Psychoplasme
Le terme psychoplasme (parfois
confondu avec l’ectoplasme) désigne une substance hypothétique,
invisible ou semi-matérielle, qui serait secrétée ou projetée à
l'extérieur du corps humain par la seule force de l'esprit (la pensée ou
la volonté).
C'est un concept né à la frontière du spiritisme de la fin du XIXe
siècle, de la parapsychologie et des traditions occultes. Pour bien
comprendre ce qu'il cache, on peut l'analyser sous trois angles
différents :
1. L’origine historique et scientifique (Le
Spiritisme)
Le mot a été popularisé à l'époque où des scientifiques rigoureux
tentaient d'étudier rationnellement les phénomènes de hantise et de
médiumnité.
• Le prix Nobel de médecine Charles Richet a forgé le terme cousin
d'ectoplasme (du grec ektos, extérieur, et plasma, forme).
• Le terme psychoplasme met spécifiquement l'accent sur l'origine
psychique du phénomène : c'est la « substance de la pensée » (psyché).
Lors des séances de spiritisme de la Belle Époque, les médiums en transe
prétendaient condenser cette substance pour lui donner une forme
visible, capable de déplacer des objets, de faire flotter des tables ou
de matérialiser des membres humains (mains, visages).
2. La définition en Occultisme et
Sorcellerie
Dans la magie moderne (notamment la magie du chaos), le psychoplasme est
considéré comme de l'énergie vitale hautement plastique.
• L'esprit humain agirait comme un moule ou une imprimante 3D
spirituelle. En focalisant intensément son imagination et sa volonté, un
praticien projette une partie de son tissu énergétique à l'extérieur de
lui-même.
• Cette substance malléable est utilisée pour fabriquer des
formes-pensées ou des
égrégores.
Le magicien façonne le psychoplasme par la visualisation, lui donne une
mission (comme protéger une maison ou traquer une influence), puis le
détache de sa propre aura pour qu'il agisse de manière autonome dans le
monde subtil.
3. Le point de vue de la science moderne et
de l'illusionnisme
Pour la science contemporaine, la neurologie et la zététique (l'étude
rationnelle des phénomènes paranormaux), le psychoplasme n'a aucune
réalité physique.
• Au début du XXe siècle, de célèbres illusionnistes (comme Harry
Houdini) ont inspecté les séances à médiums et ont démontré que les
manifestations de « psychoplasme » ou d'« ectoplasme » étaient de pures
fraudes.
• Les médiums utilisaient de la mousseline de soie, du tulle, du blanc
d'œuf, de la gélatine ou du papier mâché qu'ils dissimulaient dans leurs
vêtements ou avalaient avant la séance pour les recracher dans la
pénombre, simulant ainsi une émanation mystique sortant de leur bouche
ou de leurs mains.
Le psychoplasme est donc la conceptualisation de notre désir viscéral de
voir l'esprit triompher de la matière : l'idée fascinante que nos
pensées ne restent pas enfermées dans notre boîte crânienne, mais
qu'elles peuvent s'incarner, se densifier et littéralement toucher le
monde qui nous entoure.
Et ceux de l'IMI ?
L’Institut Métapsychique International (IMI), (une association qui
sympathise avec le CERPI depuis la conférence qu'a menée notre
Président, Michel Vanbockestal, à propos de l'affaire d'Arc-Wattripont),
fondé en France en 1919 et reconnu d’utilité publique, aborde la
question du psychoplasme (ou de l’ectoplasme) sous un angle radicalement
différent : celui d’une science de laboratoire rigoureuse, presque
clinique, visant à détacher ces phénomènes du folklore de la sorcellerie
pour les transformer en objets d’étude biologique.
Sous la direction de savants comme le docteur Gustave Geley, le
professeur Charles Richet ou le docteur Eugène Osty, l'IMI est devenu le
théâtre d'expériences fascinantes (et hautement controversées). Pour les
chercheurs de l'IMI, le psychoplasme répond à des définitions et à des
protocoles bien spécifiques :
1. Une substance biologique transitoire
Pour l'IMI, le psychoplasme n'est pas une "énergie magique" ou un esprit
désincarné. Ils le définissent comme une matière vivante extériorisée,
une extension temporaire du corps du médium en transe. Le Dr Geley
décrivait le phénomène comme une sorte de retour à un état embryonnaire
primitif : le corps du médium se dématérialiserait partiellement pour
projeter cette « substance primordiale » (tiède, amorphe, parfois
gélatineuse ou gazeuse), avant que celle-ci ne s'organise et ne se moule
pour former des membres ou des visages, puis ne soit réabsorbée par le
sujet.
