Centre d'Études et de Recherches

sur les Phénomènes Inexpliqués

LE PIÈGE DU TREMPLIN


Ici commence la narration de l'une des pages les plus sombres de l'histoire du CERPI pour ne pas dire LA plus sombre.
Le téléphone sonne...

"M. Vanbockestal ? Vous êtes le Président du CERPI ? Bonjour. C'est le journaliste XXX, de la chaîne de télévision nationale YYY. (Après de longues hésitations, j'ai préféré taire le nom de la chaîne belge ainsi que celui du journaliste. Ce n'est pas tant la chaîne qui est visée que le travail du journaliste. J'imagine en effet que cela donnerait lieu à un ou plusieurs procès et je n'y tiens pas particulièrement même si je suis sûr de mon coup. Il ne pourrait effectivement pas être question d'accusations diffamatoires puisque nous dévoilons la vérité, preuves à l'appui avec, en renfort le témoignage de plusieurs officiels, des documents inédits, des photos judiciaires indiscutables, des questions de logique qui ont apparemment échappé au journaliste. De plus, pour illustrer mes propos, il aurait été idéal de pouvoir présenter des extraits du reportage mais pour cela j'aurais du en demander l'autorisation à la chaîne qui me l'aurait certainement refusée. En revanche, ne supportant pas que toute la francophonie, au moins potentiellement et éventuellement une partie du monde entier, via Internet, les recopies de Webmasters, soit victime de mensonges scandaleux, j'ai écrit le livre : "Le poltergeist d'Arc-Wattripont, vérité, scandale et désinformation, aux éditions JMG" Vous ne le trouverez plus actuellement en librairie mais vous connaissez comme moi les moyens de contourner cette difficulté, à ne pas confondre avec mon premier livre : "Les Phénomènes inexpliqués en Belgique" aux éditions Jourdan, lequel ne consacre qu'un petit passage sur l'affaire d'Arc-Wattripont. Dans les pages qui suivront, vous trouverez la partie la plus intéressante, la "réponse" du CERPI sur tous les fronts, la mise des points sur les i et la mise en évidence des manoeuvres trompeuses du journaliste).

"Voilà : nous préparons une émission sur le thème des phénomènes inexpliqués en vue d'un reportage télévisé. Auriez-vous un sujet sur lequel nous pourrions travailler ?"

"YYY ? Parbleu, c'est du sérieux ! En fait, tout dépend de ce que vous désirez exactement et si la chose est réalisable car vous comprenez que nos requérants réclament le plus souvent l'anonymat et que la confidentialité de nos enquêtes implique que nous le respections. Mais cette opportunité m'intéresse, d'autant que j'écris actuellement un livre qui devrait être publié tout prochainement et, pour autant que ma maison d'éditions soit d'accord - et le contraire m'étonnerait - si toutefois vous pouvez en assurer la publicité - cela pourrait constituer un solide tremplin, une belle synergie !"

Journaliste : "Cela devrait être possible. Mais avez-vous un sujet sur lequel nous pourrions réaliser un reportage ?"

Le Président : "Dans quel domaine ?"

Journaliste: "Notre reportage parlera des histoires de fantômes, de spiritisme, etc."

"OK. Il y a l'affaire d'Arc-Wattripont. Cela a été une affaire très retentissante, une affaire de supposé poltergeist qui s'est soldée par un exorcisme. Nous menons justement une enquête sur les lieux. Nous avons déjà visité la maison et les propriétaires prétendent qu'il y aurait encore des phénomènes de nos jours. Mais de cela, je ne puis rien vous garantir, car nous ne l'avons pas encore vérifié. Les phénomènes actuels seraient d'une toute autre nature et sans commune mesure avec ceux de 93. Quoi qu'il en soit, le sujet est riche, des policiers et des gendarmes ont été témoins. Il n'est pas exclu que je puisse obtenir leur participation. Mais je ne peux encore rien vous promettre. En tout état de cause, il faut que je les contacte et que je leur demande. Il faut aussi que je demande l'accord des propriétaires et là ce n'est pas gagné car il s'agit de personnes âgées qui ont déjà été beaucoup sollicitées par les médias. Et puis, comme je vous l'ai dit, je dois aussi contacter ma maison d'éditions..."

Journaliste :"Pas de problème. Vous faites le nécessaire et on se rappelle ?"

Le Président :"OK, on fait comme ça !"

