1888. Elle naquit le 10 mai 1849 et mourut de 39 coups de couteaux
d'après l'autopsie. Bizarre non ? 39 coups de couteaux pour 39 ans vécus. Pour finir, personne n'a retrouvé le coupable de ces meurtres horribles malgré quelques personnes
qu'on a soupçonnées.
En passant, l'histoire de Jack l'Éventreur a un point en commun avec l'histoire du Roi Arthur; il y a beaucoup de différentes histoires sur ces deux personnages. Nous y
reviendrons.
Nous devons le présent article à Jessica, correspondante du CERPI que nous remercions vivement !
Nous n'allons pas refaire toute l'histoire de Jack l'éventreur, bien qu'elle soit particulièrement intéressante, simplement parce que, en tant que tel, le sujet a déjà
fait couler beaucoup d'encre et il n'est pas difficile de trouver énormément d'informations sur le Net à son propos. Il serait bien plus approprié de sortir des sentiers
battus et de voir ce que l'on pourrait éventuellement tirer de nouveau de cette sordide affaire. Y aurait-il, par hasard, un point qui aurait pu échapper à la sagacité
des enquêteurs, une facette du problème que l'on n'aurait pas encore abordée ?
Lorsque l'on se penche sur l'histoire de Jack the ripper, il n'est pas sorcier d'envisager le meurtre à caractère sexuel. D'abord parce que le meurtrier
s'attaque à des prostituées, ce qui sous-entend un problème quelconque, un désordre mental peut-être dans ses rapports vis à vis de ces personnes en particulier ou de la
gent féminine en général, peut-être une pruderie exagérée. D'autre part, parce que l'on sait que ce personnage décidément infréquentable s'est livré à des actes atroces
tels que la récupération quasi chirurgicale de la matrice des victimes. Pourquoi emporter de la sorte ce qui représente par excellence la capacité reproductrice de la
femme ?
Il est intéressant de noter, à ce sujet, l'histoire d'un certain Tumblety, une personne qui a toujours réussi à échapper à la police, soit faute de preuves, soit par
impossibilité d'extradition alors qu'il était sur le territoire américain, qui a réussi à prendre la fuite alors qu'il était appréhendé, qui logeait sur les lieux des
meurtres au moment des faits, meurtres qui cessèrent dès qu'il quitta la région (mais qui reprirent aux États-Unis, dans la région où il se trouvait) mais ce n'est pas
tout... Sans en avoir vraiment le titre officiel, ce même Tumbelty avait réussi à se faire admettre dans le cercle des médecins (compétences anatomiques et habileté
chirurgicale...), de mœurs sexuelles discutables (onanisme, affaires d'homosexualité, haine avouée pour les femmes suite à une rupture douloureuse), il avait paraît-il
pu présenter à des connaissances ébahies et horrifiées, un véritable musée des horreurs sous la forme de bocaux contenant des utérus ! A l'époque, la police
londonienne passa la plupart de ces éléments sous silence afin d'éviter d'être taxée d'incompétence, le suspect décéda sans jamais avoir purgé la moindre peine,
après avoir aussi été soupçonné de complicité dans l'assassinat du Président Lincoln et sans avoir jamais avoué quoi que ce soit.
Mais il y a une autre facette des choses, qui établit un meilleur lien direct avec les activités du groupement et qui, pour invraisemblable qu'il puisse paraître, n'en
demeure pas moins intéressant pour autant lorsque l'on considère qu'on a à faire à "une espèce de fou".
Soyons donc attentifs aux éléments généraux de l'enquête : la première victime s'appelle Mary Ann Nichols, la deuxième est Annie Chapman (née Elisa Anne), la troisième
Elisabeth Stride, la quatrième Catherine Eddowes, et la cinquième Mary Jane Kelly (si on ajoute la victime présumée supplémentaire, on pose : Emma Turner, alias Martha
Tabram ou White.
Si on étudie les prénoms des victimes, on peut poser aussi : Mary (Marie) - prénom de la vierge Marie, mère de Jésus Christ.