2. Le protocole de contrôle absolu
L'apport majeur de l'IMI a été la traque impitoyable de la fraude,
omniprésente à l'époque dans les salons spirites. Pour valider
l'existence réelle du psychoplasme, l'institut a mis en place des
dispositifs quasi policiers :
• La cage de contrôle : Les médiums (comme la célèbre Eva C. ou
Rudi Schneider) étaient fouillés à nu avant les séances, revêtus de
combinaisons cousues d'un seul tenant, et parfois enfermés dans des
cages grillagées.
• Les moulages de cire (Les mains de Varsovie) : En 1920, l'IMI a
mené des expériences célèbres avec le médium Franek Kluski. On plaçait à
côté de lui un bac de cire chaude paraffinée. Le psychoplasme était
censé s'y plonger pour y laisser une fine pellicule solide. Les moules
de gants en cire obtenus étaient si fins qu'une main humaine réelle
n'aurait jamais pu s'en extraire sans les briser. Ces moules, conservés
dans les archives de l'IMI, restent l'une des pièces à conviction les
plus troublantes de l'histoire de la métapsychique.
• La photographie infrarouge : L'IMI a été parmi les premiers
laboratoires à utiliser des barrières de lumière infrarouge. Si le
médium tentait de tricher en déplaçant un objet avec un fil de pêche ou
un faux bras en tissu, le faisceau invisible était coupé, déclenchant
instantanément une batterie d'appareils photo.
3. La transition vers la psychokinèse
Au fil des décennies, l'IMI a fini par abandonner le terme de
psychoplasme (trop marqué par les dérives et les fraudes du début du
siècle) pour s'orienter vers des concepts plus modernes. Aujourd'hui,
l'institut étudie ces interactions de l'esprit sur la matière sous le
nom de psychokinèse (PK). La substance "plastique" a été remplacée par
des concepts de champs d'information ou de micro-forces capables
d'influencer des ordinateurs ou des générateurs de nombres aléatoires en
laboratoire.
Les chercheurs de l'IMI ont tenté de faire du psychoplasme le chaînon
manquant entre la biologie et la physique, un rêve un peu fou où
l'esprit humain, poussé dans ses derniers retranchements
neurophysiologiques, parviendrait littéralement à déborder de sa propre
peau.
L'énigme des moulages de Franek Kluski :
mystère ou prestidigitation ?
Les expériences menées en 1920 à l'IMI avec le médium polonais Franek
Kluski restent l'un des chapitres les plus débattus de la recherche
métapsychique. Le protocole, conçu par le docteur Gustave Geley, visait
à obtenir une preuve matérielle irréfutable de la matérialisation du
psychoplasme.
[ Psychoplasme Invisible ] ---> [ Plongée dans la Cire Chaude ]
|
v
[ Durcissement du Gant ] <----- [ Réabsorption de la Substance ]
|
v
[ Moulage en Plâtre Réel ] (Impossible à retirer pour une main humaine)
Le protocole expérimental
À côté du médium en transe, dans une obscurité presque totale (éclairée
par une faible veilleuse rouge), se trouvait un récipient contenant de
la paraffine liquide maintenue à température de fusion. Geley avait
secrètement ajouté de l'ostéocolle (une colle chimique) dans la cire
pour pouvoir identifier précisément sa composition et éviter qu'un
complice n'introduise des gants préfabriqués.
Pendant la transe, les témoins ont rapporté des bruits de clapotis. Le
psychoplasme invisible était censé plonger ses "membres" temporaires
dans la cire à plusieurs reprises, puis les retirer pour laisser la
paraffine refroidir et durcir à l'air libre. L'entité réabsorbait
ensuite son psychoplasme, laissant derrière elle une fine coquille de
cire vide, un « gant » d'à peine un millimètre d'épaisseur. Les
chercheurs coulaient ensuite du plâtre à l'intérieur de ces gants pour
obtenir des moulages définitifs.
