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Force
est de reconnaître qu'au moment où nous écrivons ces lignes (04/09/08),
les endroits cités "hantés" ne sont pas légions en Belgique et dans les
régions avoisinantes. Ce n'est pas qu'il nous en fallait une à tout
prix, le CERPI a largement assez d'occupations dans l'immédiat. C'est
plutôt que l'un de nos bouillants correspondants exprimait avec beaucoup
de force son besoin d'investiguer et que nous avons tenté de le
satisfaire tout en signalant l'actuelle pénurie et le fait que nous ne
pouvons pas non plus inventer des "maisons hantées" !
C'est vrai aussi que nombre de lieux prétendus hantés ont déjà reçu notre visite (Hem, Milmort, Anderlues, Beersel, la fameuse "maison qui saigne", Rhode Saint Pierre, j'en passe...) et que tout le monde n'est pas forcément disposé à accueillir des enquêteurs. Cela dit, nous avons quand même trouvé quelque chose mais nous ne l'avons proposé à notre correspondant qu'avec toutes les objections d'usage car il semble bien que l'histoire qui concerne le lieu en question ne repose que sur une belle légende. Mais ne dit-on pas que derrière toute légende... vous connaissez la suite, bon ! Nous verrons bien.
Or donc, il s'agit du château d'Anvaing, une petite localité belge non loin de la frontière française qui portera peut-être bien son nom en faisant allusion au travail de notre collaborateur : en vain... Mais ne présumons de rien, si nous avons connu des coups apparemment fumants, extrêmement prometteurs et qui se sont pourtant soldés par de cruelles déceptions, peut-être le cas contraire se présentera t'il aussi ?
Nous espérons que ce petit article de présentation permettra de joindre l'utile à l'agréable, édifier nos lecteurs et apporter un peu de documentation à notre homme de terrain. Situons d'abord les lieux via un document PDF trouvé sur le Net et assez riche en renseignements (dont la légende en question résumée, celle de la dame blanche http://www.frasnes-lez-anvaing.be/www/circuits/ped 2.09-2.10.pdf des sentiers de randonnée pédestre ainsi que quelques indications sur d'autres lieux intéressants dans le voisinage immédiat. Disons aussi que c'est au château d'Anvaing que fut signée la capitulation de l'armée belge, le 28 mai 1940.
Le château d'Anvaing
aurait été construit en 1561 et aurait connu de nombreux aménagements,
notamment au cours du XIXème siècle où il a été rehaussé d'un étage.
Roseraie, orangeraie, parc français, jardins à l'anglaise, les
propriétaires successifs ont eu à coeur d'embellir les lieux. Mais la
date de 1561 devrait concerner sa reconstruction car d'autres sources
mentionnent le château avec certitude dès le XIIème siècle, en 1127 plus
précisément. Si vous désirez prendre connaissance de la légende in
extenso, nous vous conseillons la visite du site :
http://thinesclaude.wifeo.com/le-chateau-danvaing.php
(hélas : cette page n'existe plus). Puisque vous
mourrez tous d'envie de connaître la légende, la voici telle qu'on peut la
trouver sur le Net :
Il avait enlevé le diadème d'or qui ceignait ses cheveux, retiré son
alliance et les bagues qui ornaient ses doigts, enroulé soigneusement sa
ceinture d'or sertie de pierreries, et enfermé le tout dans un coffret
qu il ouvrait parfois quand il était seul. Il ne pouvait pas se défaire
de son souvenir, ni vivre avec l'idée qu'elle était morte. Aussi, quand
les vapeurs blanches rodaient autour du château, il finissait par croire
qu'elle revenait se manifester à lui, et que, peut-être, dans sa longue
robe, elle veillait sur lui.
