On le perd souvent de vue, mais en dehors des
grands démons classiques, des démons secondaires et EPS, il existe aussi ce que
l'on appelle : "les démons familiers". De quoi s'agit-il ?
Comme nous l'avons fait précédemment, dans le cadre de notre enquête, nous avons
consulté le dictionnaire infernal "officiel", qui dit ceci :
Se dit d’un démon mis au service d’un mortel et qui lui obéit exclusivement. Il
faut noter que même des ecclésiastiques ont eu, dans l’Histoire, cette sorte de
« bon » génie qui manifestement se rapporte plus à la définition du Daïmon grec
qu’à celle de la démonologie.
En principe, le démon familier s’obtient par l’intermédiaire d’un démon
supérieur qui a fonction d’en donner (aux hommes). Le démon familier porte un
nom, souvent choisi par celui qui l’appelle, mais parfois précisé par le démon
lui-même. Tout démon familier a également une apparence, des spécificités
d’action, un domicile (la maison, un objet, un bijou, un animal – le fameux «
animal familier du sorcier » - etc.) et demande une offrande spécifique, souvent
journalière, en rapport avec ses fonctions.
Démon « apprivoisé », il n’exclut cependant nullement le danger permanent de
possession : l’Inquisition a souvent confondu le Démon familier avec le Pacte
Démoniaque. Il s’agit bien d’un pacte, mais différent de celui qui inféode des
démons supérieurs. Le démon familier remplit avec plaisir les tâches qui lui
sont commandées, à la condition d’être « entretenu » par son maître, par des
offrandes ou des conversations habiles. On peut donc utiliser un tel démon pour
protéger des lieux, des objets, ou la personne même du mage ; on peut aussi
l’envoyer accomplir des actes à l’extérieur, détruire des ennemis, procurer des
richesses, etc. Il faut noter que l’élection d’une telle entité demande un
rituel ad hoc, qui implique nécessairement la présence de démons supérieurs.
COMMENTAIRES RELATIFS À
L'ENQUÊTE
(Cf. Nous faisons ici référence à l'enquête secondaire que
nous menons quant à une affaire célèbre, en relevant certains points
particulièrement troublants dans le livre
"Mortel Sabbat" de Preston & Child, qui nous avaient aussi suggéré
Morax et
Forras - en passant par
Sargatanas)
Il y a ici assez peu de choses à relever, mais peut-être ne sont-elles pas
sans importance. D'une part, nos lointains souvenirs nous rappellent
l'existence réelle d'une personne décrite comme un Mage dans la région
spécifique. Ce dernier aurait été très connu (à l'époque) et puissant. Mais
nous devrons nous contenter de cela pour l'instant car, hélas, cela émane
d'un passé déjà lointain et de personnes décédées.
Nous rappelons également la présence d'un mainate (gros oiseau noir un peu
semblable au corbeau, mais pouvant "parler") sur place, d'un ensemble de
volières à proximité (lesquelles nous avaient d'ailleurs fait forte
impression lorsque nous avions réalisé une expédition nocturne à
l'improviste, tout près de la maison hantée. Cela n'a peut-être aucun
rapport et l'on dispose finalement de peu de détails sur cette bête, dont la
présence était toutefois indubitable.
Bien évidemment, il nous demeure tout particulièrement difficile de
seulement envisager la possibilité de souscrire à une hypothèse démoniaque
mais, au même titre que la police recevant des informations de médiums doit
vérifier toutes les pistes, nous nous devons également de ne négliger aucun
point, même lorsque ceux-ci semblent invraisemblables.
LE DAÏMON GREC
Un génie familier, démon familier ou tout simplement familier
est, dans bon nombre de croyances d'Europe occidentale, une entité, animal ou
esprit, parfois imaginaire et invisible, à laquelle les hommes s'adressent pour
demander des conseils ou obtenir des services, en particulier liés à la
sorcellerie.