L'argument de l'impossibilité physique
Les moulages obtenus présentaient des détails anatomiques d'une
précision chirurgicale : rides de la peau, empreintes digitales, ongles,
et surtout, des poignets extrêmement étroits. D'un point de vue purement
mécanique, il est rigoureusement impossible pour une main humaine solide
de s'extraire d'un gant de cire rigide d'un millimètre d'épaisseur sans
briser le poignet du moule. L'IMI en conclut que la main qui avait
plongé dans la cire n'était pas solide, ou qu'elle s'était
dématérialisée (réabsorbée) pour sortir du moule.
La contre-enquête des illusionnistes
Les sceptiques et les magiciens ont cherché la faille. En 1924, les
prestidigitateurs René Sudre et Carlos de Heredia ont démontré qu'il
était possible de reproduire ces moules par des moyens frauduleux. La
technique consistait à utiliser des gants en caoutchouc fins (ou des
vessies animales gonflées), à les sculpter, à les plonger dans la cire,
puis à les dégonfler doucement pour les extraire du moule de paraffine
sans le casser, avant d'y couler le plâtre. Bien que Geley ait affirmé
que les mains de Kluski étaient tenues durant toute la séance, le doute
scientifique subsiste quant à la possibilité d'une manipulation
invisible dans le noir.
L'IMI au XXIe Siècle : De l'Ectoplasme aux
Neurosciences
Aujourd'hui, l'Institut Métapsychique International a totalement remisé
les cuves de paraffine et les séances de spiritisme dans ses archives
historiques. L'institut aborde les interactions esprit-matière sous
l'angle de la parapsychologie scientifique moderne et de la
psychophysique.
1. L'Étude de la Micro-Psychokinèse (Micro-PK)
Le psychoplasme macroscopique (visible) ayant disparu des laboratoires,
les chercheurs se concentrent sur l'infiniment petit. L'IMI utilise des
Générateurs de Nombres Aléatoires (GNA) basés sur le bruit thermique de
diodes électroniques (un phénomène purement quantique et imprévisible).
• Des sujets (parfois des médiums, parfois des citoyens ordinaires)
tentent, par la seule force de leur intention concentrée, de biaiser les
statistiques de la machine (par exemple, obtenir plus de "1" que de
"0").
• Les résultats de ces méta-analyses montrent de micro-déviations
constantes, statistiquement inexplicables par le simple hasard,
suggérant qu'un champ de conscience peut interagir à distance avec un
système physique.
2. La Neurophysiologie des États Modifiés de
Conscience (EMC)
L'IMI collabore indirectement avec des chercheurs en neurosciences pour
comprendre ce qui se passe dans le cerveau d'un sujet qui prétend
projeter son énergie ou faire de la vision à distance (Remote Viewing).
• Grâce à l'électroencéphalographie (EEG) moderne, l'institut étudie la
synchronisation interhémisphérique et l'émergence des ondes gamma et
thêta profondes lors des transes.
• L'objectif n'est plus de peser une substance magique qui sort de la
bouche du médium, mais de cartographier la plasticité cérébrale capable
de modifier la perception sensorielle et d'induire des phénomènes de
cognition anormale.
3. Le Modèle de l'Information Pragmatique
L'IMI explore des modèles théoriques où les phénomènes
parapsychologiques ne sont pas vus comme des forces physiques (comme
l'électricité ou le magnétisme), mais comme des transferts d'information
non-locaux. S'appuyant sur les travaux de physiciens comme Lucadou, ce
modèle stipule que l'esprit et l'environnement matériel peuvent entrer
en corrélation systémique. Le phénomène de hantise ou de déplacement
d'objet n'est plus une émanation de psychoplasme, mais un bug systémique
où l'état psychologique interne d'un individu s'imprime directement dans
la matrice d'information de son environnement.
Ce qui laisse une porte ouverte
quant à une application sur la PKRS (psychokinèse récurrente spontanée)
via le MIP (modèle de l'information pragmatique) et l'intrication
quantique non-locale. Une possible explication des poltergeisters
(qui reste à confirmer scientifiquement).
Voir aussi : vortex énergétiques
- vortex en sorcellerie
application et vulgarisation sur PKRS sous MPI et intrication quantique
SOMMAIRE
DU SURNATUREL - DU PARANORMAL -
ACCUEIL