La maison d'éditions est d'accord mais demande à avoir un entretien avec le journaliste au préalable. M. Vanbockestal contacte les propriétaires et, contre toute attente, obtient leur accord pour un tournage dans leur habitation - mais ce sera la dernière fois. Ils insisteront sur ce point et on les comprendra aisément.
Le Président du CERPI contacte également son camarade de classe devenu inspecteur, lequel donne son accord de principe mais doit en référer à son commandant de compagnie. Le dernier policier décline l'invitation. Quant à l'ancien gendarme Y, on avait compris dès le début qu'il répondrait négativement puisqu'il ne désirait pas s'exprimer. Néanmoins, il obtient également le consentement du garde champêtre sceptique - autant que les choses soient objectives !
(NDLR : afin de ne pas être catalogués comme défenseurs des phénomènes surnaturels et par souci d'authenticité, car ce que recherchons avant tout c'est la vérité, quelle qu'elle soit !). Les nouvelles sont donc bonnes, tout se présente bien et le journaliste s'en trouve très content.

Pour bien faire, il serait intéressant de disposer encore d'autres témoins mais le temps manque, le reportage doit se faire rapidement. Rendez-vous est pris au bureau d'éditions. M. Vanbockestal propose néanmoins aussi la participation du professeur émérite Jean Dierkens, lequel est également intervenu dans l'affaire d'Arc-Wattripont au même titre que son épouse, psychologue clinicienne, ce qui était intéressant pour ce qui était de répondre de l'état de santé mentale d'Éric Barbé. Mais le journaliste lui répond :

Journaliste : "Oui, mais lui, c'est un convaincu..." (C'est étonnant : Le professeur émérite Jean Dierkens était pourtant un interlocuteur de choix, un surdoué doublé d'une gentillesse incomparable et grand connaisseur en la matière qui, de plus, s'était bel et bien rendu à Arc-Wattripont. Ne lui fallait-il donc que des sceptiques ?).J'aurais pu proposer aussi Jean-Marie Tesmoing, qui aurait été l'interlocuteur par excellence et également présent sur les lieux en 1993, mais j'ai voulu ménager son état de santé.

M. Vanbockestal s'interroge donc sur cette remarque qui semble bizarre. La question suivante ne l'est pas moins :

Journaliste : "On pourrait vous interviewer au CERPI, dans l'un de vos laboratoires ?"

"C'est-à-dire que si vous parlez de chez moi, cela ne va guère être possible car les lieux ne s'y prêtent pas. Il y a des chiens qui ne cesseront d'aboyer et vous risquerez d'y laisser votre fond de pantalon. De toute façon, il n'y a rien de spécial à voir si ce n'est quelques ordinateurs. Ce n'est pas passionnant."

Journaliste : "Dans l'un de vos laboratoires, alors ?"

"Il n'y a pas de laboratoire chez moi. Chez moi, c'est le siège social du CERPI si vous voulez, une maison ordinaire. Mais si vous voulez un cadre qui convienne mieux, je peux demander à des collègues spécialement équipés, sinon je crois que les locaux de la maison d'éditions conviendront bien."

Journaliste : "Bien, soit !" (NDLR : je ne l'ai compris que plus tard mais, suite à l'une de nos publicités qui évoquait notamment le centre informatique de premier ordre du CERPI, ses laboratoires, ses scientifiques, etc. le journaliste avait plus que probablement l'intention de nous coincer. Ses intentions allaient d'ailleurs à mon avis beaucoup plus loin et il s'était adressé à nous précisément parce qu'à l'époque le CERPI avait le vent en poupe et pouvait revendiquer la première place sur le podium des associations de recherches telles que la nôtre. Nous étions donc par excellence, LA cible à abattre et ce peu importe nos états de service dans lesquels nous avions démystifié quantité de mythes ou légendes ou bien résolu des affaires mystérieuses par le seul biais de la raison, de la logique, des phénomènes naturels, de la science...
Pour répondre à la question sur ce sujet il faut se rappeler que nous ne nous sommes pas autoproclamés organisation de référence sur l'inexpliqué mais que nous avons été présentés comme tels lors de la réunion à Bruxelles, au Dynastie.