Les familiers peuvent servir leurs propriétaires comme domestiques, ouvriers
agricoles, espions ou compagnons et les aider à ensorceler leurs ennemis, mais
pas seulement puisqu'ils sont réputés pour inspirer les érudits, artistes et
écrivains, à l'instar d'un esprit tutélaire ou d'une Muse. Le plus connu de ces
génies familiers est le daïmon de Socrate, mais bon nombre d'érudits ont, au
cours de l'histoire, fait référence à des entités de ce type, parfois sous le
nom de bon génie ou esprit gardien. Les familiers sont aujourd'hui fortement
liés à la pratique moderne de la sorcellerie, en particulier en Angleterre où il
fait partie intégrante de la pratique. Son équivalent outre-Atlantique est le
nagual.
Le concept du familier a été repris par les ouvrages inspirés de la fantasy
moderne et notamment le jeu de rôle, où ces entités sont décrites comme des
créatures de petite taille qui accompagnent les érudits et les magiciens.
Étymologie
L'adjectif latin familiaris dérivé du substantif familia (« famille ») se
rapportait à « ce qui fait partie de la maison ». Il aboutit à l'adjectif de
l'ancien français famelier (attesté dès la seconde moitié du XIIe siècle) au
sens de « ce qui fait partie de la famille ». Avant 1250, l'adjectif est refait
en « familier » d'après le substantif famille.
Nature
Les génies familiers sont généralement décrits comme des esprits invisibles aux
hommes, ainsi, Plutarque pensait que l'éternuement était une manifestation des
génies. Certains auteurs pensaient au contraire que les génies familiers avaient
une réalité physique. Dans les pratiques liées à la sorcellerie, il s'agit le
plus souvent d'animaux de petite taille, auxquels sont attribués des pouvoirs
surnaturels.
Les familiers sont plus fréquemment mentionnés dans la mythologie et le folklore
d'Europe occidentale, quelques études à ce sujet faisant valoir que les
familiers ne sont présents que dans les traditions de la Grande-Bretagne et la
France. Selon Margaret Murray, trois catégories de familiers sont censées
exister :
Les familiers de l'homme, partout en Europe occidentale ;
Les animaux divinatoires, essentiellement en Grande-Bretagne et en France ;
Les animaux malfaisants, seulement en Grèce.
Le daïmon de Socrate
Socrate nomme daïmon (de daimonion) ce qui lui souffle ses
réponses lorsqu'il s'exprime sur un sujet. Socrate se disait inspiré d'un génie
particulier, qu'il nommait son daïmon, et qui lui suggérait ses résolutions, et
surtout ce qu'il ne devait pas faire. Ce daïmon lui aurait ainsi conseillé, un
jour, de ne pas emprunter une certaine route. Le philosophe suivit son conseil
tandis que ses compagnons restèrent. Un peu plus tard, ils furent bloqués par un
troupeau de porcs et arrivèrent couverts de boue.
Apulée de Madaure, au iie siècle dans un petit traité intitulé À propos du Dieu
de Socrate, dit en s'inspirant du dialogue de Platon :
« Non, vous répondra Platon par ma bouche, non, les dieux ne sont pas
tellement distincts et séparés des hommes, qu'ils ne puissent entendre nos vœux.
Ils sont, il est vrai, étrangers au contact, mais non au soin des choses
humaines. Il y a des divinités intermédiaires qui habitent entre les hauteurs du
ciel et l'élément terrestre, dans ce milieu qu'occupe l'air, et qui transmettent
aux dieux nos désirs et les mérites de nos actions : les Grecs les appellent
démons. Messagers de prières et de bienfaits entre les hommes et les dieux, ces
démons portent et reportent des uns aux autres, d'un côté les demandes, de
l'autre les secours ; interprètes auprès des uns, génies secourables auprès des
autres… »
Dans un dialogue intitulé Le Banquet, Platon rapporte l'enseignement de Diotime
à Socrate :
« Tout ce qui est démonique est intermédiaire entre ce qui est mortel et
ce qui est immortel. — Avec quelle fonction ? demandai-je. — Avec celle de faire
connaître et de transmettre aux dieux ce qui vient des hommes, et aux hommes ce
qui vient des Dieux : les prières et les sacrifices des premiers, les
injonctions des seconds et leurs faveurs, en échange des sacrifices ; et, d'un
autre côté étant intermédiaire entre les uns et les autres, ce qui est démonique
en est complémentaire, de façon à mettre le Tout en liaison avec lui-même. C'est
grâce à cette sorte d'être qu'ont pu venir au jour la Divination dans son
ensemble, la science des prêtres touchant les choses qui ont rapport aux
sacrifices, aux initiations, aux incantations, à la prédiction en général et à
la magie. Le Dieu, quant à lui, ne se mêle pas à l'homme ; mais toutefois, grâce
à cette nature moyenne, c'est d'une façon complète que se réalise pour les Dieux
la possibilité d'entrer en relation avec les hommes et de converser avec eux,
soit pendant la veille, soit pendant le sommeil. »
Familier et sorcellerie
Des études sur le concept de familier ont mis en avant son
côté démonologique et son lien avec la sorcellerie dans l'Europe moderne.
