Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

Étude sur les fantômes


On pourrait se demander s'il est encore vraiment nécessaire de parler des fantômes à notre époque. Avec l'ère de du développement technologique et scientifique, la disparition des mentalités qui favorisaient la crédulité plutôt que l'étude objective, évoquer les fantômes peut faire sourire. Il semblerait bien, pour certains du moins, que les fantômes soient des entités issues du siècle dernier et des précédents, nées des superstitions populaires, de quiproquos devant leur origine au manque d'instruction, de confusions avec des manifestations parfaitement explicables. Par ailleurs, le recul des religions fait que de plus en plus de gens se montrent circonspects en ce qui concerne une éventuelle vie après la vie et, justement, les fantômes devaient beaucoup de leur prétendue existence au domaine de la foi, laquelle n'a rien à voir avec le rationalisme.
Nonobstant ces considérations, il faut aussi dire que malgré l'abondance de témoignages, rien n'a jamais apporté une preuve scientifique de leur existence, on ne croit pas avoir réussi à en reproduire en laboratoire, du moins à la connaissance générale. (voir toutefois Le fantôme de Toronto) Mieux : de nombreux cas attribués jadis aux fantômes ont, depuis, trouvé leur explication et celle-ci n'avait rien d'extraordinaire. Pour le reste, on nage en plein délire : des revenants revêtus d'un suaire percé de trous et tirant chaînes et boulets, qui passent au travers des murs de surcroît, voilà qui susciterait facilement les moqueries. Nos pauvres fantômes semblent décidément faire désormais... pâle figure !

Si nous nous inscrivons en faux sur ce qui vient d'être avancé, on nous reprochera probablement de n'être animés que du désir de défendre à tout prix l'un des éléments majeurs qui constituent, par excellence, nos sujets de prédilection. Il se fait au contraire que nous détenons des éléments nouveaux, sinon de nature à remettre bien des choses en question, du moins à rectifier le tir et à envisager les fantômes sous un autre angle. Le présent article poursuit la lourde tache de présenter le sujet dans sa globalité, d'édifier nos enquêteurs à la veille de la visite dans une maison hantée (ou en tous cas prétendue lourdement comme telle) et de rétablir bon nombre de préjugés ou idées fausses, sans compter les regrettables confusions qui sèment le trouble et la suspicion. C'est d'ailleurs par là que nous allons commencer.

Le fantôme, phénomène occidental du siècle dernier...

Voilà déjà une première assertion entachée d'erreur. En effet, s'il a beaucoup été question des fantômes sévissant dans les châteaux en Écosse ou en Angleterre, si l'on ne compte plus les vieilles bâtisses réputées abriter leur fantôme en Belgique, en France ou dans les autres pays européens, ces derniers n'en ont absolument pas l'exclusivité. Il s'agit d'ailleurs d'un "trait de caractère" assez remarquable du fantôme : son universalité. Aussi bien les Esquimaux du Groenland que les Indiens d'Amérique, les peuplades noires africaines, les ressortissants des pays de l'Est, les asiatiques ou tous les autres connaissent fort bien les fantômes.

Cela ne signifie pas pour autant que cela suffit à authentifier le phénomène, loin s'en faut. Mais cela en donne une autre dimension, nantie d'implications non négligeables : "le phénomène fantôme" est indépendant de la culture et de la situation géographique. Lorsque l'on considère que Pline le jeune (61-114) en parlait déjà dans ses lettres, que Guy de Maupassant l'évoquait dans "Le Horla" (lequel vit le jour en 1878, (le Horla pas Maupassant...) on ne peut raisonnablement plus dire que le fantôme date du siècle dernier.

Le fantôme et son linceul blanc, percé de trous...

