Le profile du dépeceur
Particulièrement intéressant aussi dans le cadre de notre enquête sur le
dépeceur de Mons, ce croquemitaine insaisissable, sanguinaire, atroce, qui se joue de la police et du FBI et se trouve peut-être à quelques pas de nous, de vous... c'est le
profile de ce monstre, établi par les méthodes d'investigations savantes des habitués des serial killers. Le dépeceur est
organisé, égocentrique et porte un sentiment général de haine envers son environnement. Il est possible qu'il puisse démontrer une certaine chaleur, des
sentiments, mais seulement quand ça lui plaît. Il est très méthodique et sait que ses actes font une grande impression sur la société. Il est excité quand
il voit que la société est choquée. À cause de son manque de respect de soi il veut se venger de la société. Le temps qu'il
passe avec ses victimes et sa méthode de disposition démontrent qu'il y fournit beaucoup de travail et qu'il y trouve un certain
plaisir. Il prépare ses crimes et dans sa fantaisie il a déjà commis chaque acte plusieurs fois. Son Modus operandi est
parfait et la satisfaction qu'il éprouve sur cette partie du travail a diminué. Il a aussi passé quelque temps sur le
traitement des cadavres, pour que le processus de dumping et l'observation de ses actes puisse commencer. La logique du dépeceur est reconnaissable dans chaque aspect des
crimes.
Le
dépeceur possède un véhicule, probablement un fourgon ou un break. Puisqu'il dépose plusieurs sacs à la fois sur les
sites choisis, nous pouvons supposer qu'il a accès à un véhicule qui lui permet de les charger d'une façon plutôt commode, donc
il peut disposer d'eux rapidement. Notez aussi qu'au moins une des victimes présumées a disparu au grand jour, donc il doit
avoir eu les moyens adéquats de transport ainsi que l'occasion. Le véhicule est supposé équipé "d'un kit de viol", qui lui
permet de gagner le contrôle immédiat de ses victimes. À cause de ses méthodes et de sa personnalité nous pouvons dire qu'il
dispose d'un véhicule tout-terrain, il lui garantit la fiabilité dans toutes les situations et il force aussi quelque respect face à
d'autres véhicules sur la route. Il exige aussi une maintenance précise, un entretien soigneux.
Le dépeceur a probablement un travail fixe en semaine. Les
victimes ont toutes disparu un week-end. Martine Bohn : le 21 juillet, un jour férié officiel, Jacqueline Leclercq et
Leclercq Véronique toutes les deux un dimanche. Les dépôts des restes ont probablement été faits les samedi et dimanche. Il
peut probablement "organiser" le travail pendant la semaine, laissant les week-ends pour le travail principal et le plus
passionnant; le dumping à la vue de tous. Il pourrait travailler par équipes.
Une autre possibilité est qu'il travaille comme homme de maintenance ou avec une société de téléphone ou
d'électricité. Ce type de travail lui donnera le sens du contrôle, notamment de l'organisation de son temps, mais il aura
aussi l'occasion de vérifier les endroits où les enlèvements sont possibles et que les sites de dépôts soient disponibles.
Son travail n'exige pas qu'il entre chez les gens sinon il aurait certainement attaqué des victimes dans leurs maisons
puisqu'il connaîtrait chaque détail utile, à quoi la maison ressemble et quel genre des gens l'occupent. Ce serait pour
lui l'endroit où il pourrait bénéficier de beaucoup de contrôle avec relativement peu de risques. Cela exciterait son sentiment
de puissance, l'attaque des victimes dans la sécurité de leurs propres maisons.
Le
dépeceur vit seul. Il a un espace où il peut prendre les victimes, les tuer et les démembrer. Il a des équipements
pour stocker ses victimes, probablement dans des congélateurs puisque certains des restes étaient vieux d'au moins 'plusieurs
semaines ou mois, la date exacte de la mort ne pouvait pas être déterminée. Notez que quelques parties du corps de Bohn ont été
trouvées en mars 1997, tandis qu'elle a été enlevée en juillet 1996 et son torse a été trouvé un peu plus tard. Sa tête et un
pied manquent toujours et sont donc peut-être toujours dans les environs du chemin de l'inquiétude ou d'un autre site... Il
serait difficile de l'imaginer vivant avec quelqu'un et d'avoir une vie privée et, en même temps, la possibilité de disséquer
les corps et de les tenir stockés en lieu sûr pendant des périodes de temps aussi prolongées. Chez lui, il a probablement
la possibilité d'entrer avec son véhicule, ou bien il a un grand garage ou bien des dépendances attenantes à la maison, quelque
studio ou entrepôt. Il n'y aura aucun voisin dans la proximité proche de son habitation et il a une vue directe sur l'entrée.
De l'extérieur, on ne peut rien voir de son logis non plus. C'est une construction isolée, et il serait dans un secteur qui
n'est pas très occupé le week-end, comme une propriété industrielle. Ce n'est pas une construction abandonnée, parce
qu'il veut le contrôle permanent. Il ne voudrait surtout pas que quelqu'un puisse faire irruption, sinon son pouvoir
s'écroulerait. Il veut donc rester dans la proximité des corps.