L'étude des familiers a évolué à partir d'un sujet obscur, dans des revues
folkloriques et des livres et revues populaires qui intègrent une discipline
historique avec des approches multidisciplinaires comme l'anthropologie,
l'histoire, et l'étude des femmes. James Sharpe a écrit un article sur les
familiers de la sorcière dans The Encyclopedia of Witchcraft : the Western
Tradition, et déclare que : « Les folkloristes ont commencé leurs investigations
vers le XIXe siècle [et] ont constaté que les familiers figuraient en bonne
place parmi les idées sur la sorcellerie. » Dès les années 1800, les
folkloristes ont enflammé l'imagination des érudits qui, dans les décennies à
suivre, écrivirent des ouvrages descriptifs sur les sorcières et les familiers.
La publication scientifique du folklore a toujours contribué à plusieurs
articles sur les croyances traditionnelles en Angleterre et au début de l'Europe
moderne. Dans les premières décennies des années 1900, les familiers étaient
mentionnés superficiellement sous le nom de niggets, qui étaient décrits
comme des « bestioles ou des choses que les sorcières gardent tout le temps avec
elles ».
Margaret Murray a effectué un grand nombre de travaux controversés sur le sujet
à partir d'un champ constitué, au mieux, de potins et d'ouï-dire dans une
branche d'étude légitime de l'Europe du début des temps modernes. Elle se penche
sur les variations du familier trouvées dans les pratiques de sorcellerie. Bon
nombre des sources qu'elle emploie sont des documents de première instance et
les textes démonologiques de l'Angleterre au début de l'ère moderne. En 1921,
Murray a publié The Witch Cult in Western Europe, et ses informations concernant
le familier viennent essentiellement de procès de sorcellerie en Essex dans les
années 1500 et 1600.
La plupart des données concernant les familiers en sorcellerie viennent de
l'Angleterre et des transcriptions des procès de sorcières écossaises, organisés
pendant les xvie et xviie siècles. Les cas des tribunaux anglais reflètent une
forte relation entre les accusations de sorcellerie contre ceux qui pratiquaient
les anciennes traditions autochtones, y compris l'animal familier/esprit.
Aux Antilles, le concept d'esprit familier n'est pas étranger à la plupart
des familles. Lorsqu'une personne pratique le kimboi, avant de partir, elle doit
transmettre cet esprit à un membre de la famille. Les églises issues de la
Réforme invitent leurs fidèles à être libérés des esprits familiers.
Les familiers en tant qu'armes de la
propagande politique
Henri III
La propagande ligueuse calomnie le roi Henri III en l'accusant d'avoir reçu un
génie familier dénommé Terragon ou Teragon, anagramme inversé et transparent de
Jean-Louis de Nogaret, duc d'Épernon et favori influent du souverain.
Tirée des soixante esprits nourris à l'école de Soliman, la créature aurait «
épousé » la comtesse de Foix qui ne supportait pas son contact parce qu'il était
censément brûlant. Les pamphlétaires de la Sainte Ligue ajoutent que Henri III
fit venir une fille de joie pour la prostituer à son diable favori, et que cette
fille pensa en mourir de frayeur.
Prince Rupert
Pendant la guerre civile anglaise, le général royaliste Rupert du Rhin est la
cible fréquente de la propagande des Têtes rondes. Ainsi, le prince se fait
accompagner au combat par son chien, un caniche blanc nommé Boy (en) (ou Boye),
que les partisans du Long Parlement créditent de pouvoirs surnaturels.