Chacun d'entre nous a déjà entendu parler de cette image d'Épinal voulant que le fantôme puisse se décrire comme un être immatériel, probablement un esprit ou un "revenant" (sous entendu : d'entre les morts), recouvert d'un linceul blanc percé de trous à la place des yeux et traînant inexorablement chaînes et boulets. Cette façon de voir les choses, issue d'une époque bien révolue et naïve, est dépassée depuis longtemps et peut être qualifiée de ridicule. Les fantômes peuvent, tout au contraire, être perçus comme de simples sensations de "présences" plus ou moins précises ou diffuses accompagnées ou non d'autres manifestations (froid glacial subit, attouchement, impression d'être épié, surveillé, manifestations auditives, olfactives, visuelles, parfois tactiles...) et ne pas revêtir d'apparence bien définie. Ils peuvent toutefois aussi se présenter comme des personnes "en habits d'époque" (celle de leur vivant si l'on suppose qu'il s'agisse effectivement du retour d'un défunt sous une autre apparence) ou de la manière la plus simple qui soit, c'est à dire directement, comme si l'on apercevait une personne "classique". Il serait donc tout à fait possible de croiser un fantôme dans la rue ou n'importe quel endroit publique sans même s'en rendre compte. (voir : "le fantôme du bus").
Il serait donc plus indiqué de dire que le fantôme ne revêt pas d'apparence bien définie ou que celle-ci soit variable, bien que celle-ci s'inscrive dans un nombre relativement limité d'alternatives standard, dont nous venons de citer les principales.
Nous évoquerons plus loin l'immatérialité du fantôme, pour la relativiser également. Imaginons seulement l'espace d'un instant que nous acceptions cette idée déjà dérangeante : qu'en advient-il des boulets ou des chaînes pour ce qui est de passer au travers des murs ? Bien sûr, on pourrait rétorquer que l'on n'en est plus à un mystère près et que si l'on accepte l'un, pourquoi pas l'autre ? Nous pensons que cela provient surtout de l'imaginaire populaire, des histoires enjolivées ou déformées de nos grands-mères, voire des besoins du cinéma. Nous pouvons toutefois en tirer une idée intéressante grâce à la symbolique. D'une manière imagée, les fantômes tirant des boulets et des chaînes évoquent une "âme en peine", par exemple soumise à un châtiment quelconque, le défaut de sépulture, une lourde faute... cette idée nous servira par la suite.

Réputé pour passer au travers des murs...

Voilà l'une des autres grandes caractéristiques (critiquables) des fantômes : ils joueraient volontiers le rôle de passe murailles (Marcel Aymé : Le passe muraille, porté à l'écran avec Bourvil). Ce phénomène s'expliquerait commodément par l'immatérialité des fantômes. Mais plutôt que d'explication, ce serait de justification dont il faudrait parler. En effet, on n'explique pas quelque chose au moyen d'une autre chose que l'on n'explique pas, principe des références circulaires.
De toute façon, on relève à ce sujet de nombreuses contradictions aussi bien dans la littérature, les divers témoignages que dans le vécu de nos membres. Si bien que cette fameuse immatérialité soit à considérer avec prudence. Dans les nombreux récits mettant en scène des fantômes, on remarque des narrations dans lesquelles ils ouvrent les portes, ou les referment derrière eux, empruntent des voies ouvertes après avoir réalisé un détour pour éviter un obstacle, rencontrent même des difficultés assez importantes (voire insurmontables) à franchir une porte seulement entrebâillée. D'autre part, les attouchements, les contacts, les projections diverses font plutôt penser à une matérialité, au moins partielle.

Wikipédia précise à ce sujet :

(...) Un fantôme est une créature surnaturelle, une vision que l'on a interprétée comme la manifestation de l'esprit d'un mort, qui serait resté prisonnier sur terre ou reviendrait de l'au-delà soit pour accomplir une vengeance, soit pour aider des proches ou pour errer éternellement sur Terre en punition de ses mauvaises actions passées. Les fantômes, dont le nom est à rapprocher étymologiquement de φάντασμα (fantasme), φάντασις (fantaisie) (respectivement «apparition» et «vision» en grec), sont également appelés spectres ou revenants, incubes ou succubes, ectoplasmes ou poltergeists. Les variations des appellations doivent se comprendre en fonction de l'évolution historique. En Europe, nous avons généralement une vision du fantôme comme créature immatérielle. Les étymologies proposées ci-dessus rendent bien compte de cette acception; mais cette dernière a elle-même une histoire dans laquelle le rôle de l'Église est fondamental. Il semble, d'après Claude Lecouteux que les fantômes à l'origine aient été des morts, si l'on peut dire, bien vivants; ils avaient une matérialité indéniable : les sagas islandaises, avec leurs défunts qui reviennent pour faire un bon repas en sont un exemple; mais avec le temps et surtout le contrôle religieux, la présence des morts devint insupportable; l'invention du purgatoire avait d'ailleurs été un des moyens de les discipliner. Elle permettait d'assigner un lieu fixe à ces âmes errantes. C'est aussi pourquoi les revenants furent de plus en plus identifiés à des visions, des apparitions, et leur caractère matériel s'effaça peu à peu. Des théologiens comme Saint Augustin ont contribué à cette dématérialisation du fantôme, finalement assimilé à une illusion; derrière, bien sûr, il y avait l'intervention du Malin.