Après avoir beaucoup erré dans le parc, il trouva, en bordure des
douves, un endroit qui lui semblait propice et qu'il lui serait aisé de
retrouver à son retour. Il pensa qu'il pourrait ne jamais revenir et que
le trésor serait ainsi perdu. Comme il avait pleine confiance en son
écuyer, la veille de son départ, à la nuit tombée, il lui enjoignit de
le suivre avec une bêche. Ensemble, ils enfouirent le trésor et l'écuyer
jura de ne révéler la cachette à personne. Si il revenait sans son
maître, il aurait pour mission de porter le coffre à Monseigneur
l'évêque, à Cambrai, pour qu'il fasse des bijoux l'ornement d'une statue
de la madone en longue robe, revêtue des atouts et des bijoux de la
Blanche Dame.
Le souvenir du trésor le poursuivait. Qu'en adviendrait-il s'il leur
arrivaient à tous les deux de périr ? Plus d'une fois, la témérité du
Seigneur les mit dans un mauvais pas. «Avec l'aide de Dieu, on s'en tire
toujours, disait-il». L'écuyer croyait plutôt à la bonne fortune qui les
avait favorisés. «Dieu a autre chose à faire, se disait-il, que de venir
continuellement au secours de cet enragé. Après tout, s'il veut mourir,
Dieu n'a pas de raison de l'en empêcher, mais veillera t'il à ce qu'il
meure seul ?».
Le lendemain, on retrouva la barque flottant dans les miroitements du
soleil. Toute trace de brume avait disparu. Quand on s'approcha , on vit
le corps de l'écuyer gisant au fond de la coque. Des traces rouges
marquaient encore son cou, ses mains étaient crispées sous son menton,
comme pour essayer de desserrer un étau. (Texte tiré de " Légendes et contes du pays d'Ath)
Le Château D'Anvaing L' histoire Part 2 (la Dame Blanche
d'Anvaing)
Cette deuxième nous apprend que jadis vivait à Anvaing un seigneur, de grande
renommée, et sa femme, célèbre par sa beauté et sa vertu. On pouvait voir cette
dame, vêtue le plus souvent d'une robe blanche, un cercle d'or retenant ses
cheveux blonds, priant devant un autel orné de mousse et de ramée, élevé dans un
coin du jardin. D'autres fois elle apparaissait dans les chaumières, soignant
les malades, secourant les pauvres ; la douceur de sa parole dissipait les
tristesses. Mari et femme coulait des jours heureux. Mais voilà que Dieu rappela
à lui la châtelaine et sa perte causa une douleur sans nom à son mari. Après cet
affreux malheur, celui-ci n'eut plus rien qui le retînt. Aussi répondant à
l'appel des armes, prit-il la résolution de consacrer dorénavant sa vie à la
défense du Saint-Sépulchre. Avant de partir, il enferma ses objets les plus
précieux dans un grand coffre, qu'il enfouit, avec l'aide de son intendant, dans
les douves du château. Ensuite, après avoir placé celui-ci sous la protection de
la châtelaine défunte, il prit le chemin de la Terre Sainte, accompagné de son
serviteur. Les débuts du grand voyage furent heureux ; mais le démon de la
convoitise prit bientôt possession de l'esprit de l'intendant. Il se mit à
songer sans trêve ni repos aux trésors enfouis dans les douves d'Anvaing ; tant
et si bien qu'il finit par prendre la farouche résolution de se défaire de son
seigneur, pour se les approprier. La chose n'était guère malaisée dans le décor
sauvage que parcouraient nos pèlerins. Un jour que son maître, tenant son cheval
par la bride, passait un pont étroit suspendu au dessus d'un précipice, d'un
coup d'épaule et le bascula dans l'abîme... Le meurtrier reprit aussitôt le
chemin du retour. Rentré à Anvaing et profitant d'une nuit obscure, il monta en
barque à la recherche du trésor. Que se passa t'il ensuite ? On ne sait pas. Le
lendemain matin l'embarcation flottait à la dérive sur les douves, portant le
cadavre de l'homme malhonnête, mort de façon mystérieuse. Depuis lors, lorsque,
à différentes reprises, des audacieux tentèrent de découvrir la cachette,
toujours un accident leur survint et le trésor repose intact sous la garde de la
châtelaine qu'on aperçoit parfois, vêtue de blanc, un cercle d'or retenant ses
cheveux blonds ; elle paraît sortir des brouillards qui glissent en nappes
légères. La légende soutien que la Dame Blanche défend le trésor et qu'elle
protège le château et ses habitants. Des personnes croient l'avoir aperçue
lorsqu'un danger les menaçait.