En retour, le poète John Cleveland ainsi que d'autres satiristes royalistes
raillent la crédulité de leurs ennemis en dépeignant ironiquement l'animal comme
le familier démoniaque et invulnérable de Rupert, capable de dénicher des
trésors et d'attraper dans sa gueule les balles destinées à son maître.
Le 2 juillet 1644, le chien périt lors de la bataille de Marston Moor. Sa fin
est représentée dans de multiples gravures de l'époque.
Napoléon Ier
Le Malin aurait ainsi prodigué des conseils militaires et prédit l'avenir à
l'empereur, en lui annonçant ses victoires d'Austerlitz, Wagram, Friedland et
Iéna, en sus d'évoquer son parcours entier, chute et exil inclus.
Divers
Le pape Benoît IX, élu en 1033, et le pape Alexandre VI, élu en 1492, étaient
réputés s'adresser à des génies familiers. Celui d'Alexandre VI serait passé au
service de César Borgia par la suite. Un moine de l'abbaye de Cîteaux passait
aussi pour avoir un familier qui l'aidait à ranger ses affaires et aurait été
exclu par l'abbé pour cette raison. Au xvie, le démonologue Jean Bodin
évoquerait un homme dont le familier lui donnant des coups sur l'oreille gauche
lorsqu'il faisait une erreur ou pour le prévenir des mauvaises intentions.
L'alchimiste Paracelse aurait évoqué la présence de ce genre de créature
plusieurs fois. Son génie familier lui aurait servi de valet et de secrétaire ;
il le gardait caché dans le pommeau de son épée et ne s'en séparait jamais.
Cornelius Agrippa en évoquerait un également. Le mathématicien Jérôme Cardan
prétend aussi qu'il avait reçu l'une de ces entités de son père et qu'elle
s'adressait à lui pendant ses rêves pour lui souffler des conseils. Ses talents,
son savoir et ses meilleures idées en seraient issues. Le comte Saint-Germain
aurait également reçu des conseils d'un génie familier.
L'écrivain Robert Louis Stevenson appelait ses génies familiers « Bons Brownies
» et explique que « ce sont eux qui faisaient la moitié de son travail pour lui
tandis qu'il dormait ».
Culture populaire
Jeux de rôle :
Dans les jeux de rôle, un familier est une petite créature, généralement un
diablotin ou un dragonnet, qui accompagne les magiciens et leur donne des
conseils tout en les taquinant au fil de leurs aventures.
Dans Donjons et Dragons, le magicien invoque son familier grâce à un sortilège.
Contrairement aux autres créatures convoquées par des sorts d'invocation, les
familiers ne disparaissent pas à la fin du sort et demeurent toujours aux côtés
du magicien jusqu'à ce qu'ils soient tués ou renvoyés.
Ésotérisme
Consulter son daïmon familier, c'était pour Socrate consulter
sa divinité intérieure, son jugement, sa raison, qu'il regardait non seulement
comme un don mais comme une émanation et une portion de la divinité. Socrate le
prenait pour un guide réel, distinct de son imagination et organe d'une divinité
tutélaire. Pour Mme Blavatsky, le daïmon de Socrate est la partie incorruptible
de l'homme, ou plutôt le véritable homme intérieur, le Noüs, ou l'Ego rationnel
divin.
Ce texte à propos du daïmon grec est issu de Wikipédia :
https://fr.wikipedia.org/
wiki/Familier_(esprit)
Commentaires seconds
Sans conférer au texte ci-dessus la moindre valeur de réalité
effective, on voit toutefois que l'on pourrait considérer le daïmon dans ce
sens, démon familier donc, un peu comme l'équivalent de l'ange gardien (sans
vouloir vexer personne dans ces confréries, merci !) ou en tous cas une forme
d'intermédiaire (y compris dans le sens de la visualisation puisque entre le
concret et l'invisible subliminal). La relation avec la conscience nous semble
assez évidente. Mais il s'agirait d'un débat très sensible et discutable, dans
lequel les sources d'erreurs éventuelles seraient innombrables. La prudence est
donc, plus que jamais, de mise par rapport à toutes les conclusions potentielles
éventuelles. Nous marcherons ici sur des œufs...
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