L'imaginaire commun dans toutes les cultures est peuplé de telles créatures surnaturelles, qui servent de matière à de très nombreuses fables et légendes. Le romantisme, puisant son inspiration au mystique et ténébreux Moyen Âge, a remis au goût du jour les histoires macabres ou fantastiques, et de nombreux grands auteurs ont laissé courir leur imagination sur le thème des fantômes et des revenants.

Confusions dans l'esprit populaire...

Il n'est guère étonnant que l'on se soit de tous temps abandonné à de nombreuses confusions à propos des fantômes. Nous le savons, monsieur tout le monde est loin d'avoir toujours été aussi érudit qu'aujourd'hui, il s'en faut de beaucoup. Il était donc facile de sombrer dans de nombreux amalgames terminologiques. Le fantôme était-il à mettre en rapport avec l'âme de défunts ? cette appartenance à un certain au-delà permettait de glisser sur le sujet en le confondant avec les démons, le diable lui-même, toutes sortes d'entités aussi fantasques que diverses. Sévissait-il la nuit ? Cela ouvrait la porte aux connotations sexuelles avec les incubes et les succubes, le somnambulisme, sans oublier le domaine onirique bien sûr. Plus compliqué : le fantôme participait-il à la hantise d'une maison (par exemple), on l'assimilait donc au phénomène de poltergeist. Dans toutes ces possibilités, on parlait aussi, à tort et à travers le plus souvent, de spiritisme, d'ectoplasmes, de médiums, bref : on s'emberlificotait les pinceaux avec toute la panoplie des mots disponibles tout en mélangeant allègrement au passage les descriptions de phénomènes... Dans de telles conditions, il n'était pas étonnant non plus que le discrédit soit jeté sur l'existence de ces soi-disant fantômes !

Le fantôme, attaché à ses vieilles pierres, anciennes demeures délabrées, etc.

Là aussi il s'agit d'une idée reçue complètement fausse. S'il est vrai que l'on a souvent décrit les apparitions de fantômes dans de tels endroits, des châteaux en ruines, masures désaffectées, vieux manoirs, c'était probablement une question d'ambiance ou un rapport avec une histoire ancienne. Mais force est de constater que les habitations récentes ou modernes, les gratte-ciels, usines hi-tech, terrains vagues, églises, monuments ou endroits touristiques peuvent tout aussi bien convenir et ne garantissent en rien l'absence de fantômes. Là aussi il faut sans doute évoquer l'influence du cinéma qui, on peut le comprendre, avait de préférence besoin de lieux lugubres dans lesquels les grincements de portes étaient fréquents et où le contexte alimentait le suspens.

Le fantôme manifestation humanoïde.

Lorsque l'on parle de fantômes on croit faire ipso facto allusion à une "apparition" de forme humaine. Peu importe quelle en soit l'explication, la composante religieuse ou l'absence de celle-ci, les circonstances des manifestations, ces "entités" font immédiatement et irrésistiblement penser à un homme (ou une femme) naturellement très différents mais "de forme humaine" avec ses caractéristiques classiques (bras et jambes, station debout, marche bipède, etc.) Là aussi il faut dénoncer l'approximation et la généralisation abusive. En effet, qui a étudié le problème d'assez près sait que l'on a relaté de nombreux cas de fantômes d'animaux (chiens, chats, chevaux, etc.), la plupart du temps domestiques il est vrai mais parfois plus inattendus (serpents, araignées, lions, tigres, etc.) Pour ne rien gâcher (et cela a d'ailleurs été porté fortuitement à notre connaissance par certaines expériences personnelles entre autres) il semblerait que les végétaux (arbres, conifères, fleurs) puissent, eux aussi, avoir leurs fantômes. Voilà qui permettra d'éviter les jalousies !