Remarques du CERPI : Nous savons bien sûr qu'il ne s'agit que d'une
légende. Mais nous n'allons pas couper l'herbe sous le pied de notre
correspondant, d'autant que les exemples de cas réellement intéressants reposant
sur des légendes ne manquent pas et que nous citerons volontiers celui du
château de Rhode Saint-Pierre. Toutefois, il nous semble ici utile de signaler
ce qui nous paraît une invraisemblance : or donc, le Seigneur avait constitué un
trésor à l'insu de tous... son écuyer avait été mis au secret et celui-ci se
garda bien de le révéler pour la bonne raison qu'il rêvait de se l'approprier.
C'est aussi en cachette qu'il tenta de retrouver le fameux trésor et ce n'est
que plus tard que l'on découvrit son corps dans une barque. Comment donc toute
cette histoire aurait-elle pu venir jusqu'à nous, avec l'ensemble des détails si
plus personne n'était là pour le raconter ?
Une version de la légende stipule que le seigneur est mort
sur son cheval, près d'un précipice, mais relève la possibilité d'un accident.
Une autre sous-entend clairement que l'écuyer aurait "facilité" la chute de son
maître. L'écuyer n'est toutefois accusé formellement nulle part. Or, les
agissements de la Dame Blanche (sous lesquels l'écuyer s'est retrouvé "chocolat"
! après que celle-ci ait été refroidie...) laissent comprendre une idée de
vengeance par personne interposée. L'au-delà aurait-il une forme de justice qui
nous échappe, avec un remarquable service de documentation et d'investigation ?
Or donc, un correspondant du CERPI a décidé d'aller voir sur
place ce qu'il en était. Dès qu'il nous remettra son rapport, nous le mettrons
en ligne ici. Souhaitons lui bonne chance !
La
Blanche Dame d'Anvaing mourut. On avait tellement l'habitude de la voir
se promener dans le parc avec ses longs cheveux blonds, une longue robe
blanche, s'arrêter aux bord des douves pour se mirer un moment dans
l'eau, qu'on continua à croire en sa présence. Les matins d'été, ou
après l'orage, quand des volutes de vapeur blanche montaient entre les
feuillages, il semblait que c'était la silhouette qui ondulait au bord
de l'étang.
Le Seigneur resta inconsolable.
En ce temps là, le pape appela les croyants à partir pour la croisade
contre les infidèles. Le seigneur songea à cacher son coffre, qui
renfermait surtout les bijoux de la Blanche Dame.
Mais un soir, le seigneur périt en tombant dans un ravin, et l'écuyer se
hâta de repartir pour s'approprier le trésor.
Revenu
au château, après des mois, il raconta ce qui s'était produit, mais se
garda bien de parler à quiconque du trésor. Des broussailles avaient
envahi en masse l'emplacement de la cachette. Celui-ci n'était plus
accessible qu'en barque, en traversant l'étang. Le parjure attendit que
le calme fût revenu pour s'approprier le trésor.
Un soir de pleine lune, après une chaude journée, il se glissa en barque
entre les vapeurs qui montaient des eaux. D'étranges écharpes le
frôlaient. Il fut tenté de faire demi-tour, mais à la pensée du trésor à
recouvrer, il tint bon. Les écharpes se faisaient de plus en plus
pressantes. Elles l'enveloppaient, s'enroulaient autour de lui. Il dut
écarter l'une d'elle de son cou. Il suffoquait. Soudain la Dame Blanche
surgit des eaux. Ce fut la dernière vision qu'il eut de ce monde.
Le trésor n'a pas encore été retrouvé. C'est pourquoi sans doute, le
fantôme de la Dame Blanche continue a rôder dans le parc, par les nuits
chaudes de pleine lune...