Ann (Anne) - prénom de la mère de Marie. Annie = Anne (voir ci-dessus = idem)
Élise - Elisabeth - mère de Jean-Baptiste, belle-sœur de Marie Catherine - patronne des jeunes filles, vierge symbolisant la fiancée de la Sagesse éternelle
Mary - (voir ci-dessus = idem)
Martha (Marthe) - sœur de Marie-Madeleine, longtemps considérée comme pécheresse (prostitution) puis comme disciple et fiancée (épouse ?) du Christ. Voir aussi "
Hiéros Gamos" - Code da Vinci.
Bien sûr, en réalisant la comparaison (ou énumération) qui précède, nous sommes conscients qu'il y aurait moyen d'établir le même parallèle sur base d'un autre principe.
C'est ainsi que si on avait pu supposer que le tueur vouait une haine particulière à l'encontre des têtes couronnées, on aurait évoqué Marie Stuart, Anne d'Autriche,
Elisabeth (vous avez le choix), etc. Et on pourrait s'amuser aussi à trouver des équivalences plus ou moins représentatives en prenant par exemple les prénoms d'actrices
(à condition d'en trouver pour la fin du XIXe siècle !) et ainsi de suite. Tout ceci pour dire que lorsque l'on veut trouver des points communs, on finit toujours par les
trouver pour autant que l'on s'en donne la peine. Seulement voilà, notre tueur avait peu de chances d'être cinéphile et il semble bien que ce soit l'analogie avec
la famille de Jésus qui soit la plus probante.
En poursuivant le raisonnement, on s'aperçoit donc que les victimes portent toutes, alors qu'elles sont toutes prostituées ne l'oublions pas, un prénom en étroite
corrélation avec Marie (qui symbolise la virginité par excellence) ou la virginité elle-même (dans le cas de Catherine), voire l'alliance même avec Jésus.
Notre théorie quant au profile du tueur repose sur le postulat que ce dernier serait obsédé par une image de pureté et que parmi les prostituées qu'il côtoie dans son
quotidien à Whitechapel notamment, certaines portent bien mal leur prénom si l'on s'en réfère à leur origine et puis surtout qu'elles salissent l'image de ces derniers.
Il s'agit donc selon lui d'une espèce de crime de lèse-majesté que de s'adonner à la prostitution lorsque l'on porte pareils prénoms. Pour le tueur, qui déjà voue une
haine incommensurable à la gent féminine (un désir de vengeance serait peut-être l'expression plus adéquate), les prostituées sont donc des êtres immondes et abjects
en puissance, mais la corrélation du prénom en est le paroxysme.
Soit ! Direz-vous, mais dans ce cas, quel besoin a t-il de s'approprier la matrice de ces femmes ? Il suffit de considérer l'organe en lui-même, le rapport avec la
reproduction (et la virginité) - matrice (mater=mère) - Marie est LA mère en puissance, symbole aussi du culte marial et, depuis les écrits de Nag Hammadi, les implications
deviennent encore plus puissantes et évidentes (cf. Léonard de Vinci et la dernière Cène, le code da Vinci, Marie-Madeleine, etc.). Dans sa folie meurtrière, Jack commet
ses abominations pour mettre fin à une espèce de blasphème permanent et soustraire l'appareil féminin de ses turpitudes insensées, l'empêcher de nuire ainsi tout en le
"protégeant" d'une certaine manière. La signification est double même puisqu'en agissant de la sorte, d'une façon très symbolique, Jack l'éventreur s'approprie ce
qui, de nos jours, est de plus en plus communément considéré comme le véritable Graal.
Comparer de la sorte Jack l'éventreur au Roi Arthur et aux Chevaliers de la Table Ronde dans leur quête du vase sacré paraît bien sûr bien osé. Mais que se passe-t-il
dans l'esprit d'un détraqué, surtout si l'on pense à ce fameux Tumblety qui, fiancé et puis marié dans son jeune temps, découvrit que sa moitié le trompait et était en
fait une... prostituée ? Comment ne pas comprendre au moins son désarroi et que dans l'égarement de sa douleur il ne généralise pas son ressentiment à toutes les femmes,
surtout celles de mauvaise vie, qu'il compare à un "bétail" composé essentiellement "d'imposteurs"...?