Le fantôme et ses traditionnels longues plaintes lugubres

"Oyez, oyez, gentes dames la complainte du pauvre fantôme solitaire, en proie à d'indicibles souffrances dues à son terrible châtiment"! Telle était donc plus ou moins l'idée. De toute manière, pour être tout à fait sûr que le fantôme parvienne à ses fins, terroriser les habitants ou témoins, il était préférable qu'il ne reste pas muet, ou pas complètement en tous cas. Les longues plaintes lugubres étaient donc tout indiquées et lui convenaient comme un gant eu égard à son statut d'âme en peine. Seulement voilà c'est encore toujours loin d'être systématiquement le cas. C'est également préférable au niveau des tentatives éventuelles d'explications rationnelles puisque l'immatérialité des fantômes rendait aussi factice celle de leurs cordes vocales. Dès lors comment auraient-ils fait pour s'exprimer ? Il est vrai que cela n'empêche pas de gémir !
Redevenons sérieux un instant pour dire que la plupart des manifestations de fantômes ne s'accompagnent d'aucun son, du moins est-ce vrai en ce qui concerne la parole. S'il peut, dans certains cas, être question de communications, celles-ci sont alors unilatérales ou s'inscrivent dans un registre inhabituel qui n'appartient pas au domaine de la voix. Les apparitions de fantômes peuvent toutefois s'accompagner effectivement de sons, mais pour d'autres raisons et de toute autre manière. Comme pour bien des sujets il peut exister des exceptions mais nous les qualifierions alors d'atypiques.

Le fantôme et son aspect terrifiant.

Parler de fantômes c'est presque immanquablement amener le sujet de l'épouvante. Comment en irait-il autrement s'il s'agit de l'esprit de défunts, revenus de l'au-delà pour quelque sombre besogne ? On peut comprendre l'émoi que peut susciter l'apparition d'un fantôme à toute personne prise à l'improviste et même dans le cas contraire, bien sûr. Il s'agit d'une manifestation qui sort parfaitement de l'ordinaire, qui en appelle à l'inconnu et comment se comporter face à une telle manifestation dont on ne connaît, en principe, aucunement les intentions ? Comment ne pas être effrayé devant une apparition qui semble échapper à toutes les lois naturelles ?
Avec un peu de recul (dont ne bénéficient généralement pas les témoins) il est facile de comprendre que c'est la perception d'un danger imminent, tacite, face à cet inconnu, doublé de l'effet de surprise qui provoque la peur. Mais cela ne résiste pas à l'analyse.
"Dans la réalité, les fantômes semblent le plus souvent se soucier fort peu de la présence des êtres humains." Ceux-ci leur sont complètement indifférents et ils passent le plus souvent sans prendre attention à eux le moins du monde, comme s'ils n'étaient pas là (nous dirions bien : "comme s'ils n'existaient pas !) Les fantômes semblent vaquer à une occupation quelconque, suivre un dessein dont ils sont les seuls à connaître la nature. Ce n'est toutefois pas toujours le cas puisque, nous l'avons dit, certaines interactions peuvent aussi survenir. Mais une chose semble absolument sûre, c'est que le rôle des fantômes n'est certainement pas de faire peur aux humains et s'ils y parviennent souvent sans problème c'est bien malgré eux. Ce n'est pas du tout intentionnel.
Allons plus loin pour dire que l'on est loin du compte aussi si l'on s'imagine que les intentions des fantômes sont automatiquement hostiles aux humains. Il existe de nombreux cas dans lesquels les fantômes tentent de prévenir de certains événements néfastes.
Terminons avec ce sujet en disant que ces apparitions peuvent parfois même (mais assez rarement) avoir le sens de l'humour, ou du moins une certaine forme d'humour qui n'est pas nécessairement de l'humour noir.