En ce qui concerne le centre informatique de premier ordre il faut expliquer plusieurs choses : le siège social du CERPI qui, dans la banalité de son apparence extérieure, possédait effectivement un appareillage informatique conséquent qui nous avait d'ailleurs permis de dispatcher une opération Suricate pour laquelle nous avions été désignés comme organisation exclusive pour la Belgique. Mais ce qui constituait sa grande valeur, c'était surtout le nombre d'ordinateurs travaillant en réseau et répartis chez de nombreux membres, un peu partout dans le pays.
Pour ce qui est des laboratoires, il n'était que par trop évident que nous n'étions propriétaires d'aucun établissement de ce genre. Nous n'en aurions bien évidemment jamais eu les moyens, surtout en pratiquant nos enquêtes en tant que bénévoles. la réalité est que plusieurs laboratoires acceptaient de collaborer avec le CERPI dans certains cas, comme ce fut celui de la maison qui saigne et que, croyez-le ou non (mdr !) ces laboratoires sont tenus par des scientifiques ! Mais même sur ce point nous n'avions nulle raison de rougir puisque le CERPI comporte effectivement dans ses rangs de nombreux véritables scientifiques diplômés universitaires et couvrant des branches telles que la physique, la chimie, les mathématiques, la médecine, la philosophie, la philologie, l'astronomie et bien d'autres encore !)

Le Président : "Monsieur YYY, je voudrais vous demander une chose. Ce serait de travailler en synergie sur cette affaire à propos de laquelle nous enquêtons. De notre côté, s'il y a du nouveau, si nous apprenons des choses, nous vous en ferons part. Merci de faire pareil de votre côté."

Journaliste : "OK" Et le rendez-vous est pris aux éditions Jourdan.

Entre temps, M. Vanbockestal recevra un ou deux CD d'émissions précédentes, dans lesquels d'autres sujets sont débattus, notamment un reportage traitant du prix des cercueils et des funérailles. Il semble que beaucoup de gens paient cela bien trop cher par rapport au prix de base. Aucun rapport. M. Vanbockestal ne regarde que très rarement la télévision et encore moins cette chaîne. Il ne connaît pas l'émission en question. Il ne tardera pas à combler cette lacune en se trouvant aux premières loges et en découvrant que son mode opératoire réside dans le poil à gratter.

L'entretien dans les locaux de la maison d'éditions se déroule parfaitement. Le journaliste est aimable, prévenant, une synergie est possible avec la publication du livre, tout est bien. Mais il reste à régler le problème de l'autorisation du commandant de l'inspecteur.

Le leader du CERPI sort son GSM de sa poche, devant les deux directeurs et le journaliste. Il entre en communication avec le commissaire qui lui donne le numéro du commandant. Ensuite, il passe son GSM au journaliste qui règle les détails avec le commandant. La chaîne télévisée enverra un document en bonne et due forme afin d'officialiser la demande et tout est en ordre. Cette fois, le jour du reportage est fixé ainsi que les modalités pratiques. Il n'y aura plus qu'à se présenter le jour dit, au lieu dit, et de passer face à la caméra.

Journaliste : "Ah ! J'oubliais. Avez-vous du matériel pour vos investigations, une paire de jumelles par exemple ?"

Le Président : "Bien évidemment, mais..." (NDLR : les jumelles ne sont généralement d'aucune utilité dans le cadre de l'étude d'une maison "hantée", et pourquoi pas un télescope ?)

Journaliste : "Prenez-les avec vous ! Surtout n'oubliez pas ! D'autre part, j'espère que vous avez une voiture car nous ne pourrons pas venir vous prendre, notre camionnette sera pleine..."

La question le fait un peu rire. C'est un peu comme demander à un agriculteur s'il a un tracteur. M. Vanbockestal s'imagine aller voir ses requérants à bicyclette, un policier poursuivre des voleurs en skateboard, un soldat s'en aller à la guerre sans fusil... J'aurais du répondre, ironie pour ironie, : "j'ai une Chevrolet, s'il vous manque de la place dans votre camionnette, on pourra mettre ça dans la boîte à gants...

"Bien sûr que j'ai une voiture, cela ne pose pas de problème, j'ai aussi un GPS et je connais maintenant les lieux pour y être déjà allé".

Journaliste : "Fort bien. Alors, on fait comme on a dit. N'oubliez pas les jumelles !"

"Juste une petite question : ce sera du direct ou du différé ?"

Journaliste : "Ce sera un enregistrement et je vous communiquerai la date de diffusion."

"Donc, en cas d'erreur, il sera possible de reprendre la séquence ?"

Journaliste : "Tout à fait, oui..."

Et l'entretien prit fin.

M. Vanbockestal ne le savait pas encore, mais il venait de mettre un pied en enfer.

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