Imposteur est bien le mot qui convient pour illustrer notre théorie, non ?
WHITECHAPEL
Tout comme nous le signalions à propos de l'affaire du mystérieux caveau de la famille Chase ou comme nous aurions pu le dire en ce qui concerne celle
du Titan et du Titanic, le travail de correspondant du CERPI s'apparente à celui d'enquêteur par les recherches parfois très fouillées que l'on peut réaliser sur un sujet
apparemment déjà très connu. L'un des secrets de la réussite dépend de l'opportunité de ces recherches et de la lucidité (perspicacité) de l'enquêteur.
Ainsi, lorsque l'on évoque Jack l'éventreur, on peut difficilement passer sous silence les lieux où les méfaits furent commis : Whitechapel. Bien sûr, Jess en a parlé
et nous savons qu'il s'agit d'un endroit pauvre, disons même misérable et dangereux au cœur de Londres. Du moins était-il comme cela à l'époque victorienne (et
empressons-nous de dire que cela n'a pas beaucoup changé, même s'il y a eu une progression assez positive).
Mais le fait d'aller faire une petite excursion du côté de Whitechapel, même si celle-ci est purement virtuelle, nous apporterait-il des éléments nouveaux ? Comme nous
aimons à le dire, même si tel ne devait pas être le cas, voilà qui étofferait toujours nos connaissances générales ! Cela ne serait donc pas en vain.
Eh bien, voyons cela !
Whitechapel (littéralement "la chapelle blanche", donc) se trouve à un bon 5 km à l'Est de Charing Cross et fait partie de Tower Hamlets, une partie plus importante de la
capitale anglaise. Mais le nom de ce quartier, qui est traversé par la Whitechapel road provient comme son nom l'indique, d'une petite chapelle qui se trouve non loin et
qui est consacrée à... Marie !
Nous avons largement évoqué ce prénom très connu et ceci ne fait donc qu'apporter de l'eau à notre moulin. C'est en tous cas au moins une étrange coïncidence et il est
difficile de ne pas penser qu'il puisse y avoir un rapport, comme nous le pensions.
Dès 1500, Whitechapel et ses environs étaient peu à peu devenus les bas quartiers de Londres, ceux qu'il convenait de séparer des hauts lieux tels que Buckingham Palace ou
l'abbaye de Westminster. Dans un vaste esprit d'ensemble, on y a donc réuni tout ce qu'il y avait moyen de mettre pour être sûr que cela devienne le cloaque ! C'est comme
ça qu'arrivèrent là par exemple des industries odoriférantes telles que les fonderies, les tanneries, les brasseries ou encore les abattoirs, les poissonneries, lesquelles
s'agrémentaient encore du langage particulièrement châtié des marchandes et marchands, tout un spectacle haut en couleurs, idéal pour passer ses vacances !
Au siècle suivant, les choses se compliquèrent encore davantage lorsque l'exode rural fit que de très nombreuses pauvres gens s'y installèrent, attirés par les "facilités"
déjà présentes ainsi que les loyers modérés. Dès lors, les choses ne pouvaient qu'empirer - pour autant que cela soit encore possible, et Whitechapel devint, comme il
fallait s'y attendre, le quartier sordide par excellence ! L'artère principale, Whitechapel road donc, était encore plus ou moins épargnée par ce fléau, mais dès que l'on
s'aventurait dans les petites rues et ruelles y attenantes, on était saisi par l'immense détresse populaire qui y régnait, la crasse immonde et le danger omniprésent.
La vie des habitants tournait immanquablement autour de la misère la plus noire, la mortalité infantile, les salaires de misère, l'alcoolisme et la prostitution. La
condition des femmes ne leur donnait guère d'autres possibilités pour subsister et, dans le meilleur des cas, celles-ci ne s'y adonnaient que de temps en temps, mais
généralement c'était leur occupation quotidienne. Disons au passage que Vladimir Illich, alias Lénine y a vécu et y a fait de la propagande alors qu'il était exilé de Russie.