Les fantômes de minuit...

Minuit, l'heure du crime ! Ou bien encore l'heure des fantômes par excellence ! D'après ce que l'on dit généralement des fantômes, l'heure de minuit serait donc la plus propice en ce qui concerne l'observation des fantômes. Vrai ou faux ?
L'expérience du CERPI permet de répondre à cette question en disant : "les deux" ! Essayons d'être clairs. Grâce à la surabondance de récits de fantômes et de témoignages divers, il est permis d'affirmer que les fantômes ne sont nullement tributaires de l'heure "fatidique" de minuit pour apparaître. On en a observé à toute heure du jour ou de la nuit, sans aucune distinction, ce serait donc faux d'affirmer que minuit soit l'heure prépondérante. Toutefois, d'une certaine manière cela pourrait aussi être un peu vrai en raison de l'influence de la lune et des influences électromagnétiques qui surviennent, de manière tout à fait scientifique celles-là, entre minuit et trois heures du matin.
Autrement dit, si l'on veut être tout à fait correct, il faudrait plutôt affirmer que certaines circonstances pourraient être plus favorables à l'apparition de fantômes entre minuit et trois heures du matin "à condition que ces circonstances influencent effectivement leur apparition et que cette influence ne soit pas exclusivement de nature a apporter une explication scientifique à leur existence, donc sortant du surnaturel ou du paranormal, puisque dans ce cas, il ne s'agirait bien évidemment plus de fantômes au sens propre du terme".
Pour en terminer sur ce chapitre, nous évoquerons volontiers notre expérience au château de Horst (voir notre dossier sur le sujet) dans laquelle nous avions tenté de réunir les meilleures conditions pour l'observation de fantômes. Nous ne reprendrons pas ici la totalité de cette affaire puisqu'elle figure en long et en large dans notre site, mais nous rappellerons que nous avions donc choisi un château qui, d'après la légende, était réputé hanté et où sévissaient plusieurs fantômes. Nous avions non seulement pris toutes les dispositions pour couvrir largement l'heure de minuit (nous étions sur place bien avant et ne sommes partis que bien après) mais aussi, de surcroît, nous avions choisi la fameuse nuit de Walpurgis (voir notre dossier à ce sujet), cette nuit où, selon la tradition, les fantômes sont libérés de leurs chaînes. S'il y a effectivement eu quelque chose de plutôt mystérieux au château lors de notre intervention, en revanche il ne fut jamais question du moindre fantôme ! Cette expérience nous semble donc assez probante pour affirmer que l'heure de minuit ne veut pas dire grand chose (ou que les fantômes n'existent pas ? N'allons pas trop vite en besogne !)
Inversement, de nombreux témoignages émanant de personnes fiables et constituant notre entourage direct (parents, amis, membres du CERPI, etc.) proposent des apparitions en pleine journée, en matinée ou en début de soirée, mais en tous cas largement en dehors de l'heure de minuit. D'autres s'en rapprochent sensiblement (23h par exemple) mais ne correspondent pas exactement.

Reconnaissons cependant que jusqu'ici nous avons surtout présenté ce que les fantômes n'étaient pas et non ce qu'ils sont. Quant à une quelconque explication rationnelle, on est encore loin du compte !

Les fantômes et l'Église

Comme vous l'aurez certainement constaté, nous n'avons pas hésité à classer les fantômes parmi les entités religieuses (à comprendre comme "en rapport avec la religion") bien que nombre de non croyants aient également aperçu de ces apparitions surprenantes. Il faut cependant remarquer que l'existence de ces fantômes en question ne semble pas subordonnée au seul christianisme puisqu'ils sont aussi aperçus par des personnes appartenant à d'autres confessions, lesquelles ne relèvent pas forcément des mêmes principes. Le rapport de cause à effet paraît donc ardu d'autant que le seul comportement de l'Église catholique s'est déjà montré blâmable pour avoir modifié d'autorité la nature même des témoignages ou de leurs interprétations. Le problème se corse encore à partir du moment où cette même Église se contredit quelques siècles plus tard. Des explications sont indispensables !