Le dépeceur a une éducation universitaire. Il prend soin d'enlever des
détails éventuels connus, comme des tatouages, qui pourraient mener à l'identification des victimes. Cela signifie qu'il sait
ce qu'il fait. Aussi la découpe est propre. Cela a mené à l'idée d'un boucher ou de quelqu'un qui disposerait d'une formation
médicale. Tout montre une ligne raisonnable de pensée. Les méthodes de découpe sont efficaces et il y a une certaine
insolence dans le dépôt des sacs dans le voisinage immédiat d'un secteur qui est essaimé par des fonctionnaires après la
découverte des 9 premiers sacs. Il connaît les lieux et a des notions d'investigations criminelles. Le fait que les corps
aient été déposés en des emplacements spécifiques mène aussi à certaines réflexions. Le dépôt du torse de Martine Bohn dans la
rivière de la Haine est aussi significatif. Il y a une notion de défi dans ses agissements car s'il avait placé les restes
dans les ordures classiques, l'écoulement des corps aurait duré plus longtemps mais aurait aussi été plus difficile à trouver.
Il aurait un travail régulier, qui paye bien et des visites régulières aux prostituées. Cela signifie qu'il présente
certaines compétences. Cependant, il faut s'attendre à ce qu'il ne soit pas investi d'une fonction de gestion parce que cela
prendrait trop de son temps précieux et laisserait peu de place pour que son imagination puisse errer "du côté sombre". S'il
était manager ou investi d'une autre fonction principale, le stress de l'organisation, les responsabilités prendraient plus
de son temps, et il ne présente pas ces caractéristiques.
Le
dépeceur est un solitaire. Considérant la complexité de ses agissements nous pouvons supposer qu'il vit seul, ou dans
une situation où il a peu ou pas de contacts ou un contact très tordu avec les autres. Concubines, amies ou membres de sa
famille remarqueraient son comportement étrange. Aussi, la période de temps prolongée pendant laquelle il a commis ses
meurtres entraînerait une énorme pression dans ses relations quotidiennes. Nous pourrions par exemple supposer qu'il s'est
marié relativement tôt, mais sa femme l'a abandonné peu après. Cette situation a pu provoquer des sentiments de malaise et
l'inassouvissement a déclenché la première explosion de violence. Cela expliquerait aussi son ressentiment contre des
femmes. Il pourrait aussi être possible qu'il vive dans la maison de ses parents, lesquels seraient décédés, il a pu vivre
pendant une longue période de temps avec une mère dominante. Il sera probablement en bonne condition physique, l'attitude
sportive. Il est plus grand que toutes ses victimes puisqu'il peut les enlever en plein jour, cela signifie qu'il a de la
force et le contrôle de son corps et de son esprit et qu'il est bien déterminé. Il ne pourrait être impliqué dans des réunions
sportives, mais bien dans des réunions sportives non compétitives et certainement aucune réunion sportive d'équipe.
Il ferait plus probablement de la montagne, sport qui exige du contrôle, de la concentration et de la puissance musculaire, ce
qui lui donne aussi un grand sentiment de satisfaction quand un but est atteint; le sommet de la montagne, le sentiment d'être
au-dessus de tout. Notez que les Ardennes belges sont un secteur très approprié pour ce type de récréation solitaire.
Le
dépeceur avait environ 35 ans au moment des faits.
Quelques victimes présumées ont disparu, ou ont été démembrées à partir de 1994, ce qui signifie que ses actions font partie d'un
long processus et il a eu beaucoup de temps pour mettre au point ses scénarios. Ses victimes appartiennent toutes à une même
catégorie, cela n'arrive pas fréquemment que les tueurs tuent des victimes plus vieilles, à moins qu'ils ne soient beaucoup
plus vieux et impuissants. Ses victimes devront avoir la possibilité de se défendre. Peut-être y a t'il aussi une idée
d'identification, sa femme aurait eu le même âge. Le Modus operandi est mis bien au point puisqu'il est resté
insaisissable depuis au moins 1994 et il y a une signature bien définie dans tout ce qui a été trouvé, comme la méthode
spécifique avec laquelle il fermait les sacs. Les criminels plus jeunes ne montreraient pas la même sorte de haine dans leurs
actions et le processus serait globalement plus chaotique. Le premier meurtre a pu se dérouler suite à un viol occasionnel,
mais même alors l'évolution dans la découpe et le dépôt précis des corps aurait pris plusieurs années. Pendant ce temps-là il a
probablement pu commettre des crimes moins graves, comme l'exhibitionnisme, le voyeurisme ou le vol. Peut-être même qu'il
a été arrêté pour des motifs secondaires comme le vol à l'étalage, ou l'exhibitionnisme, mais aucun crime sérieux comme
le viol. Il est évident qu'il est familier avec les prostituées, de ce fait ses besoins sexuels sont assouvis et il y a peu de
raisons de recourir au viol. Aussi un criminel ayant connu la prison fera tout pour éviter d'y retourner et il y a peu de
chances qu'il prenne encore le risque d'attirer l'attention sur lui par des faits extraordinaires comme ces dépôts osés, juste à
côté d'une équipe d'enquête de police. Ces crimes sont issus d'un besoin ou d'un sentiment de puissance et de domination, mais pas de sexe.
Le dépeceur vit presque certainement dans le secteur de Mons. Le
choix des sites de dépôts et le fait que toutes ses victimes aient disparu là le démontre. Il pourrait valoir la peine
d'investiguer dans le milieu de la prostitution Quand il rencontre Bohn, il découvre qu'elle est arrivée de France
depuis deux mois seulement et il conclut qu'elle est une cible facile puisque personne ne se renseignera sur elle en cas de
disparition. Le fait qu'elle soit un transsexuelle ajoute à son isolement. Le même raisonnement est valable pour les autres
victimes qui appartenaient toutes à ce milieu.
Les photos présentes sur cette page ont été prises par nos soins à la rue
du dépôt à Havré (Mons) en début de soirée, ce qui explique la faible luminosité. Le cours d'eau qui y est visible est bien
sûr la Haine.
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