Parmi les différentes théories au sujet de Jack l'éventreur, il en est une qui demeure systématiquement en retrait car personne n'y pense généralement. Celle-ci avancerait
tout simplement qu'il n'y aurait aucun Jack, sauf peut-être ce bon vieux Daniel's, aucun éventreur particulier.
Comment la chose se pourrait-elle puisqu'il y eut ces cinq victimes, atrocement mutilées, cinq et même probablement plus, toutes prostituées de surcroît ?
Il faut savoir que Whitechapel, avec ses abattoirs qui charriaient quotidiennement leur lot de troupeaux de bestiaux dont on répandait le sang à même les rues, ses
excréments sur lesquels marchaient les passants, était un endroit vraiment abominable. Leurs habitants, souvent noyés dans l'alcoolisme avaient peu de travail et lorsqu'ils
en avaient, ils étaient exploités et très mal payés. Il y avait une incroyable surpopulation et beaucoup de familles vivaient à 8 ou 10 personnes dans de petits taudis.
Il existait bien certains refuges desquels pouvaient profiter les femmes seules, entre autres, mais ils étaient infectés de vermine et d'insectes, de plus ils avaient un
coût. Lorsque ces refuges étaient combles ou que certaines malheureuses n'avaient pas de quoi se les payer pour passer la nuit et échapper aux ruelles sans éclairage où
régnait un danger perpétuel, elles étaient bien obligées d'y retourner afin de trouver le solde manquant. Il n'y avait alors pas d'autres solutions que de satisfaire
l'un ou l'autre passant en lui proposant la bagatelle immédiate, debout, dans la rue. Le pourcentage de prostituées était donc très élevé à Whitechapel et atteignait 1200
individus alors que Londres tout entier en comptait 60000! Il y avait là 62 maisons closes, ce qui est énorme quand on voit les limites de Whitechapel par rapport au
reste de la capitale.
Les nombreux hommes qui n'avaient pas de travail étaient soit chômeurs de longue date, soit proxénètes (et traitaient les femmes avec violence et dédain), soit des
criminels. Donc, dans l'optique de notre nouvelle théorie, il était pratiquement inévitable qu'une agression sur une femme soit aussi une agression sur une prostituée,
l'un n'allait pratiquement pas sans l'autre puisque, à très peu de choses près, elles étaient toutes prostituées ! Or il faut savoir que les agressions étaient monnaie
courante à Whitechapel, quotidiennes dirions-nous. La seule différence avec les autres agressions, dans le cas qui nous concerne, réside dans les procédés extrêmes qui
accompagnent les faits. Jusque-là, en effet, il n'en était pas question, ou très peu et jamais avec une telle ampleur.
Mais deux autres facteurs doivent être pris en considération : d'une part l'époque victorienne a connu l'avènement du sadisme (Marquis de Sade 1740 - 1814) et l'explosion
de la littérature pornographique. La sexualité y était principalement présentée accompagnée de violence et le plaisir féminin semblait passer immanquablement par la
douleur. Il n'est donc pas impossible que certains faibles d'esprit aient été impressionnés par ces courants et aient eu envie de les mettre en pratique. Après tout,
dans le cas où un seul individu aurait été l'initiateur de ce genre de violences, il est très probable qu'il y ait eu des émules. Il y aurait donc pu y avoir non pas un
éventreur mais plusieurs.
Contrairement à ce que l'on imagine volontiers, la police ne se désintéressa pas de l'affaire, elle se montra même tout particulièrement active et fit de très gros efforts
pour tenter de capturer le(s) coupables(s), qui semblai(en)t connaître Whitechapel comme sa(leur) poche, avec son dédale de petites rues et ruelles, ses cours, coins et
recoins, ce qui semble confirmer que "l'éventreur" résidait dans le coin.
L'affaire eut aussi de particulier qu'elle eut une influence très favorable sur le quartier : de très nombreuses dispositions furent prises pour améliorer le sort des
habitants, leur sécurité, l'éclairage des rues, le traitement des personnes, etc.
Nous reviendrons sur le sujet de Jack l'éventreur.
Notre ami Edmond a d'ailleurs proposé son hypothèse dans l'un de ses textes,
disponible ici.
Peut-être deviendrez-vous à votre tour de purs ripperologues !
 |