Nous l'avons vu, face aux témoignages d'apparitions de fantômes, bien vivants (si l'on peut dire) et émanant pourtant du domaine des morts, l'Église s'est montrée hostile à ce type de récit. Comme pour de nombreux points, elle a sciemment et profondément bouleversé l'enseignement initial pour le mettre au goût du jour au nom de la lutte contre les hérésies et, en réalité, en faveur d'autres intérêts beaucoup plus terre à terre, tels que les avantages politiques, financiers, militaires même, etc. On comprend mal, de nos jours, un tel comportement dans lequel les pères de l'Église dicteraient bien aux témoins comment ils devraient raconter ce qu'il leur est arrivé en leur imposant de respecter des critères bien précis. C'est un peu comme si lors d'un accident, une personne située à l'autre bout du pays et n'étant forcément au courant de rien, imposerait sa version des faits par téléphone aux personnes qui doivent rédiger le constat ! Mais on ne refera pas l'histoire, c'est comme ça et on n'y peut rien. Or donc, nous avons vu que l'Église s'est opposée à la matérialité initiale des fantômes. L'autorité de l'Église pesant de tout son poids (et probablement à grands renforts de bûchers pour... briser la glace), elle a relégué les fantômes au rang des choses intangibles, leur faisant donc perdre toute substance (c'est le cas de le dire) et de là à les faire passer pour des phénomènes hallucinatoires, il n'y avait bien sûr plus qu'un pas que l'on a allègrement pu franchir, d'autant que, n'en doutons pas, en certaines occurrences c'était bien d'hallucinations dont il s'agissait. Il faudrait être sacrément attaché aux principes de l'infaillibilité du Pape et de ses subordonnés haut placés pour s'imaginer que ladite autorité religieuse (sur terre) se soit transformée en ingérence dans l'au-delà. Peut-on imaginer que sous l'effet d'une loi promulguée par les vivants, les fantômes auraient suivi le mouvement et décidé de ne plus être matériels ? En voilà des entités bien disciplinées et respectueuses des règlements ! (Somme toute, on pourrait aussi envisager une campagne publicitaire humoristique sur ce thème : "Au volant, si vous ne respectez pas le code de la route, vous risquez bien d'être obligés de le suivre une fois que vous serez morts !)
On ne manquera pas de s'étonner aussi de ce que l'Église se soit tant opposée à l'existence des fantômes puisque ceux-ci étaient supposés représenter des défunts poursuivant leur évolution après la mort. Cela ne semble pourtant absolument pas contradictoire avec le thème de la résurrection, cela aurait plutôt tendance à le renforcer, à défaut de réellement le prouver. l'Église ne disposait-elle pas là d'un formidable réservoir de témoignages de la véracité de ses principes, lequel aurait du entraîner de nombreuses conversions ? Peut-être a t'elle redouté que l'homme de la rue, peu au fait de la réalité des choses (?) n'ait fini par entretenir une contre publicité préjudiciable par des propos délirants.

Je pense pour ma part, mais il ne s'agit donc ici que d'une opinion personnelle, que l'Église ait d'abord hésité avant de trancher par anticipation en redoutant que la phénoménologie fantomatique ne fasse l'objet que d'une "mode passagère" et que le développement scientifique et l'étendue progressive des connaissances finisse par donner une explication à ces observations ce qui, si l'on accrédite le parallèle initial, entraînerait ultérieurement ipso facto le rejet de son corollaire. C'est-à-dire que si l'Église attestait de l'existence de la vie après la mort via les observations de fantômes, elle risquait de se placer en porte-à-faux dans le cas où les progrès scientifiques viendraient à le contester et surtout à le démontrer. En réalité, nous savons à présent que ni cette démonstration ni la démonstration du contraire n'ont encore été établis. Le bon sens et l'étude épistémologique des cas de hantises prêchent pour une grande réserve en la matière. Même nos expériences de terrain démontrent que la plupart des cas ne relèvent que d'affabulations, d'interprétations erronées, d'exagérations, etc. et le reliquat de phénomènes demeurant réellement inexplicables est pour le moins réduit (et peut-être encore réductible). Par contre, même le développement de la science et l'apport épistémologique ne font que compliquer la position scientifique qui se contredit dans une tendance récente, laquelle apporte de nouvelles possibilités d'approches qui autorisent sinon le retour en arrière, du moins une probable affectation de la phénoménologie à des concepts plus acceptables car ils entre(rai)ent plus ou moins en conformité avec notre faisceau de connaissances.

En observant les décisions de l'Église catholique romaine, on en perdrait bien son... latin ! En effet, peu sensible aux contradictions, la voilà qui vient, relativement récemment, d'autoriser les communications avec les morts. Dans la même foulée, alors qu'elle crie haut et fort que les cas de possessions sont essentiellement de nature psychique (psychologique, psychanalytique, bref : tout ce que vous voudrez du moment que cela commence par "psy"), elle engage des exorcistes à tour de bras, organise conférences et formations sur le sujet. Mais ne nous dissipons pas !
Or donc, on le voit la position de l'Église ressemble un peu à ce que l'on pourrait résumer comme suit : "Ces entités n'existent pas, bien qu'elles procèdent des principes fondamentaux de notre enseignement, mais vous êtes autorisés à communiquer avec elles". Ou encore : "Je n'ai pas le téléphone mais voici mon numéro..."

On le voit, si on prend l'Église pour référence, on n'est pas près d'avancer dans l'étude du phénomène ni d'y voir plus clair de si tôt. Il reste qu'il semble qu'un sujet soit incontournable, quel que soit l'angle où on l'aborde, c'est celui du caractère spirituel des fantômes. Nous voulons dire que l'une des tentations les plus puissantes est de raccrocher le terme "fantôme" à celui d'esprit ou d'âme. Qu'il s'agisse d'une forme d'existence post-mortem ou d'une production de notre psychisme, le vocable en revient toujours à "esprit". C'est probablement là la principale pierre d'achoppement : les scientifiques ne sont pas prêts à accepter ni l'interprétation par la vie après la mort ni même par ce qui a trait à la sphère "psy". Tout au plus et à la rigueur seulement, les scientifiques accorderaient-ils un peu plus de confiance (ou moins de méfiance) à cette dernière. Mais en aucun cas on ne leur fera avaler qu'une partie immatérielle de nous-mêmes se dégage de l'enveloppe matérielle qui nous constitue et que celle-ci puisse continuer une forme de vie après la mort. Pour eux, il est clair que lorsqu'on est mort... hé bien : on est mort. Point.
Et c'est bien d'un point final dont il s'agit. Celui que l'on met après le dernier mot du dernier chapitre de la dernière page et pas un point à la ligne, ce qui supposerait éventuellement un paragraphe suivant... Et là où l'infirmière donne l'heure du décès apparaît le mot "FIN". Non ! Pas la peine d'insister, il n'y aura pas de tome II... Tout ceci semble néanmoins pouvoir être remis en question avec le livre de Jean-Pierre Petit et Jean-Claude Bourret, Métaphysicon, qui voudrait prétendre que la vie après la mort existerait bien et serait démontrable mathématiquement !)

Fantômes S.D.F. (sans domaine fixe)

Bon ! Voilà ! C'est vrai que sous de nombreuses optiques on aurait envie de dire qu'ils ont parfaitement raison. Après tout, on n'a jamais apporté la preuve scientifique de l'existence de Dieu. C'est vrai que la réalité de la mort semble bien plus crédible, dans son caractère implacable, inéluctable, incontournable (et aussi terriblement égalitaire, voire équitable, puisque tout le monde y passe sans distinction !) que l'hypothèse de celle d'une vie dans l'au-delà. Comme on dit, non sans quelque raison d'ailleurs, personne n'en est jamais revenu pour prétendre le contraire ! Il y a même dans les rangs du CERPI, un croque-mort qui, après des dizaines d'années de métier, avoue ne jamais avoir rien vu d'étrange, alors !

Il est vrai que les parapsychologues ont énormément de mal à imposer l'existence des fantômes dans un monde de plus en plus sceptique alors qu'ils sont bien forcés d'admettre que sur le nombre très imposant de témoignages d'apparitions de fantômes, seule une très petite quantité résiste à l'analyse sérieuse. Cela signifie bien que dans la plupart des cas, de braves personnes peut-être tout à fait sincères ont réellement cru voir un fantôme alors qu'elles ne percevaient qu'un phénomène parfaitement explicable en dépit de son apparence étrange. Dans d'autres cas, tout aussi nombreux, il ne s'agissait que de mensonges, d'affabulations, d'exagérations, de déformations et autres contrevérités. Alors qu'à l'ancienne époque on pouvait se retrancher derrière des légions (de témoins oculaires), on en est à présent réduits au dernier carré dans ce qui ressemble de plus en plus à un Waterloo !
D'après les parapsychologues, on peut en effet considérer que sur 100 témoignages, il n'en reste que 10 qui ne reçoivent aucune explication scientifique. Encore faut-il ajouter que sur les 10 restants il n'en subsiste plus qu'un seul qui réponde à la mécanique admise en matière de surnaturel ou de paranormal. Expliquons-nous aussi à ce propos qui paraîtra sans doute obscur à certains :

Cela ne date pas d'hier que de nombreuses personnes s'intéressent au domaine de l'étrange. Des sommités du monde scientifique, du corps médical, des éminences grises de toutes les époques se sont penchées sur les phénomènes mystérieux comme nous le faisons au CERPI. Parmi toutes ces personnes, certains ont dégagé les grandes lignes et les détails de ce qui caractérise les différents phénomènes, ils les ont répertoriés, décrits, classés, bref : on dispose de vastes répertoires des phénomènes avec ce qui semble régir leurs manifestations, des encyclopédies du surnaturel, des dictionnaires du paranormal avec des schémas, des modus operandi, etc.
Ce n'est pas parce qu'un phénomène ne trouve pas d'explication scientifique qu'il peut automatiquement être considéré comme supranormal. C'est à dire que si le témoignage ne correspond pas à des descriptions ou récits déjà rencontrés, il apparaît comme suspect même pour les parapsychologues. Ce sont donc des cas tout à fait atypiques qui ne rentrent dans aucune catégorie et dont finalement personne ne veut, ni les scientifiques ni les parapsychologues.
Beaucoup de fantômes sont donc des S.D.F. (sans domaine fixe) : rejetés sans pitié par la science, refusés chez les partisans de l'occulte, niés par les professionnels de la mort et mis à la porte par les sceptiques nos pauvres fantômes ne peuvent même plus se réfugier dans les cimetières, ni dans les églises d'ailleurs. Dur dur d'être fantôme de nos jours !

La résurrection des fantômes via la médiumnité

Même si les témoignages valables ont fondu comme neige au soleil, il en reste qui demeurent absolument inexplicables. Si le pourcentage de rescapés est faible, étant donné que le chiffre d'origine était vraiment colossal, cela fait fort heureusement encore beaucoup de cas à envisager et ceux-ci ont au moins le mérite d'avoir déjà été passés au crible par les scientifiques, rentrés bredouilles face à ces cas qui dépassaient leur entendement. Il est maintenant temps que les fantômes passent à la contre attaque et ne serait-ce pas encore plus beau (et quelque peu ironique) si l'on utilisait justement pour ce faire, les armes des scientifiques eux-mêmes ?

Nous allons voir dans les pages qui suivent, qu'une expérience a été réalisée en laboratoire et que celle-ci a vu l'éclosion d'un "fantôme" dûment contrôlé. Il s'agit donc, d'une certaine manière vous le verrez, d'une grande première : la reproduction "in vitro" d'un fantôme ! De là, au moyen d'extrapolations et d'utilisations judicieuses de la terminologie scientifique ou assimilée, nous aborderons quelques théories qui nous semblent avoir plus de substance que ce qui a été avancé jusqu'ici par l'esprit populaire. Nous verrons comment concilier fantômes et religion, l'impact de la médiumnité, quantité de photos, de vidéos et de cas particuliers, souvent très étonnants.

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